L’agrile du frêne est un petit insecte vert métallique originaire d’Asie qui a été introduit aux États-Unis et au Canada à la fin des années 90.

Agrile: forestiers et environnementalistes s’impatientent

Alors que l’agrile du frêne a été détecté pour la première fois à Québec cet été, l’Association forestière des deux rives (AF2R) et le Conseil régional de l’environnement (CRE) pressent la ville d’adopter un plan d’action de toute urgence.

Dans une lettre envoyée jeudi au maire Régis Labeaume, les deux organismes font part de leurs «inquiétudes» et déplorent que, quelques mois après que l’on eut trouvé de l’agrile dans le quartier Montcalm, «les plans d’intervention se font toujours attendre».

L’agrile du frêne est un petit insecte vert métallique originaire d’Asie qui a été introduit aux États-Unis et au Canada à la fin des années 90. Les frênes d’Amérique sont sans défense contre lui et l’infestation est mortelle pour pratiquement 100% des arbres touchés.

Ce n’est sans doute qu’une question de temps avant que Québec ne se dote d’un plan d’action, admet le spécialiste de l’agroforesterie du CRE Frédéric Lewis, puisque la ville a déjà annoncé son intention de le faire. Mais comme on compte à Québec 13 000 frênes sur les terrains municipaux et 22 000 frênes privés, sans compter ceux qui se trouvent dans des boisés, et comme il a été démontré que la «canopée urbaine» améliore la qualité de vie et de l’air, l’AF2R et le CRE jugent bon de faire pression.

Rappelons que jeudi, Le Soleil publiait une entrevue avec l’entomologiste du Service canadien des forêts Robert Lavallée, qui dressait un portrait de la première campagne de piégeage de l’agrile à Québec. Dans l’ensemble, le petit envahisseur est encore très circonscrit au quartier Montcalm, et il semble que l’infestation soit très récente: les plus vieilles galeries de larves que M. Lavallée a trouvées remontent à 2015 (on peut les dater grâce aux anneaux de croissance de l’arbre). Mais le nombre qu’il a attrapé dans certains pièges — une quarantaine de spécimens en un seul week-end sur un même arbre, situé dans l’«épicentre» — montre que l’agrile est établi pour de bon à Québec et qu’on ne peut espérer que le ralentir.