Environnement

Inondations et crue des eaux: des militaires déployés au Nouveau-Brunswick [PHOTOS]

FREDERICTON — Environ 120 soldats des Forces armées canadiennes seront bientôt déployés dans l’ouest du Nouveau-Brunswick pour aider la population à faire face à la crue des eaux.

Les soldats venant de la base de Gagetown, au sud de la province, aideront à remplir des sacs de sable ou à évacuer des résidences, si nécessaire.

Le lieutenant-colonel Sean French, du 2e Bataillon du Royal Canadian Regiment, a indiqué que sa troupe est aussi formée pour mener des vérifications de sécurité dans diverses collectivités en employant des véhicules lourds pouvant se mouvoir dans l’eau profonde.

Les niveaux d’eau dans le bassin du fleuve Saint-Jean doivent s’élever au cours des prochains jours.

En raison des pluies torrentielles qui s’abattent samedi dans le nord du Nouveau-Brunswick, des résidants de 15 endroits ont été avertis de rester en état d’alerte élevée.

Selon Greg MacCallum, directeur de l’Organisation des mesures d’urgence de la province, la crue des eaux provoquera sûrement des fermetures de route dans plusieurs secteurs, notamment dans la région de Fredericton.

Environnement

Inondations: Guilbault heureuse de la mobilisation de l’armée

MONTRÉAL — Alors que plus de 900 résidences étaient inondées dans diverses régions du Québec en début de soirée samedi, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique Geneviève Guilbault s’est dite satisfaite de la collaboration des Forces armées canadiennes.

Selon le plus récent bulletin d’Urgence Québec, publié samedi à 18h, on comptait 903 résidences inondées, 251 résidences isolées et 317 personnes évacuées à travers la province. Les régions les plus affectées sont la Beauce et les Laurentides.

Au cours d’un point de presse qui s’est déroulé en début de soirée à la base militaire de Longue-Pointe, dans l’est de Montréal, M. Guilbaut a dit que «la réponse et la mobilisation des Forces armées canadiennes avaient été très rapides et très rassurantes» pour les populations touchées et les autorités locales.

Au cours de la journée, des officiers de liaison régionaux ont été déployés dans cinq directions régionales de la sécurité civile, soit l’Outaouais, Montréal-Laval-Laurentides-Lanaudière, Montérégie-Estrie, Mauricie-Centre-du-Québec et Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches. Après avoir fait un inventaire des différents besoins, les autorités ont choisi trois régions dans lesquelles seront déployés en priorité les militaires: en Outaouais, particulièrement dans les secteurs de Saint-André-Avellin et de Pontiac, en Mauricie-Centre-du-Québec, notamment à Bécancour, à Trois-Rivières, à Louiseville, à Maskinongé et à Yamachiche, et finalement à Laval.

Leurs tâches prioritaires, a énuméré Mme Guilbault, seront la distribution et l’installation de sacs de sable près des propriétés et des commerces, l’érection de digues et la protection des bâtiments.

La brigadière générale Jennie Carignan, la commandante de la 2e division du Canada, a indiqué que 200 militaires seront déployés entre Gatineau et Trois-Rivières, dès samedi soir. Quatre cents autres s’ajouteront aux effectifs sur le terrain, dimanche matin, de Gatineau à Trois-Rivières et à Laval.

Disant comprendre l’état d’esprit de la population dans les zones affectées, la générale Carignan s’est voulue rassurante en soulignant que les soldats canadiens étaient «extrêmement bien entraînés et formés» pour les missions qui les attendront dans les prochains jours. «Ils sont habitués à le faire. Ils le font régulièrement», a-t-elle rappelé.

Plus tôt en journée, la ministre Guilbault avait imploré la population affectée par les inondations de faire preuve d’extrême prudence et d’extrême vigilance alors que la crue des eaux continuait de faire des ravages.

«Ne prenez aucun risque inutile, s’il vous plaît», a-t-elle formulé en mêlée de presse au Ti-Oui Snack Bar de Saint-Raymond, samedi matin.

Huit inondations majeures étaient répertoriées par Urgence Québec, en début de soirée, samedi: la rivière Chaudière à Sainte-Marie, à Saint-Georges, à Saint-Joseph, à Scott et à Vallée-Jonction, en Beauce, le lac des Deux-Montagnes, à Rigaud et à la baie Quesnel, et la rivière Beaurivage, à Lévis, dans la région de Chaudière-Appalaches.

Une première victime

Tout juste avant de faire le point sur la situation d’urgence, la ministre Geneviève Guilbault a tenu à offrir ses condoléances et celles du gouvernement à la famille de Louise Séguin Lortie décédée dans un accident de la route à Pontiac.

Vers 3 h 30, samedi matin, la dame de 72 ans était au volant de sa voiture lorsqu’elle est tombée dans une profonde crevasse causée par l’affaissement d’un ponceau sur le chemin Bronson Bryant. La dame était seule à bord du véhicule qui s’est retrouvé sur le toit au fond du cratère, a confirmé le porte-parole de la sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais, Martin Fournel.

Un couple aurait été témoin de l’accident. Les deux personnes étaient arrivées plus tôt au même endroit et avaient réussi à s’arrêter. Ils auraient tenté en vain d’avertir la dame qui n’a pu freiner à temps.

À la suite de cet incident, la ministre de la Sécurité publique affirme avoir communiqué avec son collègue des Transports, François Bonnardel, afin de s’assurer de l’étroite collaboration de son ministère avec la sécurité civile.

«Je veux rappeler aux municipalités que du soutien technique est disponible auprès du ministère des Transports du Québec (MTQ)», a-t-elle indiqué. Les autorités municipales peuvent faire appel au MTQ pour l’évaluation et la protection d’infrastructures routières, peu importe qu’elles soient de juridiction municipale ou provinciale.

Mobilisation

Selon le plus récent bulletin d’Urgence Québec, publié samedi à 11h50, on comptait 72 résidences inondées, 89 résidences isolées et 206 personnes évacuées à travers la province. Les régions les plus affectées sont la Beauce et le secteur de Rigaud, en Montérégie.

À Gatineau, le maire Maxime Pedneaud-Jobin interpelle les curieux qui essaient de se rendre dans les endroits inondés, un comportement qui nuit au bon déroulement des opérations.

«Restez chez vous, regardez ce qui se passe à la télévision, mais ne venez pas sur place», a-t-il lancé. M. Pedneaud-Jobin se réjouit prudemment du volume moins important de précipitations reçues dans la région. Cela pourrait légèrement atténuer la gravité des inondations attendues dimanche.

À Sherbrooke, la rivière Saint-François est sortie de son lit en fin de journée samedi. Une quinzaine de résidences sont visées par une évacuation préventive.

Trois résidences pour personnes âgées ont notamment été évacuées de façon préventive à Saint-Raymond, dans le secteur de Portneuf.

Le maire de Saint-Raymond, Daniel Dion, a dit espérer que la pluie cesse au moment où l’embâcle de la rivière Sainte-Anne cédait en début d’après-midi.

«Il y a beaucoup de glaces, si elles bouchent nos chenaux l’eau n’aura plus d’espace pour circuler et c’est là que ça déborde», a-t-il ajouté. Daniel Dion s’attend à ce que le point culminant de la rivière Sainte-Anne soit atteint dimanche soir.

À Beauceville, l’embâcle s’est déplacé vers Saint-Joseph. Des gens citoyens évacués la semaine dernière ont pu réintégrer leur demeure, mais alors que 38 résidences étaient inondées en avant-midi samedi, en début de soirée, le total était de 300. À Ste-Marie, 568 résidences ont été inondées.

Des effectifs de la Sûreté du Québec (SQ) ont été mobilisés à des endroits stratégiques pour faire face à la crue des eaux, particulièrement dans les régions de Chaudière-Appalaches et en Montérégie.

Des postes de commandement de la SQ ont été installés à Beauceville et à Rigaud, selon ce qu’a indiqué samedi matin la sergente Marie-Michèle Moore de la SQ. Des policiers font du porte-à-porte dans les secteurs les plus touchés afin de s’assurer que les résidents sont en sécurité.

La situation demeure préoccupante à Rigaud où la Ville rapporte avoir mis en place un poste de commandement pour accueillir les citoyens qui vont devoir évacuer. Des patrouilleurs de la Sûreté du Québec ainsi que des responsables d’Ambulance Saint-Jean, de la Garde côtière auxiliaire canadienne, de l’Association québécoise des bénévoles en recherche et sauvetage (AQBRS) et des intervenants psychosociaux seront sur place dimanche.

Laval s’inquiète d’une hausse des niveaux d’eau et des débits des rivières des Mille-Îles et des Prairies qui pourraient provoquer d’importantes inondations. Les citoyens des zones à risque sont invités à agir rapidement pour protéger leur résidence.

La porte-parole du service de police, Évelyne Boudreau, a mentionné que plus de 550 adresses avaient été visitées en porte-à-porte par des policiers et des pompiers. Trois citoyens ont fait la demande et obtenu un service d’hébergement.

La ville a identifié 1500 adresses à risque, selon ses observations des inondations de 2017. Chacune de ces propriétés va recevoir deux palettes de sacs de sable avant la fin de la journée samedi. Déjà plus de 1000 résidences avaient reçu leur part en milieu d’après-midi.

Évelyne Boudreau prévient cependant les citoyens que la responsabilité leur revient de se mobiliser pour protéger leur maison.

«On a livré les poches de sable, mais ce n’est pas la ville qui va construire les digues», a-t-elle souligné.

Une attention particulière est portée au pont qui lie l’île Bigras et l’île Jésus. Celui-ci pourrait être fermé si l’eau atteint la poutre de soutien. Une navette serait alors mise à la disposition des résidents.

De nombreuses routes de la province sont fermées ou font l’objet d’entraves sur certains tronçons. C’est le cas de la route 173 à Beauceville et à Saint-Joseph-de-Beauce; de la route 216 à Sainte-Marie; de la route 276 à Saint-Frédéric et à Saint-Joseph-de-Beauce; de la route 277 à Sainte-Aurélie; de la route 143 à Val-Joli en Estrie; de la route 131 à Notre-Dame-de-Lourdes; de la route 333 à Saint-Hippolyte; de l’autoroute 50 à Gatineau; de la route 307 à Val-des-Monts et à Bowman; de la route 317 à Saint-Sixte.

Prévisions météo

Selon Environnement Canada, les plus fortes accumulations de pluie seraient toutefois chose du passé bien que d’autres précipitations sont à prévoir.

«Ce qui s’en vient au cours des prochaines heures, ce sont des averses plus dispersées sur les régions de l’ouest: Montréal, les Laurentides, l’Outaouais. La pluie continue se poursuit sur le centre et l’est du Québec jusqu’en début d’après-midi et devrait s’estomper graduellement en soirée», a précisé le météorologue André Cantin.

Les régions plus à l’est, dont la Gaspésie, pourraient encore recevoir entre 20 à 25 millimètres de pluie. Les températures chaudes attendues pour la fin de semaine ainsi que lundi et mardi pourraient compliquer les choses en accélérant la fonte des glaces.

+

Inondations majeures en cours

Lac des Deux Montagnes - À la baie Quesnel - En baisse

Lac des Deux Montagnes - À la baie de Rigaud - En hausse

Rivière Beaurivage - À Saint-Étienne - En hausse

Rivière Chaudière - À Sainte-Marie - En hausse

Rivière Chaudière - À Saint-Georges - En baisse

Rivière Chaudière - À Scott - En hausse

Rivière Chaudière - À Saint-Joseph - En hausse

Rivière Chaudière - À Vallée-Jonction - En hausse

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Inondations moyennes en cours

Rivière Chaudière - À Saint-Lambert-de-Lauzon - En hausse

Rivière Chaudière - Au barrage Sartigan - En baisse

Rivière Chaudière - À Beauceville - En baisse

Rivière Famine - Saint-Georges - En baisse

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Inondations mineures en cours

Fleuve Saint-Laurent - À Bécancour - En hausse

Fleuve Saint-Laurent - À Port-Saint-François - En hausse

Fleuve Saint-Laurent - À Sorel - En hausse

Fleuve Saint-Laurent - Au lac Saint-Pierre - En hausse

Lac des Deux Montagnes - À Sainte-Anne-de-Bellevue - En hausse

Lac des Deux Montages - À Terrasse-Vaudreuil - En hausse

Lac des Deux Montagnes - À Pointe-Calumet - En hausse

Lac des Deux Montagnes - À Sainte-Anne-de-Bellevue - En hausse

Lac Louise - À Weedon - En hausse

Nicolet Sud-Ouest - En amont de la chute Nicolet - En hausse

Rivière au Saumon - En amont du ruisseau McGill - En hausse

Rivière Bécancour - En amont de la rivière Palmer - En hausse

Rivière Bécancour - En aval du pont de l’autoroute 20 - En hausse

Rivière Bulstrode - En aval du Barrage Beaudet - En baisse

Rivière de la Petite Nation - En amont de Ripon - En hausse

Rivière des Milles Iles - À Bois-des-Filion - En hausse

Rivière des Mille Îles - À Deux-Montagnes - En baisse

Rivière des Outaouais - À Ottawa - En hausse

Rivière des Outaouais - À Hull - En hausse

Rivière du Chicot - Au nord de l’autoroute 640 - En baisse

Rivière du Diable - En amont du pont de la route 117 - En hausse

Rivière du Nord - À Saint-Jérôme - En hausse

Rivière du Nord - À Lachute - En hausse

Rivière Etchemin - À Saint-Henri-de-Lévis - En baisse

Rivière Nelson - Secteur Val-Bélair à Québec - En hausse

Rivière Noire - À Sainte-Émélie-de-l’Énergie - En baisse

Rivière Ouareau - À la tête des chutes Dorwin - En hausse

Rivière Picanoc - À Gracefield - En hausse

Rivière Rouge - En amont des chutes McNeil - En hausse

Rivière Saint-Charles - En amont de la Lorette - En hausse

Rivière Saint-François - À Sherbrooke - En hausse

Rivière Yamaska - À Saint-Hyacinthe - En hausse

Environnement

Des rivières sous haute surveillance dans Portneuf, à Lévis et en Beauce

Avec les fortes pluies, plusieurs rivières pourraient déborder dans la région au cours des prochains jours. Les municipalités au bord des rivières Beaurivage, Sainte-Anne et Chaudière sont à pied d’œuvre pour se préparer au pire.

À Saint-Étienne-de-Lauzon à Lévis comme à Saint-Raymond dans Portneuf, les citoyens ont été invités à se préparer et à prévoir un plan B pour se mettre à l’abri en cas de forte inondation.

Selon le chef de la division du Service de Sécurité Incendie de Lévis, Daniel Lavoie, les débordements pourraient survenir samedi ou dimanche. «Pour l’instant, c’est stable à la rivière Beaurivage. Le niveau d’eau a diminué dans les dernières heures, mais on anticipe avec la pluie une augmentation de l’eau», explique-t-il.

M. Lavoie assure que toutes les équipes sont mobilisées pour venir en aide aux citoyens. «On a établi des seuils, dès qu’il va y avoir un dépassement, on va prévenir les citoyens pour une évacuation préventive».

La sécurité publique surveille également la rivière Chaudière. Il y a quelques jours, Saint-Georges et Beauceville ont été inondées.

Limiter les dégâts

À Saint-Raymond, dans Portneuf, les citoyens doivent également s’attendre à vivre une fin de semaine difficile avec la rivière Sainte-Anne. Celle-ci est sous surveillance intensive, mais les autorités espèrent que le travail effectué ces dernières semaines avec la pelle mécanique va limiter les dégâts. 

«On a créé un chenal d’écoulement sur 2-3 km en aval pour rétablir le courant de glace. Pour l’instant, l’eau s’écoule bien, mais le niveau d’eau pourrait augmenter et la glace pourrait créer de nouveaux embâcles», a-t-il mentionné. 

En 2014, ces deux municipalités avaient vécu de fortes inondations à cause de la montée rapide des eaux.

Environnement

Éviter le superflu pour contenir le réchauffement climatique, suggère une experte

MONTRÉAL — Pour la planète, chaque degré Celsius de plus compte — et même chaque fraction de degré, soutient la climatologue française Valérie Masson-Delmotte. Et selon elle, contenir le réchauffement climatique est quasiment impossible sans une forme de «sobriété» dans la consommation, en particulier dans les pays riches.

Par sobriété, elle veut dire: vivre sans le superflu. Elle croit que les gens devraient réfléchir à leur niveau de consommation et sur cette «aspiration à toujours en vouloir plus».

Elle donne en exemple la possibilité d’adopter une alimentation qui permet d’être sobre en carbone, notamment en réduisant la quantité de viande que l’on mange, car cet élevage est responsable d’importantes émissions de gaz à effet de serre (GES).

Valérie Masson-Delmotte, qui est la coprésidente du groupe de travail sur les sciences du climat du GIEC (Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), un organisme des Nations unies, était de passage au Québec cette semaine. Elle était l’invitée de Polytechnique Montréal, dans le cadre d’une grande conférence intitulée «Changements climatiques: subir passivement ou réinventer nos sociétés?». Elle a rencontré quelques journalistes avant celle-ci.

Le GIEC a sonné l’alarme l’automne dernier avec son plus récent rapport qui tirait cette conclusion: sans revirement majeur, il sera impossible de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius. Les émissions de GES générées par l’homme ont déjà fait grimper la température mondiale de 1 degré depuis la Révolution industrielle. «Il est probable» que le réchauffement atteigne 1,5 degré Celsius entre 2030 et 2052, s’il garde son rythme actuel.

«Mais si on émet plus de GES, ce sera avant», prévient la scientifique.

Pour convaincre les gens et les États d’agir — rapidement — Mme Masson-Delmotte insiste sur la nécessité d’éduquer et d’informer. Elle parle de gestes concrets comme d’apposer des étiquettes sur les voitures, indiquant aux consommateurs leur quantité d’émissions de GES et leur consommation d’essence.

Elle se réjouit aussi de la prise de parole — de plus en plus grande — des scientifiques sur la place publique.

«Il y a cette question de la place de la science dans la société. On [les scientifiques] a un devoir de neutralité, une approche rigoureuse, objective, factuelle, puis en même temps, il y a aussi cette aspiration à accompagner cette transformation [...] en appui à la prise de décision. Une aspiration à avoir un rôle en termes de conseil scientifique et d’être utilisés comme des ressources.»

Mais «pas pour prendre les décisions à la place de la société, mais en appui à la vie démocratique», souligne la femme qui est aussi chercheure principale au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (LSCE).

Et que faire si les gouvernements font malgré tout la sourde oreille?

«Si on n’écoute pas le constat scientifique, si on ne s’appuie pas dessus pour la prise de décision, je suis vraiment très inquiète sur les progrès de nos sociétés», confie-t-elle.

Climatosceptiques

Mais malgré tous les efforts, les climatosceptiques sévissent toujours.

Pour la scientifique, ceux qui nient la réalité du changement climatique et ses effets ne sont pas les plus inquiétants. Elle redoute bien plus «l’indifférence et le fatalisme» des gens envers le sort de la planète.

Les climatosceptiques qui adoptent ce qu’elle considère une «attitude caricaturale» ne sont pas la majorité, dit la chercheure.

Elle craint plus les indifférents, ceux qui choisissent d’autres priorités et qui se concentrent sur le court terme, ainsi que les fatalistes: ceux qui croient que les humains sont tellement embourbés dans leurs habitudes de consommation et de vie «qu’il est impossible de tourner le volant».

Pourtant, «il y a un immense potentiel d’action dans tous les secteurs d’activités», juge-t-elle.

D’ailleurs, la climatologue rappelle que la moitié du dernier rapport du GIEC était dédiée aux solutions, comme l’efficacité énergétique et l’électrification des transports.

Si on veut contenir le réchauffement à 1,5 degré, ce n’est pas impossible, soutient-elle, mais ça demande des transitions «d’une ampleur et d’une vitesse et sans précédent historique».

Il faut revoir l’aménagement des villes, la gestion des terres, les grandes infrastructures, le tout assorti d’une baisse significative des émissions de GES. «Et si elle n’a pas lieu d’ici à 2030, cette petite fenêtre d’opportunité qui reste, elle sera fermée», dit-elle. On pourra voir des pertes irréversibles sur les écosystèmes, la biodiversité, la hausse du niveau des océans, la production d’aliments, parmi bien d’autres changements.

Nous ne sommes plus à l’étape de la discussion sur les dangers, dit la climatologue, mais à celle des solutions.

Pour les experts du GIEC, limiter la hausse à 1,5 degré passe par une réduction des émissions de CO2 de 45 % d’ici 2030 et la réalisation d’une «neutralité carbone» en 2050 — autrement dit, il faudra cesser de mettre dans l’atmosphère plus de CO2 qu’on ne peut en retirer.

Histoire d’être conséquente, Polytechnique Montréal dit avoir veillé à compenser les émissions de gaz à effet de serre liées au voyage en avion de la chercheure qu’elle a invitée.

Environnement

Inondations: le Québec sur le qui-vive [VIDÉO]

MONTRÉAL — La ministre de la Sécurité publique et vice-première ministre du Québec, Geneviève Guilbault, a demandé l’aide des Forces armées canadiennes afin d’assurer la sécurité des citoyens et de réduire l’impact des dégâts causés par les inondations attendues à travers la province.

«Ma seule priorité, c’est la sécurité des citoyens, a insisté la ministre qui a fait le point avec les médias, vendredi après-midi. Je ne ménagerai aucun effort au cours des prochains jours pour assurer la sécurité des citoyens.»

Mme Guilbault a confirmé avoir envoyé une demande formelle à son homologue fédéral, Ralph Goodale. Celui-ci avait lui-même annoncé sur Twitter qu’Ottawa porterait assistance à Québec.

Il n’a pas été précisé à quel endroit les militaires seront déployés, alors qu’on attend toujours de voir la réaction des cours d’eau aux précipitations prévues vendredi et samedi. La durée de la mobilisation des troupes va dépendre de l’évolution de la situation sur le terrain.

En début de soirée, le premier ministre Justin Trudeau a écrit sur Twitter, qu’il avait discuté de la situation avec M. Goodale et les premiers ministres François Legault et Blaine Higgs, du Nouveau-Brunswick. «Nous suivons activement les inondations dans les régions touchées et collaborons pour venir en aide aux résidents du Québec et du Nouveau-Brunswick.»

Selon la vice-première ministre, les premières inondations majeures pourraient survenir possiblement dimanche.

Le gouvernement a par ailleurs accordé une permission spéciale aux commerces de demeurer ouvert le dimanche de Pâques pour que les citoyens puissent se procurer le matériel dont ils ont besoin.

Geneviève Guilbault a également tenu à souligner «la conduite exemplaire des municipalités et des citoyens» qui se préparent en vue des inondations.

En fin d’après-midi, la mairesse de Montréal Valérie Plante se trouvait dans l’arrondissement Pierrefonds-Roxboro où elle a fait le point sur la préparation de la ville.

«On est prêt, a-t-elle lancé. On a appris de 2017. Ça fait au moins deux semaines qu’on prépare les digues, qu’on fait de la sensibilisation et du porte-à-porte.»

Environnement

Pesticides: coup de balai au CÉROM, le Centre de recherche sur les grains

Coup de balai au CÉROM, ce centre de recherche sur les grains éclaboussé depuis janvier par des allégations d’ingérence de l’industrie des pesticides.

Le président de l’organisme, Christian Overbeek, s’est retiré et les membres réunis en assemblée mercredi soir ont accepté toutes les recommandations d’un rapport qui vise à rétablir l’indépendance de sa gouverne, dans la foulée des révélations de l’agronome Louis Robert.

Le gouvernement avait rendu l’attribution de son financement conditionnel à cette réforme, a rappelé le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, en commission parlementaire jeudi consacrée à l’étude des crédits de son Ministère.

En entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, le directeur général du CÉROM, Pierre Fréchette, a indiqué que M. Overbeek avait choisi de son propre chef de se retirer mercredi soir, sans expliquer ses raisons. M. Overbeek est également président des Producteurs de grains du Québec et il avait proposé de démissionner en février, quand le CÉROM était en pleine tempête.

L’élection de son successeur aura lieu en juin et entre-temps une administratrice assume l’intérim, a précisé M. Fréchette.

Il a aussi confirmé que les recommandations du rapport confectionné par les HEC en vue de changer les règles de gouverne de l’organisme ont toutes été entérinées.

Ainsi, le conseil d’administration sera maintenant constitué en majorité d’administrateurs indépendants. La définition d’administrateur indépendant a été «enrichie», a tenu à souligner M. Fréchette.

Parmi les 29 recommandations du rapport acceptées mercredi, le président n’aura plus de vote prépondérant, un comité scientifique sera créé - avec un directeur scientifique - et la base des adhérents sera élargie, a énuméré M. Lamontagne.

Il a aussi affirmé que les représentants du CÉROM devront rencontrer les fonctionnaires du ministère aux trois mois, pour s’assurer du suivi des recommandations.

Rappelons que l’agronome Louis Robert a été congédié par le ministère de l’Agriculture en janvier pour avoir dénoncé publiquement les pressions de l’industrie des pesticides sur le CÉROM. Sa croisade a par la suite récolté de nombreux appuis.

Commission sur les pesticides

L’opposition officielle libérale a pour sa part accusé le ministre d’ingérence. M. Lamontagne a dit avoir suggéré une liste d’invités pour une commission parlementaire mandatée pour étudier les impacts des pesticides.

Or en vertu du principe de la séparation des pouvoirs, un ministre, membre du pouvoir exécutif, ne peut dicter à une commission, issue du pouvoir législatif, la marche de ses travaux.

La députée libérale Marie Montpetit a remis en question l’indépendance et la neutralité du président de la commission, le député caquiste de Masson, Mathieu Lemay.

«Ce n’est pas l’impression que (M. Lemay) dégage actuellement, a-t-elle dit dans une entrevue avec La Presse canadienne. C’est troublant c’est préoccupant. Je pense qu’il y a plusieurs situations survenues qui se trouvent à être éclaircies par les commentaires du ministre.»

Comités de suivi

Le Parti libéral (PLQ) reproche également au ministre son ignorance dans les enjeux liés aux pesticides. Des comités de suivi avaient été mis en place par le précédent gouvernement concernant notamment l’usage de cinq pesticides controversés, des néonicotinoïdes.

Mme Montpetit a questionné le ministre qui n’était pas au courant de l’existence de ces instances et de leurs travaux. «Le ministre s’en lave les mains, il n’est pas au courant et il n’est pas intéressé», même si des gens de son ministère y siègent, a-t-elle déploré.

«Un ministre qui n’a pas fait l’exercice de se préparer pour l’exercice de la commission parlementaire, cela en dit beaucoup sur sa gestion de son ministère.»

Environnement

Inondations: «évacuez, sortez de là!» [PHOTOS]

«Le message est très simple : évacuez, sortez de là!» C’est avec ces mots, qui auraient pu provenir de la bouche de plusieurs de ses homologues, que le maire de Rigaud, Hans Grunwald, a averti ses citoyens d’une crue importante et d’inondations probables à venir avec les pluies torrentielles attendues au cours des trois prochains jours.

Le maire Grunwald a cependant été clair : des sacs de sable sont disponibles, mais la Ville ne fera ni la livraison ni le remplissage.

«Les sacs de sable, à moins de savoir exactement la hauteur [de l’eau], ça ne donne rien parce qu’il manque toujours deux pouces. J’ai vu en 2017 des gens s’arracher le cœur à travailler 24 heures sur 24 pendant deux semaines pour réaliser qu’en dernier, il manquait deux pouces et [ils ont eu] les mêmes dommages que s’il n’y avait pas eu de sacs de sable», a-t-il dit.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, avait elle-même lancé un appel similaire à l’échelle provinciale un peu plus tôt, s’adressant aux citoyens des nombreuses régions à risque de voir Dame Nature se déchaîner au cours des prochaines heures.

«Le message que je veux passer aujourd’hui à tous les citoyens, à toutes les municipalités qui sont dans des zones à risque : ne prenez aucun risque inutile [...] collaborez avec les autorités si on vous demande de quitter votre résidence, si on vous demande de prendre des mesures préventives», a lancé la ministre lors d’une mêlée de presse jeudi matin à l’Assemblée nationale.

À Gatineau, ville durement éprouvée en 2017, le maire Maxime Pedneaud-Jobin a expliqué avoir agi très rapidement, car on n’y bénéficiera pas du luxe du temps, comme ce fut le cas il y a deux ans.

«En 2017 on avait eu plusieurs semaines pour se préparer parce qu’on avait eu un premier épisode et ensuite un deuxième. [...] Ce qu’on a vécu en quelques semaines, on pourrait être obligés de le vivre en quelques jours», a-t-il fait valoir.

La Ville a déjà commencé une distribution de sacs de sable, les centres de services d’urgence sont déjà prêts et les équipes déployées. On a même amorcé l’enrochement de certaines rues pour endiguer un éventuel débordement de la rivière des Outaouais.

Environnement

Beauceville craint le pire dans les prochains jours [VIDÉO]

BEAUCEVILLE — Une autre déferlante de la rivière Chaudière est attendue dans les prochains jours à Beauceville, après une inondation pourtant historique causée par un embâcle mardi.

«On a toute une réputation, les Beaucerons, pour se retrousser les manches, mais quand j’ai fait le tour des commerçants, ils sont essoufflés un peu, ils ont les larmes aux yeux», a déclaré le maire de Beauceville, François Veilleux, mercredi, en conférence de presse.

«On est découragés, on est tannés, on a hâte d’avoir de l’aide concrète et permanente.»

La Chaudière déborde

Environnement

Inondation à Beauceville: «Une des pires depuis longtemps» [VIDÉO + PHOTOS]

Tôt mardi matin, Michel Roy surveillait par sa fenêtre la rivière Chaudière lorsqu’il a vu l’embâcle se rompre. «On voyait les glaces descendre et là je me suis dit : “Ça n’ira pas bien”», raconte le citoyen de Beauceville.

Il était environ 6h quand l’amoncellement de glace qui s’était formé sur la rivière juste en amont du centre-ville s’est brisé. Aussitôt, le niveau de la rivière est monté et celle-ci est sortie de son lit.