«Si on parle de déménager une compagnie, ça sort du giron du ministère de l'Environnement, mon travail ce n'est pas de déménager les entreprises qui ne respectent pas la Loi sur la qualité de l'Environnement», a dit le ministre de l'Environnement, David Heurtel.

Anacolor: pas question d'utiliser le Fonds vert, dit Heurtel

Le ministre de l'Environnement, David Heurtel, est catégorique : le Fonds vert ne peut pas servir au déménagement d'Anacolor. Et si l'entreprise de Cap-Rouge envisage cette possibilité, c'est qu'elle se trompe une fois de plus.
«Le Fonds vert sa raison d'être c'est d'investir dans des projets qui sont liés à la réduction d'émissions de GES [gaz à effet de serre] Ici, nous ne sommes pas dans un dossier lié à la réduction de GES», a tranché M. Heurtel, mercredi après-midi. 
Dans un document préparé par Anacolor daté du 18 septembre et destiné aux candidats à l'élection partielle de Louis-Hébert dont Le Soleil a obtenu copie, la compagnie évoque la possibilité de financer sa relocalisation dans un secteur industriel par l'intermédiaire du Fonds vert du gouvernement et soutient même que le cabinet du premier ministre «serait disposé à étudier cette possibilité».
«Elle se trompe dans ce dossier-là, ce ne sera pas la première fois», a aussitôt répliqué le ministre de l'Environnement lorsque questionné sur cette interprétation. 
Distance avec El Ghernati
Il s'est également distancé de l'engagement pris lundi par la candidate libérale, Ihssane El Ghernati, de déménager l'entreprise émettrice d'odeurs nauséabondes dans le secteur d'ici le scrutin général de 2018. 
«Ce que je comprends de l'engagement de la candidate c'est [que c'est] relatif à un projet de déménagement qui est complètement différent de ce qu'on est en train de faire», a-t-il soutenu, rappelant les nombreux chapitres de sa bataille avec Anacolor pour faire respecter son certificat d'autorisation assorti de conditions. Le dossier est présentement devant les tribunaux. 
«Si on parle de déménager une compagnie, ça sort du giron du ministère de l'Environnement, mon travail ce n'est pas de déménager les entreprises qui ne respectent pas la Loi sur la qualité de l'Environnement», a ajouté M. Heurtel. 
De son côté, le ministre de la Capitale-Nationale, François Blais, a nié le postulat selon lequel la candidate libérale aurait pu avoir accès à des informations du gouvernement pour être en mesure de prendre un engagement si ferme de déménager Anacolor d'ici 12 mois. Selon lui, si Mme El Ghernati a été aussi loin c'est qu'elle connaît bien le milieu. «Elle a eu des discussions avec tous les acteurs, il y a eu des changements d'attitude ces derniers mois, ça s'est révélé récemment», a fait valoir M. Blais, réitérant que le caucus de Québec était derrière elle. 
Tout comme celle qui aspire de remplacer Sam Hamad le 2 octobre, François Blais n'a pas voulu donner d'indices sur comment ils entendent parvenir à leurs fins, évoquant «plusieurs conditions». Or, le vice-président d'Anacolor, Richard Leblanc, avait indiqué lundi au Soleil qu'il était effectivement ouvert à un déménagement, mais que cela aurait des coûts. Ni M. Blais ni M. Heurtel n'ont voulu s'avancer sur la possibilité que Québec délie les cordons de sa bourse pour aider l'entreprise à déménager ses pénates dans un secteur moins résidentiel. 
Tant le Parti québécois que la Coalition avenir Québec (CAQ) n'ont pas hésité à accuser le Parti libéral du Québec et sa candidate de faire preuve d'opportunisme en se servant de la campagne électorale pour bouger dans le dossier d'Anacolor. «Les libéraux sont des hypocrites qui ont une conscience sociale seulement en campagne électorale [...] ils ont abandonné les citoyens pendant des années», a lancé le porte-parole de la CAQ pour la Capitale-Nationale. 
Son homologue péquiste, Agnès Maltais, abonde dans le même sens. «Ça fait trois ans qu'on parle d'Anacolor et pour la première fois, parce qu'on est en élection partielle dans Louis-Hébert, tiens, un libéral se réveille!» Les deux ont souligné avoir proposé à maintes reprises le déménagement de l'entreprise alors que le gouvernement a fait l'oreille sourde à cette proposition.