2 millions $ pour une Bourse du carbone controversée

Le gouvernement de Philippe Couillard débloque plus de 2 millions $CAN pour la société Western Climate Initiative, malgré le fait que la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec presse le Québec de sortir de cette structure.
La somme doit servir à assurer le fonctionnement de cette organisation, qui est loin de faire l'unanimité - y compris chez ceux qui ont à coeur la lutte contre les changements climatiques.
Le Conseil du trésor autorise «le ministre du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques à verser une aide financière d'un montant maximal de 1 937 024 $US à la Western Climate Initiative», indique un arrêté ministériel.
Prise à la fin du mois dernier, la décision n'a fait l'objet d'aucune annonce publique.
Une fausse bonne idée
Dans son volumineux rapport dévoilé en février, la Commission sur les enjeux énergétiques du Québec a plaidé en faveur de l'adoption de «nouveaux moyens draconiens» pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Du même souffle, elle a présenté la Western Climate Initiative comme une fausse bonne idée dans le contexte actuel.
Ses experts estiment même que le Québec doit «suspendre l'application du système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre jusqu'à ce que d'autres signataires, en particulier l'Ontario, se joignent à l'initiative».
«Pour ce qui est du système de plafonnement et d'échange de droits d'émission de gaz à effet de serre mis en place dans le cadre de la Western Climate Initiative signé par le Québec et la Californie, la Commission constate que le coût très inégal des réductions additionnelles d'émissions en Californie et au Québec pourrait introduire des flux d'argent économiquement désavantageux pour le Québec», assène le rapport.
Le Québec et la Californie sont les seuls signataires de cette entente et les seuls membres de cette société à but non lucratif. Celle-ci ne parvient pas à attirer d'autres provinces et États.
Martine Ouellet, qui a été ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois, a aussi mis en doute la pertinence pour le Québec de participer à une Bourse du carbone n'ayant qu'un autre participant. Mme Ouellet faisait partie du groupe d'élus considérés comme «les plus environnementalistes» du gouvernement précédent.
Pas en examen
Le gouvernement Couillard continue de croire à ce système lancé sous Jean Charest. Il le prouve en espèces sonnantes et trébuchantes avec cette subvention dont les modalités de versement restent à déterminer.
La somme octroyée l'est pour les années 2014 et 2015, précise-t-on.
Ce genre d'octrois échappe à l'exercice d'examen des programmes et des structures piloté par Lucienne Robillard, déplore un interlocuteur du Soleil.
La Western Climate Initiative coordonne «le soutien administratif et technique» de la Bourse du carbone.