Produits forestiers Résolu, dont on voit ici l'usine d'Alma, livre une bataille publique à quatre groupes écologistes.Ces derniers ont dit lundi vouloir enterrer la hache de guerre en présentant un plan de sortie de crise.

Conflit entre Résolu et les écologistes: vers une sortie de crise

Après des mois de bataille acrimonieuse et très publique entre Greenpeace et Produits forestiers Résolu, des écologistes ont brandi une branche d'olivier, lundi. Disant vouloir rompre avec les «déclarations incendiaires», quatre groupes environnementaux ont présenté lundi, à Québec, un plan de sortie de crise impliquant des mécanismes de compensation pour l'entreprise.
«Nous, on pense qu'on peut faire toutes les tournées de promotion de notre foresterie qu'on veut à l'étranger, ça ne donnera pas grand-chose si ce n'est pas appuyé par une certification», a indiqué Christian Simard, directeur de Nature Québec, un des quatre groupes impliqués.
Rappelons que Résolu a perdu deux de ses certifications FSC (pour Forest Stewardship Council, une norme reconnue internationalement) en 2013 à cause d'efforts jugés insuffisants pour préserver l'habitat du caribou et d'une mésentente avec la nation crie. Greenpeace, qui n'en était pas à son premier accrochage avec cette entreprise, a par la suite fait des pressions sur de gros acheteurs de papier afin qu'ils cessent de s'approvisionner auprès de Résolu- et Best Buy lui a effectivement tourné le dos.
Aires protégées
Le plan des «verts» consisterait d'abord à créer deux aires protégées de plus de 10000 kilomètres carrés dans les montagnes Blanches, au nord-est du Lac-Saint-Jean, et la vallée de la rivière Broadback, qui se jette dans la baie James. «Ce serait un geste de visibilité internationale [... les deux secteurs sont] reconnus pour être de bons habitats pour le caribou forestier, et on pense que c'est incontournable», a commenté Pierre-Olivier Boudreault, de la Société pour la nature et les parcs.
Comme Résolu est particulièrement présente dans ces deux endroits, les militants proposent des mécanismes pour compenser partiellement la compagnie et pour qu'elle ne soit pas seule à subir les contrecoups de ces aires protégées. «Par exemple, on pourrait modifier des limites d'aménagement forestier, redistribuer des volumes de bois à l'échelle régionale, etc.», illustre Sébastien Caron, du Regroupement national des conseils régionaux de l'environnement.
Notons que le président de l'Ordre des ingénieurs forestiers du Québec, Denis Villeneuve, a assisté à la conférence de presse. S'il tient à préciser qu'il n'appuie formellement aucune des parties impliquées, il admet volontiers qu'«on dit un peu la même chose» que la solution proposée par Nature Québec et compagnie.
À l'heure d'écrire ces lignes, il n'avait pas été possible de s'entretenir avec un porte-parole de Résolu.