Environnement

Une nécropsie sera pratiquée sur une baleine noire retrouvée dans le fleuve

HALIFAX — Les autorités comptent effectuer une nécropsie mardi sur une baleine noire de l'Atlantique Nord retrouvée morte la semaine dernière dans le golfe du Saint-Laurent.

La baleine, une femelle de 40 ans nommée Punctuation, a été remorquée lundi soir en direction de Petit Étang en Nouvelle-Écosse où la nécropsie pourrait avoir lieu mardi matin, si les conditions de logistique le permettent selon un communiqué émis par Pêches et Océans Canada.

Environnement

Des opposants à Trans Mountain marchent à Victoria

VICTORIA — Des percussionnistes autochtones ont ouvert samedi la voie aux manifestants qui ont marché pendant 22 kilomètres pour protester contre la décision du gouvernement fédéral de donner le feu vert au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain.

Environ 300 personnes ont quitté l’hôtel de ville de Victoria et défilé au milieu des principales artères du centre-ville. Elles étaient surveillées par des véhicules de polices aux gyrophares allumés.

Certains brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Ne soyez pas des brutes» ou «Est-il si difficile de comprendre un non?».

Des politiciens locaux, des écologistes et des chefs autochtones ont participé à la manifestation.

Une petite maison était transportée derrière les manifestants. Elle sera installée de façon temporaire sur la plage d’Island View, près de l’Aéroport international de Victoria, pour y accueillir de futurs opposants aux oléoducs.

Un manifestant, Eric Doherty s’est dit prêt à marcher plus loin que les 20 kilomètres de prévu. Il croit que la majeure partie de la population s’opposera au projet.

«Le gouvernement approuve des projets de toutes sortes. Il fait face à une opposition dans les rues et il annule ces projets, a-t-il dit. C’est comme ça les gens renversent le cours des choses: en descendant dans la rue.»

Une dirigeante autochtone de Victoria, Rose Henry, a déclaré aux manifestants que la décision du gouvernement nuira aux chances des libéraux d’être reportés au pouvoir en octobre. «On peut arrêter ce projet, a-t-elle lancé. On peut l’arrêter en disant “non” à cet oléoduc non désiré.»

Le gouvernement fédéral a donné la semaine dernière un autre feu vert au projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, tout en promettant de réinvestir les profits du projet dans la transition énergétique du Canada. Il lui avait déjà donné son aval en 2016, mais la Cour fédérale d’appel lui avait donné tort. L’Office national de l’énergie a réalisé une nouvelle analyse pour étudier les répercussions qu’auront les pétroliers sur la vie marine.

Ottawa avait acheté le controversé oléoduc appartenant alors à l’entreprise Kinder Morgan pour la somme de 4,5 milliards $.

Déçu de la décision fédérale, le premier ministre de la Colombie-Britannique John Horgan compte continuer de contester le projet devant les tribunaux.

Environnement

Les icebergs attirent un nombre croissant de touristes

TRINITY, T.-N.-L. — La population de la province de Terre-Neuve-et-Labrador sait que le printemps avance lorsque d'immenses icebergs dérivent le long de ses côtes.

Après s'être séparés des glaciers du Groenland, ces monceaux de glace, parfois vieux de 10 000 ans, à l'allure accrocheuse, pourraient bien disparaître complètement dans un avenir plus ou moins rapproché.

Environnement

GES: Ottawa devra taxer davantage pour atteindre sa cible de l'Accord de Paris

OTTAWA — Le directeur parlementaire du budget (DPB), Yves Giroux, estime que le prix sur le carbone devra être beaucoup plus élevé dans les prochaines années si le Canada veut atteindre ses propres cibles de l'Accord de Paris sur les changements climatiques en 2030.

Selon son rapport, dévoilé jeudi, ce prix devra s’élever à 102 $ la tonne en 2030 pour les provinces soumises à la tarification fédérale sur le carbone - soit le Nouveau-Brunswick, l’Ontario, le Manitoba et la Saskatchewan - afin de respecter les cibles.

L’Alberta, qui a abrogé sa «taxe carbone», s’ajoutera à la liste à compter du 1er janvier 2020, a annoncé le gouvernement fédéral en fin de journée.

Le gouvernement Trudeau a déjà annoncé son intention d’augmenter de façon graduelle la tarification du carbone - qui coûte 20 $ la tonne cette année - de 10 $ par an pour atteindre 50 $ en 2022.

Le DPB admet avoir décidé de mener cette étude de son propre chef pour tenter d’établir un prix sur le carbone à partir de 2023. Il est d’avis qu’une tarification supplémentaire de 6 $ la tonne sera nécessaire en 2023, puis qu’elle devra augmenter de 52 $ la tonne en 2030 pour atteindre les cibles.

«C’est doubler, essentiellement, la tarification du carbone qui est actuellement prévue», résume M. Giroux.

Les provinces qui ont déjà un plan - comme le Québec ou la Colombie-Britannique - devront continuer de bonifier leur stratégie de manière à atteindre les cibles de diminution des gaz à effet de serre et ainsi éviter d’être soumises à des taxes supplémentaires du fédéral, prévoit M. Giroux.

Pas question, répond McKenna

Jeudi après-midi, la ministre fédérale de l’Environnement, Catherine McKenna, a fermé la porte à la possibilité d’augmenter le prix sur le carbone après 2022. Elle a aussi répété que le Canada allait atteindre ses cibles.

«Nous avons un plan qui fonctionne déjà sur les changements climatiques, a-t-elle tranché. C’est un plan qui inclut des mesures comme éliminer le charbon, un prix sur la pollution, des investissements historiques dans les (énergies) renouvelables, dans le transport en commun», a détaillé la ministre.

Le rapport du DPB ne tient pas compte de toutes les mesures en place pour réduire les gaz à effet de serre, a ajouté Mme McKenna.

Cela n’a pas empêché le Parti conservateur du Canada de faire ses choux gras sur cette question toute la journée de jeudi.

«La taxe sur le carbone de Trudeau n’est pas un plan sur les émissions, c’est un plan pour prendre votre argent», a réagi Andrew Scheer sur Twitter, en dénonçant la possible hausse du prix de l’essence de 22 cents, par rapport au prix de 2018, qui a été évoquée par le directeur parlementaire du budget.

Les conservateurs prévoient dévoiler leur propre plan en environnement - qui n’inclut pas de prix sur le carbone - la semaine prochaine, à Gatineau. M. Scheer n’a pas voulu dire s’il allait de son côté respecter les cibles de Paris.

Un écart à combler

Les estimations d’Environnement et Changement climatique Canada prévoient que les émissions de gaz à effet de serre (GES) passeront de 704 mégatonnes en 2016 à 592 mégatonnes en 2030 avec la tarification sur le carbone en vigueur, peut-on lire dans le document présenté par le DPB.

Il y aura donc un écart de 79 mégatonnes d’émissions de GES qui restera à combler pour atteindre les cibles de l’accord de Paris.

Or, le rapport du DPB se base sur des prévisions. Selon la croissance économique et les prix du pétrole et du gaz naturel, le Canada pourrait s’éloigner ou se rapprocher des cibles de l’Accord de Paris. Le rapport ne tient pas non plus compte des changements des approches alternatives pour réduire les GES.

Le Canada prévoit réduire les émissions de GES de 30 pour cent par rapport au niveau de 2005 d’ici 2030. Cela se traduirait par une cible d’émissions de 513 mégatonnes de CO2 en 2030. Le gouvernement Trudeau a choisi de conserver les cibles du gouvernement précédent.

L’objectif de l’Accord de Paris est de limiter l’augmentation de la température mondiale de 1,5 à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux de l’ère préindustrielle.

Environnement

David Suzuki, des camps d’internement à la lutte aux changements climatiques

De passage à Québec, le scientifique et environnementaliste de renommée mondiale David Suzuki a partagé au Soleil son parcours inspirant. Malgré une tête blanche qui trahit son âge, son discours reste tout aussi enflammé et passionné : la lutte contre les changements climatiques est cruciale.

Né à Vancouver en 1936, David Suzuki a vu sa vie changer à l’âge de six ans : il est tombé amoureux de la nature. Pendant la Seconde Guerre mondiale, sa famille, canadienne de troisième génération, est expulsée de Vancouver. Comme tous les Canadiens d’origine japonaise, ils sont envoyés dans un camp d’internement. «La guerre est arrivée. Nous avons perdu tous nos droits et nous avons été mis dans des camps. Je ne savais pas ce qu’il se passait. Je pensais qu’on allait dans un train pour le plaisir. Mes parents m’ont protégé de ce qui se passait. J’avais six ans, pour moi, c’était un beau voyage», se souvient David Suzuki.  

Découvrir la nature

Dans ces camps, il n’y avait pas d’école. «Nous vivions dans une place qui est maintenant un parc provincial», explique-t-il. Ses parents, nés et scolarisés au Canada, lui ont toujours parlé anglais à la maison. Il n’a donc jamais appris le japonais. «Je ne pouvais pas parler la langue, donc les autres enfants me battaient tout le temps dans les camps», se rappelle-t-il. C’est à ce moment qu’il a découvert sa passion pour la nature. «Je suis allé jouer dans la nature. J’ai rencontré des ours, des loups, et mon père me disait de ne pas avoir peur. Il me disait de ne pas les regarder dans les yeux», explique-t-il, avec intensité. Depuis, l’environnement est une partie intégrante de son quotidien. Vers la fin de la guerre, les camps ont été vidés. Sa famille a été forcée d’aller en Ontario. «Le gouvernement canadien ne voulait pas que les Japonais reviennent à Vancouver. Ils leur ont dit : soit tu renonces à ta citoyenneté et tu retournes au Japon, soit tu vas à l’est des Rocheuses. 95 % des personnes dans les camps ont signé et sont partis au Japon. Ma mère et mon père sont nés ici, ils n’étaient jamais allés au Japon, ils ne voulaient pas y aller», confie-t-il.

Son père, un modèle

Connu mondialement pour son éloquence et sa capacité à communiquer, David Suzuki tire son inspiration de son père. «Mon père m’a toujours dit que les Canadojaponais sont gênés. Si je voulais réussir, je devais être capable de prendre la parole en public», affirme-t-il. À l’adolescence, son père l’a inscrit à des concours de discours. «Tous les soirs, quand je revenais à la maison, après le dîner, je devais réciter mon discours de dix minutes. Si je faisais une erreur, je devais recommencer. Et il me disait même comment faire la gestuelle. Je détestais ça, je pleurais et j’étais frustré quand je devais recommencer. Mais à la fin, j’étais capable de parler parfaitement. Il m’a appris à parler en public et communiquer», explique-t-il, très reconnaissant. 

Adolescent, lorsqu’il était président du comité de son école, il a été interviewé par un journaliste. Cette entrevue l’a grandement marqué. «Quand mon père a lu l’article, il m’a dit : “Pourquoi tu as dit cela, ce n’est pas ce en quoi tu crois”. Je lui ai dit que je ne voulais pas que les gens soient fâchés contre moi», se rappelle-t-il, sourire en coin. Son père lui a répondu que peu importe son point de vue, il y allait toujours avoir des gens en désaccord. «Il m’a dit qu’il voulait que je me batte pour quelque chose qui me tient vraiment à cœur». Une leçon qu’il n’a jamais oubliée et qui l’inspire encore à tous les jours dans ses discours pro-environnementaux. 

Âgé de 83 ans, cet auteur, ex-animateur de l’émission The Nature of Things et grand scientifique continue encore aujourd’hui à séduire les foules avec ses discours pour sensibiliser à la cause environnementale. «Détruire la nature, c’est nous détruire», conclut-il. 

Environnement

Des fonctionnaires veulent faire la grève pour la planète et voir leurs salaires versés à un projet écologique

MONTRÉAL - Des fonctionnaires à l’emploi du gouvernement du Québec aimeraient pouvoir manifester sans être pénalisés, lors de la grève mondiale pour la planète, le 27 septembre. Ils sont prêts à ne pas être payés pour toute la journée et demandent au gouvernement Legault de verser plutôt l’équivalent de leur salaire à un projet écologique.

C’est le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui compte 40 000 membres, qui est le premier syndicat au Québec à formuler cette demande au gouvernement Legault. Il a adopté une proposition à cet effet lors de son conseil syndical, samedi dernier.

Au cours d’une entrevue avec La Presse canadienne, mardi, le président général du SFPQ, Christian Daigle, a expliqué que c’est en fait un congé sans solde d’une journée que ses membres aimeraient pouvoir prendre, cette journée-là, afin de participer à la grève mondiale pour la planète. Pour ce faire, il demande donc au gouvernement Legault de s’engager à ne pas imposer de sanction, ni au syndicat ni à ses membres qui voudraient y participer sur une base volontaire.

«On ne peut pas faire la grève comme on veut; on a une convention collective présentement», explique M. Daigle. Il s’agirait donc d’une journée de congé sans solde prise par des centaines, voire des milliers de fonctionnaires en même temps. «Sur une base volontaire, nous pourrions participer à cette journée du 27 septembre, en étant libérés de notre travail pour aller là, pas payés, sans solde», explique M. Daigle.

«Et les sommes que le gouvernement économiserait avec nos salaires, il pourrait les verser à l’environnement. Nous serions de concert, partenaires avec le gouvernement du Québec pour mettre de l’argent là-dedans, en faisant un arrêt de travail volontaire, qui n’est pas une grève. Et le gouvernement, lui, ça lui donnerait le lift, la poussée qui est nécessaire pour partir quelque chose en environnement, parce que présentement, il n’y a pas assez de choses qui se font au Québec pour protéger l’environnement», a opiné M. Daigle.

M. Daigle espère que les autres organisations syndicales emboîteront le pas. «On espère que les autres syndicats qui vont voir notre idée vont la trouver intéressante et la partager avec leurs instances aussi pour qu’on soit le plus de syndicats possible là-dedans.»

Le SFPQ a des membres dans tous les ministères: Transports, Environnement, Revenu, sans compter Recyc-Québec et la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ).

Environnement

Prévention des inondations: 4,6 millions$ pour l’Université Laval

Le ministère de la Sécurité publique met le pied sur l’accélérateur dans la prévention des inondations au Québec.

La ministre Geneviève Guilbault a annoncé mardi matin qu’elle octroyait 4,62 millions $ sur quatre ans à l’Université Laval pour que ses chercheurs pilotent quatre projets de recherche pour comprendre, notamment en hiver, le comportement des rivières, analyser les risques d’inondations et développer des outils de calcul et des méthodes géospatiales qui permettront d’anticiper les dommages potentiels et les résidences exposées. 

Après les sinistres de 2017 et 2019, «on ne peut plus se demander si des inondations vont survenir, on ne peut qu’agir pour s’y préparer», a dit la ministre Guilbault.

Comme le rapportait Le Soleil début mai, un projet de recherche est déjà entamé sur la rivière Sainte-Anne à Saint-Raymond, où le ministère de la Sécurité publique allongera 2,7 millions $ afin que la ville teste une série d’aménagements pour éviter le débordement de la rivière. 

Des recherches sont aussi amorcées à Beauceville et à Coaticook, en Estrie. Des projets de recherche démarreront aussi à Terrebonne, en banlieue de Mont­réal, et à Saint-Joseph-du-Lac, dans la MRC de Deux-Montagnes. 

Environnement

Projet d’un milliard $ pour la lutte contre la carpe asiatique

Les maires des Grands Lacs et du Saint-Laurent ont demandé jeudi l’appui du Congrès américain dans un projet d’un milliard $ pour lutter contre la prolifération de la carpe asiatique, qui a déjà fait beaucoup de ravages dans l’écosystème du fleuve Mississippi et de la rivière Illinois et dont certains spécimens ont été détectés dans le fleuve Saint-Laurent ainsi que dans les lacs Michigan et Ontario.

Réunis à Sheboygan, Wisconsin, les membres de l’Alliance des villes des Grands Lacs et du Saint-Laurent ont insisté sur la nécessité d’agir rapidement et avec détermination dans leur «déclaration des maires pour arrêter la carpe asiatique». Ils demandent aux membres du congrès d’approuver un plan de plus d’un milliard $ développé par le corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis à réaliser d’ici 2022.

«C’est un dossier que nous suivons activement depuis 15 ans parce que justement on connaît l’incidence de la présence des carpes asiatiques sur l’écosystème. Un système de barrières utilisant l’électricité a été installé à l’écluse de Brandon Road, qui relie le Mississippi au lac Michigan, mais il semblerait que ce système soit moins efficace contre les poissons de plus petite taille», explique Mme Michelle Morin-Doyle, mairesse suppléante de Québec et présidente de l’Alliance.

Nouvelles mesures

Mme Morin-Doyle explique que le corps des ingénieurs de l’armée des États-Unis a développé de nouvelles mesures qui font partie du plan d’un milliard $ déposé au congrès pour approbation. Ces mesures incluent l’installation d’autres barrières électriques sur la voie maritime pour empêcher les carpes de traverser l’écluse, des haut-parleurs sous-marins utilisés pour diffuser des sons à un niveau de décibels et à des fréquences suffisantes pour rendre les espèces de carpes asiatiques inconfortables et les inciter à rebrousser chemin ainsi qu’un «rideau de bulles d’air» semblable à ceux utilisés pour empêcher l’accumulation de glace dans les écluses et qui susciteraient un réflexe d’évitement chez les poissons.

«On sait maintenant que la carpe asiatique est à la porte des Grands Lacs. Heureusement, les spécimens retrouvés dans le Saint-Laurent et le lac Ontario sont des carpes de roseau, des espèces moins voraces. Cependant, on ne veut pas avoir à gérer des espèces comme la carpe à grosse tête et la carpe argentée dans le fleuve et les Grands Lacs», indique Mme Morin-Doyle. Des carpes argentées ont été identifiées en 2013 dans la baie de Sturgeon, au lac Michigan, près de Green Bay.

Fléau

«La carpe asiatique mange 40 % de son poids chaque jour et on parle de poissons qui font entre 80 et 100 livres et dont le taux de reproduction est impressionnant. Leur présence change l’écosystème au complet, car elles ne laissent plus de nourriture pour les autres espèces. Tout ça a une grosse incidence sur l’économie et la pêche. Ce serait une catastrophe alors que l’économie du fleuve et des Grands Lacs représente environ 7 milliards $», explique Mme Morin-Doyle.

Celle-ci ajoute que l’Alliance a reçu l’appui du gouverneur démocrate de l’Illinois, J.B. Pritzker, qui se fait le porteur du dossier, et de l’association des villes et villages du Mississippi. «Le temps presse, c’est maintenant qu’il faut agir et c’est pour ça que nous pressons le Congrès américain d’injecter les fonds nécessaires pour que le projet se fasse d’ici 2022», souligne-t-elle.

C’est dans les années 70 que la carpe asiatique a été importée de Chine vers les États-Unis par des éleveurs de poissons qui l’utilisaient pour nettoyer leurs étangs commerciaux. Différents facteurs, dont les inondations, ont cependant amené ces espèces envahissantes à aboutir dans le bassin du Mississippi et dans d’autres rivières, ce qui fait qu’elles s’approchent aujourd’hui dangereusement des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Environnement

Action collective contre Ottawa: des jeunes Québécois en cour pour l’environnement

MONTRÉAL — Un groupe de jeunes Québécois affrontent Ottawa en Cour, lui reprochant son inaction dans la lutte contre les changements climatiques. Ils demandent à un juge de donner le feu vert à une action collective qui serait alors intentée au nom de tous les 35 ans et moins, et cela, dans le but de forcer le fédéral à agir.

Ils veulent qu'Ottawa en fasse plus et que le Canada cesse de trôner en haut du palmarès des pays qui émettent le plus de gaz à effet de serre (GES) par habitant.

Les avocats des jeunes Québécois ont ainsi présenté leurs arguments jeudi matin au palais de justice de Montréal devant le juge Gary Morrison de la Cour supérieure.

Mais les avocats du Procureur général du Canada voient l'affaire d'un tout autre oeil.

Pour eux, il s'agirait d'une ingérence injustifiée des tribunaux dans la sphère politique.

Si les changements climatiques sont un grand défi de ce siècle et que les jeunes sont bien justifiés d'élever leurs voix pour faire valoir l'urgence d'agir, la voie des tribunaux n'est pas appropriée ici, a plaidé Me Ginette Gobeil pour le Procureur général.

On ne peut pas forcer le gouvernement à déposer des projets de loi ni forcer le Parlement à les adopter, a-t-elle plaidé devant le juge Morrison, tentant de le convaincre de ne pas autoriser cette action.

Et puis, comment démontrer si les mesures déjà adoptées par le fédéral ne permettront pas d'atteindre les cibles de réductions de GES de 2030? Le gouvernement canadien n'est pas le seul responsable de ces émissions, a-t-elle soutenu, demandant aussi comment il peut être possible d'estimer dès aujourd'hui que l'objectif ne sera pas atteint dans 11 ans.

Le magistrat a déjà averti la salle remplie de jeunes qu'il n'allait pas rendre jugement la journée même.

Les jeunes

Si le juge l'autorise, l'action sera intentée au bénéfice des jeunes, car ce sont eux, disent-ils, qui seront privés de leur droit à un environnement sain. Ils subiront plus que leurs aînés les effets néfastes de la pollution et du réchauffement de la planète, et pendant plus longtemps.

Les coûts socio-économiques de l'inertie du gouvernement vont les affliger de façon disproportionnée, a lancé Me Bruce Johnston, l'avocat du groupe Environnement Jeunesse (EnJeu), qui porte cette poursuite sur ses épaules.

Dans leur procédure, il est allégué que le gouvernement canadien brime les droits fondamentaux de toute une génération, comme leur droit à la vie et à la sécurité.

Il s'agirait de la première et de la seule action collective menée par des jeunes pour le climat dans le monde, avancent-ils.

«Moi ça m'inquiète de savoir si je vais avoir un futur, si je vais avoir accès à de l'eau potable, à un environnement sain et à la biodiversité», a illustré la jeune militante pour l'environnement Alix Ruhlmann près de la salle de cour où se déroulait l'audition.

Le but de la poursuite est aussi d'obtenir une déclaration indiquant que le gouvernement a adopté des cibles de réduction de gaz à effet de serre qui sont dangereuses et qu'il a omis de prendre les mesures nécessaires pour limiter le réchauffement planétaire à 1,5 degré.

«Sans habitat sain, nous n'avons pas d'avenir comme espèce», a plaidé Me Johnston.

Le gouvernement fédéral est fautif, dit-il, et son comportement est même intentionnel: il reconnaît une obligation d'agir, il sait ce qui doit être fait, mais ne le fait pas, a ainsi résumé le procureur.

Si l'action est autorisée à aller de l'avant, des dommages punitifs de 100 $ par jeune Québécois seraient réclamés du gouvernement canadien. Cela constituerait une cagnotte de 340 millions $, a calculé EnJeu.

Mais parce qu'il serait onéreux et complexe de remettre un chèque à chaque citoyen, il sera demandé que l'argent obtenu serve à mettre en place une mesure réparatrice pour tenter de freiner le réchauffement climatique. «Les membres (du groupe) ne font pas ça pour s'enrichir, mais pour servir à quelque chose», a dit Me Johnston.

Des dommages, ça aurait un effet dissuasif, a-t-il ajouté. «Ça peut être extrêmement puissant sur le plan politique.»

Juridique vs politique

Cet argument est la plus belle admission qu'il s'agit là d'une question politique, a lancé l'avocate du Procureur général, attrapant la balle au bond.

Et puis, le fédéral n'est pas le seul responsable de la pollution ni de l'atteinte des cibles de réduction des GES, plaide Me Gobeil. La preuve est notamment dans l'actualité récente: lorsque le fédéral tente d'imposer un prix sur les émissions de GES, certaines provinces refusent et ripostent en traînant Ottawa devant les tribunaux.

La réponse aux changements climatiques dépend d'une multitude de facteurs, dont les négociations sur la scène internationale, des négociations entre le fédéral et les provinces et l'octroi des budgets.

«Cette action collective demande au tribunal de s'immiscer dans le législatif et dans l'exécutif», a-t-elle martelé, ajoutant que le tribunal ne peut dicter au fédéral une marche à suivre.

Si l'action collective est autorisée, l'affaire n'est pas réglée pour autant, mais elle pourra cheminer vers un procès qui aura éventuellement lieu.

Dans une déclaration transmise jeudi, la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, a déclaré: «Aujourd'hui comme à tous les jours, les jeunes poussent leurs gouvernements vers un futur plus durable. Je suis motivée par leur passion et les encourage à poursuivre leurs actions».

Les avocats du gouvernement fédéral ont néanmoins été mandatés pour contester leur action collective.