Éric Caire a appelé le gouvernement à demander une injonction afin de forcer l'arrêt immédiat des opérations d'Anacolor tant et aussi longtemps qu'elle représentera un danger pour la santé publique des citoyens.

Caire demande de fermer Anacolor

Le député caquiste de La Peltrie, Éric Caire, a demandé vendredi au gouvernement libéral de forcer l'arrêt immédiat des activités de l'entreprise de peinture Anacolor, de Cap-Rouge.
La sortie du député fait suite à un avis de la Direction de santé publique publié la semaine dernière à la garderie Polichinelle et à l'école Marguerite-D'Youville recommandant aux enfants et aux employés de demeurer dans des locaux dont les fenêtres sont fermées lorsque des odeurs provenant de l'usine sont persistantes.  L'avis demandait également de fermer les locaux où des odeurs apparaîtraient en raison d'un mauvais fonctionnement du système de ventilation.
M. Caire a appelé le gouvernement à demander une injonction afin de forcer l'arrêt immédiat des activités de l'entreprise tant et aussi longtemps qu'elle représentera un danger pour la santé publique des citoyens. En septembre, le ministère de l'Environnement avait exigé qu'Anacolor réduise de 90 % ses émanations polluantes dans un délai de cinq mois, à défaut de quoi elle devrait cesser ses activités. L'entreprise conteste cette exigence devant le tribunal administratif du Québec, la jugeant abusive. «Anacolor a le droit d'aller en appel sur une décision, mais la santé publique a le devoir de poser des gestes, si nécessaire, pour protéger la population», a mentionné à ce propos le ministre québécois responsable de la Capitale--Nationale, François Blais.
De son côté, Anacolor a demandé vendredi à la Direction de santé publique de rectifier publiquement son avis publié en début de semaine comme elle l'avait fait jeudi lors d'une rencontre du comité de liaison de l'usine avec la communauté.
Le président d'Anacolor, Éric Nadeau, a rappelé que les résultats des deux campagnes d'échantillonnage de l'air dans le secteur de l'école avaient été déposés jeudi, l'une réalisée à l'automne 2015 et l'autre, depuis le 6 juin dernier. «Toutes les mesures prises démontrent qu'il n'y a aucun dépassement des composés organiques volatils totaux dans tout le secteur de l'école qui pourraient affecter le voisinage», a déclaré M. Nadeau par voie de communiqué.
L'entreprise envisage aussi d'installer dès janvier de nouveaux appareils de mesure de la qualité de l'air à proximité de l'école.  
Une offre de la Ville
Vendredi, le maire de Québec, Régis Labeaume, a indiqué avoir fait une offre d'achat au président d'Anacolor pour le terrain de l'entreprise, offre à laquelle le principal intéressé n'aurait pas donné suite. «Nos gens ont rencontré le propriétaire, lui ont mis l'offre sur la table, et il ne nous répond pas. Il nous envoie des estimés pour nous dire combien ça lui coûterait de déménager», mentionne M. Labeaume. 
Pourtant, déjà en octobre, le maire de Québec indiquait que la Ville n'aiderait pas l'entreprise d'Éric Nadeau à déménager, ce qu'il a réitéré vendredi. «On commencera pas à le déménager. Le gars voudrait faire un coup d'argent. [...] Je pense qu'il espère toujours que nous payons le total de son déménagement. Ça n'arrivera pas. Il n'est pas question qu'il fasse une passe d'argent avec nous.»
En revanche, il invite Éric Nadeau à considérer sérieusement son offre d'achat. «C'est un beau montant. Si j'étais lui, j'y penserais. On sait pas ce qui peut arriver. Si le ministère de l'Environnement est assez drastique avec, et qu'il lui dit de déménager, on pourrait enlever notre offre. Si j'étais lui, je ne prendrais pas de chance. Il pourrait perdre de l'argent. Moi, je penserais à ça si j'étais lui.»
Régis Labeaume indique que son offre constitue la seule chose que peut actuellement faire la Ville de Québec dans cette affaire. «Le reste, c'est de la réglementation, de l'environnement et de la santé publique.» 
S'il devenait aux mains de la Ville, le terrain où se trouve actuellement l'usine d'Anacolor pourrait être revendu pour de la construction résidentielle. 
Avec Camille B. Vincent