Pour Pierre Bernier, chercheur scientifique à Ressources naturelles Canada, les changements climatiques ont visiblement déjà des effets sur la dynamique des ravageurs forestiers.

Des scientifiques à Sept-Îles pour analyser les insectes ravageurs

Les changements climatiques, on le sait, ont des impacts sur plusieurs phénomènes, même sur les insectes qui ravagent la forêt boréale. La Côte-Nord accueille d'ailleurs cette semaine une importante conférence internationale sur le sujet.
Lors de cette conférence, qui se tient à Sept-Îles de lundi à jeudi, une trentaine de scientifiques de plusieurs pays échangeront afin de mieux comprendre les effets des changements climatiques sur les ravageurs forestiers, tout en analysant les impacts socioéconomiques et écologiques de ce phénomène. L'événement est organisé par l'Union internationale des instituts de recherches forestières (UIIRF).
Présence nouvelle
La Côte-Nord représente un laboratoire parfait pour ce type de conférence, car l'actuelle épidémie de tordeuse des bourgeons de l'épinette qui frappe la région offre un exemple concret des effets des changements sur une population d'insectes.
«On pense que la présence actuelle de la tordeuse sur la Côte-Nord est due aux changements climatiques», indique Pierre Bernier, chercheur scientifique en productivité forestière à Ressources naturelles Canada et aussi coordonnateur international pour l'UIIRF. «L'insecte était là avant, mais ne pouvait s'établir de façon continue en raison de températures plus froides, ce qui n'est plus le cas.
«Avec les changements climatiques, on baisse graduellement les barrières climatiques qui empêchaient les insectes ravageurs de s'installer dans certaines régions», enchaîne le chercheur, prenant pour exemple l'arpenteuse de la pruche. «Auparavant, l'arpenteuse se retrouvait dans les milieux côtiers, près de la mer. Elle est maintenant installée au nord de Québec, dans la forêt Montmorency.»
Outre les nombreuses conférences offertes, les participants à cet événement international pourront aussi visiter un site au nord de Baie-Comeau où sévit présentement la tordeuse des bourgeons de l'épinette.
Malgré le fait que tout ce beau monde se parle déjà par Internet ou autrement, Pierre Bernier rappelle que rien ne vaut le contact humain. «Il n'y a pas beaucoup de gens au monde qui travaillent sur ce sujet et c'est toujours unique de pouvoir se rencontrer en personne. C'est en se rencontrant qu'on établit de véritables contacts», a-t-il conclu.