Dans la municipalité d'Émile Loranger, on a installé deux pompes, d'une puissance de 30 000 litres à la minute, pour empêcher le refoulement des eaux usées. L'eau du réseau pluvial est alors détournée vers la rivière.
Dans la municipalité d'Émile Loranger, on a installé deux pompes, d'une puissance de 30 000 litres à la minute, pour empêcher le refoulement des eaux usées. L'eau du réseau pluvial est alors détournée vers la rivière.

Des eaux usées dans la rivière Lorette

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
La rivière Lorette a fait des siennes dans la nuit de vendredi à samedi. Craignant des refoulements, L'Ancienne-Lorette a démarré ses pompes de la rue Drolet. Mais elle a aussi détourné les eaux usées de la station Drolet dans la rivière, une situation qui s'est répétée à quelques reprises depuis trois ans.
«On le fait dans des conditions exceptionnelles, explique Serge Lapointe, le directeur général. C'est arrivé pendant cinq heures dans les trois dernières années. On a soit un déversement dans la rivière, soit dans les maisons : le choix est assez simple.»
Mario Dubé, le président du Regroupement sinistrés entraide, est bien d'accord - mais seulement temporairement, en raison de l'effet sur l'environnement et pour éviter tout risque dans l'avenir. Les autorités «doivent travailler à une solution permanente : on devrait refaire les stations de pompage» du secteur.
Mais, selon M. Dubé, la «guerre politique» entre Québec et L'Ancienne-Lorette empêche les citoyens de savoir s'il y a une intention de le faire et selon quel échéancier.
La crue de la Lorette en 2005 avait inondé environ 500 résidences. Depuis, les deux villes cherchent à corriger la situation causée par l'urbanisation massive dans le bassin versant de la rivière.
Dans la municipalité d'Émile Loranger, on a installé deux pompes, d'une puissance de 30 000 litres à la minute, pour empêcher le refoulement des eaux usées. L'eau du réseau pluvial est alors détournée vers la rivière.
Détournement
Mais à l'installation de ces pompes, en 2006, au coût de 300 000 $, une valve avait également été installée pour détourner le réseau sanitaire dans le réseau pluvial. Le ministère de l'Environnement a ouvert un dossier à la suite d'une plainte. L'Ancienne-Lorette a récolté un avis d'infrac­tion pour des travaux effectués sans autorisation et a dû démanteler cette valve. Le dossier a été clos début 2007, nous indique-t-on au ministère.
«On n'a pas fait ça en cachette, il y a eu une erreur administrative», a soutenu M. Lapointe. Le dg ajoute que le ministère a accepté les explications de L'Ancienne-Lorette selon lesquelles il s'agissait de travaux à réaliser d'urgence. Quant aux déversements volontaires d'eaux usées dans la Lorette, «les fonctionnaires de l'Environnement ont compris que le résultat serait le même : il y aurait débordement».
L'Ancienne-Lorette n'a d'ailleurs aucune intention de démanteler ses installations même si «tout est fait pour améliorer la situation hydrique de la rivière Lorette». On veut, entre autres, limiter le débit au printemps et lors des fortes pluies de l'automne en construisant des bassins de rétention.
Les travaux d'installation d'un premier bassin, dans le secteur Chauveau, sont d'ailleurs prévus pour l'automne. Mais «ça ne dépend pas juste de nous autres. C'est un projet d'agglomération».
Quant à Québec, la ville de Régis Labeaume a retenu l'an passé un des six scénarios d'intervention de la firme d'ingénierie BPR. Les travaux, au coût de 15 millions $, doivent débuter après les élections de cet automne.
Ils comprennent, entre autres, l'installation d'une conduite permettant de dériver une partie du débit du ruisseau Mont-Châtel, tributaire de la rivière Lorette, en direction de la rivière Saint-Charles; d'emmagasiner une quantité importante d'eau dans la zone de rétention du ruisseau des Friches ainsi que de mettre en place des postes de pompage et des clapets sur un certain nombre de conduites d'égout pluvial.