La capitale distribue aujourd’hui moins d’eau potable qu’en 2006, parce que les citoyens sont plus conscientisés, font plus attention au gaspillage. Également parce qu’une équipe de recherche de fuites a été mise en place par le Service de l’ingénierie et que la mairie a investi dans la réfection de ses infrastructures.

Colmatage des fuites d’aqueduc: la Ville rate la cible fixée par Québec

La Ville de Québec gaspille encore beaucoup d’eau potable, notamment parce qu’environ le quart de la production s’évanouit dans la nature par les nombreuses fuites du réseau d’aqueduc. La capitale a d’ailleurs raté la cible de colmatage fixée par le gouvernement… Mais elle se démarque néanmoins favorablement puisque plusieurs autres municipalités gaspillent encore plus d’eau.

Dans un récent rapport rédigé par le service de l’ingénierie, la Ville rappelle qu’environ 24 % de l’eau traitée poussée dans les 2900 kilomètres de conduites ne se rend jamais aux maisons et commerces. Une donnée corroborée par le relationniste de presse du ministère des Affaires municipales, Sébastien Gariépy.

Étonnamment, la Ville de Québec a refusé de répondre à nos questions à ce sujet. La direction des communications soutient qu’il n’y a «pas de ressource disponible» pour en discuter.

Dans le document des ingénieurs, ceux-ci soulignent pourtant qu’il y a amélioration, que les efforts portent des fruits. Ils se félicitent que le taux de fuite mesuré durant «la plus petite nuit de l’année» a été de 22,6 %.

Il s’agit d’un gain, mais ça ne permet pas à la capitale de répondre aux exigences du gouvernement. Entre 2006 et 2016, les administrations municipales devaient notamment atteindre un maximum de 20 % d’eau potable s’échappant des aqueducs.

La capitale est loin derrière les municipalités les plus performantes. À Sherbrooke, par exemple, les fuites d’eau potable représentent moins de 6 % de la production, rapportait récemment EstriePlus.com. À l’opposé, Mont­réal perd environ 35 % de son eau potable par les trous dans la tuyauterie, déplorait l’été dernier la vérificatrice générale de la métropole. 

«La Ville de Québec obtient de bons résultats», affirme cependant Sébastien Gariépy, du ministère des Affaires municipales. Il fait remarquer que les villes de plus de 100 000 habitants perdent en moyenne autour de 30 % de leur eau.

Moins d’eau qu’en 2006

Aussi, la capitale distribue aujourd’hui moins d’eau potable qu’en 2006. Même si la population a crû de quelques dizaines de milliers de têtes. Pourquoi? Un peu parce que les citoyens sont plus conscientisés, font plus attention au gaspillage. Également parce qu’une équipe de recherche de fuites a été mise en place par le Service de l’ingénierie et que la mairie a investi dans la réfection de ses infrastructures.

La capitale a donc livré en moyenne 413 litres d’eau potable par jour par habitant en 2017. Sébastien Gariépy offre des statistiques comparatives : les villes de plus de 100 000 habitants distribuent en moyenne, chaque jour, 608 litres d’eau potable pour chacun de leurs citoyens. À Sherbrooke, c’est 389 litres. En Ontario, 370 litres.

Puisque la capitale n’a pas atteint la cible étatique, elle devra poursuivre ses investissements dans les aqueducs sans quoi le gouvernement supérieur pourrait retenir ses chèques de subventions. Parmi les exigences du ministère : «écouter» régulièrement les tuyaux pour «entendre» les fuites et les localiser; installer des compteurs d’eau pour tous les immeubles industriels, commerciaux et institutionnels; installer des compteurs dans des résidences privées...