En entrevue avec Le Soleil, le pdg du Port de Québec, Mario Girard, a tenté de répondre aux reproches adressés par le ministère de l'Environnement et l'entreprise Arrimage du Saint-Laurent à son endroit.

Arrimage accuse le Port de Québec d'avoir caché des informations

Le ton monte au Port de Québec. Après avoir reçu une mise en demeure du ministère de l'Environnement (MDDEP) lui ordonnant de cesser d'entraver le travail de ses inspecteurs, l'entreprise de débardage Arrimage du Saint-Laurent a accusé dans une lettre l'administration portuaire de cacher des informations pour en faire un bouc émissaire. Le port, de son côté, parle plutôt d'un «imbroglio».
Les documents ont été rendus publics mercredi par le FM93. La mise en demeure est datée du 2 juillet et concerne le nuage de poussière qui a été soulevé dans les environs du port le 25 juin, provoquant certaines craintes dans la population. Une inspectrice du MDDEP s'était alors rendue à la guérite du port, mais avait dû repartir sans avoir eu accès aux lieux.
«Nous portons à votre attention que le fait d'entraver l'exercice des fonctions d'un fonctionnaire constitue une infraction [à la Loi sur la qualité de l'environnement...]. Vous êtes donc formellement mis en demeure, dès réception de la présente, de cesser d'entraver l'exercice des fonctions des fonctionnaires du Ministère», lit-on dans la missive que la station de radio a publiée sur son site Web.
Dans l'autre lettre dévoilée par le FM93, Arrimage reproche à l'administration portuaire d'avoir malicieusement fait croire aux médias et au MDDEP que c'était Arrimage qui avait empêché l'inspectrice de l'Environnement de faire son travail. Or la guérite, souligne Arrimage, est sous l'entière responsabilité du Port, pas sous celle de ses locataires. En outre, le Port savait que la poussière provenait de la plage, et non des installations d'Arrimage, mais aurait fait semblant de ne pas être au courant, disant plutôt publiquement qu'il allait s'enquérir de la situation auprès d'Arrimage.
«Vous n'étiez pas sans savoir qu'en fournissant aux médias ce genre de réponse, que ceux-ci et le MDDEFP concluraient à tort qu'Arrimage du Saint-Laurent entrave le travail des fonctionnaires alors qu'il n'en est rien, puisque c'est vous qui avez le contrôle total sur les entrées et les sorties du territoire [... et que] nous n'avions rien à voir avec les nuages de poussière», lit-on dans la lettre, qui somme le Port de «rétablir les faits».
Le port se défend
En entrevue avec Le Soleil, le pdg du Port, Mario Girard, a réitéré que l'Environnement aurait toujours l'entière collaboration du Port et a mis l'affaire sur le compte d'un «imbroglio». Les procédures demandent en effet que tout visiteur soit accompagné en tout temps sur le territoire du Port. Or, s'il y a un gardien en permanence à la guérite, dit M. Girard, il ne peut servir d'accompagnateur.
Ainsi, lorsque l'inspectrice du MDDEP s'est présentée au port le soir du 25 juin, elle aurait interprété les propos d'un employé d'ASL comme un refus et aurait quitté les lieux alors que le Port, selon M. Girard, venait de dépêcher une représentante (une consultante en environnement). Celle-ci n'aurait pas eu le temps de se rendre avant que l'inspectrice ne tourne les talons.