L'ancien conseiller municipal Jérôme Landry a été élu maire de Matane.

Développement pétrolier dans l'Est: chercher l'équilibre entre l'économie et l'environnement

Les maires des quatre principales villes de l'Est-du-Québec, Rivière-du-Loup, Rimouski, Matane et Gaspé, privilégient une approche équilibrée des volets environnemental et économique en ce qui a trait au développement pétrolier et gazier dans l'Est-du-Québec et Anticosti, selon un coup de sonde effectué auprès de ces maires par Le Soleil.
Le maire de Gaspé, Daniel Côté, insiste toutefois sur un engagement plus actif de l'État. «La population est en faveur qu'il se fasse un développement durable qui va les respecter ainsi que l'environnement et les perspectives d'avenir, en se dotant d'un fonds à partir de redevances. Quand je dis respect de la population, il ne faut pas forer dans la cour des gens, à 350 mètres des résidences et d'une rue, pour la protection des nappes phréatiques. Le pétrole est utile, mais l'eau est vitale.»
Daniel Côté se réfère au modèle étatique norvégien, qui exploite le pétrole en mer. «La compagnie d'État Statoil est majoritairement possédée par l'État, qui réglemente aussi l'environnement. C'est un modèle intéressant, mais il faut une société d'État ou un autre mécanisme étatique qui permet de faire de l'argent et de s'assurer de l'avenir. Ce serait rassurant que l'État ait le contrôle du développement pétrolier, mais je ne pense pas que ce soit l'intention du gouvernement de nationaliser les ressources pétrolières.»
En mars 2013, le fonds patrimonial norvégien affichait, selon le journal Le Monde, une valeur totale de 846 milliards $.
À Rimouski, le maire Éric Forest favorise une approche entre les retombées économiques et les préoccupations environnementales. «Il y a un manque d'équilibre actuellement entre le social et l'environnemental sur la question du développement pétrolier. Il faut un éclairage global de ces trois facettes et que l'empreinte environnementale soit la plus faible possible, mais avec un portrait global sur les coûts et bénéfices. Actuellement, nous avons très peu ce portrait. Je ne présuppose pas des conclusions de ces portraits. Ensuite, on fera un choix éclairé. Il faut faire attention aux extrémismes d'un bord comme de l'autre.»
S'inspirer des autres
Jérôme Landry, maire de Matane, soutient qu'«il y a sûrement des façons d'exploiter le pétrole en respectant l'environnement. Il faut voir ce qui se fait ailleurs en Norvège et à Terre-Neuve avec Hibernia et qu'on soit plus performant par de la recherche, des études et de la consultation pour se faire une tête C'est un sujet émotif, mais il faut aussi être rationnel. Ce ne sera pas demain qu'on pourra se passer du pétrole».
Le maire de Rivière-du-Loup, Gaétan Gamache, veut connaître autant les retombées économiques que les mesures de sécurité gouvernementales avant de se prononcer. Il veut bien accueillir le projet de terminal maritime de TransCanada à Gros-Cacouna et faire preuve d'ouverture comme ville-centre, mais en sachant quelle serait, pour sa région, la valeur ajoutée de ce terminal et les mesures de sécurité environnementales.
«Je veux des chiffres, une approche business, et pas seulement des maquettes», a affirmé le maire de Rivière-du-Loup.