Agence de l'efficacité énergétique: de petits premiers pas

Les audiences publiques sur le tout premier plan d'ensemble de l'Agence de l'efficacité énergétique se sont ouvertes cette semaine devant la Régie de l'énergie. Au menu, des incitatifs à réduire sa consommation d'énergie à la maison comme sur les routes. Une première mouture qui donne le ton pour les prochaines années, selon Luce Asselin, pdg de l'Agence.
Rénoclimat, Novoclimat, Éconologis, trousse d'économie d'eau chaude, promotion des produits Mieux Consommer Energy Star... Toute la panoplie des programmes d'économie d'éner­gie offerts par l'Agence de l'efficacité énergétique (AEE), Gaz Métro et Hydro-Québec est dorénavant regroupée sous le toit de l'AEE.
Le premier plan d'ensemble en efficacité énergétique et nouvelles technologies réu­nit tous ces programmes et en
propose de nouveaux, dont quatre ont trait au domaine du transport.
Il sera ainsi possible pour les propriétaires de véhicules à consommation élevée de bénéficier d'une aide financière de 500  $ à 1000 $ pour l'achat d'un véhicule consommant trois litres de moins aux 100 km.
Cette mesure devrait, selon l'AEE, permettre d'économiser près de 400 000 litres d'essence au Québec en 2009-2010. Si l'on considère qu'un véhicule con­somme en moyenne 1460 litres d'essence par année et qu'en 2007, le Québec comptait un parc automobile de 4,5 millions de véhicules légers, la mesure peut sembler timide.
«Il s'agit d'une première mouture, réagit Luce Asselin, pdg de l'AEE. Il n'y avait jamais eu auparavant une coordination de l'ensemble des gestes en efficacité énergétique au Québec. Ce premier plan présente l'offre globale et donne le ton pour les années à venir.»
Luce Asselin espère ainsi que les présentes audiences permettront de faire connaître le nouveau mandat de l'AEE et qu'on y dégagera une tendance dans les gestes posés. «Je crois d'ailleurs que le plan reflète en bonne partie le ton des consultations que nous avons tenues en avril dernier», insiste-t-elle. Un deuxième plan, plus ambitieux, devrait succéder au présent pour les années 2010-2013.
Aller plus loin
De son côté, Équiterre souhaiterait que l'AEE délaisse les programmes d'incitatifs à l'acquisition de véhicules légers en faveur d'une approche plus large et plus agressive.
«Une modulation des frais d'immatriculation en fonction de la consommation de la voiture immatriculée, selon une approche “bonus-malus”, couplée à des mesures pour les non-automobilistes, comme le dégrèvement fiscal pour les détenteurs de titres de transport collectif, nous apparaît déjà plus intéressante», explique Hugo Séguin, coordonnateur aux choix collectifs chez Équiterre.
L'aide à l'achat de véhicules moins énergivores proposée par l'AEE ne trouve pas grâce aux yeux de l'organisme. «Des citoyens ayant déjà posé des gestes positifs en ayant de petites cylindrées, donc qui ne peuvent pas être admissibles au programme, ou ne possédant pas de voiture, se verraient payer pour que des détenteurs de VUS dispendieux puissent s'acheter des berlines de luxe», déplore Hugo Séguin.