Le préfet de Portneuf, Denis Langlois, le député Michel Matte et le maire de Saint-Gilbert, Léo Gignac.

Des édifices publics chauffés à la biomasse forestière

Réaliser des économies, utiliser une ressource locale et développer un savoir-faire : le système de chauffage collectif à la biomasse forestière résiduelle vient officiellement d'être lancé à Saint-Gilbert, dans Portneuf. Une première dans la Capitale-Nationale.
«On est assis sur une ressource qu'on n'utilise pas. En même temps, c'est une vitrine technologique!» a exprimé le préfet de Portneuf, Denis Langlois, alors qu'une première livraison de résidus de bois était attendue cette semaine pour alimenter la nouvelle installation.
L'ingénieux système qui relie, par l'entremise d'un même réseau de chaleur, l'église, l'hôtel de ville et l'ancien presbytère transformé en résidence pour personnes âgées fait de Saint-Gilbert la première municipalité à chauffer des édifices publics avec la biomasse dans la grande région de Québec.
Auparavant, trois chaudières au mazout léger dont la consommation annuelle moyenne avoisinait les 27 000 litres alimentaient les bâtiments. Dorénavant, pour la même période, une seule chaudière à la biomasse forestière transformera en énergie 83 tonnes métriques de résidus de bois.
«Nous l'avons fait pour l'avenir de l'église, pour sa pérennité. L'ouest de Portneuf évolue dans un contexte de dévitalisation et nous voulions nous donner une identité nouvelle», justifie le maire, Léo Gignac, qui parle de «prise en charge du milieu» et de «développement durable».
Seulement pour l'église et la résidence, des économies de 30 % sont anticipées dès cette année sur les coûts de chauffage. Un contrat d'approvisionnement d'une durée de cinq ans a été signé avec Germain Durocher, un entrepreneur local. On prévoit que la facture totale s'élèvera à 6000 $ pour la saison froide.
Une expertise portneuvoise
«L'idée derrière ce projet, c'est de miser sur les ressources de proximité», fait pour sa part valoir Jean-Pierre Naud, président du Groupe d'action en développement durable de l'ouest de Portneuf, l'organisme porteur de l'initiative. «Cette réalisation a permis le développement d'une expertise locale.»
L'investissement nécessaire à la mise en place du nouveau système se chiffre à un peu moins de 281 000 $, une somme que se sont partagée le Bureau de l'efficacité et de l'innovation énergétique, la Municipalité, la MRC et le CLD de Portneuf, de même que la caisse Desjardins de l'Ouest de Portneuf.
Issu du Sommet sur la forêt de Portneuf tenu en 2008, le projet qui vient de voir le jour à Saint-Gilbert a rapidement suscité l'intérêt de ses voisines, puisque Saint-Ubalde travaille elle aussi à l'installation d'un système de chauffage collectif à la biomasse forestière.