Climat: l'entrée en vigueur de l'accord de Paris «loin d'être acquise»

L'entrée en vigueur d'ici la fin de l'année de l'accord de Paris sur le climat, conclu en décembre 2015, est «loin d'être acquise», a déploré le président français François Hollande en pressant les pays signataires de procéder à sa ratification.
Selon cet accord, la communauté internationale s'était engagée à limiter le réchauffement de la planète «bien en deçà» de 2°C, par rapport au niveau préindustriel.
«La première urgence, c'est l'entrée en vigueur de l'accord avant la fin de l'année. Et c'est loin d'être acquis», a regretté le chef de l'État dans son discours diplomatique de rentrée devant les ambassadeurs français.
«Il est très important de passer des promesses aux actes», a-t-il insisté, en demandant au corps diplomatique français à l'étranger de «redoubler d'efforts pour inciter vos pays de résidence à ratifier l'accord avant la réunion de Marrakech», où se tiendra en novembre la 22e conférence de l'ONU sur le climat (COP22).
«La France, elle, a fait son travail», a rappelé le président Hollande. Le pays hôte de la négociation de Paris dite COP21, a ratifié l'accord le 8 juin par un vote du parlement.
Au moins 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), responsables du réchauffement, doivent ratifier l'accord pour qu'il entre en vigueur comme prévu à compter de 2020.
Or, seuls 22 pays, représentant 1,08% des émissions de GES, l'ont pour l'heure ratifié, selon le site de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques.
La Chine et les États-Unis, les deux premiers pollueurs de la planète, ont annoncé leur intention de ratifier l'accord d'ici la fin de l'année.
Invitation de Ban Ki-moon
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a invité les pays ayant conclu l'accord de Paris à une réunion à New York le 21 septembre pour le signer ou pour déposer les documents confirmant sa ratification.
L'ancien président de la conférence de Paris COP21, Laurent Fabius, a exprimé mardi son «inquiétude» face à la lenteur des actions menées pour lutter contre le réchauffement climatique, dans une tribune publiée sur le site du quotidien français Le Monde.
Parmi «les difficultés majeures», souligne-t-il, figure le problème de la non-ratification de l'accord de Paris sur le climat par les cinq premiers émetteurs mondiaux de CO2 (Chine, États-Unis, Union européenne, Inde et Russie).