En raison des changements climatiques, la tordeuse des bourgeons de l'épinette se développe de plus en plus au nord.

Changements climatiques: la tordeuse de l'épinette affectée

Les changements climatiques bouleversent les écosystèmes, la chose est déjà bien connue. Une équipe de chercheurs estime que ces changements ont aussi un effet sur la tordeuse des bourgeons de l'épinette (TBE), ravageur des forêts québécoises de conifères.
«Avec les changements climatiques, l'insecte serait plus porté à se développer au nord», a souligné Louis De Grandpré, chercheur en écologie forestière au Service canadien des forêts, à Québec. «L'épidémie qui touche présentement la Côte-Nord est différente de celle des années 70, qui a démarré au sud-ouest pour monter vers le nord-est. Maintenant, la tordeuse est pratiquement disparue de l'Outaouais et on n'a jamais vu autant d'éclosion au nord.»
Pour l'instant, l'infestation par la TBE n'est pas comparable à celle des années 70, qui avait détruit autour de 35 millions d'hectares de forêt contre environ trois millions aujourd'hui, dont plus des deux tiers sur la Côte-Nord. Un des objectifs de M. De Grandpré, qui passera la semaine prochaine au nord de Baie-Comeau pour poursuivre ses recherches, est de déterminer combien de temps un arbre peut résister à la défoliation causée par l'insecte.
«On pourra ainsi mieux prévoir l'infestation, notamment en coupant un peuplement avant qu'il ne soit tué. On tente aussi de savoir si l'épinette noire sera autant attaquée que le sapin [nourriture de prédilection de la TBE malgré son nom] en raison des changements climatiques», a ajouté le chercheur. Le sapin est présentement plus attaqué car son cycle correspond à celui de l'insecte. La question est de savoir si le cycle de l'épinette noire sera accéléré par le réchauffement et ainsi s'il deviendra encore plus attrayant pour la bête.
Déplacement vers l'Est
L'équipe d'une quinzaine de chercheurs, qui s'intéresse à cette épidémie depuis 2006, fera cet été sur le terrain des suivis de défoliation des peuplements. Elle travaillera également sur la dynamique des populations de tordeuse des bourgeons de l'épinette afin notamment de savoir comment agir plus tôt contre ce ravageur.
Devant les données de ses recherches, Louis De Grandpré constate que l'épidémie semble se déplacer vers l'est. De ce côté, les autorités vont tenter d'enrayer rapidement les foyers d'infestation, comme c'est actuellement le cas au Bas-Saint-Laurent.
Quant à l'insecticide biologique utilisé pour combattre la TBE, le Bt, M. De Grandpré estime qu'il est toujours efficace dans le contrôle de peuplement. «Ce n'est pas pour faire de la lutte à grande échelle, ça coûterait trop cher», a-t-il conclu.