L’émission excédentaire de monoxyde de carbone à l’incinérateur de Québec est due au fait que les fours ne peuvent maintenir en tout temps une chaleur minimale de 1000 degrés Cº; les matières se consument alors moins bien, d’où la hausse du monoxyde.

Des rejets de monoxyde de carbone deux fois plus élevés à l’incinérateur de Québec

Les cheminées de l’incinérateur de Québec ont craché en moyenne en 2018 deux fois plus de monoxyde de carbone que la norme prescrite.

C’est ce qu’on apprend du rapport du comité de vigilance de l’incinérateur présenté à la fin avril. Le pic le plus élevé a été obtenu lors d’une analyse faite en octobre 2018. Elle a démontré une teneur de près de 350 milligrammes de monoxyde par mètre cube alors que le règlement sur l’enfouissement et l’incinération des matières résiduelles fixe la norme à 57 mg/m3.

Selon Mireille Plamondon, du service des communications à la Ville, le problème est en voie de se résorber avec des améliorations techniques apportées au procédé de combustion. «Nous sommes en train d’installer des brûleurs au gaz naturel pour chacun des quatre fours. Ça faisait partie des actions entreprises en [mars] 2017 après avoir observé des dépassements au niveau des normes», explique-t-elle.

Saison froide

L’émission excédentaire de monoxyde de carbone est due au fait que les fours ne peuvent maintenir en tout temps une chaleur minimale de 1000 degrés Cº. Les matières se consument moins bien, d’où la hausse du monoxyde. 

«Ça arrive surtout pendant la saison froide, souligne Mme Plamondon. Parfois, les bacs arrivent avec de la neige, ça éteint le feu et ça crée des variations de température. D’autres fois, ç’a peut-être dû à la nature des matières reçues. Par exemple, les résidus de gazon sont souvent très humides et font baisser la température des fours.»

Pour pallier au problème, la Ville a investi dans l’ajout de deux brûleurs au gaz naturel pour chacun des quatre fours de l’incinérateur. Les deux premiers brûleurs ont été installés en 2018, quatre autres le seront en cours d’année et les deux derniers à l’hiver 2020, a-t-il été possible d’apprendre d’une autre source.

La conseillère responsable de l’environnement à la Ville de Québec, Suzanne Verreault, explique que 15 millions $ auront été investis en cinq ans d’ici la fin de 2020 pour améliorer les équipements et répondre aux normes.

Qualité de l’air

Au fil des ans, la Ville de Québec a rencontré des dépassements de normes pour d’autres substances comme l’arsenic. En décembre 2017, Le Soleil rapportait qu’un échantillon recueilli à la sortie des cheminées l’été précédant indiquait un taux d’arsenic 176 fois supérieur à la limite fixée. 

La Ville a alors amélioré son mode de distribution de charbon actif dans les fours. La substance est reconnue pour contrôler les émissions d’arsenic, mais aussi de mercure, de dioxines et de furanes. Le rejet de ces substances se situe maintenant sous la norme québécoise, selon les relevés faits en 2018.

Dans un récent sondage, neuf résidents sur dix du Vieux-Limoilou affirmaient être préoccupés par l’environnement et la qualité de l’air. Ils identifiaient la proximité de l’incinérateur et la proximité des autoroutes Laurentienne et Dufferin-Montmorency comme des enjeux majeurs.

Un rapport partiel sur la qualité de l’air dévoilé en début d’année conclut que les résidents de Limoilou sont parmi les Québécois qui respirent le plus de particules fines.