La Ville de Saint-Raymond de Portneuf a procédé à des évacuations mardi soir, en raison de la crue de la rivière Sainte-Anne.

Des rivières du Québec se déchaînent

Les autorités de la Sécurité civile de la Ville de Saint-Raymond de Portneuf ont procédé à des évacuations au cours de la soirée de mardi, en raison de la crue soudaine de la rivière Sainte-Anne, dans les environs du Casse-Croûte Ti-Oui.
Le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion, explique que le processus s'est mis en branle vers 19h30, quand les eaux de la rivière ont commencé à envahir les différentes rues de ce secteur. Des dizaines de maisons privées ont été évacuées, mais M. Dion n'était pas en mesure de révéler le nombre exact, vers 21h30, mardi soir.
«On sera en mesure de faire un bilan plus complet demain, a indiqué M. Dion. Pour le moment, il n'y a personne dont la vie est en danger. Ce sont des évacuations préventives. Nous sommes allés chez les gens qui nous ont appelés pour qu'on aille les chercher.»
M. Dion ajoute que des occupants d'une résidence pour personnes âgées ont aussi choisi de quitter leur logement pour la nuit.
Les personnes évacuées qui n'ont pu se reloger chez des proches ont pu passer la nuit au Centre multifonctionnel Rolland-Dion.
Cette crue des eaux a été causée par une accumulation importante de glace à la hauteur du pont Chalifour et les fortes précipitations de la journée de mardi.
«C'est toute la pluie d'aujourd'hui qui est responsable de ces inondations, a affirmé M. Dion. Il devrait faire plus froid au cours des prochaines heures, ce qui devrait nous donner une chance.»
Le propriétaire du commerce Pronature de la rue Saint-Joseph, Mario Moisan, a expliqué au Soleil, vers 22h45, que c'est surtout le versant nord de la rivière qui a été touché par l'inondation.
«Dans mon commerce, on a de l'eau dans le sous-sol, mais du côté nord de la rivière, c'est complètement inondé, dans le bout des avenues Saint-Michel et Saint-Jacques, notamment.»
Les résidents de Saint-Raymond espèrent que le scénario de mars 2012 ne se répétera pas, alors qu'environ 700 personnes avaient dû évacuer leur logis.
Du côté de la Sécurité civile, on affirme être en état d'alerte sur l'ensemble du réseau des rivières de la région de la Capitale-Nationale.
«En raison de toute la pluie qu'on a reçue au cours de la journée, les rivières sont en période de fortes crues et nous sommes aux aguets sur l'ensemble du territoire, a expliqué France Sylvie Loiselle. Nous gardons aussi l'oeil sur plusieurs infrastructures routières.»
Vers 20h, mardi soir, les occupants de quatre édifices résidentiels ont dû être évacués dans le secteur de l'avenue Royale, à Château-Richer, en raison d'un glissement de terrain. Mme Loiselle affirme qu'on ne peut écarter l'hypothèse que ce mouvement des sols ait été provoqué par les fortes pluies de la journée, mais il faudra attendre que les experts y aient jeté un coup d'oeil avant d'en venir à cette conclusion.
Les occupants de sept maisons de Stoneham ont aussi dû quitter leur domicile en raison de la crue de la rivière Jacques-Cartier, tout comme les habitants d'une dizaine de demeures situées près de la rivière Jaune, à Lac-Beauport.
La rivière Montmorency causait aussi son lot d'inquiétudes, car au cours de la soirée, une trentaine de résidents des rues de Canteloup et des Trois-Saults ont dû abandonner leur demeure.
La rivière Lorette, à L'Ancienne-Lorette, était haute au moment de mettre sous presse, mais le maire Émile Loranger a expliqué tard en fin de soirée qu'aucune maison n'était à risque d'être inondée à ce moment-là. La mésentente sur les sacs de sable entre Québec et L'Ancienne-Lorette a retenu l'attention cette semaine dans les médias, ce qui a notamment forcé les maires Labeaume et Loranger à se rencontrer.
Chaudière-Appalaches sous «haute surveillance»
Le niveau des rivières ne cesse d'augmenter et la situation varie d'heure en heure sur plusieurs cours d'eau : aux préoccupations entourant la rivière Chaudière s'ajoutent en Chaudière-Appalaches les tracas qu'apportent, notamment, la rivière Beaurivage à Saint-Étienne-de-Lauzon et la rivière du Sud à Montmagny.
La directrice régionale de la Sécurité civile et de la Sécurité incendie de la Capitale Nationale, de la Chaudière-Appalaches et du Nunavik, France Sylvie Loiselle, répète que toutes les rivières sont encore sous «très haute surveillance».
À Saint-Étienne-de-Lauzon, l'embâcle a cédé en avant-midi, mardi.
Une trentaine de personnes ont dû être évacuées au moment où la rivière Beaurivage s'apprêtait à dépasser le seuil critique d'inondation et menaçait, du même coup, autant de résidences.
La route 116 a été fermée à la hauteur de la route Lagueux.
Montmagny
Dans le secteur de Montmagny, Mme Loiselle indique que des travaux ont été réalisés sur la rivière du Sud afin d'affaiblir le couvert de glace.
Reste à voir quels impacts significatifs il y aura sur l'ensemble du cours d'eau étant donné les débits accrus et les niveaux élevés enregistrés.
«La fonte de la neige, le ruissellement auquel s'est ajoutée la pluie a fait en sorte que nous avons eu un apport vertical de près de 70 millimètres d'eau. C'est considérable», note la directrice.
Selon les données recueillies par la Sécurité civile, d'autres crues sont appréhendées.
France Sylvie Loiselle croit toutefois qu'il faudra attendre la nuit prochaine, alors que les températures refroidiront, pour que le niveau des rivières commence à décroître de façon plus significative.
Ailleurs en province
À Sherbrooke, la rivière Saint-François a atteint mardi soir un niveau de 6,7 mètres (22 pieds), soit beaucoup plus que son niveau habituel de 1,8 mètre (6 pieds).
Les autorités sherbrookoises ont dû procéder à une deuxième vague d'évacuations en moins de quelques heures.
Plus tôt en journée, la Ville avait fait évacuer une trentaine de personnes à proximité du cours d'eau. Devant l'évolution de la situation, il a été décidé d'évacuer les demeures d'une centaine de citoyens supplémentaires.
Un centre d'urgence consacré aux évacués a été ouvert pour leur permettre de passer la nuit, tout comme à une poignée d'évacués du secteur de Lennoxville qui ont aussi dû quitter leur résidence plus tôt en journée.
La rivière Saint-François fait aussi des siennes à Weedon, où les niveaux d'eau sont particulièrement élevés.
Entre l'Estrie et le Centre-du-Québec, un avis d'évacuation a aussi été émis pour de nombreuses résidences à proximité du lac Les Trois-Lacs.
Avec La Presse Canadienne