Un courriel expliquant que de nombreuses pannes de camions perturbaient les opérations de collecte, vendredi, est à l’origine d’un quiproquo entre la Ville et l’opposition.

Collecte des matières résiduelles: quiproquo autour des sacs verts

Un courriel transmis aux élus qui peut porter à confusion. Une opposition prompte à dénoncer. Résultat : une présumée histoire de problème de collecte des matières résiduelles à Beauport à jeter aux ordures.

Le quiproquo tire son origine d’un courriel de la directrice de l’arrondissement de Charlesbourg-Beauport, Mélanie Raymond, envoyé vendredi midi aux élus de Beauport. Il explique que de nombreuses pannes de camions du fournisseur Sani-Terre «perturbent fortement» les opérations de collecte. Il est aussi mentionné de ne pas enregistrer de demandes  des citoyens au 311, incluant «les appréciations négatives du service».

Mardi matin, l’opposition officielle à l’hôtel de ville, dont les deux représentants sont à Beauport, ont vite fait de «déplorer l’inaction de l’administration Labeaume en lien avec les difficultés connues dans la collecte des matières résiduelles à Beauport». Le chef de Québec 21, Jean-François Gosselin a aussi accusé l’administration de cacher l’état de situation.

Mais voilà. La Ville jure que les problèmes évoqués ne touchaient pas Beauport et que les plaintes étaient prises en compte. Explications.

La directrice de l’arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge, responsable des collectes, Isabelle Dubois, raconte que le problème touche 800 des 11 000 clients de la Ville inscrits pour la collecte avec chargement avant (pour conteneurs), uniquement dans les secteurs des Rivières, La Cité-Limoilou et Charlesbourg.

«La direction a fait parvenir ce courriel pour informer les élus de la situation. Elle a agi de bonne foi, en pensant vendredi que le problème touchait aussi Beauport. Ça aurait permis aux conseillers de répondre aux questions des citoyens durant le week-end. Au final, il n’y a eu aucun problème à Beauport lié aux bris de camions par chargement avant de Sani-Terre», explique Mme Dubois.

La conseillère Suzanne Verreault, responsable des matières résiduelles, attaque la sortie publique de Québec 21. «Je dénonce le manque de rigueur de l’opposition. Ils partent en peur sans vérifier les faits. Ils auraient dû faire une vérification auprès de la directrice de l’arrondissement», s’indigne-t-elle.

Pas de camouflage

Davantage, elle était outrée des accusations de camouflage, concernant les plaintes qui ne seraient pas enregistrées. «On sous-entend qu’il y a des directives pour manipuler des statistiques et je ne pense pas que le politique puisse imposer de telles directives. Ça fait deux ans que la Ville travaille pour rendre le meilleur service possible dans le contexte d’une pénurie de fournisseurs», ajoute la conseillère de Limoilou, consciente des difficultés de trouver des fournisseurs fiables.

À ce sujet, le directeur de l’interaction citoyen, Martin Lefebvre, précise la nouvelle technique de compilation des données au 311. «Lorsqu’il y a une situation d’exception comme celle-ci avec un fort débit d’appels, on arrête de prendre les plaintes. Puisqu’on connaît la situation, on avise le citoyen qu’on est au courant du problème et qu’on s’en occupe. On économise du temps. L’appel est comptabilisé, mais sans ouvrir un dossier de plainte officiel.»

Enfin, il soutient que cette méthode, officiellement mise en place au printemps prochain, ne faussera pas les données lorsque le vérificateur général voudra évaluer la performance de la Ville.