En ouvrant l’application iOverlander, particulièrement populaire chez les jeunes campeurs, on se voit offrir une vingtaine d’emplacements pour passer la nuit gratuitement, uniquement dans le Grand Gaspé.
En ouvrant l’application iOverlander, particulièrement populaire chez les jeunes campeurs, on se voit offrir une vingtaine d’emplacements pour passer la nuit gratuitement, uniquement dans le Grand Gaspé.

Camping sauvage: des applications accentuent le problème

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Bien appréciées des campeurs, les applications répertoriant les emplacements de campings gratuits semblent accentuer le problème du camping sauvage en Gaspésie, menant les visiteurs à s’installer là où c’est interdit sans qu’ils le sachent.  

En ouvrant l’application iOverlander, particulièrement populaire chez les jeunes campeurs, on se voit offrir une vingtaine d’emplacements pour passer la nuit gratuitement, uniquement dans le Grand Gaspé. Ceux-ci sont séparés en différentes catégories, allant de «campements informels» jusqu’à «camping sauvage». Parmi les emplacements visibles à Gaspé, on retrouve notamment le «parking IGA», un «emplacement de sable entre la mer et le marais» ou encore le «phare du Cap-des-Rosiers». Dans les trois cas, s’y installer pour la nuit est interdit.  

L’application répertorie aussi d’autres ressources nécessaires aux campeurs, telles que les blocs sanitaires, des campings «officiels» à prix modiques et les stations services. La plateforme gratuite permet aussi aux campeurs de noter et de commenter les emplacements qu’ils ont visité. «C’est un peu comme un AirBnB des campings gratuits», explique Félix Renaud, un jeune campeur montréalais rencontré sur la plage de Douglastown.   

 «C’est l’application qui m’a guidé ici ! C’est vraiment un beau spot», raconte Julie, une voyageuse en Gaspésie depuis quelques jours avec son fidèle Westfalia. Même si elle est très sensibilisée à l’enjeu du camping sauvage et souhaite laisser le moins de traces possibles, elle ignorait qu’il était interdit de camper, particulièrement en véhicule, sur la plage. «Quand je suis venu en Gaspésie, j’avais lu les articles qui parlaient des touristes malpropres. Je ne voulais pas faire partie de cette catégorie-là. Je suis un peu déçue de voir que je me suis fait guider vers un endroit interdit», se désole-t-elle.  

 Au fil des tentes et des véhicules récréatifs, l’histoire est semblable : tous sont d’accord que le camping sauvage doit se faire en respectant les lieux et la population, mais plusieurs étaient sur des terrains interdits, malgré eux.  

Confusion sur l’interdiction 

Depuis que des élus gaspésiens sont sortis dans l’espace public pour dénoncer le comportement de certains campeurs, la majorité des emplacements sur iOverlander sont notés comme «fermés définitivement».  

Malgré cet avertissement, les lieux sont toujours indiqués sur l’application, incluant adresses et indications pour s’y rendre. Plusieurs commentaires contredisent même les règlements en place, rendant le tout encore plus confus. «Camping toujours permis malgré les pancartes no camping», peut-on lire dans les commentaires d’une plage particulièrement achalandée. Sur la fiche d’un autre emplacement, on peut voir des photos de véhicules stationnés dans un milieu fragile, encourageant les autres campeurs à s’y aventurer, seulement s’ils ont un véhicule capable de le faire. «4x4 recommandé si vous voulez aller sur la plage», peut-on lire. 

Malgré tout, le maire de Gaspé, Daniel Côté, rapporte que la situation s’est améliorée au cours des derniers jours, notamment depuis que Gaspé a instauré une patrouille citoyenne afin de faire de la sensibilisation.