Des carcasses de phoques peuvent être laissées sur les berges jusqu'à leur décomposition totale, surtout si elles sont situées loin des habitations.

Découverte de phoques décapités: les autorités désintéressées?

Le bilan des carcasses de phoques décapités retrouvées sur les plages entre Métis-sur-Mer et Percé est demeuré au beau fixe depuis deux jours. Ces deux dernières semaines, 12 carcasses ont été trouvées. Outre le Réseau québécois d'urgence pour les mammifères marins (RQUMM) qui les répertorie, il est bien difficile de savoir qui est préoccupé par ce dossier.
De tous les appels faits par Le Soleil, plusieurs sont demeurés sans réponse. Comme l'hypothèse du braconnage avait été émise, le bureau de la protection de la faune du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs de Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-
Gaspésie, nous a dirigés vers le bureau de Pêches et Océans Canada, responsable de l'application des règlements. Mais personne ne nous a rappelés.
Est-ce que la Direction de santé publique recommande aux gens de ne pas approcher ces carcasses en état de décomposition pour éviter de possibles risques de contamination ou de propagation de bactéries? «On n'a pas de mesure particulière et on n'émet pas de recommandation publique en ce sens», répond la porte-parole de l'Agence de la santé et des services sociaux de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Marie-Pier Boulay. «Mais il est tout de même conseillé de ne pas y toucher.»
Le Soleil a tenté de savoir si les municipalités pouvaient intervenir afin de débarrasser ces carcasses en putréfaction de leur territoire, surtout quand l'odeur qui s'en dégage est intenable pour les citoyens. «Les berges ne sont pas municipales, a fait savoir la relationniste du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Émilie Lord. C'est de juridiction fédérale.»
Nuisances publiques
Le RQUMM a pour mandat d'informer Urgence-Environnement du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques chaque fois que la découverte d'une carcasse de mammifère marin lui est signalée. «Eux, ils évaluent s'ils doivent ramasser les carcasses, surtout dans le cas où elles sont des nuisances publiques, comme c'était le cas des deux carcasses de phoques trouvées à Métis-sur-Mer, en fin de semaine», explique la porte-parole de l'organisme, Josiane Cabana. «On les a récupérées parce qu'il y a des baigneurs dans ce secteur. Quand c'est loin des habitations, Urgence-Environnement peut décider de les laisser sur place.»
Le coordonnateur des mesures d'urgence du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie et les Îles-de-la-Madeleine confirme que son équipe intervient principalement dans les secteurs fréquentés par les touristes ou quand il y a des habitations à proximité. «Les carcasses sont transportées au lieu d'enfouissement technique du secteur», précise Luc Michaud, qui constate que la période actuelle est un peu plus achalandée.
Son équipe a d'ailleurs ramassé la carcasse d'un petit rorqual le 21 juin à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Tartigou à Baie-des-Sables, près de Matane, à proximité d'une résidence. La carcasse d'un globicéphale noir a aussi été signalée mardi au RQUMM dans le secteur de Saint-Georges-de-Malbaie à Percé. Celle-ci devait également être retirée du littoral où elle a échoué.
Pour signaler la découverte d'un mammifère marin, composez le 1 877 7BALEINE (1 877 722-5346).