L'architecte Charles Garant, fraîchement débarqué de Suède et du Danemark, croit qu'il sera possible d'aménager ses concepts d'écoquartier dans D'Estimauville et de les rentabiliser à long terme.

Charles Garant: la vie de ruelle à la suédoise

De retour de Stockholm, l'architecte Charles Garant a arpenté les écoquartiers qui ont fait la renommée environnementale de la capitale suédoise. Bilan de sa promenade: des milieux den­ses, vivants... et plus coûteux que la moyenne.
En Suède, le développement durable a la cote. «À l'interne, les Suédois sont axés sur le développement durable. À tout le monde à qui tu parles, c'est axé sur le fait de se débarrasser des énergies fossiles», détaille Charles Garant, qui a visité plusieurs quartiers à vocation écologique en marge d'un congrès international sur le sujet. «Ils recyclent à près de 90%-95%. Et en général, ils ont rarement deux voitures. Et eux-mêmes, ils vont chercher à aller encore plus loin.»
Ces orientations urbaines ne sont pas toutefois sans conséquence pour les contribuables et les acquéreurs de propriété. «ll y a des coûts rattachés à ça. Ce n'est pas au même coût qu'un développement standard, mais tu as une qualité de vie avec ça qui peut être vraiment intéressante.»
Cette qualité de la vie, il l'a per­çu dans l'étonnante vitalité retrouvée dans les rues des quartiers.
«À Malmö [ville du sud de la Suède], comme c'était un ancien quartier industriel, tu le sens. C'est un peu comme la promenade Samuel-De Champlain : au début, il n'y avait personne qui se promenait là, maintenant, c'est un succès. C'est la même chose que ça, mais en plus, tu as de l'habitation. Tu vois des enfants dans les ruel­les, qui deviennent les cours des logements. C'est vraiment ça, le principe, et ça fonctionne. Et ça jouait au hockey!»
Si la Ville de Québec décide d'importer le modèle suédois, il s'attend toutefois à des changements quant aux attentes et aux exigen­ces des acteurs de l'immobilier.
«La marge de profits, il va falloir s'attendre à ce qu'elle bais­se. Au lieu de faire ton profit en pensant rentabiliser ton profit sur cinq ou six ans, comme ça se fait dans le commercial de base, il faudra peut-être penser un peu plus long ter­me. Mais on est capable de le faire. On a la chance d'avoir une énergie renouvelable ici, à faible coût. Ça va nous permettre d'investir la différence dans des aménagements de qualité.»