Hydro-Québec aura complété l'installation d'environ 2500 bornes de recharge d'ici 2020.

De l'énergie pour cinq millions de véhicules

La société Hydro-Québec aura complété l'installation d'environ 2500 bornes de recharge d'ici 2020 afin d'approvisionner les 100 000 véhicules du parc d'autos électriques prévus par le gouvernement.
«Notre intention est de nous assurer que l'infrastructure va bien suivre et qu'elle ne sera pas un facteur qui empêcherait les gens d'aller vers les voitures électriques», a déclaré le président de la société d'État Éric Martel, en entrevue au Soleil.
À la fin de 2016, on comptait 894 bornes de recharge au Québec, a précisé M. Martel. Il estime qu'on a dépassé les 900 depuis le début de janvier et qu'avec 2500 bornes, le réseau sera capable d'approvisionner 100 000 véhicules.
Le président d'Hydro-Québec n'a aucune inquiétude sur sa capacité de soutenir une telle flotte d'automobiles électriques. «Le Québec au complet consomme 170 térawattheures(TWh). Or ça prend à peu près 3 TWh d'énergie pour chaque million d'autos électriques.» Dans un scénario hypothétique où les cinq millions de véhicules du parc automobile québécois passeraient à l'électricité, leur consommation ne serait donc que de 15 millions de TWh. «Comme notre consommation risque de baisser ou de demeurer la même dans les années à venir, on a l'énergie nécessaire pour répondre à cette demande sans avoir à faire de grands investissements.»
Même s'il entrevoit avec optimisme la transition à l'électricité, M. Martel constate qu'il y a beaucoup d'éducation à faire. «Les gens sont encore très confus sur ce qu'est un véhicule hybride, un hybride rechargeable... On entend les automobilistes dire qu'ils seront incapables de faire Québec-Montréal avec leur auto électrique.» Il voit de belles avancées dans l'autonomie des véhicules, mais il estime néanmoins qu'il faudra bouger plus vite sur la recharge rapide. 
Hydro-Québec a établi des partenariats avec plus de 150 commerces ou institutions pour l'installation de ses bornes de recharge. M. Martel est satisfait des résultats obtenus avec les Rôtisseries Saint-Hubert, Rona et Metro. «Les gens prennent une pause, ils vont souper ou ils vont faire leur épicerie pendant que leur voiture se recharge. C'est un modèle intéressant, mais on s'aperçoit que pour évoluer rapidement, la recharge rapide en 20 minutes va devenir très importante.» Il voit un avenir prometteur dans la création de nouveaux partenariats avec les détaillants d'essence, qui pourraient aussi accueillir des bornes de recharge.
Éric Martel, le président d'Hydro-Québec, n'a aucune inquiétude quant à la capacité de sa société de soutenir une flotte de 100 000 véhicules électriques.
Recharge plus verte
Le président d'Hydro-Québec signale que la recharge au Québec est plus «verte» parce qu'elle provient de nos ressources hydrauliques, ce qui n'est pas toujours le cas ailleurs, où l'électricité est produite par des centrales au gaz ou au charbon. Il révèle par ailleurs que des recherches sont en cours à l'Institut de recherche d'Hydro-Québec (IREQ) concernant les batteries des véhicules électriques : «Nous en sommes encore aux balbutiements, mais on pense avoir des pistes intéressantes pour réduire le poids de notre batterie et faire bénéficier l'industrie de l'auto d'une nouvelle batterie qui serait probablement extraperformante.»
Interrogé sur les conséquences de l'élection de Donald Trump, Éric Martel a répondu qu'il n'avait pas de craintes, mais qu'il en a encore moins depuis la rencontre du nouveau président avec Justin Trudeau. Après la rencontre, ils ont émis une déclaration commune, dont une partie concerne l'énergie et l'environnement, et qui reconnait l'importance des échanges énergétiques entre les deux pays. «Il y a un paragraphe là-dedans qui m'a beaucoup plu : on dit que les infrastructures pour augmenter les échanges d'énergie pourraient créer des emplois et qu'ils sont très intéressés à voir ces projets prendre forme.»