Régis Labeaume et Denis Coderre étaient parmi les maires ayant rencontré les ministres David Heurtel et Jean D'Amour mercredi à Québec.

Berges du St-Laurent: les maires veulent plus d'autonomie pour s'attaquer à l'érosion

Les maires des municipalités riveraines du Saint-Laurent demandent plus de marge de manoeuvre en matière d'aménagement du territoire et d'environnement. Régis Labeaume veut notamment pouvoir utiliser l'argent que les deux paliers de gouvernement destinent aux infrastructures pour remédier à l'érosion des berges.
En présence du ministre de l'Environnement, David Heurtel, et du ministre délégué à l'implantation de la Stratégie maritime, Jean D'Amour, les nombreux maires réunis mercredi à Québec se sont engagés à livrer au gouvernement provincial dès septembre un rapport sur l'état des berges du Saint-Laurent. Les maires proposeront également à l'automne 10 changements importants dans les procédures afin améliorer l'application des lois sur l'environnement concernant le fleuve.
Régis Labeaume souhaite ainsi faire prendre conscience aux deux paliers de gouvernement de l'importance du problème d'érosion et obtenir plus d'autonomie dans le dossier. «Il faut pouvoir investir», a-t-il expliqué, demandant le droit d'utiliser l'argent destiné aux infrastructures pour remédier au problème. «Si, dans ma municipalité, je considère que le problème d'érosion des berges est plus important que l'état des artères, est-ce que je peux penser que je prends la bonne décision?»
Bien qu'il refuse de parler d'enveloppes budgétaires avant le dépôt du rapport sur l'état des berges, le ministre de l'Environnement reconnaît que l'inaction dans des dossiers liés aux changements climatiques comme l'érosion des berges pourrait éventuellement s'avérer un frein au développement économique. «Dans la lutte contre les changements climatiques, oui, il y a un coût court terme, mais le coût de ne rien faire est complètement astronomique à côté de cela», a-t-il souligné, rappelant que le tiers de la population du Québec habite à moins de 500 mètres du fleuve.
Autant dans le dossier des berges que dans celui de la gestion des eaux usées, les élus municipaux ont dénoncé le dédoublement de la procédure entre les deux paliers de gouvernement. «Ce qu'on a besoin pour tout de suite, ce n'est pas une loi, c'est un changement réglementaire et s'assurer que Québec et Ottawa chantent la même toune», a illustré le maire de Montréal, Denis Coderre, rappelant que les changements législatifs viendraient de toute façon d'ici deux ans avec la loi sur Montréal, la loi sur Québec et la loi sur les municipalités, qui auront toutes trois une dimension environnementale.
Développement maritime
La question de la séparation des pouvoirs entre les gouvernements et les municipalités a semblé éclipser celle de la stratégie maritime que souhaite implanter le gouvernement libéral, principale raison de la présence de Jean D'Amour. Le maire Labeaume a cependant annoncé qu'une autre rencontre entre les maires et les ministres aurait lieu à l'automne pour discuter davantage du développement maritime, particulièrement du projet d'oléoduc Énergie-Est de TransCanada passant sous le fleuve Saint-Laurent.