Percé a durement été touchée par la «bombe météo» du 30 décembre. La municipalité veut maintenant recharger sa plage de gravier, pour amortir le choc des vagues, et reconstruire en retrait sa promenade.

Changements climatiques: Québec devra «en faire davantage», dit Coiteux

Québec doit «en faire davantage» pour contrer les effets des changements climatiques. Les trois ministres du gouvernement Couillard qui se sont déplacés sur la Côte-Nord et en Gaspésie jeudi ont affirmé qu'il est temps de prendre des actions qui auront des effets à long terme.
Le ministre responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, le maire de Sept-Îles, Réjean Porlier et le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont rencontré la presse jeudi sur la rue des Campeurs, un secteur lourdement affecté par l'érosion des berges à Sept-Îles.
Près de deux semaines après la «bombe météo» du 30 décembre, qui a causé de lourds dommages sur les rives de la Côte-Nord et de la Gaspésie, les ministres Martin Coiteux, Pierre Arcand et Sébastien Proulx ont fait des arrêts à Sept-Îles et à Port-Cartier, pour les premiers, et à Chandler pour le troisième, répétant qu'ils sont «dans l'action».
Nul n'a toutefois donné de détails sur la forme que prendra cette action, en intensité et dans le temps. Mercredi, une autre tempête a accentué les dommages du 30 décembre.
Le ministre de la Sécurité Coiteux a lancé : «C'est un travail que l'on fait déjà, mais il va falloir qu'on le fasse davantage, les glaces sont moins présentes en hiver et c'est un symptôme [du réchauffement climatique] et donc, ça affecte davantage l'érosion. Il va falloir effectivement qu'on travaille beaucoup plus en mode prévention.»
Lui et son collègue responsable de la Côte-Nord, Pierre Arcand, ont visité Port-Cartier et Sept-Îles, où les fortes marées et les vagues déferlantes ont donné du fil à retordre aux riverains. À Sept-Îles, il est fort probable que cinq résidences soient même détruites en raison des trop lourds dommages.
À Chandler, le ministre responsable de la Gaspésie, Sébastien Proulx, affirme, en parlant des dégâts causés une fois de plus au quai et à la promenade de Percé, qui ne protège pratiquement plus le centre-ville, qu'il faut «poser un geste à court terme» pour répondre «à la nécessité d'une saison touristique». Il a aussi admis son impuissance immédiate. 
«Ce qui s'est passé sur la Côte-Nord et en Gaspésie, ça nous interpelle sur le fait que justement, on va avoir besoin de stratégies à plus long terme. Ce n'est pas un travail qui part de nulle part, mais on va le continuer», a ajouté M. Coiteux.
Il rappelle que Québec finance déjà «un certain nombre d'initiatives» comme Ouranos pour «établir les conséquences des changements climatiques» entre autres, sur l'érosion. «Il va falloir que ces recherches-là alimentent directement les programmes qu'on va mettre en place».
Solutions pas évidentes
Pierre Arcand souligne l'existence du Fonds vert, duquel des montants servent à la recherche et à l'identification des «meilleures solutions» pour prévenir les phénomènes naturels. «Des solutions qui ne sont d'ailleurs pas toujours évidentes», dit-il. «Il faut que les scientifiques travaillent ensemble pour trouver un minimum de consensus» dans les solutions à implanter.
Le travail devra aussi se faire avec les acteurs locaux, «qui ont l'expertise terrain», a affirmé M. Coiteux. C'est de la musique aux oreilles du maire de Sept-Îles, qui souhaite ardemment qu'une «stratégie globale» soit mise en place. «On doit se donner une projection [...] On sait qu'il va y en avoir d'autres tempêtes», a dit Réjean Porlier, le maire de Sept-Îles.
Impossible encore pour l'État de prédire à quel moment un programme de prévention ou des «politiques axées sur le plus long terme» pourraient voir le jour. «On en sait plus aujourd'hui qu'on en savait en 2008», affirme M. Coiteux. «On ne fait pas de la recherche juste pour dire qu'on fait de la recherche, on le fait pour être capable de prendre les bonnes décisions.»
Québec a annoncé jeudi l'ajout de 16 municipalités admissibles au Programme général d'aide financière lors de sinistres réels ou imminents à la suite de la tempête du 30 décembre. Le lendemain, le ministre Coiteux avait signé un premier décret pour 18 villes de Côte-Nord et de Gaspésie.
Le député péquiste de Gaspé, Gaétan Lelièvre, réclame quant à lui une «cellule de crise» composée des ministères concernés pour faire face aux problèmes d'érosion en Gaspésie. Il faut «sécuriser les lieux à court terme» et trouver des solutions à long terme, a-t-il soutenu en marge d'une visite à Percé jeudi, en constatant les plus récents morceaux arrachés au littoral.
Crise en Gaspésie
La Gaspésie vit «une crise présentement, et ça affecte l'économie. Les touristes se posent des questions sur la route 132», argue le député. Le 15 décembre, une portion de la route 132 en Haute-Gaspésie était restée fermée pendant deux jours à cause d'un événement météo du même type.
La municipalité de Percé veut recharger sa plage en gravier pour amortir le choc des vagues et reconstruire en retrait sa promenade, qui sert de mur protecteur. À la suite du déblocage de 45 0000 $, annoncé jeudi par Sébastien Proulx, le député Lelièvre reproche à Québec d'avoir tardé à concrétiser son aide pour compléter les études et les plans de 1,3 million $ relatifs à ce projet de plus de 15 millions $. «On perd du temps, on perd une autre saison. On aurait pu enclencher les travaux.»  
Le député Lelièvre s'inquiète du fait que le conseil municipal de Percé n'a plus de pouvoir depuis la démission du maire et de quatre conseillers, les 20 et 21 novembre. Le ministre Proulx a indiqué à ce sujet que «l'enjeu de la vacance [au conseil] n'est pas un frein» à l'action de son gouvernement. Il a répété que des élections seront tenues au printemps.  Avec Fanny Lévesque et Geneviève Gélinas