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Environnement

Greta Thunberg manifeste à Edmonton sans parler des sables bitumineux

EDMONTON — La militante écologiste suédoise Greta Thunberg s’est abstenue de s’en prendre directement aux sables bitumineux de l’Alberta lors d’un discours prononcé vendredi devant l’Assemblée législative de la province.

L’adolescente âgée de 16 ans a rappelé aux milliers de manifestants rassemblés à Edmonton que l’avenir de la planète était en jeu.

«Nous ne pouvons pas laisser cette crise écologique continuer à être une question politique, partisane. La crise climatique, la crise environnementale sont tellement plus importantes que les politiques des partis. Votre principal ennemi n’est pas votre adversaire politique, notre principal ennemi est quelque chose de réel, a-t-elle déclaré. Nous, les adolescents, ne sommes pas des scientifiques ou des politiciens, mais plusieurs d’entre nous, à l’exemple de plusieurs autres, comprenons la science parce que nous avons fait nos devoirs.»

Des partisans de l’industrie pétrolière et gazière, partis en convoi de Red Deer, ont tenté de contre-manifester, mais ils étaient beaucoup moins nombreux que leurs adversaires.

Le défilé des manifestants s’est étendu sur deux pâtés de maisons. Partis du centre-ville, ils se sont rendus jusqu’au parlement albertain. Plusieurs portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «On veut des actes sur les changements climatiques», «Unissons-nous derrière la science» ou «Je parle pour les arbres».

La police a estimé que la foule rassemblait de 3500 à 4000 manifestants, mais les organisateurs croient qu’ils étaient près de 10 000.

La situation est devenue tendue lorsque trois jeunes hommes ont tenté de s’approcher de Greta Thunberg, mais les organisateurs les en ont empêchés, a raconté Joe Vipond, du Calgary Climate Hub. Plusieurs militants ont marché, bras dessus bras dessous, autour de l’adolescente au cours d’une partie de la manifestation. «Nous voulions seulement nous assurer qu’elle était en sécurité», a expliqué M. Vipond.

Les critiques que Greta Thunberg a adressées aux leaders mondiaux, qu’elle accuse d’avoir abandonné la jeune génération en ne s’attaquant pas suffisamment aux changements climatiques, ont fait le tour du monde.

Plusieurs manifestants ont exprimé leur appui au message véhiculé par la Suédoise. Saima Jamal est venue de Calgary avec son fils pour démontrer que, même dans cette ville, il y a des partisans de la lutte contre les changements climatiques. «Même si nous sommes une ville pétrolière et gazière, même si nous avons souffert, le climat nous préoccupe beaucoup, a-t-elle souligné. Nous voulons démontrer que nous sommes des gens compatissants. Nous ne sommes pas ici pour la chahuter, nous sommes ici pour bien l’accueillir.»

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, avait déjà annoncé que son gouvernement ne rencontrerait pas la jeune militante. Il a préféré visiter vendredi une centrale électrique dans l’ouest d’Edmonton qui utilise maintenant du gaz naturel plutôt que du charbon pour fonctionner.

«C’est le genre de solution réelle, pratique et technologique pour réduire les gaz à effet de serre, a-t-il souligné. La vérité est que ce prétendu mouvement de grève pour le climat est opposé au gaz naturel. Il est opposé à des centrales électriques qui n’émettent pas de gaz à effet de serre. Il est opposé à toute l’économie moderne, à toute l’industrie. Son manifeste revendique l’abandon de toute notre économie moderne. Cette centrale est la véritable solution.»

Envrionnement

Des écologistes d’Extinction Rebellion manifestent aux intersections

Le groupe écologiste Extinction Rebellion, qui s’est fait connaître au Québec en paralysant le pont Jacques-Cartier et une partie du centre-ville de Montréal mardi aux heures de pointe du matin et du retour à la maison, a poursuivi ses actions militantes samedi après-midi à Québec et à Sherbrooke en menant ce qu’il appelle des «Slow Swarms».

L’activité consiste à s’immobiliser à des passages piétons durant le feu rouge en tenant des bannières, des drapeaux et des messages. Le groupe compte ainsi «sensibiliser» les automobilistes et les piétons aux changements climatiques.

L’action est «légale et ne causera aucun dérangement», affirme Extinction Rebellion, qui ajoute sur Facebook qu’un «Slow Swarms» est une action «amusante et à faible risque». Ultimement, il dit souhaiter que son activité permette de recruter des militants.

Le groupe a multiplié les actions dans les derniers jours dans le cadre de la «Semaine internationale de la rébellion». Vendredi, quelques militants ont déversé du colorant rouge dans la fontaine située devant l’Assemblée nationale. Ils demandaient notamment l’abandon du projet GNL Québec et de celui d’un troisième lien.

En entrevue avec La Presse canadienne, l’instigatrice du chapitre de la ville de Québec d’Extinction Rebellion, Anne Rufiange, a dit constater que les réactions sont polarisées. L’intérêt pour leur page Facebook et les demandes d’information explose, tandis que des citoyens ont manifesté leur désaccord avec les propos et les actions du groupe.

«On s’est fait beaucoup traiter d’extrémistes cette semaine, qu’on exagère la situation, que c’est trop drastique comme message et qu’il faudrait arrêter de faire peur aux gens, a-t-elle déclaré. Mais en même temps, c’est la science qui nous dit que la situation est extrême. Tous les scientifiques le disent vers où on s’en va. C’est très épeurant.»

Le groupe, qui a le vent dans les voiles, prévoit même une «présentation du mouvement» la semaine prochaine à Montréal où sont invités tous ceux qui font de «l’écoanxiété».

Les militants sont aussi inspirés par la mobilisation. Ça «donne l’impression de faire quelque chose» et ça «fait du bien à leur anxiété», a indiqué Mme Rufiange.

Les militants, qui se qualifient de «rebelles», ont lancé une campagne de sociofinancement dans le but d’amasser 40 000 dollars pour soutenir leurs activités. En trois jours, la page GoFundMe indique qu’ils ont récolté plus de 16 000 dollars.

L’environnement s’est hissé parmi les principaux thèmes de la campagne électorale fédérale. Une marche pour le climat a même attiré entre 300 000 et 500 000 dans les rues de Montréal à la fin septembre.

Aux dires de Mme Rufiange, c’est carrément «le sujet de l’heure dans la campagne». Selon elle, l’intérêt porté aux changements climatiques est directement relié à la mobilisation de la dernière année au niveau mondial pour dénoncer «l’inaction des gouvernements».

D’ailleurs, à Paris, un autre groupe de militants écologistes, Attac, a aspergé de peinture noire le siège social de la pétrolière Total, samedi. Tout en refusant de commenter directement le geste, la porte-parole de Mme Rufiange estime qu’»il va falloir faire tout ce qu’il faut» pour que les gaz à effet de serre diminuent, notamment attaquer symboliquement les pétrolières.

Envrionnement

Le Manitoba pourrait recevoir 50 cm de neige dans certaines régions

WINNIPEG — Le temps hivernal a fait une entrée précoce mais remarquée au Manitoba, vendredi, alors que de fortes rafales ont causé des coupures de courant et que les chutes de neige ont rendu presque impossibles les déplacements dans de nombreuses régions du sud de la province.

Une neige abondante et humide a commencé à tomber jeudi et devrait durer jusqu’à la longue fin de semaine de l’Action de grâce, ce qui rend les routes glissantes.

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a d’ailleurs fermé la route transcanadienne reliant Portage la Prairie à Brandon en raison de mauvaises conditions météorologiques. Plusieurs autres routes au sud-ouest de Winnipeg ont également été fermées. Dans la capitale, la Police de Winnipeg signale que des lignes électriques sont tombées et que de nombreux feux de circulation sont en panne.

Environnement Canada a diffusé des avertissements de tempête hivernale dans tout le sud de la province; jusqu’à 50 centimètres de neige pourraient tomber dans certaines régions. Les secteurs les plus près de la rivière Rouge, y compris la ville de Winnipeg, pourraient recevoir de 10 à 25 centimètres de neige fondante mêlée de grésil.

On prévoit par ailleurs des rafales de 70 à 80 kilomètres/heure sur le sud du Manitoba, et des rafales de plus de 100 kilomètres/heure sont possibles dans la région des lacs du Manitoba ou dans les secteurs propices aux vents près des monts Riding.

«Les déplacements deviendront difficiles, voire impossibles, au fil de la journée puisqu’une forte neige qui s’accumule, des vents forts et des températures de près de zéro produiront des conditions routières dangereuses», indique Environnement Canada.

«Ensemble, la neige lourde et mouillée et les vents forts feront probablement tomber des arbres et des fils électriques.»

Environnement

Un «gros déversement» de produit pétrolier pollue la rivière Beauport

Un déversement de produit pétrolier a pollué la rivière Beauport sur une distance d’environ deux kilomètres, mardi, et pourrait avoir atteint le fleuve Saint-Laurent.

En après-midi, les pompiers du Service de protection contre l’incendie de la Ville de Québec (SPCIQ) sont intervenus d’urgence sur la rivière afin de limiter les dégâts. 

«C’est un gros déversement, mais la source exacte n’a pas été trouvée», dit Bill Noonan, porte-parole du SPCIQ. «Tout est mis en œuvre pour contenir le déversement.» 

Mardi après-midi, l’eau de la rivière avait une couleur blanchâtre. «D’habitude, c’est beaucoup plus clair que ça», remarque Steve Pelchat, un citoyen qui a l’habitude de prendre une marche le long de la rivière Beauport. 

Les analyses préliminaires menées par les pompiers indiquent que le produit retrouvé dans la rivière est un dérivé du pétrole. La substance précise n’est pas encore connue. 

«Boudins absorbants»

Sur la rivière Beauport, les pompiers ont installé une dizaine de «boudins absorbants» qui «permettent d’absorber les hydrocarbures et de laisser passer l’eau», indique Bill Noonan, porte-parole du SPCIQ. 

Mais avant que les pompiers soient alertés, la substance pétrolière coulait déjà dans la rivière qui se jette dans le fleuve Saint-Laurent. Selon M. Noonan, le produit aurait ruisselé sur environ deux kilomètres. 

«Il y a une possibilité qu’il y ait eu un déversement jusqu’au fleuve», ajoute-t-il. 

Les pompiers ont constaté la présence du produit pétrolier à partir du secteur de la bibliothèque Étienne-Parent. Mais ils ignorent pour l’instant qui est responsable du déversement. Le coupable recevra «une amende très sévère», prévient Bill Noonan. 

Compte tenu de l’ampleur du déversement, l’équipe d’Urgence Environnement, du ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, a pris le relais de l’intervention. 

Affaires

Unilever coupe dans le plastique

LA HAYE — Comme Unilever, qui a annoncé lundi vouloir diviser par deux ses emballages d’ici 2025, les multinationales multiplient les promesses face à des consommateurs qui se détournent de plus en plus du plastique, au risque d’être accusées de «greenwashing».

«D’ici 2025, Unilever garantira une réduction de moitié de ses emballages en plastique et collectera et transformera plus d’emballages en plastique qu’il n’en commercialise», a déclaré le groupe lundi dans un communiqué.

Le géant anglo-néerlandais, dont l’»empreinte plastique» est d’environ 700 000 tonnes par an, promet ainsi d’accélérer l’utilisation de plastique recyclé et de mettre fin à l’utilisation automatique d’emballages individuels des produits, tels que les glaces ou les savons.

Le groupe aux 400 marques (Knorr, Lipton, Magnum, Dove...) rejoint ainsi d’autres grandes entreprises qui ont mis le combat contre le plastique en avant ces derniers mois.

Le groupe suisse Nestlé s’est, lui aussi, déjà fendu d’une série de promesses à l’horizon 2025: rendre 100% de ses emballages recyclables ou réutilisables et augmenter jusqu’à 35% la part de matière recyclée dans ses bouteilles en plastique.

Nestlé, propriétaire de plus de 2000 marques, dont les eaux Perrier et S.Pellegrino, a par exemple revu les emballages de sa boisson cacaotée Nesquik et veut tester des emballages réutilisables pour ses glaces Häagen-Dazs.

Chez Starbucks, la suppression des pailles en plastiques est prévue pour 2020, à Disneyland, on compte mettre fin aux petits flacons individuels de shampooing et au Royaume-Uni, certains supermarchés ont carrément banni le plastique de leurs rayons.

De quoi anticiper en partie la future réglementation européenne qui va bannir pailles, touillettes à café, tiges de ballon et emballages alimentaires en polystyrène expansé d’ici 2021.

Mais au-delà de la contrainte législative, les entreprises font surtout face à la pression croissante d’une partie des consommateurs, de plus en plus exigeants sur l’éco-responsabilité de leurs achats quotidiens.

Prise de conscience

«Nous devons rester d’actualité pour des consommateurs plus jeunes, et nous savons que [...] cette future génération se préoccupe vraiment du sens et de l’impact environnemental, et du comportement des marques qu’elle achète», a dit Alan Jope, le patron d’Unilever, à la BBC.

«Il y a une prise de conscience générale des consommateurs qui alertent à la fois les pouvoirs publics et les producteurs», confirme pour l’AFP Grégory Bressolles, professeur de marketing à la Kedge Business School.

«Les entreprises commencent à prendre conscience de la nécessité d’avoir un impact moindre sur l’environnement. Elles se donnent une image plus respectueuse de l’environnement, mais ça ne se fait pas immédiatement», ajoute t-il, mettant en garde contre «les effets d’annonce et les coups de peinture verte».

Ce n’est pas la première annonce en la matière d’Unilever. Le groupe de 160 000 salariés est ainsi engagé dans un programme zéro déforestation et une approche «responsable» pour choisir ses fournisseurs de viande, huile de palme et soja, entre autres.

Il a aussi racheté la marque américaine de produits d’entretien respectueux de l’environnement The Laundres et un «boucher végétarien» néerlandais, De Vegetarische Slager.

«Du cynisme»

Une trentaine de multinationales comme BASF, Total, ExxonMobil, Suez, Veolia ou encore Procter & Gamble ont, quant à elles, créé une alliance pour mobiliser plus d’un milliard d’euros pour trouver des solutions afin d’éliminer des déchets plastique.

«Ces mêmes boites investissent dans le même temps des sommes bien plus importantes pour augmenter les capacités de production plastique. Pour nous, c’est carrément du cynisme à ce stade», dénonce Laura Châtel, responsable du plaidoyer pour l’association Zero Waste France.

Quelque 80% des plastiques finissent dans les océans, soit entre 8 et 12 millions de tonnes chaque année, selon l’ONU, qui estime que si la tendance se poursuit, il y aura plus de plastiques que de poissons dans l’océan d’ici 2050.

Seulement 9% des 9 milliards de tonnes de plastique que le monde a jamais produites ont été recyclées. Une part à peine plus importante — 12% — a été incinérée, selon un rapport de l’ONU publié l’an dernier.

Politique

Climat: Extinction Rébellion se prépare pour une semaine d'actions

MONTRÉAL — Mobilisation, manifestations, désobéissance civile, attendez-vous à une nouvelle semaine mouvementée à Montréal et ailleurs au Québec dans la lutte aux changements climatiques.

Le mouvement international Extinction Rébellion (XR) entreprendra une semaine d'action partout sur la planète et les cellules québécoises de militants écologistes ont bien l'intention de faire partie de la lutte.

XR Québec souhaite profiter de l'élan de solidarité pour le climat créé par l'immense vague humaine de centaines de milliers de marcheurs qui ont défilé dans les rues de Montréal le 27 septembre pour marteler le message aux gouvernements d'agir.

Aux yeux des militants, la réponse à la mobilisation historique en faveur de l'environnement est demeurée bien timide autant à l'Assemblée nationale que dans le message des chefs des partis fédéraux en pleine campagne électorale.

«On n'a vu absolument rien et c'est pour ça qu'il faut continuer le combat, déplore le coordonnateur des communications de XR Québec, Louis Ramirez. Le débat électoral aujourd'hui reste axé sur la question si oui ou non il faut aggraver la situation.»

De l'avis des militants écologistes, le vrai débat est rendu ailleurs et doit porter sur l'ampleur des gestes concrets à faire dès maintenant.

«Le vrai débat qui serait conforme aux données scientifiques, c'est à quel point il faut couper et changer nos habitudes actuelles. Le développement de l'industrie pétrolière au Canada, si on croit aux changements climatiques, est complètement hors de question», plaide M. Ramirez qui annonce une accentuation des moyens de pression.

Si la marche ne semble pas avoir fouetté les politiciens, elle a eu un impact bénéfique sur la mobilisation. XR Québec, qui faisait partie de la coalition derrière l'organisation de la marche, dit avoir recruté 1400 personnes intéressées à en apprendre davantage sur le groupe.

«Mais la grande différence que ça fait, c'est que ça montre la légitimité que l'on a de demander des mesures d'urgence et des mesures à la hauteur de la science», insiste le porte-parole.

Montréal, Québec, Sherbrooke

Extinction Rébellion, né au Royaume-Uni, a fait des petits partout sur la planète. Des actions sont prévues «de Sydney à New York, en passant par Berlin, Paris et Londres», énumère le porte-parole québécois de l'organisation.

Au Québec, la cellule montréalaise annonce une série d'actions sur sa page Facebook. Le plus grand évènement de la semaine devrait avoir lieu mardi, 8 octobre, à Montréal. Il s'agit d'une fête d'anniversaire où le public est convié à souligner le premier anniversaire du sixième rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Dans ce document publié le 8 octobre 2018, les scientifiques décrivent l'ampleur de la catastrophe envisageable si la température moyenne de la planète augmente de deux degrés Celsius comparativement aux dégâts déjà très graves, mais de moindre envergure, si l'humanité parvient à limiter le réchauffement à 1,5 degré Celsius.

«Pendant cette année, il y a deux choses qui se sont passées. D'une part, il y a eu une mobilisation citoyenne internationale absolument énorme que l'on va célébrer et d'autre part, il y a eu une inaction politique totale et une continuation directe des politiques qui mettent en danger l'avenir des générations futures de toute forme de vie sur Terre», commente Louis Ramirez.

Le rassemblement aura lieu à 16h à la Place du Canada. D'autres rassemblements ponctuels de visibilité sont prévus tout au long de la semaine. Des actions militantes devraient également avoir lieu à Québec, où une autre cellule de XR a été créée ainsi qu'à Sherbrooke, où une nouvelle section s'apprête à voir le jour.

Environnement

Opération «bioblitz» à la baie de Beauport [VIDÉO]

On connaît la baie de Beauport pour ses activités familiales, la baignade ou ses soirées arrosées, mais il s’y cache un petit territoire très riche. Même un site en milieu humide parmi les plus importants au Québec pour différentes espèces!

Le Groupe d’éducation et d’écosurveillance de l’eau (G3E) organise son troisième bioblitz jusqu’à samedi, pour la première fois sur le territoire de la baie de Beauport. Un bioblitz, c’est quoi? 

«C’est un inventaire réalisé grâce à un effort citoyen. On va aller voir la faune et la flore dans un site donné, dans un nombre de temps donné. On invite tous les citoyens à venir faire ces inventaires-là avec des experts. L’avantage c’est qu’on peut sensibiliser les citoyens sur le territoire et amasser des données qui serviront aux experts en même temps», explique Nathalie Piedbœuf, directrice générale du G3E. 

Le territoire fouillé se trouve vers la gauche de la plage principale, dans les endroits où se trouvent les marécages, là où il y a peu de présence humaine.

Vendredi matin, un insecte plus rare a été trouvé sur le territoire, il s’agit d’une espèce de lucarne. Des experts en insectes pourront analyser les données amassées afin d’en tirer certaines conclusions.

En plus des insectes, le groupe comptera les oiseaux, les poissons et les plantes. Plusieurs ateliers et conférences seront aussi offerts sur le site de la baie de Beauport. L’accès est gratuit, et les enfants sont les bienvenus.

Vendredi, les employés du Port de Québec formaient en majorité le groupe de chercheurs. L’objectif est que ces personnes puissent en apprendre davantage sur l’environnement dans lequel ils travaillent.

«Les scientifiques qui sont là vulgarisent bien ce qui y est observé. Les employés seront mieux équipés pour travailler sur le territoire, ils seront informés», ajoute la directrice générale de G3E.

Environnement

Pesticides: l’opposition sur son appétit quant aux réponses de la CAQ

L’opposition officielle reste sur son appétit quant aux réponses du gouvernement Legault à l’enjeu des pesticides.

Dans un débat mardi soir, la porte-parole du Parti libéral en matière d’agriculture, Marie Montpetit, a posé plusieurs questions précises au ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, en vain.

Ce débat faisait suite à la commission parlementaire qui s’est penchée durant plusieurs semaines sur l’effet des pesticides sur la santé et l’environnement. Des professionnels de la santé ont livré des témoignages troublants concernant des liens avec certaines maladies, dont des cancers et la maladie de Parkinson.

Mme Montpetit réclame notamment que les données sur les pesticides des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement soient rendues disponibles — notamment à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), qui s’est plaint de ne pas y avoir accès.

La porte-parole libérale demande aussi qu’une étude nationale épidémiologique sur l’impact des pesticides sur la santé des Québécois soit entreprise, afin de confirmer la toxicité des pesticides ou au contraire dissiper les craintes à cet égard.

M. Lamontagne a dit qu’il avait demandé de diffuser «tout ce qui pouvait traîner» sur le sujet, dont le Sommaire de gestion 2011-2016 du plan de surveillance des contaminants dans les produits alimentaires vendus au Québec, le Plan de surveillance des résidus des pesticides dans les fruits et légumes frais vendus au Québec, et le Profil de contamination des aliments d’appellation biologique.

Sur l’INSPQ, le ministre a indiqué qu’on allait transmettre l’information et s’assurer d’un protocole, «ça ira pour tous les groupes, toutes les initiatives [...] pour assurer davantage la sécurité des citoyens».

«Je m’attendais à des réponses plus précises», a répliqué Mme Montpetit. «[...] Quelles données? À qui? Quand seront-elles transférées? Comment?»

Rappelons que la commission parlementaire sur les pesticides doit rendre un rapport sur la question ultérieurement.  

Actualités

Greta Thunberg de passage dans Charlevoix

La jeune écologiste Greta Thunberg profite de son passage au Québec pour prendre de petites vacances loin du public et des médias.

La Suédoise était à Montréal vendredi dernier pour la marche pour le climat. Dimanche, elle aurait emprunté le chemin de la ville de Québec, du moins, c’est ce qu’elle a dit à un citoyen de la métropole qui l’a rencontrée. Après une courte discussion et une photo, elle disait se diriger vers Québec.

La voilà arrivée dans Charlevoix! Lundi, elle publiait sur ses réseaux sociaux une photo d’elle devant un champ de moutons… un décor qui ressemble beaucoup à ceux de la ville de Baie-Saint-Paul. Même que plusieurs internautes ont remarqué. 

Certains ont noté les ressemblances avec le terrain de l'Hôtel et Spa Le Germain Charlevoix.

«Je suis heureuse de dire que dans les dernières semaines, je vais voyager tranquillement en Amérique du Nord […] J’arrêterai sur mon passage et je visiterai le plus de places que je pourrai, et évidemment je continuerai de manifester tous les vendredis, peu importe où je serai», a écrit Greta sur ses plateformes.

Environnement

Stimuler la coupe de bois pour réduire les GES

Le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite que les compagnies forestières coupent davantage de bois au Québec, afin de réduire les gaz à effet de serre (GES).

Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs Pierre Dufour a annoncé lundi que dès 2022, les compagnies forestières pourront planifier sur trois ans les coupes de bois à réaliser sur les terres publiques. Cette meilleure planification pourrait les inciter à ouvrir davantage de chantiers. 

En dévoilant sa vision forestière, le ministre Dufour a tenu à rappeler que couper du bois est essentiel pour qu’une forêt se régénère. «La forêt, c’est comme un jardin. Il faut l’entretenir et la cultiver pour qu’un nouveau cycle recommence.»

Son gouvernement va continuer de planter des arbres, mais il va surtout s’assurer de garder les forêts en santé en coupant le bois mature avant qu’il ne meure et rejette ainsi du carbone dans l’environnement. «Si on plante juste des arbres et qu’on ne fait pas de gestion de forêt, à un moment donné, tu vas avoir un effet inverse. C’est que la forêt en soi ne fera plus son travail de capter le carbone», indique M. Dufour. 

À l’heure actuelle, le Forestier en chef du Québec met à la disposition des industriels un potentiel de 10 millions de mètres cubes de bois. Ce potentiel passera à 11 millions l’an prochain et sera appelé à augmenter. 

À l’heure actuelle toutefois, ce potentiel n’est pas totalement exploité. Parfois, le bois est situé dans un secteur trop escarpé ou difficile d’accès. M. Dufour veut s’assurer que son ministère donne «les meilleurs moyens aux entreprises pour aller chercher le bois qui est laissé en forêt».  

Il cite en exemple les redevances qui peuvent être baissées pour inciter les industriels à récolter du petit bois, ou des droits de coupe qui peuvent être augmentés lorsqu’une forêt est aux prises avec la tordeuse des bourgeons de l’épinette. 

Le ministre Dufour croit que le Québec pourrait également planter davantage d’essences de bois recherchées, comme l’épinette noire ou le pin blanc, après avoir récolté du sapin, qui a une moins grande valeur. 

Le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs veut également promouvoir l’utilisation du bois d’œuvre dans le secteur de la construction. Il a mis en ligne ces dernières semaines la plate-forme Gestimat, qui permet de quantifier, d’analyser et de comparer l’empreinte carbone des différents matériaux de construction. Le ministre Dufour indique que ce logiciel développé au Québec suscite déjà l’intérêt d’autres provinces au Canada. 

Environnement

La neige donne un avant-goût de l’hiver dans les Prairies [VIDÉO]

CALGARY — Les chutes de neige ont finalement commencé à se dissiper dans le sud de l’Alberta, lundi, après un week-end marqué par une tempête majeure qui a donné à Calgary et ses environs un avant-goût de l’hiver.

Plus de 200 accidents de la route ont été dénombrés dans la région et les agriculteurs ont dû vivre des moments angoissants.

Selon le météorologue Kyle Fougere, d’Environnement Canada, de 25 à 40 centimètres de neige ont recouvert une bonne partie du sud de la province entre la nuit de vendredi et la matinée de lundi, au moment où les avertissements d’accumulation de neige ont été levés.

Kyle Fougere explique qu’à cette période de l’année, les courants d’air froid de l’Arctique viennent à la rencontre de l’air humide de la région.

«Quand l’humidité en provenance du Pacifique s’étend au-dessus du courant d’air froid, on a une très bonne mise en scène pour ce genre d’événements de chutes de neige importantes, a-t-il décrit. On voit souvent des chutes de neige à ce temps-ci dans la province, mais ces quantités-là sont assez importantes.»

Une accumulation de 27 centimètres de neige a été mesurée à l’aéroport de Calgary, alors qu’Environnement Canada rapportait 95 centimètres tombés au parc national Waterton, près de la frontière américaine. Le secteur de Lethbridge aurait été enseveli sous 50 à 60 centimètres, en plus d’être touché par une panne d’électricité.

Les déplacements sur les routes de la région demeuraient déconseillés, et plusieurs écoles dans les environs de Calgary ont été fermées lundi.

Un producteur de maïs, d’orge, de quinoa et de canola, Kevin Serfas, a affirmé que le sud de l’Alberta était «immobilisé». «Rien ne bouge actuellement. Ça fait très longtemps que je me rappelle avoir vu quelque chose de la sorte se produire», a-t-il ajouté.

L’agriculteur avait eu le temps de terminer ses récoltes avant l’arrivée de la neige, mais celles-ci étaient plutôt maigres comparativement aux années précédentes en raison d’une sécheresse qui a touché la région cet été. D’autres producteurs agricoles des environs ont été confrontés à des températures inhabituellement froides et très humides.

Kevin Serfas avait une pensée pour ses collègues qui n’ont pas eu le temps de tout récolter avant la neige. «Ce sera tout un défi pour eux de poursuivre leurs récoltes.»

La Saskatchewan n’a pas été épargnée par le système, qui a fait tomber environ 10 centimètres sur la région de Cypress Hills, dans le coin sud-ouest, et qui devait recouvrir Regina et Saskatoon d’une quantité de neige à peu près identique.

Environnement

Le plastique, ce fléau dans l'Arctique

La pollution des océans par le plastique est devenu un enjeu de société important, les matières plastiques étant le polluant des océans et des plages le plus courant et à la durée de vie la plus longue dans le monde. Dans l’imaginaire collectif, les déchets plastiques sont souvent associés à des bouteilles à la dérive sur la mer, des équipements de pêche retrouvés sur les plages, ou des sacs plastiques avalés par erreur par les tortues qui les confondent avec des méduses.

Mais ces grosses particules ne forment que la pointe de l’iceberg. Les particules plus fines sont un facteur tout aussi important. On appelle ces particules de moins de cinq millimètres de diamètre des microplastiques. Ils proviennent soit de produits délibérément conçus comme tels (comme les produits nettoyants ou de de beauté), soit de la décomposition de morceaux de plastique plus grands, ou encore des microfibres que l’on utilise dans les textiles.

L’impact des microplastiques sur l’environnement et la santé humaine fait encore l’objet de recherches.

Leur impact sur l’Arctique

Si certains s’imaginent que l’Arctique est immunisé par ce que les humains jettent dans les océans, ils ont tort. Les eaux limpides de l’océan arctique sont menacées par ces particules alors qu’elles dérivent en suivant les courants marins sur de longues distances.

On s’attend à ce que la concentration de microplastiques dans l’Arctique augmente rapidement en raison des quantités importantes d’eau douce qui viennent s’y mélanger et de l’accélération du trafic maritime et du développement des ressources. Compte tenu de la fragilité exceptionnelle des écosystèmes marins de l’Arctique, il est urgent d’évaluer la distribution, le parcours, et le destin de ces particules.

Dans un récent article publié dans le Marine Pollution Bulletin, nous nous sommes demandés si et comment les microplastiques pénètrent la structure même de la glace et si, de ce fait, ils pourraient avoir un effet sur l’absorption du rayonnement solaire incident. Ceci affecterait l’albédo de la glace océanique - c’est à dire la manière dont la glace reflète l’énergie solaire - l’une des propriétés clé qui permet de réguler l’échange de chaleur entre l’océan et l’atmosphère.

Mesurer l’albédo

Des changements de l’albédo des eaux glaciaires auraient de graves conséquences sur le cycle annuel de glaciation et de fonte des océans. Afin de tester notre hypothèse, nous avons mis en place une étude de microcosmes à la Sea-ice Environmental Research Facilityde l'université du Manitoba, une piscine extérieure dans laquelle nous pouvons cultiver de la glace à partir d’eau de mer.

On a fabriqué deux jeux de 12 microcosmes dont le cadre est fait de tubes d’acier galvanisé, les parois en draps de coton, et mesurant chacun un mètre cube. Le premier jeu a servi à mesurer l’intensité de la lumière, alors que le second a servi à prélever des échantillons de glace maritime. Nous avons ajouté à la main des microplastiques afin d’étudier leur absorption par la glace. Nous avons utilisé quatre dilutions différentes: une de contrôle (pas de particules ajoutées), une faible, une moyenne et une haute (respectivement 120, 380 et 1200 particules par litre).

Nous avons utilisé une teinture, le Nil rouge, afin de pouvoir observer les microplastiques au fur et à mesure du processus de glaciation. Cette teinture a fait briller les particules de microplastique placées sous une source lumineuse fluorescente, ce qui nous a permis de voir comment la glace concentre les microplastiques en son sein, et une fois intégrées, comment ces particules s’incrustent dans la matrice de la glace.

Nous avons trouvé de fortes concentrations de particules à la surface de la glace en raison de la force ascensionnelle des particules et de la rapidité à laquelle les cristaux de glace capturent les particules pendant que la glace se coagule pour former un couche solide. Si les microplastiques n’ont pas eu d’impact sur le rythme de croissance de la glace, nous avons observé de nets changement de l’albédo en réponse à des concentrations moyennes à élevées de microcosmes de microplastiques.

Afin de vérifier l’impact de nos observations en situation réelle, nous avons également mesuré les concentrations de microplastiques provenant de plusieurs échantillons de glace d’eau de mer récoltés dans le golfe de Bothnia (mer Baltique). Nous y avons trouvé des concentrations de microplastiques similaires à celles mesurées dans l’océan arctique (8 à 41 particules par litre), mais nettement moins élevées que celles de nos microcosmes expérimentaux. À cette concentration, nous ne nous attendons pas à ce que l’incorporation de microplastiques ait un effet quelconque sur l’albédo de la glace de mer.

Pour les régions à concentrations plus élevées de microplastiques, ou dont la concentration risque d’augmenter, nous nous attendons à ce que les propriétés de la glace évoluent.

Un tel changement affecterait l’albédo de façon notoire, mais également les processus photochimiques et photobiologiques qui se produisent dans la glace, comme la quantité de lumière disponible aux algues vivant au fond de la couverture glaciaire. Cela aurait des impacts potentiels importants sur la chaîne alimentaire de base de l’Arctique.

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Ce texte est d'abord paru sur le site franco-canadien de The Conversation. Reproduit avec permission.

«La science dans ses mots» est une tribune où des scientifiques de toutes les disciplines peuvent prendre la parole, que ce soit dans des lettres ouvertes ou des extraits de livres.

Environnement

Le syndrome d’Asperger, «super-pouvoir» de Greta?

MONTRÉAL — «Dans de bonnes circonstances, être différent est un super-pouvoir», a récemment répliqué à ses détracteurs la jeune militante écologiste Greta Thunberg.

La jeune femme est atteinte du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme. Elle a servi cette riposte sur Twitter à ceux qui s’en prennent à elle en raison de sa façon de s’exprimer ou de ses expressions faciales particulières.

«C’est tout à fait représentatif de l’exclusion que peuvent vivre plusieurs personnes dans le spectre autistique, a commenté le docteur Baudouin Forgeot d’Arc, un psychiatre et chercheur du CHU Sainte-Justine qui s’intéresse aux interactions sociales des personnes autistes. Si on s’attend à une communication typique, on peut trouver que la communication est étrange, mais ça ne veut pas du tout dire que le message n’est pas cohérent, au contraire. Ce sont souvent des personnes qui sont très logiques dans leur raisonnement.»

Il n’est en effet pas rare d’entendre les détracteurs de Mme Thunberg évoquer son autisme, comme si cela permettait du même souffle de décrédibiliser son message — un peu comme cela se produit lors de fusillades et qu’on s’empresse de mentionner la personnalité «solitaire» et «asociale» du tireur pour expliquer la tragédie, au lieu d’examiner les véritables enjeux.

Et même s’il hésite à porter un jugement clinique sur une patiente qu’il ne connaît pas, la description que fait le docteur Forgeot d’Arc du syndrome d’Asperger suscite un écho immanquable quand on voit Greta Thunberg en pleine action.

«Le caractère très direct de la communication, le rejet de formes plus manipulatrices ou sophistiquées de communication et puis la passion très forte pour un domaine, et la capacité à devenir expert à un âge tout à fait inhabituel et de façon tout à faite inhabituelle, ça semble être des particularités qui ont l’air d’être présentes chez cette personne et qui sont assez centrales dans l’autisme en général et dans le syndrome d’Asperger en particulier», a-t-il dit.

Expressions faciales et regard

Les gens atteints d’un syndrome d’Asperger n’utiliseront pas nécessairement les expressions faciales ou le regard pour communiquer ou pour passer des messages, ajoute le docteur Forgeot d’Arc.

Ils ont aussi comme particularité d’être très focalisés dans les choses qu’ils aiment et d’être très intenses sur des sujets précis.

Leurs relations avec leur entourage seront souvent différentes des relations considérées «normales». Les adolescents atteints de cette forme d’autisme, par exemple, pourront avoir moins d’intérêt pour les groupes que les adolescents typiques.

«Effectivement, elle dit les choses, et elle dit les choses de front, et on n’a pas l’impression que c’est pour provoquer les gens, ou pour manipuler les gens, mais plutôt qu’elle dit les choses comme ça parce qu’elle les pense comme ça et qu’elle les comprend comme ça. Il y a un caractère très direct dans la communication et peut-être moins sophistiqué», a analysé le docteur Forgeot d’Arc.

Mme Thunberg semble donc avoir des caractéristiques qu’on va retrouver dans le syndrome d’Asperger et ces caractéristiques-là semblent jouer un rôle important dans la façon dont elle se présente : la ténacité sur un sujet et le fait d’oser être très direct sans forcément tenir compte des conventions et des attentes, poursuit-il.

«Dans le caractère très direct [...] il y a aussi souvent un certain rejet, un certain dégoût pour le comportement manipulateur des autres, et dans le petit peu que j’ai entendu [d’elle], il y avait un peu ça : “vous les politiciens, vous nous dites et vous ne faites pas, alors que les données sont claires”, a-t-il dit. C’est quelqu’un qui peut être assez radical dans son jugement sur la façon dont les autres ne sont pas directs dans leurs communications.»

Est-ce que Greta Thunberg ferait ce qu’elle fait sans le syndrome d’Asperger? Est-ce que, sans ce «super-pouvoir», une jeune femme de 16 ans trouverait le courage et la confiance en elle nécessaires pour sermonner vertement les leaders de la planète?

Impossible à dire, prévient le docteur Forgeot d’Arc. «C’est quelqu’un qui manifestement a de grandes capacités à parler, à savoir porter un message — Asperger ou pas, ce n’est pas le cas de tout le monde. Dire ce qui relève du syndrome d’Asperger ou pas là-dedans, j’ai l’impression que ça relève plus de la boule de cristal que de l’expertise psychiatrique», a-t-il conclu.

Environnement

Marche pour le climat: l'Est-du-Québec manifeste

NEW RICHMOND — En Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine, une demi-douzaine de manifestations ont eu lieu vendredi pour inciter la population à adopter urgemment des mesures pour limiter les changements climatiques. Des rassemblements ont notamment eu lieu à New Richmond, Gaspé, Sainte-Anne-des-Monts, New Carlisle, Cap-aux-Meules et Gesgapegiag. Environ 2000 personnes y ont été mobilisées.

Le plus gros rassemblement a eu lieu à New Richmond, et il a regroupé un peu plus de 550 personnes. Les jeunes ont pris la parole, qu’ils aient ou non obtenu la permission de leur école d’y participer.

«Je suis content d’être ici, mais aussi triste d’être ici; on ne devrait pas avoir à faire ça [manifester]. Il faut agir», a indiqué Akim Saint-Amour, étudiant en deuxième secondaire de Saint-Omer. Il a manqué ses cours pour participer à la manif, précisant que ses parents justifieront sa présence ultérieurement.

Test de confiance

Dans un message adressé aux gouvernements et livré avec aplomb, Anaé Tremblay Bourque, une étudiante collégiale, a indiqué aux politiciens que l’élection fédérale prochaine constituera un moyen d’expression pour la jeunesse, qui réclame un certain nombre de demandes.

«Ces demandes, réalisées ou non très prochainement, seront nos raisons de vous faire confiance ou non, pour nous diriger. Nous vous demandons […] dans toutes vos décisions que vous priorisiez l’aspect environnemental au profit de l’aspect économique. Nous croyons qu’il s’agit d’une priorité mondiale, dépassant la notion de valeur individuelle», a-t-elle souligné.

Ces demandes vont de la recherche dans les énergies renouvelables à la réduction des emballages, en passant notamment par la réduction de la consommation des énergies fossiles, le bannissement des plastiques à usage unique, un fort accent sur les transports en commun même en milieu rural, une récompense pour le covoiturage et l’imposition d’une taxe carbone en fonction du kilométrage parcouru.

Impacts environnementaux

L’artiste-peintre Yves Gonthier a dénoncé l’obsolescence programmée. «On parle de téléphones intelligents, mais il dure un an, un an et demi. S’il était vraiment intelligent, il durerait 20-30 ans».

L’environnementaliste Bilbo Cyr a quant à lui souligné l’obligation de talonner les gouvernants pour que de réels changements prennent place. «La parole devient molle souvent par l’habitude d’obéissance». 

À Gaspé, le Directeur de la santé publique, Yv Bonier-Viger, a parlé d’impacts déjà sentis en Gaspésie et ailleurs sur la planète en raison de l’intensification des tempêtes. «La dégradation des écosystèmes et les changements climatiques sont maintenant la principale menace pour la santé sur la planète […] En Gaspésie et aux Îles, c’est la montée du niveau de la mer, et l’érosion qui l’accompagne, l’augmentation des vagues de chaleur extrême et l’émergence de nouvelles maladies qui seront les principaux impacts».

Environnement

Mobilisation «historique» à Montréal avec Greta Thunberg [PHOTOS]

MONTRÉAL — Quelques centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues du centre-ville de Montréal vendredi après-midi pour réclamer des actions concrètes afin de lutter contre les changements climatiques.

La foule était si dense que le passage du cortège a nécessité au moins deux heures et demie à l’intersection de la rue Sherbrooke et du boulevard Saint-Laurent.

Les organisateurs ont fait état d’une foule de près de 500 000 personnes. Même s’il n’a donné aucun chiffre, l’agent Manuel Couture, du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), fait état d’une «mobilisation historique». Le SPVM n’a rapporté qu’une seule arrestation.

Environnement

Marée humaine à Québec pour le climat [VIDÉO+PHOTOS]

Ils étaient nombreux dans les rues vendredi pour la manifestation historique pour le climat. Même si les jeunes menaient la marche, des milliers de personnes de toutes les générations y ont participé. La marée humaine s’est déplacée jusque devant l’Assemblée nationale pour faire entendre ses discours.

Les jeunes, de tous les niveaux scolaires, étaient à l’avant de cette manifestation. Les cégeps de Québec avaient d’ailleurs tous déclaré la levée des cours, et plus de 15 000 étudiants de l’Université Laval étaient en grève. Aucun examen ne devait être planifié cette journée-là pour les autres facultés toujours ouvertes.

Quelques écoles secondaires avaient aussi permis à ses élèves d’y participer. Et même si certains avaient l’obligation d’être assis en classe, ils ont déclaré absent pour ne pas manquer l’événement. 

La marche s’est déroulée de manière pacifique. Après un départ au Musée national des beaux-arts du Québec, la foule s’est lentement dirigée vers l’Assemblée nationale pour ses discours. Elle a ensuite poursuivi son chemin vers le Château Frontenac.

L’équipe d’organisation de la manifestation évalue que 25 000 à 35 000 personnes se sont déplacées vendredi. Si une majorité se trouvait dans les rues pour la marche, plusieurs s’étaient aussi postés sur les trottoirs.

Du côté politique, on a pu constater la présence de plusieurs candidats libéraux, bloquistes et néo-démocrates. Le maire de Québec et ses conseillers y étaient également.

«Nos revendications n’ont pas changé, on veut du changement, on veut des lois, on veut un gouvernement qui prend action. Les gouvernements, il est grand temps qu’ils agissent. Ils doivent mettre des lois pour rendre notre vie plus facile. Je lance un message à Régis Labeaume qui est présent [à la manifestation], il faut changer les choses dans la Ville de Québec. Nous ne voulons pas un troisième lien, et vous avez 30 000 personnes pour vous le prouver», a exprimé Camille Poirot, porte-parole du collectif La planète s’invite à l’Université Laval.

Les organismes environnementaux et communautaires de la ville de Québec, les groupes syndiqués de la région ainsi que les collectifs des différentes institutions scolaires réclament entre autres au gouvernement une vaste campagne de sensibilisation et d’éducation pour les impacts du dérèglement climatique. Selon eux, la population reste mal informée par rapport aux enjeux du réchauffement climatique. 

Les militants aimeraient également voir une loi sur le climat qui forcerait l’atteinte des cibles de GES recommandés par le GIEC. Ils aimeraient aussi que tout projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures soit interdit.

Plus tôt vendredi matin, des militants avaient bloqué l’accès au ministère des Finances du Québec. Pendant plus de trois heures, les employés ont dû attendre dans le stationnement. 

Environnement

Québec veut stimuler les technos propres... dont les nouveaux carburants

MONTRÉAL — Alors qu'aura lieu la marche pour le climat, le gouvernement Legault dévoilera vendredi une enveloppe de 80 millions $ pour épauler les projets de «technologies propres», qui incluent «les nouveaux carburants».

L'annonce sera effectuée par le ministre de l'Économie et de l'Innovation Pierre Fitzgibbon à l'occasion d'une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Une somme de 40 millions $ sera allouée au développement de technologies visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre (GES), comme l'électrification, la captation du carbone, le recyclage du plastique et les nouveaux carburants - ce qui comprend le gaz naturel.

De plus, au cours des prochaines semaines, Québec déploiera deux appels de projets d'environ 40 millions $.

Le premier volet, auquel le gouvernement Legault compte allouer 34 millions $, concerne l'acquisition ainsi que la commercialisation d'équipements, de procédés et de technologies propres dans le but de réduire les émissions de GES des compagnies québécoises.

Pour chaque projet retenu, l'aide financière non remboursable pourra couvrir jusqu'à la moitié des dépenses admissibles et devrait osciller entre 200 000 $ et 10 millions $.

Dans le cadre de l'autre appel de projets, Québec consacrera également 5,5 millions $ afin de faciliter le développement de projets visant à réduire les émissions dans les secteurs agricole et agroalimentaire.

Environnement

Climat : des manifestants bloquent tous les accès au ministère des Finances du Québec

Quelques heures avant la grande marche pour le climat, des militants de groupes sociaux et d’organismes communautaires ont bloqué tous les accès au ministère des Finances du Québec.

Les militants réclament des actions immédiates des gouvernements pour réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre et freiner la dégradation de l’environnement.

Les manifestants ont dénoncé les propositions du gouvernement Legault qu’ils jugent insuffisantes afin de réduire significativement des émissions de gaz à effet de serre pour limiter le réchauffement climatique à 1.5°C.

«D’un côté François Legault prétend vouloir électrifier les transports alors que de l’autre, il trace la voie pour un nouveau gazoduc qui à lui seul va anéantir les progrès du Québec en matière de réduction des gaz à effet de serre», a dénoncé Naélie Bouchard-Sylvain du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches.

Pour Sandrine Louchart des AmiEs de la Terre de Québec «le monde politique, économique, et la société dans son ensemble sont incapables de répondre à l'intensification rapide de la crise écologique. Il faut accélérer la mise en place d’une transition énergétique porteuse de justice sociale». 

Les participants à cette manifestation se sont dirigés par la suite, vers le Musée national des beaux-arts du Québec pour participer à la grande marche pour le climat qui a commencé à 11 h.

Environnement

Pesticides: «descendre dans la rue» contre les «poisons synthétiques»

La population devrait «descendre dans la rue» pour forcer les élus à diminuer l'usage des pesticides, des «poisons synthétiques».

Des spécialistes de la santé ont ainsi dressé un portrait alarmant de l'effet des pesticides sur la santé, jeudi, à la commission parlementaire qui se penche sur cet enjeu.

Ce sont des «poisons synthétiques» qui ont des liens notamment avec la maladie de Parkinson et d'autres pathologies, ont-ils expliqué.

La population devrait «descendre dans la rue» pour forcer les élus à diminuer l'usage des pesticides, comme ce fut le cas aux Pays-Bas, a déclaré le professeur Jacques Brodeur, de l'Institut de recherche en biologie végétale de l'Université de Montréal.

«Un désastre»

«Si j'étais cynique, je vous dirais que peut-être, ce que ça nous prend au Québec, c'est un désastre écologique, un désastre sur le plan de la santé humaine, pour faire bouger le système. (...) C'est un cri du coeur pour moi, j'espère que cette commission va mener à une mobilisation générale.»

Selon le Dr Jean Zigby, de l'Hôpital général juif, il y a déjà suffisamment d'études démontrant que lorsqu'un produit est suffisamment toxique pour être efficace contre certaines espèces animales et végétales, il serait très probablement toxique soit immédiatement, soit au fil du temps, pour les humains.

Tester les pesticides sur des humains, outre le fait que ce soit interdit, serait dévastateur, a-t-il imagé. «Les pesticides sont des poisons synthétiques et leur utilité est exactement parce qu'ils sont toxiques», et il serait horrifiant de «démontrer à quel point ils pourraient être toxiques pour nous», a expliqué le Dr Zigby.

Certains produits bannis en Europe pour leur «niveau de toxicité accablant» sont toujours en vente libre au Québec et ils devraient être interdits, selon l'organisme Parkinson Québec.

«Le gouvernement et le ministère de la Santé doivent envoyer un message fort à l'ensemble de la population, selon lequel les pesticides sont des produits hautement toxiques pour la santé humaine», a déclaré le pharmacien Romain Rigal, de l'organisme Parkinson Québec.

Moustiques et humains

L'humain partage 60 pour cent de son génome avec le moustique, estime-t-on, et les produits qui sont développés pour liquider les insectes s'accumulent dans l'environnement et finissent par attaquer autant les animaux que les humains, a renchéri M. Brodeur.

«Lorsqu'on développe des molécules (pour les pesticides) qui ont pour effet de perturber le système endocrinien, le système neurologique des insectes, évidemment, ça peut avoir des conséquences très négatives sur la santé humaine», a-t-il expliqué.

Pommes et pesticides

Une étude récente d'une de ses élèves a révélé des résultats «désolants» et «troublants» qui l'ont choqué. Dans un verger moyen au Québec, la pulvérisation de pesticides est passée de 22 kg par hectare en 1976 à 45 kg en 2012. On applique 23 traitements par saison.

«Je recommanderais d'aller vers des pommes biologiques et de laver et enlever la pelure des pommes avant de les consommer», a répondu M. Brodeur à une députée caquiste.

Le biologiste a déploré «le copinage avec l'industrie agrochimique» qui fait qu'il est entre autres difficile pour un agriculteur de faire bande à part et se tourner vers d'autres pratiques plus saines.

«Nous avons collectivement échoué à remplacer les pesticides de synthèse», a-t-il conclu.

La Capitale

Labeaume à la manif pour le climat, pas Gosselin

Le maire de Québec, Régis Labeaume, participera à la marche pour le climat vendredi à Québec. Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, participera plutôt à une activité «utile» organisée par une radio privée de la capitale.

«Oui, j’y vais demain [vendredi]», a indiqué M. Labeaume en marge d’une conférence de presse jeudi. «Je veux juste montrer aux jeunes de Québec qu’on partage leurs préoccupations et que je suis solidaire d’eux autres. C’est le signal que je veux envoyer aux jeunes de Québec.»

D’autres élus devraient se joindre à lui dans le cadre de la manifestation qui s’activera dès 11h, jusque vers 16h, mais il n’était pas en mesure de les nommer.

Une chose est sûre, son adversaire à l’hôtel de ville, Jean-François Gosselin, n’y sera pas, lui. «Demain je serai au parc de l’Escarpement. Je vais aider à nettoyer dans le secteur.»

Cette activité est moussée par une station de radio privée de Québec, le FM93, qui entend ainsi poser «un geste UTILE pour l’environnement». «À l'occasion de la journée de mobilisation pour le climat, l'équipe de Deux Hommes en Ondes a décidé de poser un geste CONCRET au lieu de faire la grève», lit-on dans le descriptif de l’événement mis en ligne. «Plutôt que d'aller manifester, nous avons décidé d'organiser une corvée de nettoyage question de faire une RÉELLE différence dans notre ville.»

M. Gosselin ne craint pas d’être jugé par les jeunes qui participeront à la «grève» internationale pour le climat.

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Actualités

Des milliards derrière l’activisme environnemental

Certains groupes environnementaux et certaines campagnes de désinformation continuent de faire mal paraître de nombreux projets et même l’industrie forestière, croit l’éditorialiste canadienne Vivian Krause. Force est d’admettre que le financement derrière ces mouvements est à la fois « gargantuesque et complexe ».

Élus municipaux, acteurs de l’industrie forestière ainsi que représentants des travailleurs s’étaient donné rendez-vous, mercredi, à Québec, afin de prendre connaissance des recherches de Vivian Krause. Cette dernière s’intéresse, depuis près d’une décennie, aux sources de financement de groupes environnementaux canadiens. Plus de 80 personnes ont répondu à l’invitation d’Alliance forêt boréale afin d’en apprendre davantage sur ces regroupements « qui luttent contre l’exploitation de la forêt boréale et l’impact sur l’industrie forestière canadienne ».

Environnement

Sauver les océans pour sauver l’Humanité: le constat glaçant du GIEC

MONACO - Victimes du réchauffement, les océans et les zones gelées dépérissent à grande vitesse, menaçant des pans entiers de l’Humanité qui doit réduire au plus vite ses émissions de CO2 pour limiter les dégâts, avertit mercredi un rapport alarmant du GIEC.

Montée du niveau des océans, petites îles menacées de submersion, glaciers qui disparaissent... Certains des impacts dévastateurs du changement climatique sont déjà «irréversibles», note le groupe d’experts climat de l’ONU à l’issue d’une réunion marathon de cinq jours à Monaco.

Deux jours après le sommet climat de New York qui n’a pas suscité l’impulsion espérée, ce rapport souligne toutefois que mettre en place des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre pourrait faire une vraie différence.

Les modifications de l’océan ne s’arrêteront pas soudainement en baissant les émissions, mais leur rythme devrait être ralenti. «Ça donne plus de chances de conserver les écosystèmes, et ça permettrait de gagner du temps», souligne la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a participé à la rédaction du document de 900 pages basé sur des milliers d’études scientifiques.

Gagner du temps pour, par exemple, se préparer à la montée des eaux qui favorisent les vagues de submersion et les tempêtes: en construisant des digues autour des grandes mégapoles côtières comme New York ou en anticipant le déplacement peut-être inéluctable de certaines populations, notamment celles de petits États insulaires qui pourraient devenir inhabitables d’ici la fin du siècle.

«Centaines de milliards de dollars»

Le niveau des océans a augmenté 2,5 fois plus vite au début du XXIe siècle qu’au XXe, et va continuer à s’accroître.

Ce n’est «pas un problème technique ou environnemental. On ne peut pas mettre un pansement dessus pour le faire disparaître», insiste un autre auteur, Bruce Glavovic, de l’université Massey en Nouvelle-Zélande. Cela va «redéfinir les littoraux du monde entier, là même où la population est concentrée».

Sur ces côtes, construire des protections contre la montée des eaux pourrait réduire de 100 à 1.000 fois les risques d’inondations, selon le rapport. À condition d’investir «des dizaines à des centaines de milliards de dollars par an». Ces protections seraient toutefois plus efficaces pour les mégalopoles côtières que les grands deltas agricoles ou les petits États insulaires qui n’auraient de toute façon pas les moyens de financer ces grands travaux.

Au total, selon le rapport, plus d’un milliard de personnes vivront d’ici le milieu du siècle dans des zones côtières peu élevées particulièrement vulnérables aux inondations ou à d’autres événements météo extrêmes amplifiés par la montée du niveau de la mer et le dérèglement climatique.

Et même dans un monde à +2°C, de nombreuses mégapoles et petites îles devraient être frappées d’ici 2050 au moins une fois par an par un événement extrême qui ne se produisait jusqu’alors que tous les cent ans.

Le monde s’est engagé en 2015 dans l’accord de Paris à limiter le réchauffement à +2°C, voire +1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, en réduisant les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines.

Les océans, qui couvrent plus de 70% de la surface du globe, ont absorbé environ un quart de ces émissions et 90% de la chaleur supplémentaire générée par le CO2 produit par l’Homme. Avec des conséquences palpables: hausse de la température de la mer, acidification, perte d’oxygène.

Promesses trop «faibles»

Ces bouleversement entraînent des impacts en cascade sur les écosystèmes dont dépend l’Homme, comme les récifs coralliens qui servent de pouponnière à de nombreuses espèces de poissons ou les régions de montagnes alimentées en eau par les glaciers.

Ce rapport adopté par les 195 États membres du GIEC est le quatrième opus scientifique de l’ONU en un an à tirer la sonnette d’alarme sur les impacts du dérèglement climatique et à pointer des pistes vers les façons d’y remédier ou au moins les limiter.

Mais malgré le constat sans appel de la science et la mobilisation de millions de jeunes dans les rues du monde entier la semaine dernière, les dirigeants mondiaux réunis à New York lundi n’ont pas été à la hauteur des engagements nécessaires, accusent les défenseurs de la planète.

«Avec ces faibles promesses des États, nous avons probablement plus de chance de faire sauter la banque au casino de Monte-Carlo que de limiter le réchauffement à +1,5°C», a commenté Stephen Cornelius, de WWF.

Les engagements internationaux actuels, s’ils étaient respectés, conduiraient à un monde à +3°C.

Le GIEC note dans son rapport que les océans peuvent aussi offrir des solutions pour aider à réduire ces émissions, notamment par le développement des énergies renouvelables.

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Environnement

Anacolor toujours en discussion avec la Ville de Québec

Alors que la date prévue dans l’entente entre les citoyens de Cap-Rouge et Anacolor approche, l’entreprise spécialisée dans la peinture de pièces métalliques n’a toujours pas déménagé ses opérations à Saint-Lambert-de-Lauzon. Les discussions avec la Ville de Québec pour le rachat du terrain se poursuivent.

Selon l’entente, Anacolor doit avoir quitté Cap-Rouge le 30 septembre au plus tard. Mais contrairement à ce qui est marqué sur la page Facebook de l’entreprise, Anacolor n’est pas encore opérationnelle à Saint-Lambert-de-Lauzon. 

«On a mis l’adresse de Saint-Lambert parce qu’on reçoit beaucoup de CV à Cap-Rouge et on veut que les  gens envoient les CV à Saint-Lambert-de-Lauzon», explique le président d’Anacolor, Éric Nadeau. 

M. Nadeau espère toujours avoir déménagé le 30 septembre s’il arrive à s’entendre avec la Ville de Québec, sinon l’usine restera à Cap-Rouge. «Le dossier n’est toujours pas réglé avec la Ville. La Ville a accepté l’achat, mais ils disent qu’ils ne sont pas d’accord avec la servitude.»

La Ville de Québec s’était engagée à acheter le terrain ainsi que le bâtiment pour 2,1 millions $ en juin 2018. Mais depuis l’administration Labeaume refuse d’honorer ce contrat parce qu’elle n’avait pas vu la servitude de Vidéotron, ce que réfute M. Nadeau. «La servitude apparaît dans les documents de la vente», plaide-t-il.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole de la Ville de Québec, David O’Brien, confirme «les discussions [toujours en cours] entre les avocats concernant la transaction et la servitude de Vidéotron». M. O’Brien n’a pas voulu donner plus de précisions et si un accord allait être signé avant le 30 septembre. 

M. Nadeau affirme avoir besoin des deux millions $ de la Ville pour entériner le déménagement à Saint-Lambert, même s’il a obtenu un prêt de 9 millions $ du gouvernement Couillard pour la construction de la nouvelle usine.

M. Nadeau assure également qu’il ne souhaite pas remettre en cause l’entente avec les citoyens. «Je n’ai aucun problème avec eux, c’est la Ville le problème». La direction d’Anacolor s’est engagée à verser une indemnité de 150 000 $. La moitié servira à la réfection du parc Provencher, situé à proximité de l’usine. L’autre partie payera les frais d’avocat. 

Une chanson pour la fin 

Les citoyens de Cap-Rouge sont impatients de voir disparaître une bonne fois pour toutes Anacolor. L’un d’eux, Christian Jacques a même écrit une chanson pour célébrer la séparation.

Il s’agit d’une reprise de Elle s’en va de Patrick Norman. «Le texte original parle d’une rupture amoureuse. Je trouvais que les paroles correspondaient bien à ce que nous vivons depuis huit ans. Je l’ai juste adapté en changeant quelques mots et en lui donnant un air électro funk», mentionne M. Jacques, qui est auteur-compositeur-interprète.

Les citoyens tiendront une vigie le 1er octobre devant Anacolor pour s’assurer que le déménagement a bien eu lieu.

Environnement

Les méduses, gagnantes du bouleversement des océans

PARIS - Elles déferlent parfois par milliers sur les plages, au grand dam des baigneurs qui craignent leurs brûlures: entre surpêche, réchauffement des eaux et multiplication du plastique, les méduses profitent des bouleversements causés par les humains dans les océans.

La prolifération de ces animaux, apparus sur terre il y a environ 600 millions d’années, serait telle qu’elle provoquerait une «gélification» des océans, en piteuse santé comme devrait le montrer le rapport spécial des experts climat de l’ONU publié mercredi.

Fabien Lombard, spécialiste de l’écologie du plancton et des méduses à Villefranche-sur-Mer, tempère cette idée de gélification.

«Il y a plus de méduses dans certaines zones dans le monde», confirme-t-il à l’AFP, comme en mer Noire, au large de la Namibie, ou encore en mer du Japon. Plus compliqué de dire si leur présence a augmenté dans d’autres régions du globe. Une base de données mondiale sur les méduses a été créée en 2014, mais il reste ardu de quantifier les populations.

Les méduses, qui font partie des premiers habitants de la planète, vivent aujourd’hui dans toutes les mers et océans et à toutes les profondeurs, jusqu’aux abysses. Constituées de 95 à 98% d’eau, dépourvues de cerveau, capables de flotter et de nager, mais pas de résister aux courants marins, elles font parties du zooplancton.

«Des quantités incroyables»

De diverses tailles et couleurs, les méduses se reproduisent de façon sexuée, asexuée ou par bourgeonnement: les oeufs fécondés tombent sur les fonds marins, donnent naissance à un petit animal, un polype, qui se multiplie. Un changement de température ou un autre choc déclenche sa division et il donne naissance à plusieurs petites méduses.

Par le passé, des proliférations de méduses, appelées «bloom», étaient constatées à intervalles réguliers, par exemple tous les 12 ans en Méditerranée pour l’espèce pelagia, explique Anaïs Courtet, biologiste à l’aquarium de Paris. «Aujourd’hui, ce cycle n’est plus respecté et on en voit tous les ans», poursuit-elle.

La prolifération de ces animaux gélatineux et urticants est due à plusieurs facteurs, complète Philippe Cury, chercheur en biologie océanographique à l’Institut de recherche pour le développement (IRD): la surpêche, le chalutage, le réchauffement des océans.

«Ces trois facteurs provoquent des éruptions de population de méduses. Il y en a toujours eu, mais elles sont beaucoup plus fréquentes et on observe parfois des quantités absolument incroyables», indique le scientifique.

La surpêche élimine certains de leurs prédateurs directs, comme les thons ou les tortues par capture accidentelle, mais aussi des poissons-mangeurs de plancton. En leur absence, les méduses disposent de plus de plancton Activités humaines perturbées

Le chalutage de fond, un type de pêche qui consiste à traîner un grand filet sur les fonds marins, est aussi problématique. En raclant les animaux qui y vivent, les éponges, vers, coraux, «il homogénéise les fonds marins» et laisse plus de place pour les polypes qui peuvent alors se multiplier, indique Philippe Cury.

Les polypes sont aussi très friands des constructions humaines: bouées, plateformes pétrolières... «Ils adorent le plastique», ajoute Fabien Lombard. Des déchets de quelques centimètres peuvent servir de radeaux aux animaux et leur permettre de coloniser de nouveaux espaces.

Quant au réchauffement climatique et à l’acidification des océans, «ça ne leur est pas défavorable», contrairement à d’autres espèces, fait savoir Anaïs Courtet.

De nombreuses activités humaines souffrent de la multiplication des méduses: le tourisme, la pêche, la pisciculture, les usines de dessalement ou les systèmes de refroidissement d’installations nucléaires, qu’elles bouchent.

En 2007, une ferme de saumons en Irlande du Nord a été décimée par des méduses qui ont piqué les poissons, incapables de fuir. Au Japon, les pêcheurs restent parfois à quai quand les méduses sont trop nombreuses, pour ne pas perdre leur filet. Il est même arrivé qu’un bateau chavire sous leur poids.

Comment éviter une invasion? «Il faut des écosystèmes qui fonctionnement normalement, avec une grande biodiversité», plaide Philippe Cury. «On peut toujours rêver d’aller à la pêche aux méduses», pour les manger ou s’en débarrasser, «mais ce n’est pas sérieux, elles se reproduisent très vite».

Environnement

Réduire ou éliminer les pesticides?

Environnementalistes et agriculteurs s’entendent pour réduire l’utilisation des pesticides dans les champs, mais de là à les interdire, il y a un pas que des agriculteurs ne veulent pas franchir.

C’est en racontant son histoire personnelle que Louise Hénault-Éthier, chef des projets scientifiques à la Fondation David Suzuki, a commencé son témoignage à la commission parlementaire sur les impacts des pesticides sur la santé et l’environnement.

Il y a 10 ans, alors qu’elle étudiait en sciences de l’environnement, Mme Hénault-Éthier a passé une journée entière à faire des échantillons de sol dans un champ qui avait été arrosé le matin même avec du glyphosate (pesticide commercialisé sous le nom de Roundup). Comme elle n’en savait rien, elle n’avait utilisé aucune mesure de protection. 

Quelques jours plus tard, «le cœur du fœtus que j’avais dans le ventre avait cessé de battre», raconte-t-elle. La scientifique ne saura jamais s’il y a un lien entre son exposition accidentelle au glyphosate et sa fausse couche, mais «il persiste un doute dans ma tête», dit-elle. 

Mme Hénault-Éthier a parlé aux députés des dangers de ce pesticide sur la santé reproductive et leur a demandé d’appliquer le principe de précaution, en interdisant les pesticides «les plus dangereux» sur le territoire québécois. «C’est pas vrai qu’un pesticide est innocent jusqu’à ce qu’il soit déclaré coupable.»

Selon elle, «le Canada n’est pas un cancre» à l’échelle mondiale quant à l’évaluation de la dangerosité des pesticides. «Cependant, il y a énormément de failles» dans le processus de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA), car elle prend en compte des études scientifiques commandées par l’industrie. 

La députée libérale Marie Montpetit a remercié Mme Hénault-Éthier d’avoir partagé son histoire. Elle croit que des agriculteurs qui ont le cancer ou la maladie de Parkinson «doivent se poser les mêmes questions que vous». 

Des sols en santé

Les députés ont aussi entendu lundi le témoignage du producteur agricole Jocelyn Michon, de La Présentation. Depuis 40 ans, il s’efforce de faire en sorte que ses sols soient en meilleure santé, afin de donner de meilleurs rendements et d’avoir moins recours aux pesticides. 

Sa technique? Le semis direct permanent, qui préconise le non-travail du sol par de la machinerie lourde et la couverture des sols par des résidus de culture. Cette technique a fait revenir les vers de terre dans ses sols et ses plants sont désormais plus forts et résistants aux maladies et aux insectes ravageurs. 

M. Michon a souligné qu’il quitterait son métier et sa technique de production si le Québec interdit l’utilisation du glyphosate. Il en étend dans ses champs deux «petites doses» par année pour contrer les mauvaises herbes. S’en passer, «c’est impensable», selon lui. 

M. Michon déplore «l’hystérie collective» des citadins contre l’utilisation des pesticides, qui est devenue «une source d’affrontement» avec le monde agricole. 

En plus de résidus de pesticides, «on trouve aussi des résidus de médicaments dans les échantillonnages des cours d’eau», fait valoir M. Michon. «S’il fallait exiger de la population qu’elle réduise drastiquement sa consommation de médicaments, les conséquences seraient néfastes si rien n’est fait au préalable pour qu’elle améliore sa santé physique.» Il demande ainsi aux députés d’aider les agriculteurs à améliorer la qualité de leurs sols avant tout. 

Le député du Parti québécois Sylvain Roy compare l’utilisation des pesticides aux débats que le Québec a connu sur l’amiante ou sur le tabac. Pour faire une transition toutefois, il croit que les agriculteurs auront besoin d’une aide financière importante. 

La députée solidaire Émilise Lessard-Therrien croit quant à elle qu’il faut que le Québec se dote d’un plan de sortie des pesticides d’ici 15 ans, à l’image d’un plan de sortie du pétrole. 

La commission parlementaire a reçu 76 mémoires et entendra 26 groupes d’ici jeudi. Ses membres doivent produire un rapport avec des recommandations d’ici le début de l’année 2020.

Environnement

Climat : après les manifs, des jeunes intentent une action juridique contre cinq pays

NATIONS UNIES — Il n’y a pas que les manifestations ou les appels à agir contre le réchauffement à l’ONU : 16 jeunes, dont Greta Thunberg, ont annoncé lundi une nouvelle offensive, sur le terrain juridique cette fois, en dénonçant l’inaction des dirigeants comme une atteinte à la convention de l’ONU sur les droits de l’enfant.

Bien que les dirigeants du monde aient signé cette convention il y a 30 ans, par laquelle ils s’engagent à protéger la santé et les droits des enfants, «ils n’ont pas tenu leurs engagements», a déclaré l’égérie suédoise du climat, en marge du sommet sur le climat de l’ONU lors duquel elle a à nouveau dénoncé l’inaction des dirigeants face à l’urgence climatique.

La quasi-totalité des pays — USA exceptés — ont ratifié cette convention censée protéger la santé et les droits des enfants, et pourtant, «chacun de nous a vu ses droits violés et reniés. Nos avenirs sont en train d’être détruits», a ajouté Alexandria Villasenor, parfois surnommée la Greta Thunberg américaine.

Pratiquement, cette plainte inédite déposée par 16 jeunes, âgés de 8 à 17 ans et venus de 12 pays, avec l’aide du cabinet international d’avocats Hausfeld et la bénédiction de l’Unicef, vise cinq pays pollueurs — France, Allemagne, Argentine, Brésil et Turquie.

Elle s’inscrit dans le cadre d’un «protocole optionnel» méconnu de la convention: il autorise depuis 2014 des enfants à porter plainte devant le comité des droits de l’enfant de l’ONU, s’ils estiment que leurs droits sont bafoués.

Le comité est censé enquêter sur les violations présumées, puis faire des recommandations aux États visés pour y mettre fin.

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Les recommandations ne sont pas contraignantes, mais les 44 pays ayant ratifié ce protocole s’engagent en principe à les respecter, a expliqué Michael Hausfeld, qui espère que des recommandations seront faites  dans les 12 mois qui viennent.

Les cinq pays visés par la plainte font partie de ces 44, figurent parmi les grands pollueurs de la planète, et sont influents au sein du club des pays riches du G20. Ce qui leur a valu d’être épinglés, plutôt que les Etats-Unis, la Chine ou l’Inde, plus gros émetteurs au monde, qui eux n’ont pas ratifié ce protocole.

De vieux pays industriels comme la France et l’Allemagne sont responsables d’une large part historique des émissions, même si aujourd’hui ils ne sont pas les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre, a fait valoir le cabinet Hausfeld.

Monde

Urgence climatique: Greta Thunberg sermonne les dirigeants à l'ONU [VIDÉO]

NEW YORK — Les dirigeants de la planète réunis à l’ONU lundi pour relancer l’action climatique ont été interpellés sur leur inaction par la jeune militante suédoise Greta Thunberg, mais sans produire d’impulsion décisive pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre. Elle a lancé un appel rempli d’émotion lundi à New York, lors du Sommet des Nations unies pour le climat.

Avant que les leaders de la planète n’enfilent des discours de trois minutes pour présenter leurs plans environnementaux, l’adolescente de 16 ans les a de nouveau sermonnés en leur demandant : «Comment osez-vous?»

«C’est tellement mal. Je ne devrais pas être ici», a lancé celle dont la grève solitaire devant le Parlement suédois, il y a plus d’un an, est à l’origine des grèves climatiques mondiales de vendredi. «Je devrais être de retour en classe de l’autre côté de l’océan. Et pourtant vous vous tournez vers nous, les jeunes, pour de l’espoir. Comment osez-vous? Vous m’avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles vides.»

Elle a dit à l’ONU que même les réductions d’émissions les plus draconiennes qui sont envisagées n’offrent à la planète qu’une probabilité de réussite de 50 % pour limiter un éventuel réchauffement à 0,4 °C à partir de maintenant, ce qui est l’objectif mondial.

Cela ne suffit pas, a-t-elle lancé.

«Nous ne vous laisserons pas vous en tirer comme ça, a prévenu Mme Thunberg. Nous traçons une ligne dès maintenant.»

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, avait ouvert le sommet lundi en disant : «La Terre lance un cri terrifiant : Stop.»

«Le temps est compté, a-t-il poursuivi. Mais il n’est pas trop tard.»

Il a dit aux quelque 60 dirigeants mondiaux qui devaient prendre la parole que ce n’était pas le moment de négocier, mais d’agir pour rendre le monde carboneutre d’ici 2050.

Environnement

L'ONU déclare l'urgence climatique, les dirigeants mondiaux sous pression

NATIONS UNIES — Une soixantaine de dirigeants mondiaux sont à l’ONU lundi pour un sommet sur «l’urgence climatique» censé revigorer l’accord de Paris, pressés par une jeunesse mondiale qui réclame la fin des énergies fossiles et la réduction accélérée des émissions de gaz à effet de serre.

«L’urgence climatique est une course que nous sommes en train de perdre, mais nous pouvons la gagner», a dit le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui a aussi invité à la tribune la Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, symbole de la jeunesse mondiale révoltée contre l’inaction des gouvernements. Elle parlera dès le début du sommet.

Le sommet a lieu à la veille de l’ouverture des débats de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU et entre deux vendredis de grandes grèves de l’école coordonnées mondialement. Antonio Guterres a demandé aux dirigeants d’annoncer des révisions à la hausse de leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Selon un prébilan de l’ONU lundi matin, 66 États ont souscrit à l’objectif d’une neutralité carbone d’ici 2050. Jusqu’à présent, seule une vingtaine de pays ont inscrit cet horizon dans leur loi nationale ou engagé ce processus. L’Union européenne espère arriver à un consensus entre États membres en 2020.

Emmanuel Macron a convié avec ses homologues chilien et colombien une réunion sur l’Amazonie peu avant l’ouverture du sommet, dans laquelle de nouveaux programmes ont été annoncés pour les forêts tropicales, avec un financement d’environ 500 millions $.

Dans l’avion vers New York, le président français a jugé «sympathiques» les grandes manifestations de jeunes les vendredis, mais jugé qu’il serait plus utile de faire pression sur «ceux qu’on n’arrive pas à faire bouger»... visant par exemple la Pologne. «Moi, je bouge», a-t-il dit.

Zéro carbone

Moins de la moitié des 136 chefs d’États et de gouvernements qui viennent cette semaine à New York pour l’Assemblée générale participent au sommet climat.

À la tribune, les États-Unis seront les grands absents; Donald Trump sera dans les murs, mais s’exprimera à un événement sur la liberté de religion.

«Je ne snobe rien du tout», a-t-il dit lundi matin. «Je suis très occupé».

Le Brésil et l’Australie, dont le premier ministre conservateur était à la Maison-Blanche la semaine dernière, ne seront pas là non plus, faute de choses à annoncer. Mais la Chine, qui dévore du charbon et émet deux fois plus de gaz à effet de serre que les États-Unis, s’exprimera par la voix de son chef diplomatie, Wang Yi.

Chaque dirigeant aura trois minutes. L’Indien Narendra Modi, dont le pays est comme la Chine fidèle au charbon, mais qui installe des quantités industrielles de panneaux solaires, commencera la journée avec Angela Merkel et les dirigeantes de Nouvelle-Zélande et des Îles Marshall, dans le Pacifique.

La neutralité carbone signifie que les pays s’engagent à réduire au maximum leurs émissions et à compenser le reliquat, par exemple en replantant des arbres, qui absorbent le carbone de l’air.

Ce but était considéré si radical en 2015 que le terme avait été exclu du texte de l’accord de Paris, mais il est en train de s’imposer, rendu plus pressant par les canicules de l’été dernier, les cyclones et les images de glaciers fondant presque à vue d’oeil.

«Il faut espérer que ce groupe de pays et d’acteurs et d’autorités locales progressistes préparent la seconde vague, pour démontrer où se trouve la modernité, où se trouve le progrès», dit à l’AFP Laurence Tubiana, l’une des architectes de l’accord de Paris.

Les cinq années passées devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, selon un rapport publié dimanche par l’ONU. La Terre est en moyenne plus chaude d’1°C qu’au XIXe siècle, et le rythme va s’accélérer.

Mais les promesses de lundi n’auront pas de valeur légale. Le sommet n’est qu’un «tremplin» vers la réunion COP26 de Glasgow fin 2020, quand les pays sont censés soumettre à l’ONU des engagements révisés à la hausse de lutte contre le changement climatique.

À ce jour, seuls 59 des 195 signataires de l’accord de Paris ont annoncé leur intention de le faire. Les États-Unis n’en font pas partie.

Environnement

Dans la rue pour sauver la planète

Le 27 septembre, des milliers de personnes, principalement des étudiants, se retrouveront dans les rues pour manifester dans le cadre de la grève mondiale pour le climat. Comment tous ces jeunes se préparent pour cet événement d’envergure?

Tout a commencé au début de cette année. Le mouvement Earth Strike avait annoncé une grève mondiale pour le climat le 15 mars, et plusieurs grandes villes dans le monde, dont Montréal, ont voulu y participer.

Environnement

2015-2019 devrait être la période la plus chaude enregistrée depuis 1850

NATIONS UNIES — Les cinq années 2015 à 2019 devraient constituer la période la plus chaude jamais enregistrée, après le caniculaire été dernier, a rapporté dimanche l’ONU, à la veille d’un sommet climat en présence d’une soixantaine de dirigeants mondiaux à New York.

La température moyenne pour la période 2015-2019 devrait être plus élevée de 1,1°C par rapport à la période 1850-1900, indique ce rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et qui fournit l’état des lieux le plus actuel sur le climat de la Terre.

Les dernières données confirment la tendance des quatre années précédentes, qui étaient déjà les plus chaudes jamais enregistrées, c’est-à-dire depuis 1850. On savait aussi que juillet 2019, marqué par plusieurs canicules notamment en Europe, avait battu le record absolu de température.

Mais ce degré de différence est une moyenne qui cache des disparités régionales. Les pôles se réchauffent plus vite, et les zones côtières sont plus rapidement menacées.

«Les effets du changement climatique ne sont pas ressentis de façon égale», a commenté le scientifique en chef du bureau météorologique britannique, Stephen Belcher. «Certains pays ressentent certains effets, comme des canicules plus intenses ou des inondations plus graves, plus tôt que d’autres».

Le rapport, publié deux jours après la gigantesque grève de l’école mondiale de vendredi et alors que les dirigeants de la planète convergent sur New York pour l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, dresse un bilan sévère de l’inaction des États pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Et encore, les scientifiques ont tendance à être «conservateurs», a prévenu l’une des responsables du rapport, Leena Srivastava. En réalité, les décideurs publics «doivent agir avec beaucoup plus d’urgence», a-t-elle dit en présentant le rapport dimanche.

Pas de recul des émissions

La liste de mauvaises nouvelles sur l’état de la planète est longue et minutieusement détaillée par le rapport de l’OMM.

Ainsi, la montée du niveau des océans s’accélère. Dans la dernière décennie, le rythme est passé à 4 millimètres par an, au lieu de trois par an, à cause de la fonte accélérée des calottes glaciaires aux pôles Nord et Sud, confirmée par de multiples études et observations satellitaires.

Les émissions dues au charbon, au pétrole et au gaz ont poursuivi leur croissance en 2018 et continueront ainsi jusqu’à 2030 au moins, estiment les scientifiques.

Pour 2019, elles seront «au moins aussi élevées» qu’en 2018, prévoient les scientifiques qui ont planché sur ce rapport pour l’ONU en prévision du sommet de lundi.

La concentration de CO2 dans l’atmosphère devrait atteindre un nouveau pic à la fin de l’année 2019, selon des données préliminaires, soit 410 parties par million.

C’est pour le professeur Dave Reay, de l’université d’Edimbourg, la pire nouvelle du rapport.

«On dirait un relevé de carte bleue après cinq ans de dépenses sans compter», a-t-il écrit. Poursuivant la métaphore bancaire, il ajoute: «Notre plafond global de crédit de carbone est atteint. Si les émissions ne commencent pas à chuter, le prix sera infernal».

Dans l’état actuel des engagements des pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, la planète sera plus chaude de 2,9 à 3,4°C d’ici 2100.

Il en ressort que les efforts anti-carbone des pays doivent être multipliés par cinq pour contenir le réchauffement à +1,5°C, comme le prévoit l’accord de Paris de 2015, un objectif que beaucoup d’experts semblent désormais considérer comme illusoire. Ou au minimum par trois pour s’en tenir à +2°C, la limite maximale stipulée par le texte.

En réalité, le réchauffement réel pourrait être encore plus élevé, selon des modélisations climatiques plus récentes, mais qui ne sont pas encore validées par l’ONU, comme celle d’une équipe française qui prévoit +7°C dans un scénario du pire.

«Le fossé n’a jamais été aussi grand» entre ce que le monde veut accomplir et la réalité des plans climatiques des pays, prévient le rapport.

C’est ce fossé que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, veut commencer à combler en accueillant une soixantaine de dirigeants lundi.

Beaucoup de leaders devraient promettre d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, selon lui. À charge pour eux de concrétiser ensuite ces engagements très ambitieux.