Lafarge Canada veut que la cimenterie McInnis, à Port-DanielGascons, soit soumise à la procédure d'évaluation du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE). Une « action désespérée de Lafarge », estime le patron de la cimenterie McInnis.

Ciment McInnis s'entend avec deux groupes environnementaux

Le Centre québécois du droit à l'environnement et Environnement vert-plus se désistent de l'action en justice intentée en août 2014 contre Ciment McInnis, promoteur du projet de cimenterie de Port-Daniel, actuellement en construction.
Les deux groupes environnementaux tentaient d'invalider le certificat d'autorisation émis par le ministère québécois de l'Environnement, notamment parce qu'ils jugeaient que le ministre avait outrepassé ses pouvoirs en donnant l'aval à un projet dont la taille avait doublé entre son dépôt initial, en 1995, et 2014.
Le désistement laissera place sous peu à un processus de médiation au cours duquel les participants tenteront de faire un suivi sur le volume de gaz à effet de serre émis par la future cimenterie, le respect des normes en ce qui a trait aux autres contaminants et la conformité aux normes quant aux mammifères marins.
«Sur de nouvelles bases»
Michel Bélanger, avocat du Centre québécois du droit à l'environnement (CQDE), précise que la décision de se retirer de la poursuite a été mûrie. La cause doit être entendue dans deux semaines, puisque Ciment Lafarge, troisième requérante et concurrente de Ciment McInnis, ne se désiste pas.
«C'est reparti sur de nouvelles bases. Si on avait perdu dans deux semaines, nous aurions été devant rien. Je préférais un tiers, un juge sans doute, pour faire la médiation», dit M. Bélanger.
La réflexion du CQDE a notamment porté sur la faible probabilité qu'un tribunal décrète l'intervention du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) pour un projet de 1 milliard $ dont le tiers de la construction est déjà réalisée.
«De plus, nous nous serions retrouvés devant l'État qui contrôle [les recommandations du BAPE] et qui a mis ses sous dans le projet», ajoute Michel Bélanger, en faisant référence au prêt et à la participation dans le capital-actions totalisant 450 millions $ des entités publiques que sont Investissement-Québec et la Caisse de dépôt et placement du Québec.
M. Bélanger se dit conscient que le processus de médiation n'aura pas de pouvoir légal. «On aura des mesures de transparence. J'admets que ce n'est pas un gage de succès absolu [...] On fait confiance à la bonne volonté [de Ciment McInnis]», dit-il.
En plus du CQDE, le Conseil régional de l'Environnement de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et Nature-Québec sont invités au processus de médiation, tout comme le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte aux changements climatiques.
Ciment McInnis émettra environ 6 % des gaz à effet de serre de source industrielle du Québec en produisant 2,2 millions de ciment par an.  Avec la Presse Canadienne