Cinq pays du G7 se lancent dans la bataille contre le plastique

Cinq pays unissent leurs forces pour éradiquer le plastique des océans. Le G7 de Charlevoix marque le début de la bataille internationale contre ces résidus qui étouffent le monde marin.

«C’est un début et peut-être même un bon début. Cinq pays sur sept, c’est pas un scénario idéal, mais il faut partir de quelque part», commente Steven Guilbeault, directeur d’Équiterre.

Selon lui, ce premier geste international contre le plastique jetable pourrait faire «boule de neige». Peut-être que d’autres pays voudront se joindre à la «charte zéro déchet de plastique», adoptée samedi. 

Les États-Unis et le Japon n’ont toutefois pas voulu adhérer au mouvement embrassé par le Canada, la Grande-Bretagne, l’Italie, la France et l’Allemagne. «J’avais cru comprendre au début que c’était un sujet plutôt consensuel, mais de toute évidence, c’était pas le cas», constate-t-il. 

Cette charte, une idée de la ministre canadienne de l’Environnement, Catherine McKenna, prévoit notamment que les pays signataires encourageront l’industrie à atteindre une cible de 100% de produits de plastique réutilisables ou recyclables d’ici 2030. 

Le Canada a voulu donner l’exemple en annonçant un premier investissement de 100 millions $ pour nettoyer les océans des déchets de plastique. 

Mme McKenna a soutenu au cours du G7 que la planète avait «un grand problème», car «peut-être qu’on aura plus de plastique dans les océans que de poissons d’ici 2050, si on ne fait rien».

À l’heure actuelle, seulement 11% du plastique utilisé au Canada est recyclé. Le reste est jeté dans la nature. 

Dans un rapport publié le 5 juin, l’ONU a indiqué que l’ampleur du défi que pose le plastique dans les océans «est décourageante». Depuis les années 1950, la production de plastique a dépassé celle de presque tous les autres matériaux.

«Nos océans ont été utilisés comme une décharge, ce qui provoque l’étouffement de la vie marine et transforme certaines zones marines en soupe plastique», indique le rapport. 

Certaines entreprises commencent elles aussi à se mobiliser sur cet enjeu émergent. Le géant du meuble suédois IKEA a annoncé que d’ici 2 ans, il ne vendra plus de plastique à usage unique, comme des ustensiles et des verres. Ces items seront également bannis de ses restaurants. 

La chaîne de restauration rapide A&W a également annoncé qu’elle se débarrasserait à court terme de toutes ses pailles de plastique. Elle les remplacera par des pailles en papier 100% biodégradables, ce qui évitera de jeter 82 millions de pailles de plastique chaque année.