Daniel Breton

Daniel Breton d'accord pour la prospection du pétrole à Anticosti

L'écologiste Daniel Breton est d'accord avec le député Daniel Breton : le gouvernement doit en avoir le coeur net avec le pétrole sous l'île d'Anticosti et entreprendre les travaux d'exploration.
M. Breton en a fait l'affirmation de manière peu orthodoxe. Il a diffusé, mardi soir, une vidéo sur YouTube pour exprimer son point de vue et enchaîné avec des entrevues, mercredi. C'est parce que «je ne pouvais expliquer un sujet aussi complexe» lors d'un impromptu de presse, qu'il a tourné une vidéo d'une dizaine de minutes.
L'élu qui représente la circonscription montréalaise de Sainte-Marie-Saint-Jacques a attendu pour prendre la parole une semaine après une annonce gouvernementale en grande pompe où la première ministre Pauline Marois a promis de consacrer 115 millions $ à l'aventure pétrolière à Anticosti.
Dans l'enregistrement diffusé dans Internet, il adopte un ton professoral. Il décrit physiquement l'île, rappelle que son gouvernement a rapatrié une partie des droits pour l'exploration et avance que les travaux de prospection seront soumis au Bureau des audiences publiques sur l'environnement. Un BAPE «qui a retrouvé sa crédibilité sous notre gouvernement».
En entrevue, Daniel Breton a soutenu qu'il est l'initiateur de ce «Power Point de mire», clin d'oeil à une émission des années 50 où René Lévesque, alors journaliste, animait Point de mire. Il a répondu qu'il ne renie nullement les convictions qui l'animaient lorsqu'il dirigeait Maîtres chez nous au 21e siècle.
Le politicien a plaidé le réalisme à l'appui de sa position. Lui et son gouvernement partagent toujours le credo qu'il faut «réduire la dépendance au pétrole». Par contre, il ne voit pas que cela puisse se produire avant 30 ans. Il a cité l'exemple d'un pays, comme la Suède, qui visait «à sortir du pétrole d'ici 2020». L'objectif a récemment été reporté de 20 ans.
S'il est possible économiquement et écologiquement d'extraire du pétrole à Anticosti, cela permettra d'atténuer le déficit commercial du Québec, attribuable largement aux 300 000 barils de pétrole par jour qui sont consommés ici. M. Breton s'est fait confier le mandat par la première ministre d'examiner l'électrification des transports. L'idée est séduisante, mais des obstacles subsistent, a-t-il expliqué.
Daniel Breton ne «s'est pas fait une tête» encore sur une possible offensive pour exploiter un gisement d'hydrocarbures sous le golfe, à peu de distance des Îles-de-la-Madeleine. Il n'a pas encore décidé s'il défendra le projet Old Harry, notamment parce que s'y ajoute une question de juridiction partagée avec Terre-Neuve.
Un compagnon de route et de combat de M. Breton considère toujours ce dernier comme un allié des écologistes. Son point de vue est défendable», a commenté André Bélisle, de l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA). «Daniel n'est plus un écolo comme tel, mais un député. C'est plate, mais c'est comme ça en politique, il y a une ligne de parti à ne pas dépasser.
«Pour l'AQLPA, pour moi personnellement, dans la lutte aux changements climatiques, il faut laisser les deux tiers des réserves de pétrole et de gaz dans le sol.» Cela vaut pour Old Harry et, si besoin est, encore plus pour l'île d'Anticosti, «où c'est pire, où c'est du pétrole de schiste» qui s'extrait par «fracturation hydraulique».