La Ville de Québec maintient le cap de 82 % de récupération des matières recyclables, y compris les résidus alimentaires.

Centre de biométhanisation: un sac de couleur pour la matière organique

Meilleure participation citoyenne, coûts d’exploitation plus faibles et des camions en moins sur les routes. L’avenir de la récupération de la matière organique passe par le sac de couleur, estime la Ville de Québec.

C’était comité plénier mercredi pour expliquer le choix du mode de collecte de la matière organique prévu dès 2022. Le projet de 190 millions $ d’un centre de biométhanisation pour transformer les résidus de table et les boues des eaux usées en digestat (compost) inclut la construction d’un centre de récupération et de tri de la matière organique.

La Ville aurait pu opter pour un troisième bac, après le vert (déchets) et le bleu (matières recyclables), pour récupérer les résidus de table. Cela impliquait inévitablement l’ajout de camions sur les routes, donc une hausse de la circulation et d’émission de gaz à effet de serre, a expliqué Stéphan Bugay, directeur de la gestion des matières résiduelles à la Ville de Québec.

L’option d’un troisième bac pouvait aussi être un frein potentiel à la participation citoyenne, principalement dans les immeubles à logements où il devient difficile de trimbaler les déchets, la récupération et les résidus alimentaires dans trois bacs distincts lorsqu’il faut emprunter les escaliers.

Pour ces raisons, ajoute M. Bugay, le sac de couleur devient la solution la plus appropriée. Les citoyens pourront déposer leur sac de résidus alimentaires dans le bac à déchets. Un même camion fera la collecte des sacs. 

Sacs séparés mécaniquement

Une fois au centre de récupération, les sacs à ordures seront séparés mécaniquement des sacs de résidus alimentaires. La Ville est actuellement en appel d’offres pour savoir quelle technologie sera retenue.

Sur un plan économique, l’option d’un sac de couleur pour les résidus exige un investissement supplémentaire de 29 millions $ pour l’achat d’équipement de tri. En contrepartie, le coût annuel d’exploitation est de 6 millions $ plutôt que 11,5 millions $ s’il fallait choisir l’ajout d’un troisième bac, par conséquent d’une troisième collecte.

La prochaine étape consiste à faire le choix du sac. Il doit être suffisamment résistant pour résister à la compression hydraulique des camions à ordures et suffisamment mince pour être facilement éventré lors du tri des résidus alimentaires. Des tests complémentaires seront effectués d’ici 2021.

La Ville maintient le cap de 82 % de récupération des matières recyclables, y compris les résidus alimentaires. «C’est une cible ambitieuse, mais la réussite passe par l’éducation et l’information», souligne la conseillère Suzanne Verreault, responsable de l’environnement à la Ville de Québec.

L’usine de biométhanisation pourra traiter annuellement 96 000 tonnes de boues municipales et 86 000 tonnes de résidus alimentaires. Les travaux débutent à l’été.