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Environnement

Dominic Champagne fait la leçon aux parlementaires

«Je me dis : mais qu’est-ce qu’ils ne comprennent pas dans la gravité de la situation? Combien de feux en Australie ça va prendre? Va-tu falloir que ce feu-là pogne ici ou qu’on ait des inondations cataclysmiques pour se dire : “Ah oui, mon Dieu!”»

Que ceux qui pensent que les commissions parlementaires sont plates se ravisent! Dominic Champagne était de passage à l’Assemblée nationale du Québec, mercredi après-midi, pour la deuxième des quatre journées de consultations particulières et auditions publiques sur le projet de loi numéro 44 «visant principalement la gouvernance efficace de la lutte contre les changements climatiques et à favoriser l’électrification».

Le metteur en scène et militant écologiste multimillionnaire, c’est lui qui l’a dit au micro, a livré un vibrant plaidoyer pour sauver la planète, comparant la lutte contre les changements climatiques tantôt à la guerre contre Hitler et le nazisme, tantôt à la conquête de la Lune.

Il a aussi demandé au ministre de l’Environnement Benoit Charette d’enchâsser dans la loi les cibles de réduction de gaz à effet de serre (GES). Et pas les 37,5 % annoncés par la Coalition avenir Québec (CAQ) pour 2030. Il plaide pour la moitié, entre 45 et 55 %, prescrite par le GIEC.

«Tu ne t’en vas pas sur la Lune en arrêtant à mi-chemin. Tu prends les mesures pour te rendre sur la Lune», a-t-il affirmé durant sa présentation, louant la détermination d’un John F. Kennedy et de ses successeurs durant la décennie 1960.

Manque de courage

L’homme de théâtre n’a pas ménagé les effets de discours, allant jusqu’à interpeller le ministre Charette, alors que celui-ci consultait une conseillère. «Quand le ministre n’écoute pas, c’est-tu sur mon temps?» a-t-il lancé, lui dont le flot de paroles débordait souvent le temps qui lui était imparti.

Tellement qu’après plusieurs avis polis, le président de la commission, le député libéral Saul Polo, a éteint le micro de M. Champagne après ses 45 minutes allouées.

Sans cible précise de réduction des GES, le projet de loi de la CAQ manque de sérieux, estime M. Champagne. Manque de courage et de cohérence, aussi.

«Le projet de loi n’est pas à la hauteur de la gravité de la crise, mais il peut encore l’être. On est là pour en discuter», a dit celui qui a aussi déposé un mémoire d’une trentaine de pages contenant 16 recommandations.

«Le statu quo n’est pas une option! Je salue les efforts que vous avez faits, c’est bien, mais c’est loin d’être suffisant. Le statu quo ou un projet de loi qui ne serait pas à la hauteur, lui, serait mortifère. Le statu quo, c’est poursuivre la dégradation du monde dans lequel on vit», a-t-il poursuivi.

Le ministre a défendu son projet de loi, disant vouloir se montrer réaliste. Comment atteindre en 2030 des réductions des GES de 50 % par rapport à 1990, quand dans les 30 dernières années, soit de 1990 à 2020, le Québec n’a diminué ses GES que de 8,7 %? La cible de 37,5 %, donc 28,8 % dans la prochaine décennie, s’avère «déjà excessivement ambitieuse», calcule M. Charette.

«Fin de la civilisation»

Les deux hommes ont passé deux heures ensemble la semaine passée, rencontre qui ne devait durer que 45 minutes. Mais M. Champagne maintient que la seule façon d’y arriver est d’inscrire la cible dans la loi avec des règlements coercitifs. Comme les feux de circulation, les panneaux d’arrêt et les limites de vitesse réduisent les accidents de la route.

Celui qui a hébergé Greta Thunberg lors de son passage à Montréal, fin septembre, s’est même demandé s’il devait faire une grève de la faim pour convaincre du bien-fondé de sa cause.

Il continue par contre à s’en tenir aux mots et connaît aussi bien ceux des autres. «Une des sommités climatiques au monde, John Schellnhuber, nous dit que la différence entre 2 °C et 4 °C de réchauffement, savez-vous c’est quoi? Pis c’est pas une joke! C’est la fin de la civilisation humaine!» a clamé M. Champagne, comme une bombe. «C’est ça qui est en jeu! Alors, ne finassons pas, ne politicaillons pas. Portons des gestes courageux et pour ça, il faut se donner de vrais objectifs avec les vrais moyens. Il y a urgence.»

Affaires

Le coût de la honte du vol

Le suédois n'est peut-être pas la langue de prédilection du milieu de l'aviation, mais n'importe quel dirigeant de compagnie aérienne sait probablement ce que signifie l'expression «flygskam».

Flygskam — ou «honte de vol» en suédois — est une tendance environnementale qui met en évidence l'empreinte carbone du secteur aérien. Cette tendance en plein essor exerce une pression sur les transporteurs canadiens pour qu'ils réduisent les émissions de gaz à effet de serre tout en gérant le coût de la culpabilité de leurs passagers.

«Il semble qu'un bouton ait été tourné, souligne un expert du secteur aérien, Seth Kaplan. Pendant un certain temps, il y a eu cette reconnaissance très lente de l'urgence [de la situation], puis au cours de la dernière année, tout cela a vraiment été mis en lumière — aidé par Greta Thunberg.»

Le train à la place de l'avion

En se rendant à New York en yacht pour participer au sommet sur le climat aux Nations Unies, la jeune militante suédoise a attiré l'attention sur le rôle de l'aviation dans le réchauffement climatique, avec des conséquences pour les agences de voyages.

Le PDG de SAS, l'un des plus grands transporteurs scandinaves, a attribué la baisse du nombre de passagers en Suède au «flygskam». Pendant ce temps, le principal opérateur ferroviaire du pays, SJ, a déclaré avoir vendu 1,5 million de billets de plus en 2018 que l'année précédente.

D'autres pays européens connaissent le même phénomène. L'Allemagne a connu une baisse similaire des vols intérieurs en 2018, ainsi qu'une augmentation correspondante des voyages en train.

Compensation coûteuse

Pour lutter contre cette tendance, les compagnies aériennes se tournent vers la compensation carbone, où elles investissent dans des projets tels que les parcs éoliens et la plantation d'arbres pour compenser le dioxyde de carbone produit par les avions.

De telles mesures pourraient coûter des milliards de dollars aux compagnies aériennes, a mis en garde Citigroup dans une note de recherche publiée en octobre. Le conglomérat bancaire prévoit que la compensation carbone des vols en classe économique coûtera 3,8 milliards $ US par an d'ici cinq ans.

Les transporteurs pourraient absorber les dépenses ou les répercuter sur les consommateurs en augmentant le prix des billets au risque de dissuader les voyageurs de prendre l'avion, avait ajouté Citigroup.

Si les compagnies aériennes paient elles-mêmes la facture, «le coût de la compensation carbone de toute la consommation lié aux loisirs pourrait représenter jusqu'à 27 % des bénéfices des compagnies aériennes d'ici 2025», a écrit l'expert Mark Manduca.

La compensation pour les voyages d'affaires — que Citi définit comme des sièges en classe affaires — coûtera 2,4 milliards de $ supplémentaires, réduisant les bénéfices des compagnies aériennes de 17 %, selon le rapport.

Environnement

L'armée déployée pour venir en aide aux Terre-Neuviens après le blizzard [PHOTOS]

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Le gouvernement fédéral a déployé des unités de l’armée canadienne pour venir en aide aux Terre-Neuviens qui doivent se relever du passage d’un blizzard qui a paralysé sa capitale Saint-Jean et l’est de la province avec des quantités de neige record. Certains secteurs ont reçu plus de 70 centimètres de neige.

Le premier ministre Dwight Ball avait demandé l’aide d’Ottawa samedi. Le ministre fédéral des Ressources naturelles, Seamus O’Regan, a affirmé qu’Ottawa va déployer toutes les ressources possibles sur le terrain, particulièrement dans la région de Saint-Jean durement éprouvée.

Le ministre de la Défense nationale, Harjit Sajjan, a annoncé que de 150 à 200 militaires seront sur le terrain dès la fin de la journée dimanche afin de venir en aide aux régions affectées par la tempête. Ce nombre pourrait augmenter à 300 dans les prochains jours, a-t-il ajouté.

M. Sajjan a précisé qu’un deuxième hélicoptère Cormorant est en route. Deux avions Hercules et un ou deux hélicoptères Griffon vont également aider à la tâche.

La durée de la mission des troupes est encore incertaine. «Nous nous assurerons de donner tout le soutien dont la communauté a besoin et nous ne partirons pas tant que ce n’est pas fait», a affirmé le ministre Sajjan.

Sur son compte Twitter, Opérations des Forces armées canadiennes mentionnent que ses tâches prévues seront «d’aider au déneigement, d’assurer le transport des résidents vers les centres de réchauffement ou d’urgence et de veiller à ce que les personnes âgées et les personnes ayant des problèmes de santé soient prises en charge».

«Nous sommes aux côtés des Canadiens en cas de besoin. Votre communauté est aussi notre communauté», ajoute-t-on.

À LIRE AUSSI : Le déploiement lors de désastres naturels pourrait nuire à la formation militaire, prévient l’armée canadienne

Environnement

Des secteurs de Terre-Neuve ont reçu plus de 70 centimètres de neige [PHOTOS]

SAINT-JEAN, T.-N.-L. — Environnement Canada a mis fin samedi matin à l'avertissement de blizzard lancé pour la région de Saint-Jean, sur l'île de Terre-Neuve, mais la population n'est pas encore au bout de ses peines.

L’état d’urgence demeurait en vigueur. Par ailleurs, des avertissements de tempête ont été lancés pour d’autres régions de l’est de Terre-Neuve, notamment la péninsule de Bonavista, Bonavista North et la baie des Exploits.

Des chutes de neige intenses ont immobilisé vendredi Saint-Jean et plusieurs autres localités de la province. Les précipitations ont dépassé les 70 centimètres de neige dans certains secteurs.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, a officiellement demandé une demande d’assistance au gouvernement fédéral. Il a notamment demandé le déploiement de troupes militaires.

Le gouvernement fédéral a accepté la demande de la province. En fin d’après-midi, le premier ministre Justin Trudeau a indiqué sur Twitter que «l’aide est en route.»

«Les ministres Bill Blair, Harjit Sajjan et Seamus ORegan travaillent avec le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador pour s’assurer que les gens de T.-N.-L. reçoivent le soutien dont ils ont besoin. Nous nous en sortirons ensemble», a-t-il écrit.

Environnement

Inondations de 2019 en Beauce: le moral aussi a bu la tasse

Julie Cliche est directrice générale de Vallée-Jonction, municipalité frappée par les inondations du printemps 2019. Vendredi, elle nous a appelés ; elle voulait parler du ressac qui secoue encore les sinistrés.

Cette semaine, Mme Cliche a lu dans Le Soleil le bilan provisoire de l’événement météo qui a particulièrement déstabilisé la Beauce. Elle corrobore le triste constat : les centaines de maisons démolies ou en voie de l’être, dont 22 dans son village ; les chèques d’aide gouvernementale totalisant 100 millions $ dans sa seule région, témoignages de l’ampleur du drame ; les sinistrés qui s’exilent pour refaire leur vie ailleurs…

À LIRE AUSSI: Inondations du printemps 2019 en Beauce: des centaines de maisons démolies

En appelant Le Soleil, Julie Cliche ne voulait toutefois pas seulement confirmer que les stigmates des inondations du printemps défigurent la Beauce.

Mme Cliche voulait aussi parler de l’invisible, de l’intangible douleur. Des âmes en peine. Et de l’abandon ressenti face à l’État québécois.

«Émotivement, c’est difficile»

Quand les flots ont submergé les berges, quand la Chaudière s’est acharnée sur les riverains, le moral de plusieurs a bu la tasse, observe-t-elle, d’une voix douce. «Émotivement, c’est difficile […] Ça bouge plein de choses, c’est vraiment quelque chose.»

Julie Cliche évoque les visites des sinistrés à la mairie pour vendre leur propriété après la démolition de leur maison, après avoir reçu le chèque d’indemnisation gouvernemental. «Encore hier, on a signé une cession de terrain à 1$, parce que c’est la municipalité qui ramasse les terrains à 1$...»

Que lui disent-ils ? «Ils ne dorment pas, ils sont victimes d’insomnie. Ils consultent tous des psychologues. Je leur demande à chaque fois. Tout le monde consulte […] C’est bien beau de recevoir la compensation financière, mais quand tu as tout perdu…»

Plus grosse en 100 ans

Le moral collectif a également été brassé, selon elle. «Les contemporains, on n’a pas vécu la grosse [inondation] de 1917. Ça faisait 100 ans qu’on n’en avait pas eu une grosse. Ça fait que tous les gens qui sont vivants n’avaient jamais vu ça cette hauteur d’eau là. Je pense que tout le monde a subi un choc.»

Et il y a les lots vides, où trônaient jadis des demeures, pour rappeler sans cesse les tragédies. «Il y a plein de trous dans le village. C’est démoralisant, tout le monde est dépassé par les événements. Sur la rue principale, entre autres — c’est quand même notre petit centre-ville —, il y des gros trous.»

Des bâtiments vénérables n’ont pas pu être rescapés. D’autres sont toujours debout, quoique déjà condamnés. «Le vieux bureau de poste que tout le monde a connu, qui était là depuis les débuts ; après ça, le moulin à scie qui est plus vieux que le village ; la maison Chabot qui était juste à côté de la gare… Il y a beaucoup de patrimoine dans ça.»

Le récit de Mme Cliche bifurque ensuite vers le rail. Elle raconte, l’importance du chemin de fer dans l’histoire de Vallée-­Jonction. Elle raconte le tourment des citoyens quand la rivière a gonflé : le ministère des Transports avait stationné des wagons remplis de pierres sur le vieux pont ferroviaire pour qu’il résiste. «L’eau a passé par-dessus. Il grinçait, c’était sinistre, entendre ça. On était certain qu’il partait.» 

Il a finalement tenu le coup. «Mais là, il est tout défait et il y a encore plein de troncs d’arbre coincés dedans.»

Inondable ou pas?

Plusieurs vivent, en outre, dans l’incertitude, déplore la gestionnaire municipale. Le gouvernement a dessiné une Zone d’intervention spéciale (ZIS) sur les cartes. En attendant un plan gouvernemental final, les résidents de cette zone jugée à risque d’inondation ne peuvent pas faire de grands travaux sur leur maison. «La ZIS, ça a été fait par on sait pas qui, mais ce sont des gens qui n’ont jamais mis les pieds ici. On a eu beau les inviter à venir, à voir que leur ligne n’était pas correcte, que ça incluait des maisons qui n’avaient jamais été inondées, ils n’ont jamais bougé de leurs bureaux, ils ne sont jamais venus sur place. […] C’est quelque chose. Ils ne nous ont pas demandé notre avis ; nous on le sait jusqu’où l’eau monte. Mais non, ils nous ont imposé cette zone-là.» 

Une maison dans la ZIS perd de la valeur, même si elle n’a pas été envahie par la Chaudière, regrette-t-elle. 

Le citoyen perd. La mairie perd des taxes. 

La suite?

Julie Cliche évoque maintenant l’avenir : «On essaie de penser au printemps, comment on va réaménager les terrains, pour ne pas les laisser comme ça. Pour essayer de remonter le moral de tout le monde.»

«Aménager des parcs, mettre des bancs, des fleurs… On ne sait pas trop comment on va gérer ça, mais on veut utiliser ça positivement, essayer d’enlever ces trous-là. Pour pas que chacun déprime chaque fois qu’il les voit.»

Et il faut fourbir les armes en prévision de la prochaine crue printanière. «On essaie de rester positifs en se disant que c’est une centenaire, qu’on n’en reverra pas de notre vivant… mais ça regarde mal encore.» La municipalité vient de recevoir des nouvelles inquiétantes au sujet du couvert de glace sur la rivière.


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Environnement

De l’amiante à l’usine d’eau potable de Sainte-Foy

C’est un paquet de soucis d’enlever de l’amiante dans un bâtiment «ordinaire». Imaginez quand il faut retirer le contaminant de l’usine de traitement de l’eau potable du secteur Sainte-Foy.

Depuis quelques années, la Ville retape cette installation qui purifie l’eau avant de l’envoyer dans l’aqueduc municipal. De 2018 au printemps 2020, un débours de 41,4 millions $ avait été annoncé pour la rénover. 

En plus, dans son plus récent Plan d’investissement quinquennal, la mairie prévoit décaisser 25,6 millions $ d’ici 2024 afin de «maintenir la fiabilité des équipements» de l’usine construite il y a «plus de 40 ans». Aussi pour s’assurer qu’elle sera en mesure de prendre le relais si celle de Québec connait des ratés.

Et sur la longue liste de besognes à abattre, figure l’enlèvement de l’amiante. 

«Des travaux de réfection et de mise aux normes sont en cours à l’usine de traitement d’eau potable de Sainte-Foy», expose la conseillère en communication Wendy Whittom. «Nous profitons du contexte de ces travaux pour faire retirer l’amiante qui servait principalement d’isolant au bâtiment.»

Risques?

Est-ce que l’eau bue par les Québécois pourrait être souillée durant le chantier? Mme Whittom se fait rassurante : «Il n’y a pas de lien entre ces travaux et le traitement de l’eau en soi, et d’aucune façon l’eau n’a été ou ne sera en contact avec de l’amiante. Il n’y a aucun risque de contamination, ni des lieux, ni de l’air. Les travaux seront effectués par des spécialistes qui respectent les procédures particulières à suivre lors de travaux en présence d’amiante.»

Le contrat de 50 000 $ a été octroyé à une entreprise de Sherbrooke, Décontamination I.G.R.

Au fait, dans son site Web, la mairie de la capitale présente une statistique intéressante : «Chaque année, la Ville traite environ 92 millions de mètres cubes d’eau pour la rendre potable. C’est l’équivalent de deux fois le contenu du Colisée de Québec!»

Environnement

Inondations du printemps 2019 en Beauce: des centaines de maisons démolies

Des centaines de maisons rasées; presque 100 millions $ d’indemnités versées par l’État; le cœur de certains villages devenu terrain vague; des habitants qui s’exilent… Le bilan n’est que provisoire, mais les stigmates des inondations du printemps 2019 marquent déjà la Beauce.

C’est à Sainte-Marie que la bombe météo a frappé la plus durement. «Il y a 212 maisons qui ont été démolies» , compte le maire Gaétan Vachon en entrevue avec Le Soleil. Ce n’est pas fini; les mâchoires des pelles mécaniques ont été muselées pour l’hiver. Mais l’élu annonce déjà plus d’une centaine d’autres abattages dès que le beau temps se pointera. Total : 316.

Sainte-Marie va changer

À peu près la moitié des sinistrés dont le foyer a été détruit sont restés dans la municipalité, ont pu se reloger, évalue-t-il à vue de nez. Il y aura donc des habitants en moins.

Puis, il faudra un projet pour aménager tous les terrains abandonnés que la Ville rachète une fois les gravats ramassés. «Il va falloir être patient» , prévient cependant l’élu. Les trous dans le centre historique ne seront embellis qu’une fois les démolisseurs rassasiés. «On va essayer de faire un parc qu’on n’aura pas à refaire à chaque inondation… La rivière Chaudière va toujours revenir.» 

Scott

Sainte-Marie a été durement blessée. Mais elle n’est pas la seule.

Poursuivons notre tournée. Au téléphone, Ghislain Jacques, inspecteur en bâtiments et en environnement à la mairie de Scott. «On a beaucoup de propriétés qui ont été touchées : 285. C’est un petit peu plus que le quart de la population.» 

«Jusqu’à maintenant, il y a 67 démolitions.»  Et il reçoit de nouvelles demandes quasi quotidiennement en ce début d’année. 

L’impact est majeur : «C’est tout notre cœur, notre ancien noyau du village, qui se fait démolir», regrette-t-il. «La grande majorité des terrains vont devenir vacants.» 

Lui-même sinistré, M. Jacques a acquis une nouvelle maison dans la municipalité de 2400 âmes. Il voit cependant plusieurs anciens voisins s’éloigner : «J’ai réussi à me trouver une demeure hors des zones inondables. Mais il y en a qui sont obligés de s’exiler. La majorité va dans les villages aux alentours.» 

Saint-Joseph-de-Beauce

Arrêtons-nous maintenant à Saint-Joseph-de-Beauce. Ici, 21 permis ont été délivrés pour la pulvérisation d’habitations. «C’est sûr qu’il va y en avoir d’autres… la question c’est de savoir combien», observe le directeur de l’urbanisme, Hugo Coulombe. 

Notre interlocuteur s’inquiète particulièrement pour les bâtiments centenaires dont quelques-uns étaient visités durant le circuit historico-touristique municipal. «On va y avoir goûté en 2019 avec les inondations.» 

Vallée-Jonction

Prochaine étape de notre survol beauceron : Vallée-Jonction. Nouveau lieu, même blessure. «Il y a eu des démolitions et il va y en avoir d’autres» , laisse tomber le maire Réal Bisson. Il entrevoit, pour l’instant, l’anéantissement d’une vingtaine de constructions. «Vingt maisons sur un peu moins de 2000 de population, c’est énorme.» 

Ici aussi, le paysage sera remodelé. «Ça change l’aspect du village. C’est un choc.» 

M. Bisson fait remarquer que les municipalités perdent des revenus, perdent des citoyens. Mais que plusieurs Beaucerons perdent aussi beaucoup, même lorsque leur logis reste debout. Le gouvernement ayant révisé ses cartes de zones inondables, plusieurs citoyens voient la valeur de leur principale possession fondre considérablement puisqu’ils se retrouvent dans des quartiers maintenant considérés à risque. 

Le maire affirme avoir interpellé le gouvernement supérieur pour réclamer des modifications, sans succès. «Il y a des affaires ahurissantes là-dedans.» 

Notre-Dame-des-Pins

Toutes les villes riveraines, tous les villages riverains, n’ont toutefois pas été mutilés quand la Chaudière est sortie de son lit.

Dominique Lamarre est directrice générale à Notre-Dame-des-Pins, 1700 habitants. «On a délivré un seul permis de démolition à la suite des inondations. […] Pour les inondations printanières, c’est pas mal rentré dans l’ordre.» 

Katia Le Gall est inspectrice en bâtiments à Saint-Bernard : «Officiellement, on n’est pas vraiment touché. […] Quelques personnes ont eu de l’eau dans le sous-sol.» 

Payer les erreurs du passé

Quoique les cicatrices soient nombreuses sur le territoire de la Beauce, le maire de Sainte-Marie, Gaétan Vachon, encaisse le coup. Et se fait même un peu philosophe. De nombreuses maisons sont certes tombées sous le pic des démolisseurs, dit-il. «Mais est-ce qu’on avait vraiment le choix?» Plutôt que de décaisser à chaque inondation pour aider les sinistrés, plutôt que «d’investir dans le vide», il était sans doute opportun de relocaliser les citoyens, songe-t-il. «C’est des choses qui, peut-être, auraient dû être entamées il y a des années et des années…» 

À LIRE AUSSI: Appel à sauver le cœur de Sainte-Marie

Environnement

Cure minceur pour vos vidanges

Québec impose une cure d’amaigrissement à vos vidanges. D’ici 2023, le gouvernement Legault vise à alléger la quantité moyenne de matières résiduelles éliminées par habitant de près d’un cinquième, soit environ 18 %.

Les résolutions du Nouvel An de vouloir perdre du poids fondent souvent comme du beurre dans une poêle chaude.

Mais chargé de son plan stratégique 2019-2023 publié en toute fin d’année, le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques du Québec se montre déterminé à réduire sur quatre ans de 700 à 575 kilogrammes par habitant par année (kg/hab/an) la quantité de matières résiduelles éliminées.

Ce régime minceur ne convoite pas uniquement vos poubelles que vous traînez au bord du chemin chaque semaine. Il concerne l’ensemble des déchets de toutes provenances au Québec qui ne sont pas recyclés, récupérés ou revalorisés d’une façon ou d’une autre.

La moyenne de 697 kg/hab/an consignée en 2018, par exemple, inclut les matières éliminées de source résidentielle, mais aussi les industries, commerces et institutions, les résidus de construction, rénovation et démolition (CRD), ainsi que les boues des usines d’épuration municipales. Ces boues représentent 487 000 des 5,85 millions de tonnes (t) éliminées à travers la province en 2018, soit 8,3 %.

Le ministère se fixe comme objectifs de se maintenir autour de 700 kg/hab/an pour la première année de mise en application du plan, soit 2019-2020, avant de prendre de plus grosses bouchées et de retrancher 25 kg/hab/an dès 2020-21, puis encore davantage avec 50 kg/hab/an pour 2021-2022 et pour 2022-2023. Cela permettrait d’atteindre 575 kg/hab/an au bout de quatre ans.

Dans un intervalle de quatre ans, on cible donc une perte de poids de 17,9 %. La même proportion a pourtant engraissé de 1,8 % au cours des quatre années précédentes, passant de 685 kg/hab/an, en 2015, à 697 kg/hab/an, en 2018.

Comme la population du Québec s’accroît chaque année, une réduction du ratio par habitant ne signifie pas automatiquement une diminution de la quantité totale de matières résiduelles éliminées.

Baisse de 2008 à 2015

«Le Plan d’action 2011-2015 de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles avait pour objectif de ramener à 700 kg/hab la quantité de matières éliminées d’ici 2015 et cet objectif avait alors été dépassé avec 685 kg/hab en 2015», explique la porte-parole du ministère, Raphaëlle Savard-Moisan. Un amincissement de 192 kg/hab en sept ans, soit 21,9 % de moins.

«Le Bilan 2018 produit par Recyc-Québec dévoile maintenant une quantité éliminée de 697 kg/hab en 2018. Plusieurs facteurs peuvent avoir contribué à cette augmentation [de 2015 à 2018], dont les défis actuels du secteur du recyclage accentués par la fermeture des marchés asiatiques et ceux des résidus de CRD, qui peinent à trouver des débouchés pour certaines matières. L’activité économique croissante, les aléas naturels et climatiques, tels que les inondations qui ont frappé le Québec, et bien d’autres» raisons peuvent avoir pesé, avance Mme Savard-Moisan.

Pour recommencer à faire bouger l’aiguille de la balance vers le bas, le gouvernement de la Coalition avenir Québec a annoncé dans son budget de 2019-2020 un investissement de 100 millions $ sur cinq ans pour améliorer la gestion des matières résiduelles.

L’obligation des fabricants d’électroménagers de récupérer leurs vieux appareils à compter du 5 décembre prochain, l’instauration en 2022 d’un système de consigne pour les bouteilles d’eau en plastique et les bouteilles de vin, ainsi que l’élaboration d’une stratégie de la valorisation de la matière organique, qui compose 60 % des 5,8 Mt de matières éliminées en 2018, font partie des principales mesures adoptées.

Déjà sous 600 kg/hab

Chez les municipalités, à qui revient la gestion d’une bonne part des déchets, la Ville de Québec se retrouve déjà sous la barre des 600 kg/hab/an, donc quelque 15 % de moins que la moyenne provinciale.

Après des années à 586 et à 565 kg/hab/an, en 2015 et en 2016, un soubresaut de 809 kg/hab/an en 2017 constitue une anomalie statistique «gonflée par une grande quantité de sols contaminés qui a été enfouie hors territoire en 2017 en lien avec d’importants chantiers de construction», assure le porte-parole de la ville, David O’Brien.

Ce qui lui permet de dire que même si la moyenne de matières éliminées par les citoyens de Québec en 2018 ne sera publiée par le ministère qu’en février prochain, «nous anticipons toutefois, selon nos données internes, que nous serons de nouveau sous la barre des 600 kg/hab».

Même qu’avec l’objectif de voir 82 % des matières résiduelles produites sur son territoire valorisées en 2028, contre 55 % en 2017, la Ville de Québec se voit «atteindre un taux d’élimination par habitant sous les 350 kg/an», clame M. O’Brien.

La future usine de biométhanisation, qui doit ouvrir dans le quartier Limoilou en 2022, participera à cette cure minceur en détournant de l’élimination les résidus alimentaires et les boues municipales, qui surpassent ensemble la centaine de kilos éliminés par habitant par année.

Du côté de Lévis, il a été impossible d’obtenir les mêmes données dans un délai raisonnable.

Environnement

Des chercheurs ontariens croient avoir trouvé une façon de recycler les pneus

TORONTO — Des scientifiques de Hamilton soutiennent qu'ils ont trouvé un moyen de dissoudre le caoutchouc utilisé dans les pneus, ce qui pourrait éventuellement permettre d'éviter d'envoyer au dépotoir ces pièces automobiles à usage pour ainsi dire unique.

Dans une étude publiée lundi, des chercheurs de l'Université McMaster, en Ontario, affirment que leur méthode pourrait réduire les risques pour l'environnement et la santé publique liés aux montagnes de pneus usés.

Environnement

Une vraie tempête frappe Québec [PHOTOS]

Cette fois, ce n’était pas une fausse alerte. Plus de 15 cm de neige, fortes rafales, pannes d’électricité, routes fermées… On a bien eu la tempête qui était annoncée à Québec.

En ce qui concerne les accidents, la Sûreté du Québec (SQ) juge toutefois que la situation était «pire» samedi dans la région, le verglas reçu à Québec avait causé plusieurs dizaines de sorties de route, plus de 30, avancent même les porte-parole. 

D’autres accidents mineurs se sont ajoutés à la liste pendant la nuit de samedi et toute la journée dimanche. Toutefois, aucun cas grave n’a été déclaré, les blessés demeurent mineurs, ce sont davantage les voitures qui ont subi les dommages.

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Si les interventions de la SQ étaient moins nombreuses dimanche, le ministère des Transports, lui, était très occupé. Plusieurs routes ont été fermées à la circulation et plusieurs endroits étaient à éviter, notamment en raison de la visibilité quasi nulle. La chaussée se retrouvait enneigée à plusieurs endroits. Plusieurs secteurs de la région ont reçu jusqu’à 25 cm de neige. 

Dans Chaudière-Appalaches, la circulation a dû être interrompue sur l’autoroute 20 entre Lévis et Montmagny, ainsi que sur la route 132 (à partir de la route Lallemand), la route 281 (de Saint-Michel à Saint-Raphaël) et la route 218 (de Saint-Henri à Saint-Charles-de-Bellechasse).

Pour la Capitale-Nationale, ce sont la route de Fossambault, le boulevard Champlain et le boulevard Sainte-Anne qui représentaient un danger, selon le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ). Près du fleuve, les vents soufflaient fort et amenaient avec eux de la poudrerie.

Les agents suggéraient simplement de rester à la maison si les déplacements n’étaient pas essentiels. Une portion de l’autoroute Dufferin-Montmorency était aussi fermée pendant une bonne partie de la journée. 

La route 138 entre Beaupré et Baie-Sainte-Catherine était interdite aux poids lourds, de même que la route 381 entre Saint-Urbain et Ferland-et-Boilleau. Lorsque cette consigne est en vigueur, les conditions routières sont particulièrement difficiles. 

Les rafales ont atteint une vitesse de 90 km/h. La circulation sur le pont de l’Île-d’Orléans s’est d’ailleurs réalisée par convoi toute la journée. 

Plusieurs vols se sont vus retardés et les traversiers ont été ralentis, notamment à Tadoussac où les départs se faisaient toutes les 40 minutes. Dans Charlevoix, le service de traversier qui amène les citoyens vers L’Isle-aux-Coudres a été interrompu, de même que celui entre Rivière-du-Loup et Saint-Siméon

Environnement

Météo: dure fin de semaine en vue

La tempête de cette fin de semaine s’annonce costaude pour la région de Québec. Un mélange de pluie et de neige, en plus de quelques rafales, devrait rendre difficiles les conditions routières, la prudence est de mise.

Un bulletin météorologique spécial est en vigueur pour les secteurs de Québec, Bellechasse, Côte-de-Beaupré et l’île d’Orléans, Lévis, Lotbinière, Portneuf, Saint-Lambert et Valcartier-Stoneham.

«Un important système dépressionnaire affectera le Québec samedi et dimanche», mentionne Environnement Canada.

La neige devrait tomber dès samedi pour les régions de l’ouest et du nord de la province. Pour les régions du centre, elles devront d’abord goûter à la pluie. Dimanche, ces précipitations se changeront en neige ou en grésil sur l’ensemble des secteurs.

Avec ce cocktail météo, on pourra s’attendre à la fameuse pluie verglaçante, qui rendra glissante la chaussée, les trottoirs et les stationnements. Des rafales soufflant de 60 à 80 km/h pourront aussi causer de la poudrerie à divers endroits, ce qui nuira à la visibilité sur les routes.

Des quantités significatives de neige sont attendues. La trajectoire de cette tempête demeurant incertaine, l’accumulation prévue peut varier.

Les conditions routières pourront devenir très difficiles à compter de samedi soir. Environnement Canada suggère aux automobilistes de prévoir leurs déplacements en conséquence. Le temps plus calme sera de retour mardi.

Prévention et surveillance

Le ministère des Transports a rappelé qu’il assurera les opérations d’entretien requises afin de limiter les conséquences des conditions hivernales sur les déplacements.

Des équipes seront déployées dans chaque secteur du réseau routier afin d’appliquer les produits fondants ou abrasifs nécessaires. Les opérations d’entretien du réseau routier seront adaptées en fonction de la nature et de l’intensité des précipitations.

Par ailleurs, une surveillance accrue du réseau routier sera effectuée par les équipes du Ministère et par les services d’urgence. Les citoyens sont invités à signaler toute situation inhabituelle sur le réseau routier.

La Ville prête à intervenir

L’ensemble du réseau routier de la Ville de Québec a été dégagé de la neige reçue dans les derniers jours. Une vérification sera effectuée vendredi afin d’assurer l’écoulement de la pluie à venir, indique le Service des communications de la Ville.

Au moment où les précipitations se changeront en neige, le service de déneigement pourra commencer, ainsi que la sécurisation des chaussées et des trottoirs par l’épandage de fondants et d’abrasifs. La Ville informe aussi que l’opération d’enlèvement de la neige aura lieu une fois que les précipitations seront terminées.

«Pour pouvoir souffler la neige, il est important que toutes les rues aient été déblayées et que la neige ait été tassée sur le côté de la chaussée avant le passage de la souffleuse. Ainsi, selon les prévisions météorologiques actuelles, l’opération d’enlèvement de la neige pour cette tempête aurait lieu le lundi 13 janvier. D’ici là, le déblaiement des rues et trottoirs sera effectué en continu tout au long des précipitations», précise-t-on.

La Ville rappelle qu’il faudra éviter de stationner son véhicule dans les rues, pour ne pas nuire au travail des déneigeurs. Jusqu’à 1700 personnes sont mobilisées pour une opération déneigement, et environ 1300 véhicules sont utilisés.

+

EN RAPPEL POUR QUÉBEC: 

Avant et pendant une tempête

Déblaiement des rues et des trottoirs. La neige est poussée sur les côtés pour faciliter la circulation. Les équipes se concentrent d’abord sur les côtes et les artères principales et, pour des raisons de sécurité, sur les zones à proximité des hôpitaux et des écoles. Ensuite, les rues secondaires et les trottoirs sont déblayés.

Après une bordée de plus de 10 cm
Déclenchement d’une opération déneigement. La neige est transportée ou soufflée. Le stationnement dans les rues est alors interdit.

Environnement

Avertissement de verglas dans plusieurs régions du Québec

MONTRÉAL - Environnement Canada a publié tard mercredi soir un bulletin météorologique spécial annonçant des accumulations significatives de verglas samedi et dimanche prochains dans plusieurs régions de l’ouest et du sud du Québec.

Parmi les régions visées figurent l’ensemble de l’Estrie et des Bois-Francs, la majeure partie de la Montérégie, de même que celles de Montréal, Laval, Gatineau, Pontiac, Saint-Jérôme, Sainte-Agathe-des-Monts, Joliette, Sorel-Tracy et Drummondville.

Environnement Canada prévoit que les précipitations débuteront samedi sous forme de pluie avant de se changer en pluie verglaçante en soirée. Les quantités de verglas pourraient être significatives et rendre les surfaces comme les routes, les rues et les trottoirs glissantes et dangereuses.

De plus, les météorologues prévoient de fortes rafales de vent soufflant de 60 à 70 kilomètres à l’heure dimanche, ce qui pourrait avoir un impact sur les structures alourdies par des accumulations de glace, comme les branches d’arbres et les fils électriques.

Environnement Canada précise qu’il reste de l’incertitude sur la trajectoire de ce système dépressionnaire, ce qui pourrait influencer les quantités totales de pluie et de verglas.

Environnement

2019 au deuxième rang des années les plus chaudes sur la planète

PARIS - 2019 a été la deuxième année la plus chaude jamais enregistrée, concluant la décennie la plus chaude, a annoncé mercredi le service européen Copernicus sur le changement climatique.

L’année écoulée se classe deuxième, à seulement 0,04°C derrière 2016, qui reste l’année la plus chaude, mais marquée par un épisode El Niño particulièrement intense, courant saisonnier équatorial chaud du Pacifique.

Selon la NASA, en 2016, cet El Niño exceptionnel avait augmenté la température mondiale de 0,2°C.

Les cinq années les plus chaudes ont toutes eu lieu ces cinq dernières années, où le mercure est monté entre 1,1 et 1,2°C au-dessus de la température de l’ère préindustrielle, a précisé Copernicus dans un communiqué.

La décennie 2010-2019 a également été la plus chaude depuis le début des mesures.

En 2019, la température a atteint 0,6°C de plus que la moyenne de la période 1981-2010.

«2019 a encore été une année exceptionnellement chaude, en fait la deuxième la plus chaude dans le monde selon nos bases de données, avec de nombreux mois qui ont battu des records», a commenté Carlo Buontempo du service européen Copernicus pour le changement climatique.

L’Europe a-t-elle enregistré en l’an dernier sa température la plus élevée, juste devant 2014, 2015 et 2018.

Le service confirme également que les concentrations de CO2 dans l’atmosphère ont continué à augmenter en 2019.

Environnement

Catastrophes naturelles: la facture d’Ottawa ne cesse d’augmenter

OTTAWA — Le gouvernement fédéral a déboursé en moyenne 430 millions $ par an au cours des trois dernières années pour faire face aux catastrophes naturelles, indiquent des statistiques du ministère fédéral de la Sécurité publique.

La facture a été de 485,8 millions $ en 2016-2017, 494,9 millions $ en 2017-2018 et 309,5 mil­lions $ en 2018-2019.

Le coût des catastrophes naturelles pour le gouvernement fédéral a considérablement augmenté au cours des dernières années. Dans les cinq années précédentes, la facture annuelle moyenne était de 360 millions $, ce qui représentait le triple des coûts moyens des cinq années qui les ont précédées.

Le programme fédéral aide les provinces lorsque les coûts de catastrophes majeures comme les inondations et les incendies de forêt dépassent un montant prédéterminé en fonction de la population d’une province.

Environ 5,4 milliards $ ont été distribués par l’entremise de ce programme depuis sa création en 1970. Et près du quart de cette somme, soit 1,3 milliard $, a été déboursée au cours des trois dernières années.

Inondations

Les inondations printanières et les pluies torrentielles ont représenté 80 % des événements météorologiques qui se sont qualifiés pour un financement fédéral au cours des trois dernières années. La plupart des autres événements étaient des incendies de forêt.

Les gouvernements provinciaux ont six mois pour demander un financement dans le cadre du programme d’aide financière en cas de catastrophe, mais cela peut prendre des années avant que les sommes ne soient versées. Deux épisodes d’orages destructeurs en Saskatchewan en juin 2012 n’ont pas obtenu l’approbation définitive pour l’aide au financement avant quatre ans, soit en juin 2016.

D’autres réponses surviennent en quelques mois, comme dans le cas des incendies de forêt en Colombie-Britannique à l’été 2017, avec l’approbation d’un paiement d’aide de 175 millions $ avant la fin de la même année.

Le printemps dernier, Environnement et Changement climatique Canada a publié un rapport sur les changements climatiques au Canada qui souligne que la température au Canada se réchauffe deux fois plus vite que la moyenne mondiale.

Le rapport a indiqué qu’un climat plus chaud intensifierait certains extrêmes météorologiques à l’avenir, et que cela augmenterait la gravité des vagues de chaleur et contribuerait à accroître les risques de sécheresse et d’incendies de forêt.

Risque climatique

En décembre, le groupe de pression politique européen Germanwatch a publié son indice de risque climatique annuel, classant le Canada au neuvième rang des pays les plus touchés par le changement climatique en 2018.

Les auteurs de ce rapport disent que les Canadiens devraient voir ce classement «comme un avertissement qu’ils courent le risque d’événements fréquents ou de catastrophes rares, mais extraordinaires».

Le rapport souligne:

 — L’été le plus chaud jamais enregistré au Canada atlantique;

—  Le troisième plus chaud dans certaines parties du sud de l’Ontario et du Québec, y compris une vague de chaleur au Québec qui a tué 93 personnes;

—  La pire saison d’incendies de forêt jamais survenue en Colombie-Britannique, qui a frappé après les inondations printanières importantes dans cette province qui ont forcé 4000 personnes à quitter leur domicile.

— Au total, 103 décès et près de 3 milliards $ de pertes totales ont été attribués aux conditions météorologiques extrêmes au Canada en 2018. 

— Le Bureau d’assurance du Canada a déclaré 1,9 milliard $ de pertes assurées en raison des conditions météorologiques en 2018.

— La facture d’Ottawa pour les catastrophes s’alourdit encore plus si l’on tient compte du financement de la Croix-Rouge canadienne pour aider en cas d’urgence, et les dépenses des militaires qui viennent en appui aux sinistrés.

Environnement

Conditions météorologiques plus difficiles dans la région de Québec

MONTRÉAL - Les précipitations qui s’abattent sur le Québec depuis plus de 24 heures nuisent aux conditions de circulation, mais bien que les chaussées soient presque toutes enneigées, la visibilité est généralement bonne, mardi matin.

Les conditions sont toutefois plus difficiles sur l’autoroute 40 dans la région de Québec, de même que sur l’autoroute 55 dans la région de Magog.

C’est le cas pour les autoroutes 10 en Montérégie et dans les Cantons-de-l’Est, 15 dans les Laurentides, 20 de la frontière de l’Ontario jusqu’au Bas-Saint-Laurent, 40 dans Lanaudière et en Mauricie et 73 au sud de Québec. Il en est de même pour la route 116 dans les Bois-Francs et 117 en Abitibi-Témiscamingue.

Dans l’est du Québec, les routes 132 et 138 sont enneigées, mais elles offrent une bonne visibilité.

Environnement Canada ne prévoit plus qu’une chute de 2 à 4 centimètres de neige, mardi, pour les régions de Montréal, Saguenay et de Sherbrooke, et de 5 centimètres à Joliette, Trois-Rivières, Victoriaville, Rivière-du-Loup et Rimouski.

À Québec, de 5 à 10 autres centimètres de neige devraient toutefois tomber et les rafales de vent soufflant jusqu’à 60 kilomètres à l’heure provoqueront de la poudrerie. Des conditions semblables séviront à Saint-Georges et plus tard en journée à Sept-Îles; à Sainte-Anne-des-Monts et Gaspé, 15 centimètres sont attendus, surtout tard en soirée et dans la nuit de mercredi.

En Outaouais et en Abitibi-Témiscamingue, les chutes de neige sont presque terminées.

Environnement

La technologie canadienne pour aspirer le CO2 de l’atmosphère séduit

Quelque part dans l’ouest du Texas, au coeur d’un des champs pétrolifères les plus productifs du continent, une entreprise canadienne construit une usine qui, elle l’espère, finira par aspirer de l’air un million de tonnes de carbone pompé hors du sol tout autour.

L’usine révolutionnaire de Carbon Engineering est l’un des nombreux projets qui espèrent contribuer à la lutte contre le changement climatique en transformant son principal moteur - le dioxyde de carbone - pour une utilisation à d’autres fins utiles.

Des responsables dans des laboratoires et des salles de conférence du monde entier commencent à se rendre compte qu’il faut faire plus que réduire les émissions pour que le monde reste viable. De grandes quantités de carbone déjà présentes dans l’atmosphère devront être éliminées.

Un article publié en 2017 dans la revue scientifique «Nature Climate Change» a calculé que pour stabiliser le changement climatique à deux degrés Celsius, de 120 milliards à 160 milliards de tonnes de CO2 devront être aspirées de l’air et stockées sous terre. Cela s’ajoute aux réductions d’émissions prévues dans l’accord de Paris.

De telles actions coûteraient beaucoup d’argent. C’est pourquoi des entreprises telles que Carbon Engineering sont si importantes, explique l’économiste spécialisé en énergie Mark Jaccard. L’utilisation du CO2 pour fabriquer des produits commercialisables doit contribuer à financer la mise à niveau massive de la technologie pour éliminer le CO2 et l’injecter de manière permanente dans le sous-sol.

«On doit trouver un produit que l’on pourra fabriquer jusqu’à ce que l’humanité soit prête à l’utiliser pour sa véritable raison d’être, qui est de capturer et d’enterrer le carbone», a déclaré M. Jaccard, de l’Université Simon Fraser.

Carbon Engineering extrait déjà du CO2 de l’air et le transforme en carburant dans son usine pilote de Squamish, en Colombie-Britannique. À Halifax, CarbonCure Technologies injecte du CO2 dans le béton.

De nombreuses entreprises injectent déjà du CO2 dans le sol pour forcer plus de pétrole à la surface - une mesure qui, si elle est bien réalisée, peut constituer une activité carboneutre. D’autres entreprises utilisent le gaz pour créer des produits chimiques utiles, des nanotubes de carbone ou des plastiques.

«Il y a un certain nombre de technologies que nous essayons de faire progresser», a indiqué Wes Jickling, de la Canadian Oilsands Innovation Alliance. Le groupe participe à la gestion du Carbon XPrize, un prix de 20 millions $ pour la meilleure conversion de CO2 en un produit commercialisable.

Le marché de ces produits est estimé à 1000 milliards $ par année.

La question est de savoir si cela est suffisant pour stimuler l’innovation et la construction assez rapidement pour commencer à réduire le CO2 atmosphérique avant que le réchauffement ne dépasse 1,5 degré Celsius. Ce niveau risque d’être atteint dans un peu plus d’une décennie, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat des Nations unies.

La technologie d’enfouissement du carbone, connue sous le nom de séquestration, est bien connue et est utilisée sur des sites à grande échelle en Alberta et en Saskatchewan. Mais en 2018, la British Royal Society a constaté que le rythme de construction de telles installations devait être accéléré d’au moins 100 fois pour atteindre l’objectif climatique de l’ONU.

La fabrication de produits à partir de CO2 crée également ce qui est connu dans les cercles climatiques comme l’«alibi moral». Si nous pouvons aspirer le gaz de l’air, pourquoi s’embêter à en émettre moins?

Nous ne pouvons pas compter sur une solution miracle pour nous sauver, fait valoir Jason Switzer, directeur de l’Alberta Clean Technology Industry Alliance.

«Il ne fait aucun doute que nous ne pouvons pas différer les choix difficiles», a-t-il souligné.

Le monde doit émettre beaucoup moins de carbone et en retirer une grande partie déjà présente dans l’atmosphère, a martelé M. Jaccard. Construire une industrie basée sur l’élimination du CO2 dans l’air est le meilleur moyen de développer des moyens peu coûteux et efficaces de le faire.

«Les gens doivent trouver les moyens d’obtenir suffisamment de soutien pour ces technologies dont ils savent que nous allons avoir besoin», a-t-il souligné.

Environnement

La météo force l’annulation de dizaines de vols à l’aéroport de Montréal

MONTRÉAL — Une cinquantaine de vols ont été annulés à l’aéroport Montréal-Trudeau, lundi, en raison de la tempête de neige, de la pluie verglaçante ou de la faible visibilité dans le Nord-Est américain.

La porte-parole de l’administration aéroportuaire, Marie-Claude Desgagnés, relève également «un certain ralentissement» des opérations en raison du dégivrage des appareils.

En avant-midi, le site Web de l’aéroport international international Pierre-Elliott-Trudeau, à Dorval, indiquait que les principales destinations touchées sont Toronto, Ottawa, Québec, New York, Boston, Halifax, Edmonton et Vancouver.

À l’aéroport international Jean-Lesage de Québec, seulement quatre vols étaient identifiés comme annulés tôt en matinée.

Des accumulations totales de neige de 15 à 25 centimètres étaient attendues entre lundi après-midi et mardi soir, notamment à Montréal, dans les Laurentides, en Estrie et dans la région de Québec, selon Environnement Canada.

L’agence note également que des vents modérés se mêleront à la fête et pourraient provoquer de la poudrerie et réduire la visibilité par moments.

Des précipitations formées de grésil ou de pluie verglaçante ont commencé à tomber en matinée dans la région d’Ottawa et près de la frontière américaine au Québec.

«Il y a de l’air froid en surface et il y a de l’air chaud au-dessus, donc ça peut faire fondre les flocons qui tombent, mais ça regèle avant de toucher le sol ou ça gèle au sol pour faire de la glace», a expliqué Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada.

Ce mélange de précipitations devait durer une partie de la matinée et possiblement en après-midi.

De la neige tombera par la suite. L’essentiel de la tempête était attendu lundi. Les précipitations devraient se faire plus discrètes mardi.

Dans l’est du Québec, des accumulations importantes sont attendues mardi et mercredi.

Environnement

De la neige pour le Nouvel An

Le jour de l’An sera blanc à Québec. Plusieurs régions de la province recevront des accumulations de plus de 15 centimètres de neige.

Environnement Canada prévoit une «intense dépression» qui atteindra le territoire de Québec mardi soir. Elle apportera de la neige et de la poudrerie sur le centre et l’est de la province.

Pour la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, les secteurs de Québec, Bellechasse, Côte-de-Beaupré-L’Île d’Orléans, Lévis, Lotbinière, Portneuf, Saint-Lambert et Valcartier-Stoneham seront touchés. Les quantités de neige prévues pourront encore changer, puisque la trajectoire de ce système pourrait encore évoluer. Certains endroits pourraient recevoir jusqu’à 25 centimètres de neige.

Les accumulations de neige pourront même atteindre 30 centimètres sur la pointe de la Gaspésie, région où cette tempête frappera le plus fort.  

Environnement Canada rappelle que ces conditions hivernales pourront rendre difficiles les conditions routières. Il faudra devancer ou retarder les déplacements non essentiels, la prudence sera de mise. 

Les vents se lèveront lundi, ils pourront atteindre 30 km/h avec des rafales jusqu’à 50 km/h. Un refroidissement éolien de -18 est attendu. Le temps se réchauffera pour mardi, avec un minimum de -1 degré Celsius prévu dans la journée et -4 en soirée.

Environnement

L’arbre de Noël peut profiter à d’autres espèces si on le dépose dans la cour

MONTRÉAL — Plutôt que d’envoyer son arbre de Noël au dépotoir ou à la déchiqueteuse, Conservation de la nature Canada (CNC) suggère de le déposer simplement dans son arrière-cour pour en faire profiter les espèces qui nous entourent.

Dan Kraus, biologiste principal à l’organisme sans but lucratif CNC, souligne que l’arbre pourrait notamment servir d’abri pour les oiseaux pendant les mois d’hiver, en particulier lors des nuits froides et des tempêtes.

Il suggère de le poser près d’un autre arbre, contre une clôture ou simplement à même le sol dans son jardin.

Pour les plus imaginatifs, CNC propose de le transformer «en une mangeoire ornée de cônes de pin recouverts de beurre d’arachides, de guirlandes d’arachides et de suif».

Une fois qu’il aura perdu la plupart de ses aiguilles, il sera possible de couper les branches pour les disposer là où pousseront les fleurs printanières, et de déposer le tronc ailleurs, à même le sol.

Selon Dan Kraus, l’été venu, l’arbre deviendra un habitat naturel, protégera les fleurs sauvages, retiendra l’humidité et contribuera à enrichir le sol, comme le font les branches et arbres morts dans la forêt.

Des insectes, dont des pollinisateurs comme l’abeille charpentière, pourront s’y creuser un abri.

«À l’automne, les branches et le tronc de votre arbre commenceront à retourner à la terre. Bon nombre de nos arbres de Noël, en particulier les épinettes et sapins baumiers, sont très peu résistants à la pourriture et se dégradent rapidement lorsqu’ils sont exposés aux éléments. Plus les branches coupées et le tronc sont en contact avec le sol, plus vite ils se décomposeront», souligne M. Kraus dans le communiqué publié par l’organisme.

Environnement

Pluie verglaçante à venir pour Québec: attention sur les routes!

Un épisode de pluie verglaçante pourrait compliquer les déplacements dans les prochains jours. Environnement Canada met en garde les citoyens de plusieurs régions du Québec.

Un changement de température important et les millimètres de pluie attendus pourront rendre les routes glissantes vendredi. Environnement Canada prévoit de 2 à 5 millimètres de verglas selon les secteurs.

Les précipitations débuteront en matinée et toucheront les régions de Québec, Bellechasse, Côte-de-Beaupré–Île d’Orléans, Lévis, Lotbinière, Portneuf, Saint-Lambert et Valcartier-Stoneham. 

Ce ne sont pas que les routes qui se retrouveront glacées, les citoyens devront aussi faire preuve de prudence dans les stationnements et sur les trottoirs. «Un avertissement de pluie verglaçante est émis lorsque de la pluie tombe pendant que les températures sont inférieures à zéro, ce qui occasionnera des accumulations de verglas», précise-t-on sur le site d’Environnement Canada.

Cette pluie verglaçante s’est d’abord abattue sur l’Abitibi jeudi matin, pour ensuite se diriger vers Montréal, la Montérégie, et les Basses-Laurentides plus tard en soirée et pendant la nuit. Elle poursuit donc son chemin vers Québec, pour tomber sur le Saguenay vendredi après-midi. 

Jeudi, le mercure affichait -7 degrés Celsius à Québec, alors qu’on annonce -1 vendredi. 

Précautions

Avant de prendre la route, il est conseillé de consulter le 5-1-1 (www.quebec511.info) pour de l’information sur l’état de la chaussée et des avertissements en vigueur. 

«Le pare-brise et les vitres du véhicule doivent être libres de matières pouvant nuire à la visibilité du conducteur. Un agent de la paix peut remettre au conducteur une amende de 100 $ à 200 $ plus les frais et exiger le nettoyage ou le dégagement des vitres et du pare-brise lorsqu’une matière nuit à la visibilité du conducteur», rappelle aussi la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ). Une pluie verglaçante pourra laisser une couche de glace sur les vitres d’auto. 

Il faudra aussi retirer cette couche de glace du toit de la voiture, elle pourrait se détacher et représenter un danger pour les usagers de la route.

Environnement

Des aventuriers repentis pour le climat

BANFF — L’aventurier professionnel Greg Hill skiait au Pakistan il y a cinq ans lorsqu’il a été emporté par une avalanche et s’est cassé une jambe. Pendant sa convalescence, il a réfléchi à l’héritage qu’il aurait laissé s’il était mort.

M. Hill avait gravi des centaines de montagnes, skié sur les plus hauts sommets du monde et documenté bon nombre de ses aventures au Canada, en Amérique du Sud, en Norvège et au Pakistan.

«C’était génial — j’encourageais les gens à aller plus loin, raconte M. Hill en entrevue. Mais j’étais un aventurier égoïste de 30 ans. Tout tournait autour de mes exploits et de ce que j’étais capable d’accomplir.»

Maintenant dans la quarantaine et devenu père de famille à Revel­stoke, en Colombie-Britannique, M. Hill voulait faire «quelque chose qui peut être appris et adopté par d’autres pour améliorer le monde».

Il fait partie d’un nombre croissant de Canadiens adeptes des sports de montagne — dont le célèbre skieur alpin Erik Guay, l’alpiniste sur glace et parapentiste Will Gadd et la médaillée d’or en ski cross Ashleigh McIvor — qui ont décidé de mettre leur célébrité au service de l’environnement.

Ils sont tous des ambassadeurs de Protect Our Winters Canada, une organisation à but non lucratif établie à Waterloo, en Ontario, qui tente d’inciter les gouvernements à agir contre les changements climatiques.

«Notre objectif global est d’unir et d’organiser la communauté du plein air, explique Dave Erb, directeur général du groupe. En tant que personnes qui aiment passer du temps dans la nature et se divertir dans la nature, cela devrait vraiment nous obliger à participer à la lutte pour la sauver et la protéger. Si nous ne le faisons pas, qui le fera?»

«Nous sommes ceux qui voient les changements, mais qui ont également un lien profond avec ces paysages et ces lieux magiques.»

M. Erb souligne que les ambassadeurs du groupe peuvent influencer la façon dont les autres voient les changements climatiques, mais qu’ils agissent eux-mêmes de façon contradictoire.

«Ils aiment explorer et vivre ce mode de vie basé sur l’aventure, mais ils savent aussi que leur empreinte carbone est grande», reconnaît-il.

Greg Hill a déjà réfléchi à cette contradiction.

«Cela a toujours été dans le fond de mon esprit, l’hypocrisie de ma situation — la façon dont j’aimais et j’appréciais la nature, d’un côté, et de l’autre, la façon dont je contribuais à la détruire.»

Le recul des glaciers

M. Hill affirme avoir lui-même constaté les effets des changements climatiques, notamment le recul du glacier Illecillewaet dans le parc national des Glaciers en Colombie-Britannique.

«Chaque année, cela va de plus en plus loin, explique-t-il. Il y avait autrefois ce renflement impressionnant pour y accéder et maintenant, il a reculé de 100 mètres. Il est si loin par rapport à avant, mais tout cela se passe en silence.»

«Si ça faisait du bruit et ça criait, peut-être qu’on ferait quelque chose», illustre-t-il.

En 2017, M. Hill a décidé de prendre tous les moyens à sa disposition pour réduire son impact sur l’environnement.

Il a abandonné le guidage en héliski, vendu son camion diesel et loué une voiture électrique pour le mener vers ses aventures. Avec un autre athlète, Chris Rubens, ils ont décidé d’aller skier sur autant de montagnes que possible sans brûler de combustibles fossiles.

Ils ont documenté leurs aventures dans un film intitulé Electric Greg, présenté en novembre au Festival du film de montagne de Banff.

En plus des changements constatés dans les montagnes où il skie, M. Hill a également remarqué des changements là où il vit. Les étés sont de plus en plus enfumés en Colombie-Britannique en raison des incendies de forêt, dont la science montre qu’ils deviennent plus fréquents et extrêmes en raison des changements climatiques.

M. Hill a également changé d’autres habitudes de vie en adoptant les sacs réutilisables, le végétarisme en semaine et les produits locaux autant que possible.

La transition n’est pas parfaite, mais il pense que ces changements peuvent attirer l’attention et inciter d’autres personnes à réfléchir à ce qu’elles peuvent faire à leur échelle.

«Il y avait un peu de scepticisme au départ parce que j’étais censé être un athlète globe-trotter, affirme M. Hill. En fin de compte, si votre histoire est pertinente et réelle, elle touche les gens et, heureusement, les histoires environnementales sont très importantes en ce moment.»

«La mienne a beaucoup de sens et elle trouve écho chez beaucoup de gens.»

Environnement

Les inondations printanières, l’événement climatique de 2019 au Québec

MONTRÉAL - Les inondations majeures du printemps 2019 auront été l’événement météorologique de l’année au Québec, tant en raison de leur ampleur que de la durée de leurs effets qui se font toujours sentir pour de nombreux sinistrés.

Une combinaison catastrophique de pluies abondantes survenues à la suite d’un hiver neigeux et de températures froides qui avaient maintenu le couvert de neige intact jusque-là a forcé l’évacuation de milliers de personnes à travers plusieurs régions du Québec. Les crues ont été assez fortes pour forcer l’évacuation, en avril, de la municipalité de Grenville-sur-la-Rouge alors que l’on a craint que le barrage de la chute Bell ne cède. L’événement a atteint son apogée lorsqu’une digue a cédé le 27 avril à Sainte-Marthe-sur-le-Lac, forçant l’évacuation d’urgence de centaines de résidants d’un quartier au complet. En marge de ce bilan, le Bureau d’assurance du Canada (BAC) rapporte des réclamations totalisant 185 millions $ en ce qui a trait aux dommages assurables.

En tout, pas moins de 310 municipalités ont été touchées par les inondations, et ce, dans toutes les régions administratives du Québec. Bien que le ministère de la Sécurité publique n’ait pu réaliser de bilan global en raison de données éparpillées dans toutes ces municipalités, La Presse canadienne dressait au 30 avril la compilation suivante, alors que l’événement n’était pas encore terminé: 9070 résidences et 273 commerces inondés, plus de 12 000 citoyens évacués, 82 glissements de terrain et 760 routes touchées (inondées, encerclées ou affectées par la crue des eaux). Les données qu’a pu compiler la Sécurité civile font tout de même état de 7500 demandes de réclamation, plus de 211 millions $ versés aux sinistrés en date du 9 décembre, avec plus de 86 % des particuliers ayant reçu au moins un premier versement de Québec. La moitié des dossiers sont fermés pour l’ensemble du Québec.

Quelques régions touchées venaient pourtant à peine de se relever d’un important épisode de verglas qui s’était abattu au début d’avril sur les régions de Laval, Laurentides et Lanaudière, laissant 20 millimètres de glace sur son passage - dépression qui avait également déposé de 15 à 25 centimètres de neige entre l’Abitibi et la Beauce. La perturbation avait privé quelque 310 000 clients d’Hydro-Québec d’électricité, certains durant 72 heures.

La tempête «des Halloween»

Cependant, la palme toutes catégories en termes de pannes d’électricité revient au deuxième événement climatologique de l’année, soit la fameuse tempête «des Halloween», ainsi surnommée parce que la menace de pluie intense et de vents violents avait amené plusieurs municipalités - mais pas toutes - à reporter la traditionnelle cueillette de friandises des enfants costumés au lendemain, 1er novembre.

Le puissant front froid déverse entre 40 et 60 millimètres d’eau sur presque tout le Québec, précipitations qui atteindront de 80 à 110 millimètres et qui feront déborder des rivières en Estrie et en Chaudière-Appalaches. Ce sont toutefois les vents violents avec des rafales dépassant les 100 km/h qui marqueront le plus les deux journées puisqu’ils seront à l’origine de pannes de courant affectant tout près d’un million de clients d’Hydro-Québec, soit la plus importante panne depuis le grand verglas de 1998. Le BAC rapportera des dommages assurables de 250 millions $ dans l’est du Canada, dont 189 millions $ au Québec seulement.

Un Québec blanc comme neige

Bien que la neige soit un phénomène auquel les Québécois sont habitués, cela ne l’empêche pas de créer des situations complexes lorsqu’elle arrive en quantité industrielle. Le 13 février, entre 25 et 40 centimètres de poudre blanche s’abattent sur le Québec avec des vents forts causant de la poudrerie. Écoles et routes seront d’ailleurs fermées pour la journée à travers le sud, le centre et l’est de la province et de nombreux vols sont retardés ou annulés alors que Postes Canada suspend la livraison pour des raisons de sécurité. Un peu plus tôt, soit du 20 au 22 janvier, plusieurs régions avaient été ensevelies par une bordée de 20 à 50 centimètres lors d’une tempête dont la caractéristique était d’être accompagnée de températures exceptionnellement froides, causant un blizzard et des carambolages multiples.

Aucun répit n’était en vue pour l’hiver suivant, dans lequel nous sommes présentement, puisque la bordée de 15 à 25 centimètres de neige tombée le jour du Souvenir représente un événement très hâtif qui a pris de court de nombreux automobilistes dont les voitures n’étaient pas encore munies de pneus d’hiver. L’arrivée précoce de cette importante quantité de neige ne constitue toutefois pas un record en soi, mais survient environ un mois d’avance pour Montréal et trois semaines pour Québec. Par contre, l’air froid qui accompagne cette dépression battera plusieurs records au Québec, autant des minimums que des maximums froids quotidiens.

Tornades

Le Québec était venu bien près de connaître sa première tornade le 2 juin, lorsque deux d’entre elles se sont approchées de la province dans la région de la capitale fédérale, dont une qui a causé d’importants dégâts dans le quartier Orléans, à Ottawa, mais la première tornade à dévaster le Québec fut celle du 11 juillet, provoquée par une ligne d’orages violents s’étendant sur Chibougamau et Toronto. Une tornade de catégorie EF1 (échelle de Fujita améliorée, vents de 138 à 178 kilomètres à l’heure) s’est alors formée dans la région de Lanaudière, pour parcourir environ 3 kilomètres, endommageant plusieurs bâtiments, des arbres et un site de camping. Plusieurs autres endroits au Québec ont reçu des quantités de pluie importantes ou de fortes rafales d’orages affectant des arbres et des poteaux électriques. Jusqu’à 100 000 personnes ont subi des pannes de courant.

Puis, le 30 juillet, une deuxième tornade EF1 venait encore souffler un terrain de camping, cette fois à Lac-aux-Sables, en Mauricie, faisant trois blessés légers et des dommages. Elle sera suivie d’une troisième de même intensité le 21 août près de Mont-Laurier qui causera uniquement des dommages matériels. Enfin, les vents se sont littéralement déchaînés le 4 septembre dans la petite municipalité beauceronne de Sainte-Rose-de-Waterford, théâtre d’une tornade EF2 (vents de 179 à 218 kilomètres à l’heure), faisant heureusement des dégâts limités en termes de bâtiments, mais les producteurs acéricoles du secteur ont encaissé de lourds dommages avec quelque 20 000 érables couchés par le vent et perdus.

Environnement

Une contamination «historique» revient hanter le chantier Davie

Le chantier maritime Davie, sur la rive-sud de Québec, a dû enlever plus de 14 tonnes de «matières résiduelles» en bordure du fleuve et devra procéder à des travaux supplémentaires dans les prochains mois, a appris Le Soleil. Il s’agirait selon toute vraisemblance de déchets remontant à une autre époque, où les règles environnementales n’étaient pas ce qu’elles sont de nos jours, et qui auraient refait surface récemment.

«Évidemment, il y a une présence historique de contaminants parce que ça fait 200 ans que le chantier existe. En ce qui concerne l’incident en question, on attend la permission de l’Environnement pour faire d’autres travaux de réhabilitation de la berge», dit Frédérik Boisvert, v-p aux affaires publiques chez Chantier Davie.

Nombreux déchets

Alerté par un citoyen, Le Soleil avait pu constater sur place la présence de nombreux déchets dans la zone intertidale, du côté est du chantier. De nombreuses pièces de métal et de caoutchouc jonchaient le sol; certaines semblaient très vieilles, d’autres moins. Et un peu partout, des «coulées» de ce qui semblait être un mélange de boue et de poudre de fer étaient figées dur — souvent recouvertes d’algues en surface, sous lesquelles se trouvait une couche de couleur orangée, puis une autre d’un noir métallique à l’intérieur.

Le ministère provincial de l’Environnement a remis un constat de «non conformité» au chantier à l’automne 2018. Depuis, a indiqué son porte-parole Frédéric Fournier lors d’un échange de courriels, «11,27 tonnes métriques de matières résiduelles [béton, brique, asphalte, caoutchouc, etc.] et 2,48 tonnes métriques de métaux ferreux ont été ramassées».

Selon M. Boisvert, il est à peu près impossible que la pollution soit récente puisqu’il n’y a plus de construction navale qui se fait dans ce secteur du chantier depuis longtemps, «mais on a un leg de contaminants historiques qu’on doit gérer». L’endroit en question a servi à la construction des corvettes (petits navires de guerre rapides) de la marine canadienne pendant la Deuxième Guerre, dit M. Boisvert.

D’autres travaux sont à venir au cours de l’été. Le sol contaminé devra être retiré avant que la berge puisse être «réhabilitée».

Environnement

Fin de la vente de bouteilles en plastique: d’autres cégeps emboîtent le pas

Le Cégep Garneau ne vendra plus de bouteilles d’eau dès janvier 2020. Avec le Cégep Limoilou, il emboîte ainsi le pas à d’autres institutions et confirme une tendance dans les établissements d’enseignement de la région de Québec.

À la rentrée, les étudiants trouveront un îlot de distribution d’eau dans la cafétéria. Celui-ci leur permettra de remplir en tout temps leurs gourdes et autres contenants réutilisables. Une nouvelle initiative pour «valoriser la consommation d’eau potable». 

«On a rendu l’eau potable plus accessible à toute la communauté de Garneau en ajoutant des fontaines, distributrices d’eau. Mais dès la rentrée en janvier, on dit bye bye aux bouteilles d’eau», a déclaré au Soleil Hélène Aubin, coordonnatrice aux communications au Cégep Garneau.

Concernant les bouteilles pour les autres boissons, Mme Aubin a expliqué que Garneau n’était pas au même stade que le Cégep Limoilou, mais que le but éventuellement serait de bannir ce type de produits embouteillés.

«On ne veut pas remplacer l’eau par des jus sucrés, mais les machines distributrices vont disparaître petit à petit, explique-t-elle. Mais pour les remplacer, on mise davantage sur des fontaines de jus naturels, ça, c’est le plan à moyen terme.»

Hélène Aubin a déclaré que cette nouvelle mesure permettra d’éliminer la vente de 25 000 à 30 000 bouteilles par année. 

Sainte-Foy aussi

Alors que Garneau et Limoilou cesseront la vente d’eau embouteillée dès janvier, le Cégep de Sainte-Foy a fait un premier pas en les abolissant dès la rentrée à l’automne.

«À l’automne 2019, nous avons cessé la vente des bouteilles d’eau de plastique. C’est une décision qui avait été prise en 2017 pour nous laisser le temps d’ajouter des points d’eau pour remplir les gourdes et donner le temps à notre fournisseur alimentaire de se préparer à ce virage», a expliqué Geneviève Bastien, conseillère en communication au Cégep de Sainte-Foy.

Elle a également confirmé que dès 2020, des discussions seront entamées concernant les contenants de plastique pour les autres types de boissons.

Ce genre d’initiative environnementale va de pair, selon elle, avec la mission du cégep de former les futurs citoyens préoccupés par le sort de la planète.

Pour sa part, le Cégep de Lévis-Lauzon a déclaré avoir cessé la vente de bouteilles d’eau en plastique le 1er octobre dernier. Le campus collégial a mis sur place un bureau du développement durable pour mettre en place ses prochaines orientations écologiques.

Quant à l’Université Laval, elle a officiellement cessé la vente de bouteilles d’eau l’automne dernier. «L’Université poursuit la réflexion avec les exploitants alimentaires pour diminuer encore davantage l’utilisation de l’ensemble des boissons en bouteille de plastique à usage unique, notamment en augmentant l’offre de breuvage en fontaine et en analysant les différentes alternatives», a commenté Simon La Terreur-Picard, conseiller aux relations médias de l’Université Laval.

À l’écoute des étudiants

Pour beaucoup d’établissements scolaires de la région, cette volonté de retirer peu à peu des bouteilles de plastique est venue des étudiants.

«On a travaillé en collaboration avec les associations étudiantes pour ce projet. Les désirs environnementaux des étudiants s’inscrivent dans notre démarche institutionnelle éco-environnementale», raconte Mme Aubin.

Même mentalité au Cégep de Sainte-Foy, où Geneviève Bastien affirme que la volonté des étudiants avait joué un rôle important dans l’établissement de cette nouvelle politique d’abolition des bouteilles d’eau en plastique. 

Environnement

Un «premier bébé de l’année» chez les baleines noires de l’Atlantique

HALIFAX - Un organisme international de conservation a annoncé mercredi la naissance du «premier bébé de l’année» chez les baleines noires de l’Atlantique Nord.

Oceana soutient que le baleineau est né lundi au large des côtes de la Georgie, près de l’île de Sapelo, aux États-Unis. Il s’agirait du premier baleineau né lors de l’actuelle saison de mise bas pour ces mammifères marins.

L’organisme estime qu’il s’agit aussi d’une première naissance pour la mère, qui n’est connue que sous son numéro de registre, «3560».

Cette naissance est considérée comme importante au sein du mouvement de conservation des océans, car la baleine noire de l’Atlantique Nord demeure une espèce en danger critique d’extinction.

Il ne reste qu’environ 400 baleines noires de l’Atlantique Nord sur la planète, dont moins de 100 femelles reproductrices.

Depuis 2017, au moins 29 baleines noires de l’Atlantique Nord sont mortes dans les eaux américaines et canadiennes, la plupart d’entre elles enchevêtrées dans des engins de pêche ou heurtées par des navires.

Environnement

GES: cible ratée pour 2020

Pour une troisième année de suite, les émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec ont encore grimpé. La cible de réduction pour 2020 sera donc ratée, constate le ministre, qui met la faute sur le gouvernement précédent.

La hausse pour 2017, car ces statistiques arrivent toujours deux ans plus tard, est de 0,2 % par rapport à 2016. Donc très faible. À peine 130 kilotonnes (130 000) en équivalent CO2 sur les 78 635 kt (78 635 000) produits à la grandeur de la province.

Par contre, quand l’on considère que le but est de réduire les émissions de GES pour tenter de sauver la planète, ce n’est rien pour se réjouir. Encore moins quand on réalise que le Québec est bien loin de sa cible fixée à 20 % de réduction par rapport aux émissions de 1990, qui s’établissaient à 86 102 kt.

La baisse globale est de 8,7 % par rapport à 1990. Seulement 1,3 % de diminution cumulée de 2013 à 2017, avec des hausses en 2015 (0,3 %), en 2016 (0,04 %) et en 2017 (0,2 %).

«On l’avait dit il y a un an en arrivant au pouvoir, et on se l’était fait reprocher, mais les chiffres le confirment aujourd’hui. Le rendez-vous de 2020 est raté», a confirmé le ministre de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques, Benoit Charette, mercredi, avant le dernier conseil des ministres de l’année pour le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ).

«Raté par l’inaction des libéraux», enchaîne du même souffle le ministre, rappelant vivre encore sous le joug du plan d’action du Parti libéral. «Clairement, c’est le bulletin des libéraux. Nous, notre bulletin sera en 2030 avec le nouveau plan d’action 2020-2030 que je vais déposer en début d’année prochaine.»

M. Charette parle de l’autre cible de réduction des émissions de GES de 37,5 % pour 2030. Reste que le bilan de la CAQ viendra bien avant, mais quand même pas avant la fin de 2022 pour la première année de son plan d’action, soit 2020. Et comme le hasard fait mal, ou bien, les choses, les chiffres sortiront après la prochaine élection générale.

Pas question de revoir à la hausse l’objectif de 37,5 % de diminution pour 2030, comme l’ont demandé Québec solidaire et du Parti libéral du Québec. «C’est surréaliste d’entendre la porte-parole du Parti libéral exiger qu’on revoie nos cibles, alors qu’eux n’ont pas atteint 50 % de leurs propres objectifs. Ce n’est pas sérieux», lance M. Charette, qualifiant la cible actuelle de «très ambitieuse, mais pas irréaliste».

Durant 15 ans de règne libéral, incluant les 19 mois au pouvoir du Parti québécois, la baisse des émissions de GES a été de 13,4 %, soit de 89 136 kt en 2003, sommet historique, à 78 635 kt, en 2017. Mais 8,7 % par rapport à 1990.

Ne pas pénaliser les autos

En 2017, 43,3 % des émissions québécoises de GES sont attribuables au transport. Dont 34,5 % au transport routier, un peu plus que le tiers du total. Depuis 1990, alors que la baisse globale avoisine 9 %, le transport routier au Québec a augmenté son empreinte carbone de près de 50 % et 9000 kt. Spécifions néanmoins que les émissions du transport routier ont diminué de 1 % de 2016 à 2017.

«Depuis le départ, on essaie de convaincre les gens d’embarquer dans ce mouvement. Il n’y aura pas de pénalité si on prend la voiture au lieu du transport en commun. Des fois, la voiture est la seule alternative. Mais il faut faire en sorte que la voiture soit électrique quand c’est possible. Le transport, c’est large, ce n’est pas que la voiture. Mais la voiture solo demeure un défi», reconnaît-il.

L’objectif que le ministre ne laisse pas tomber pour 2020, c’est celui de mettre 100 000 véhicules électriques sur les routes du Québec pour la fin de l’année. En ce moment, nous sommes autour de 65 000.

Outre le transport, l’industrie (+ 2,9 %) pèse dans la balance annuelle. Surtout ses procédés industriels en hausse de 5,7 %, qui pèsent de ses 679 kt de plus dans un bilan global de + 130 kt.

«Le budget sera sans doute le meilleur indicateur de la place qu’on va accorder à l’environnement et à ce niveau-là, je suis plutôt optimiste pour la suite des choses», promet en conclusion le ministre Charette, comme quoi son premier véritable bulletin viendra ce printemps.

Environnement

Des «arbres guérisseurs» à Québec! [VIDÉO]

À mi-chemin entre oeuvre d’art et geste politique, l’installation «Arbres guérisseurs» a été dévoilée, mardi matin, tout près de l’Institut de cardiologie de Québec (hôpital Laval). L’objectif de l’exercice : rappeler l’importance des arbres pour la santé publique.

«Le lien entre la santé et les arbres est souvent méconnu, mais on sait qu’un verdissement optimal de nos villes peut nous protéger de plusieurs maladies», explique la Dre Johanne Elsener, conceptrice et coordonnatrice de Ça marche Doc!, qui est derrière ce projet. Pas un hasard, donc, si les deux arbres nouvellement «emballés» ressemblent à des poumons!

Plus de détails dans notre vidéo.

Environnement

Un groupe de réflexion approuve le plan canadien de planter deux milliards d’arbres

OTTAWA - Un groupe de réflexion sur l’économie verte de l’Université d’Ottawa affirme que la promesse du gouvernement fédéral de planter deux milliards d’arbres au cours des 10 prochaines années est un moyen bon marché de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.

Au cours de la campagne, le premier ministre Justin Trudeau a promis de dépenser 3 milliards $ dans des projets de conservation des terres et de l’eau d’ici 2030. Planter deux milliards d’arbres supplémentaires fait partie de ces projets.

Certains ont roulé les yeux en entendant la promesse, alors que différents partis ont essayé d’aller plus loin encore, notamment le Parti vert, qui s’est engagé à planter 10 milliards d’arbres d’ici 2050.

Mais un représentant du gouvernement au bureau du ministre de l’Environnement, Jonathan Wilkinson, a déclaré que des négociations étaient en cours avec le Nouveau-Brunswick et d’autres provinces pour lancer de nouveaux programmes de plantation d’arbres le plus tôt possible l’année prochaine.

Ottawa n’a pas l’intention de s’occuper de planter des arbres, mais fournira de l’argent pour aider d’autres à le faire.

Dave Sawyer, économiste de l’environnement au Smart Prosperity Institute, a déclaré que «deux milliards, c’est un bon début» lorsqu’il s’agit d’utiliser la nature pour aider le Canada à réduire ses émissions de gaz à effet de serre.

Une étude que M. Sawyer a aidé à rédiger a révélé que planter deux milliards d’arbres est possible et utile, car les arbres sont l’un des meilleurs moyens naturels d’absorber une partie des gaz à effet de serre produits par les combustibles fossiles.

L’étude indique que planter autant de nouveaux arbres pourrait réduire les émissions de 2 à 4 millions de tonnes par an en 2030. D’ici 2050, à mesure que les arbres mûriront et pourront absorber plus de dioxyde de carbone, cette quantité pourrait plus que doubler, pour atteindre entre 4 et près de 9 millions de tonnes par année.

Le coût pour planter ces arbres par tonne d’émissions réduite se situerait entre 16 $ et 36 $, selon l’étude, ce qui est sensiblement inférieur à la taxe sur le carbone de 50 $ par tonne qui sera en place d’ici 2022.

L’investissement stimulerait l’activité économique en payant des personnes - généralement des jeunes - pour planter les arbres et fournirait du travail pour les pépinières locales qui cultiveraient les jeunes plants, a souligné M. Sawyer.

Même à quatre millions de tonnes par an d’ici 2030, l’impact sur les émissions du Canada ne serait pas énorme. Le Canada vise actuellement à réduire les émissions pour les faire passer de 716 millions de tonnes en 2017 (la dernière année pour laquelle des données sont disponibles) à pas plus de 511 millions de tonnes d’ici 2030. C’est un objectif qui deviendra plus difficile l’année prochaine lorsque M. Wilkinson augmentera la cible du Canada.

Environnement

Marché du carbone: la Nouvelle-Zélande pourrait se joindre au Québec et à la Californie

La Nouvelle-Zélande songe à se joindre au marché du carbone qui existe déjà entre le Québec et la Californie.

Le ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, est rentré de Madrid avec un goût doux-amer en bouche. Et pas à cause des tapas.

La semaine dernière, dans la capitale de l’Espagne, M. Charette a participé à la COP25 (Conference of the Parties), la 25e Conférence annuelle sur les changements climatiques organisée par l’Organisation des Nations Unies (ONU).

«Du point de vue strictement gouvernemental québécois, on revient très enthousiaste compte tenu des avancées faites. Mais du point de vue international, on partage notre déception», a reconnu le ministre, lundi, joint au téléphone alors qu’il venait d’annoncer un projet de gaz naturel renouvelable produit par les agriculteurs de Warwick, près de Victoriaville.

«Le marché du carbone avec la Californie est déjà bien établi, mais on a eu une autre rencontre Californie–Nouvelle-Zélande–Québec pour voir si ce marché pourrait s’étendre éventuellement à la Nouvelle-Zélande», révèle M. Charette.

«Plusieurs autres États et mêmes provinces canadiennes ont sollicité des rencontres avec nous pour voir notre approche et comment on peut leur partager certains de nos procédés, comment on peut collaborer», a-t-il poursuivi, rappelant le partenariat signé sur place avec le Chili pour la mise sur pied d’un marché du carbone chilien.

Une rencontre avec deux ministres de l’Allemagne ouvre aussi la porte à une future collaboration «très prometteuse». «Un [des deux] devrait venir au Québec au cours des prochains mois avec différentes entreprises allemandes voir comment créer un maillage avec des entreprises québécoises spécialisées dans l’hydrogène et l’électrification», explique le ministre.

En plus d’un intérêt économique évident, M. Charette y voit une occasion de «diminuer notre propre bilan carbone». La prochaine rencontre, plus formelle, devrait se tenir début juin, à Mont­réal, dans la foulée de la grande foire internationale de la mobilité durable Movin’On.

Issue décevante

Côté moins brillant de la médaille, les délégués des quelque 200 pays représentés ont décidé de reporter à la COP de l’an prochain les pourparlers sur la réglementation des marchés du carbone, l’article 6 de l’Accord de Paris.

Le marché «du Québec et de la Californie répond aux plus hauts standards et notre souhait est que ces standards soient reconnus et partagés par les autres États, qu’ils participent à notre marché au pas. Ç’a été un article âprement discuté, mais il y avait des visions différentes», entre autres de la part du Brésil et de l’Australie.

Lui qui en était à sa première COP, puisqu’il a été nommé ministre en janvier, M. Charette espère maintenant que «la COP26, l’hiver prochain, à Glasgow», où sera aussi son patron et premier ministre François Legault, «nous permette d’aplanir les divergences.

«Je partage le constat des personnes qui sont déçues [de l’issue de la COP25]. Il y a énormément d’engagements pris par les pays et les États comme le Québec. Malheureusement, on se rapproche de l’échéancier de ces engagements et aucun n’a réussi à atteindre ses cibles.»

Le ministre québécois a aussi profité de son passage à Madrid pour rencontrer pour la première fois son nouvel homologue fédéral, Jonathan Wilkinson, tout juste nommé.

Quant aux États généraux sur les changements climatiques réclamés par le Parti libéral du Québec, le ministre Charette estime non seulement que la demande s’avère tardive, mais qu’une telle démarche ne serait «pas pertinente» et «contre-productive». 

«C’est à se demander où était le Parti libéral au cours des derniers mois, sinon des 15 dernières années! Au cours de l’automne, on a fait bien plus que des États généraux pour préparer le plan d’action 2020-2030 qu’on déposera en janvier. On a mis sur pied cinq comités de travail, qui nous ont remis leur rapport, et fait une tournée des régions où on a rencontré plus de 550 acteurs de tout acabit. Sans compter le comité interministériel et la consultation en ligne qui nous a permis de recevoir plus de 3000 commentaires», énumère le ministre.

Environnement

GuIA, un outil Web intelligent pour l’épandage optimal du sel

Une équipe de l’INRS a développé un outil Web intelligent, GuIA, pour un épandage de précision du sel. Cet outil pourrait sauver des millions de dollars en sel et en réparation des routes.

Grâce à GuIA, les opérateurs pourront optimiser la quantité de sel à épandre sur une route en fonction de différents paramètres, comme la météo, la pente et la topographie. L’outil réduira les coûts et limitera les dégâts sur les infrastructures et l’environnement, espèrent Claudie Ratté-Fortin, Patricia Gomez et Anne Carabin, les trois étudiantes à l’INRS, qui ont travaillé sur GuIA. 

Selon Mme Ratté-Fortin, actuellement, la même quantité de sel est étendue quasiment partout. Le gestionnaire se base sur un seul paramètre comme la température de l’air, puis il regarde dans le cahier des charges pour décider quelles quantités de sel vont être épandues.

Par la suite, l’opérateur dans son camion peut décider répandre plus ou moins de sel. «On étend plus de sel qu’on en a vraiment besoin. C’est un peu broche à foin», estime Claudie Ratté-Fortin, étudiante au doctorat en science de l’eau à l’INRS. 

Avec GuIA, l’opérateur ne décidera plus quelle quantité de sel épandre : le travail se réalisera automatiquement. L’outil intelligent générera des cartes en temps réel et en mode prévisionnel à partir d’une plateforme Web interactive qui sera accessible aux gestionnaires et aux opérateurs. 

Économie et sauvegarde de l’environnement 

L’épandage universel coûte cher en sel, mais elle a également des conséquences dramatiques sur les infrastructures et l’environnement (voir graphique plus bas). «Le sel finit dans les lacs et les rivières, c’est létal pour certaines espèces aquatiques», explique Mme Ratté-Fortin. 

En comparant des données fournies par le ministère des Transports (MTQ), l’équipe de l’INRS a calculé une réduction en sel entre 10 et 50 % grâce à l’utilisation de GuIA. «Rien que 10 % de moins de sel, cela correspond à une économie de 6,8 millions $ par année pour le territoire couvert par le MTQ. Et là, on parle juste du sel», mentionne Mme Ratté-Fortin. 

La mauvaise utilisation du sel coûte au Canada 12,7 milliards $ par année. La majeure partie de ces coûts provient des dommages aux infrastructures publiques et à l’environnement. 

Plus de 7000 lacs en Amérique du Nord sont menacés par les sels de voirie. L’accumulation du sel dans les plans d’eau affecte les écosystèmes aquatiques, mais également la faune et la flore environnante. Le sel le plus utilisé est le chlorure de sodium, viennent ensuite le chlorure de calcium, le chlorure de potassium et le chlorure de magnésium. 

«Une réduction de 10 % de l’utilisation du sel au Canada annuellement réduirait jusqu’à 5000 tonnes de sel qui s’acheminent chaque année dans les écosystèmes d’eau douce canadiens», fait valoir Mme Ratté-Fortin. 

L’équipe de l’INRS a remporté le second prix du concours Aqua Hacking qui récompense chaque année des initiatives pour contrer les problématiques liées à l’eau.

Des discussions sont en cours avec différents partenaires pour l’implantation d’un projet pilote pour l’utilisation de GuIA.écider