Environnement

Plastique jetable: Greenpeace Canada veut mobiliser le grand public

En vue du Jour de la Terre, Greenpeace Canada lance sa première campagne «entièrement participative» pour faire disparaître les produits en plastique à usage unique.

Par le biais d'une trousse d'action, l'organisation propose au grand public sept gestes concrets à poser auprès d'entreprises et d'élus locaux.

Greenpeace suggère notamment aux citoyens d'organiser une journée de nettoyage ou encore d'inviter les restaurants et cafés de leur voisinage à ne plus offrir de pailles ou de contenants jetables en plastique.

Environ 90 % du plastique produit à ce jour n'a pas été recyclé, fait valoir le groupe écologiste, qui soutient que l'on doit radicalement repenser la manière de faire parvenir les produits aux consommateurs, avec des systèmes de recharge et de réutilisation par exemple.

«Le recyclage ne nous sortira pas de cette crise», prévient la directrice de la campagne Océans & Plastiques de Greenpeace, Sarah King.

Depuis que la Chine a mis fin aux importations de matériaux recyclables étrangers, les lacunes des infrastructures de collecte canadiennes ont été mises en évidence et les déchets s'accumulent dans les centres de tri, expose l'organisation dans un communiqué.

Une porte-parole de Greenpeace, Loujain Kurdi, juge le public déjà sensible à cette cause.

«Il y a une conscience, une compréhension du sérieux de l'enjeu autour des sacs en plastique, mais aussi de toute forme de produits de plastique à usage unique», a-t-elle soutenu, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Elle réclame un cadre national pour réguler la production, la vente et la récupération du plastique à usage unique par les grandes compagnies.

«Il faut que le problème soit mis sur le même piédestal que celui de l'industrie pétrolière», a-t-elle avancé.

«Le long des côtes de Colombie-Britannique, on voit les déchets qui arrivent du Pacifique. Il y a 10 000 tonnes de plastique dans les Grands Lacs, entre ici et les États-Unis. Il y a 85 % de nos oiseaux marins qui ont ingéré du plastique, a-t-elle énuméré. Les chiffres, c'est à n'en plus finir et je parle d'un contexte canadien!»

«En tant que pays développé, on a notre part à jouer là-dedans», a souligné Mme Kurdi.

Une annonce de la ministre fédérale de l'Environnement, Catherine McKenna, est d'ailleurs attendue dimanche relativement aux déchets marins et au plastique.

Du côté de Greenpeace, on insiste sur l'urgence d'agir.

«Il faut que le gouvernement canadien en fasse davantage pour qu'on ne soit pas parmi les derniers pays à agir ce problème-là», a lancé Loujain Kurdi.

Environnement

Hausse des températures au Québec: la crue des eaux sous surveillance

Les risques d'inondation sont minimes cette fin de semaine au Québec, mais la hausse prévue des températures provoquera une fonte plus rapide du couvert de neige et de glace sur les cours d'eau.

L'avertissement est lancé par la Sécurité civile du Québec, qui dit surveiller étroitement les niveaux et les débits d'eau. L'organisation publie des mises à jour régulières sur l'état de la crue.

Samedi après-midi, deux rivières étaient placées sous surveillance : la rivière des Mille-Iles, à la hauteur de Terrebonne, dans Lanaudière, et la rivière Beaurivage, en aval du pont de la route 171, à St-Étienne, en Chaudière-Appalaches. Dans les deux cas, le site de la Sécurité civile indiquait que la tendance était à la baisse.

Les niveaux d'eau actuels sont généralement sous les normales, partout au Québec.

Les directions régionales de la Sécurité civile demeurent toutefois en contact avec les municipalités riveraines et se disent prêtes à intervenir en tout temps.

Les citoyens, quant à eux, sont invités à se préparer en cas de crue. Ils doivent notamment s'assurer d'avoir une trousse d'urgence complète et facilement accessible.

Ils peuvent par ailleurs vérifier les niveaux et débits d'eau de leur secteur dans le site Vigilance du ministère de la Sécurité civile du Québec.

Environnement

Y a-t-il de belles plages sur le «continent de plastique»?

C’est un grand classique des réseaux sociaux : à tout bout de champ, une de nos connaissances partage des images-choc du fameux «continent de plastique», parfois appelé «île de plastique», cette vaste zone du Pacifique où nos déchets s’accumulent. Même de grands médias ont repris ces expressions, dernièrement, quand une étude sur le sujet est parue. Mais y a-t-il tant de plastique là-bas? Petit tour de l’«île», en quatre questions.

Q  Y a-t-il vraiment un continent, ou du moins une île de plastique qui flotte dans le Pacifique?

Non, l’idée d’une «île» de plastique est une énorme exagération. Ce qui existe, c’est une zone où les courants marins concentrent les détritus flottants, et où les plastiques rejetés en mer s’accumulent. L’étude récente parue dans Scientific Reports, en mars, est une des plus pessimistes publiées à ce jour — elle a été menée par un organisme militant, la Ocean Cleanup Foundation — et elle conclut que la masse des plastiques dans cette zone atteint les 100 kilos par km2 dans les pires endroits, et une très grande partie des morceaux font à peine quelques millimètres de diamètre. Si l’on présume que pour chaque mètre carré de surface, il flotte en moyenne 0,1 gramme de plastique. En termes de volume, si l’on présume que le plastique se trouve entièrement dans le premier mètre de la colonne d’eau, on parle de quelque chose comme 0,1 cm3 de plastique par m3 d’eau. Cela reste quand même élevé et inquiétant (voir plus bas), mais disons que c’est le genre d’île où il ne faut pas oublier sa veste de sauvetage...

Q  Alors d’où viennent toutes ces photos?

D’après des enquêtes menées par des médias comme le site de vérification factuelle Snopes et le quotidien britannique The Telegraph, beaucoup de ces images ont été prises dans les eaux japonaises après le tsunami de 2011, ou alors le long des côtes proches de villes asiatiques, dans des zones où s’accumulent les déchets. C’est donc une forme de fake news, comme on dit de nos jours.

Q  Ces images sont donc toutes fausses?

R  Pas tout à fait. Il existe des images véridiques de ce qu’ont ramassé des expéditions scientifiques, mais elles n’ont rien de bien spectaculaires. Cependant, certaines images assez impressionnantes sont véridiques. Une étude parue dans les Proceedings of the National Academies of Science a estimé l’an dernier à environ 18 tonnes les déchets de plastique qui traînent sur l’île Henderson, un petit bout de terre perdu dans le Pacifique Sud. Il semble que l’île soit située de telle manière que les courants marins y concentrent les débris — et en fait, il faut que ce soit le cas car l’endroit est totalement inhabité!

Q  S’il n’y a pas d’«île» à proprement parler, est-ce un problème quand même?

Oui, les plastiques dans l’océan ont une affinité chimique pour certains polluants, qui se concentrent dessus. Comme ils sont parfois confondus avec de la nourriture ou avalés par inadvertance, les microplastiques peuvent donc servir de relais pour ces polluants. En outre, les morceaux plus gros peuvent aussi nuire à la faune. Que l’on songe aux tortues marines qui s’étouffent lorsqu’elles confondent des sacs de plastique avec les méduses dont elles se nourrissent, ou aux filets de pêche (qui représentent une part importante des plastiques à la dérive) dans lesquels se prennent les mammifères marins.

Environnement

Chasse et pêche: front commun pour interdire le plomb

Des organisations autochtones de chasse et de santé du nord du Québec demandent à la ministre canadienne de l’Environnement Catherine McKenna d’interdire les projectiles et le matériel de pêche au plomb en raison de son effet de contamination sur la faune du Grand Nord canadien et sur les populations autochtones dont la nourriture dépend beaucoup de la chasse et de la pêche.

Une lettre expédiée à la ministre mercredi demande au gouvernement canadien d’élaborer un plan d’action afin d’éliminer l’utilisation du plomb dans les munitions et le matériel de pêche comme il l’a fait par le passé pour éliminer ce métal toxique de l’essence, de la peinture et d’autres produits de consommation.

«Le Danemark, la Californie et les Pays-Bas ont déjà interdit ça», affirme au Soleil Paul Meillon, agent de planification, de programmation et de recherche en santé et environnement du Conseil cri de la santé et des services sociaux de la Baie James, l’un des six organismes signataires de la lettre. M. Meillon indique que le plomb est malheureusement encore beaucoup utilisé dans le nord du pays. «Moins dans le sud, car il est interdit pour la chasse aux oiseaux migrateurs», précise-t-il.

Les autres organismes signataires sont l’Association des trappeurs cris, l’Association de chasse, de pêche et de trappage du Nunavik, la Régie régionale de la santé et des services sociaux du Nunavik, la Canadian Environmental Law Association et RightOnCanada.

«N’oublions pas que dans le nord, les gens consomment plus de nourriture chassée. Il y a aussi huit fois plus de gens ici qui dépassent le seuil d’intervention de Santé Canada pour le plomb dans le sang qu’ailleurs au Canada. Ailleurs, c’est un peu moins de 1 % de la population alors que chez les Cris, c’est plus de 8 %», explique M. Meillon. Les effets du plomb sur l’organisme humain sont multiples et ont été démontrés scientifiquement : il affecte la concentration et l’attention des enfants, qui auront davantage de difficulté à l’école, il provoque une hausse du risque de souffrir de problèmes psychologiques, de développer des comportements criminels et de souffrir d’hypertension.

Même le huard, symbole aviaire du Canada, ne serait pas épargné puisque des études ont déterminé que l’ingestion de pesées de pêche et de turluttes en plomb était une cause majeure de mortalité chez cet oiseau dans l’est du Canada et aux États-Unis.

Pas suffisant

Kathleen Ruff, de l’organisme sans but lucratif RightOnCanada, est d’accord avec l’approche gouvernementale d’encourager les Canadiens à utiliser des munitions et du matériel de pêche sans plomb, mais considère que ce n’est pas suffisant. «Il faut que le gouvernement s’engage à mettre en place un plan afin d’éliminer le plomb du matériel de chasse et de pêche, car c’est une vraie menace pour la vie sauvage et la vie humaine. Il n’y a aucun seuil d’exposition sécuritaire pour le plomb», indique Mme Ruff en entrevue avec Le Soleil.

Celle-ci ajoute le Canada interdit d’ailleurs déjà partiellement le plomb dans les milieux humides et dans les parcs nationaux et que les pays qui ont adopté des interdictions complètes n’en avaient pas souffert. «Le Danemark interdit le plomb depuis 20 ans et les gens n’ont pas cessé de chasser pour autant. Ça a déjà été fait, c’est totalement possible et il y a des solutions de rechange au plomb.»

Les grenailles d’acier remplacent en effet déjà le plomb dans plusieurs projectiles, des balles de cuivre existent également et pour ce qui est du matériel de pêche, des turluttes et des pesées de pêche en tungstène et en bismuth peuvent remplacer celles en plomb. «Ces produits de remplacement sont tout aussi efficaces et, dans plusieurs cas, fonctionnent même mieux que le plomb», termine Mme Ruff.

Environnement

Tempête de vent et de verglas sur le Québec

La prudence sera de mise sur les routes de la grande région de Québec, lundi et mardi, alors qu’une tempête printanière doit laisser une dizaine de millimètres de pluie verglaçante.

Après avoir sévi en Ontario, causant des centaines d’accidents et des pannes d’électricité, la tempête devrait s’installer lentement sur le sud du Québec au courant de la nuit de dimanche à lundi. Le système touchera notamment la grande région de Québec, Portneuf, Charlevoix, Montmagny, la Beauce et la réserve faunique des Laurentides. 

«Les précipitations vont commencer [dans la nuit de dimanche à lundi] sous forme de grésil. Ça va se changer en pluie verglaçante pour la région de Québec dans la matinée», a expliqué Simon Legault, météorologue chez Environnement Canada. 

Selon les secteurs, on attend jusqu’à cinq millimètres dans la journée de lundi et jusqu’à cinq autres millimètres durant la nuit de mardi. Les conditions routières s’annoncent donc hasardeuses aux heures de pointe, particulièrement lundi en fin de journée et mardi matin. «Il faut prendre nos précautions», a prévenu M. Legault. 

Les précipitations seront accompagnées de forts vents. Les rafales pourraient atteindre 70 km/h dans la vallée du Saint-Laurent. Environnement Canada prévoit que le verglas, conjugué aux vents, risque de causer des pannes de courant «si des branches cassent et tombent sur les fils».  

Contrats d’urgence

Le ministère des Transports du Québec (MTQ) a émis vendredi un communiqué invitant les usagers de la route à la prudence. Le MTQ annonçait également que des contrats d’urgence ont dû être signés avec des entreprises de déneigement pour faire face à cette nouvelle tempête tardive.

«Cette situation touche particulièrement la région métropolitaine de Montréal et les régions administratives du Centre-du-Québec, de Lanaudière, des Laurentides, de la Montérégie et de l’Outaouais», précisait la missive. «De façon générale, les contrats de déneigement couvrent la période comprise entre le mois de novembre et d’avril, les périodes précises variant en fonction des particularités locales ou régionales.»

Cette même tempête de verglas a frappé le sud de l’Ontario samedi et dimanche, provoquant plus de 700 accidents de la route, dont 550 dans la seule journée de samedi, dans la grande région de Toronto. Plus de 35 000 personnes demeuraient privées de courant dans le sud et le centre de la province, dimanche après-midi, selon Hydro One.  Avec La Presse canadienne

Environnement

Autre tempête printanière au Québec dès dimanche

MONTRÉAL — Une tempête printanière s'apprête à matraquer le Québec, prévient Environnement Canada.

Samedi, l'agence fédérale a émis des avertissements de tempête et de pluie verglaçante pour le sud de l'Ontario, où l'on s'attend à des pannes de courant généralisées.

L'intense dépression devrait gagner le Québec dimanche, puis déferler sur le nord et l'est de la province jusqu'à mardi.

Déjà samedi après-midi, les conditions routières dans le sud de l'Ontario étaient difficiles, d'autant plus que plusieurs conducteurs ont changé leurs pneus d'hiver. Le sergent Kerry Schmidt, de la Police provinciale de l'Ontario, a dit que plus de 400 accidents avaient été rapportés sur les autoroutes de la grande région de Toronto.

Au Québec, le météorologue Steve Boily précise que le mercure oscillera alors autour du point de congélation, ce qui pourrait transformer la nature des précipitations sur la grande région de Montréal, sur la vallée de l'Outaouais et sur l'Estrie.

«Aller au travail lundi matin risque d'être chaotique et peut-être que la fin de journée va être encore pire si on se retrouve avec 24 heures de pluie verglaçante, signale-t-il. Je ne veux pas être alarmiste, mais ce n'est pas un scénario à exclure.»

La dernière fois qu'une tempête d'une telle envergure avait frappé Montréal à la mi-avril remonte à 2007, souligne le météorologue d'Environnement Canada.

La pluie verglaçante n'épargnera pas Trois-Rivières et Québec dans sa course vers la pointe de la Gaspésie.

Au nord du fleuve Saint-Laurent, entre Mont-Laurier et la Côte-Nord, en passant par le Saguenay-Lac-Saint-Jean, on recevra plutôt de la neige. Des accumulations de jusqu'à 30 centimètres sont attendues, rapporte Steve Boily.

Pour les automobilistes qui envisageaient une visite au garage, M. Boily recommande d'attendre la fin de la semaine avant de remiser leurs pneus d'hiver.

Hydro-Québec «en vigie»

Hydro-Québec surveille la progression de la tempête. La société d'État est «en vigie» et déterminera dimanche si ses effectifs doivent être renforcés, selon un porte-parole.

Des équipes sont en veille, indique Jonathan Côté, même si l'épisode de verglas s'annonce peu inquiétant.

«Pour l'instant, ce qu'on attend, c'est du verglas suivi immédiatement de pluie, souligne-t-il. Dans ce genre de situation-là, le verglas a tendance à moins coller sur nos équipements, donc c'est moins problématique.»

«Mais on garde un oeil là-dessus pour s'assurer d'avoir tous les effectifs nécessaires pour faire face à la tempête quand ça se précisera demain», a ajouté M. Côté, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.

Dans la foulée de la crise du verglas, Hydro-Québec a d'ailleurs solidifié son réseau pour qu'il tienne le coup sous le poids de la glace.

En janvier 1998, quelque 110 millimètres de verglas étaient tombés sur le sud du Québec, privant plus de trois millions de personnes d'électricité.

Aujourd'hui, les pylônes ne seraient pas entraînés si facilement dans un effet domino et le réseau d'acheminement du courant a été reconfiguré pour une plus grande flexibilité, affirme Hydro-Québec.

Environnement

Début de la pêche commerciale: les accidents peuvent être évités, dit la CNESST

QUÉBEC - En ce début de saison de la pêche commerciale au Québec, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) lance un appel à la prudence.

La CNESST tient à rappeler aux capitaines et aux aides-pêcheurs qu’il est indispensable d’aménager de façon sécuritaire le bateau sur lequel ils naviguent, afin d’éviter les accidents.

La Commission souligne que les pêcheurs sont particulièrement exposés aux intempéries, aux menaces d’incendie et de naufrage ainsi qu’aux dangers causés par les engins de pêche.

Le risque de chute par-dessus bord figure parmi les plus importants dangers. Parmi les solutions pour réduire les risques, les ponts et les treuils devraient être sécurisés, avant de monter à bord. 

Il faudrait mettre en place des moyens, comme une rambarde, pour empêcher les chutes par-dessus bord. Une échelle ou un dispositif de remontée devrait également être disponible pour permettre de repêcher une personne qui a chuté dans l’eau. Il faut aussi éloigner les cordages des pieds des travailleurs dans la zone de travail.

Afin de sensibiliser les capitaines et leur équipage aux dangers existants liés à leurs activités et aux moyens de les prévenir, la CNESST a créé le guide Santé et sécurité à bord des bateaux de pêche. Il est disponible en ligne.

Environnement

Autre année noire pour les jeunes bélugas du Saint-Laurent

C’est une enquête que les biologistes qui étudient les cétacés du Golfe aimeraient sans doute mieux ne pas avoir à faire : pour des raisons qu’il reste à éclaircir, l’année dernière a été, encore une fois, particulièrement difficile pour les bébés bélugas du Saint-Laurent, selon le bilan annuel du GREMM rendu public jeudi.

«Ça fait presque 10 ans qu’on a noté une augmentation de la mortalité chez les nouveau-nés. Chaque année, je me dis : on va finir par en sortir, c’est peut-être cette année que ça arrête, c’est peut-être cette année. Mais on n’a aucun signe que c’est en train d’arrêter», déplore le directeur scientifique du GREMM (Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins), Robert Michaud.

Pendant les années 80 et jusque vers la fin des années 2000, on retrouvait en moyenne une seule carcasse de «veau» (un béluga de l’année) par année sur les rives du Saint-Laurent. Depuis 2008, cependant, ce nombre est passé à 7 en moyenne, et pas moins de 10 ont été trouvés l’an dernier.

Au total, c’est 22 carcasses échouées qui ont été trouvées en 2017 par des passants. Il s’agit d’un nombre un peu supérieur à la moyenne, qui est de 15, mais c’est vraiment le sort des nouveau-nés qui inquiète. La plupart de ceux qui ont été examinés à l’École de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal au cours des dernières années n’étaient âgées que de quelques jours, voire quelques heures, et montraient des signes de déshydratation. Cela indique, selon les biologistes qui travaillent avec le GREMM, que la mère ne les a tout simplement pas nourris.

Maintenant, pour quelles raisons les femelles bélugas abandonneraient-elles leurs petits? «On a une donnée qui a suivi la même tendance que la mortalité des nouveau-nés, explique M. Michaud : la mortalité des femelles lorsqu’elles donnent naissance ou juste après. […] Avant, les femelles mortes en conditions périnatale représentaient environ 10 % des carcasses de femelles qu’on trouvait sur les rives. Maintenant, ça tourne plus autour de 60 à 65 %, et ça implique évidemment la mort du rejeton.»

Nourriture et bruit

On sait que certains stocks de poissons dont se nourrissent les bélugas, notamment le hareng de la côte sud, se sont écroulés depuis une vingtaine d’années. Il est donc possible que les femelles ne trouvent plus à se nourrir suffisamment pour couvrir les grands «coûts énergétiques» que la grossesse et l’allaitement implique, ce qui les forcerait à abandonner leur progéniture — quand elles ne meurent pas elles-mêmes.

Il se peut aussi que le bruit du trafic maritime et des polluants jouent un rôle dans ce problème. On sait, dit M. Michaud, que les retardateurs de flamme nommés PBDE, aujourd’hui interdits de vente mais qui ont connu un fort succès dans les années 1990 et 2000, pourrait avoir des effets neurologiques sur les nouveau-nés. Plusieurs chercheurs travaillent depuis quelques années à tester ces hypothèses.

Mais pour l’heure, «il faut réaliser qu’une fois qu’une espèce se met à décliner, ça peut aller vite. Il y a une vingtaine d’années, il restait quelques centaines de vaquitas [petit dauphin du Pacifique], maintenant on me dit qu’ils ne sont plus qu’une douzaine. Il y a une vingtaine d’années, on avait une population de baleine franche de l’Atlantique que l’on croyait en rémission, maintenant on craint son extinction», souligne M. Michard, qui se demande si le béluga du Saint-Laurent n’a pas atteint ce point, lui aussi.

Environnement

De fortes précipitations attendues au Québec en fin de semaine

MONTRÉAL — Un imposant système dépressionnaire se dirige vers le Québec et pourrait entraîner d'importantes précipitations au cours de la fin de semaine.

Selon le météorologue Steve Boily, d'Environnement Canada, le ciel s'annonce nuageux dès vendredi et de bonnes quantités de précipitations devraient suivre surtout dans la journée de dimanche.

L'expert s'attend à ce que les chutes de pluie de la fin de semaine soient particulièrement «juteuses».

Les régions à l'ouest, l'Outaouais et l'Abitibi-Témiscamingue, ainsi qu'au nord du fleuve Saint-Laurent pourraient recevoir de bonnes bordées de neige, alors qu'on parle plutôt de pluie verglaçante ou de pluie dans le sud de la province.

Il n'est pas exclu que des flocons tombent aussi dans la région de Montréal et dans le sud de la province puisqu'on s'attend à un «cocktail de précipitations», d'après Steve Boily.

Le météorologue décrit le système en question comme «un très long front chaud» dont les modèles de prévision amènent parfois les précipitations du Midwest américain jusqu'au Québec. Il arrive cependant que l'avant du front chaud s'assèche, ce qui pourrait permettre à la province de s'en tirer.

On doit toutefois s'attendre à une fin de semaine d'averses de pluie dès vendredi, suivies de possibilités de grésil, de pluie verglaçante et encore de pluie en fin de journée dimanche. Comme les températures devraient se maintenir près de zéro, la nature des précipitations demeure variable.

Les régions de la Côte-Nord, du Lac-Saint-Jean, du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie pourraient avoir droit à quelques centimètres de neige.

«Il y a énormément de variabilité entre les modèles météorologiques, note Steve Boily. La prévision officielle, dans le long terme, on voit du grésil. Nos prévisions varient entre la pluie et la neige.»

Une chose est sûre, les automobilistes vont devoir être prudents sur les routes.

Un printemps froid

Si vous avez l'impression que le printemps est plus froid que ce à quoi on est habitué, vous avez raison.

«En termes de température, on est en dessous des normales de manière significative. En date de mardi, dans le sud du Québec, on est entre 4 et 6 degrés en dessous des normales. Vers Québec, on est à 10 degrés en dessous des normales», confirme l'expert d'Environnement Canada.

Malgré tout, on se retrouve bel et bien dans une saison de transition, alors qu'on observe des caractéristiques estivales en termes d'humidité et hivernales en termes d'intensité des systèmes dépressionnaires.

Environnement

Une application mobile pour mieux recycler est lancée

Confus devant votre bac de recyclage? Recyc-Québec lance une application mobile appelée «Ça va où?» pour aider les citoyens partout au Québec à bien trier et récupérer.

Cette application peut être téléchargée gratuitement sur les téléphones intelligents. Une version est aussi disponible sur internet.

Plus de 800 produits de consommation y sont recensés, et l’application indique quoi faire avec chacune des matières, des pots de sauce en verre aux bouteilles de plastique en passant par les piles, les pneus et les tissus.

Elle permet ensuite d’identifier les endroits où ces matières peuvent être apportées si leur destination n’est pas le bac de recyclage à la maison. Un outil de géolocalisation permet de repérer facilement les dépôts plus spécialisés et les écocentres, avec les heures d’ouverture.

Les informations sont disponibles pour 1300 municipalités et territoires du Québec.

Quelques constatations sont à la base de cette initiative: plus d’un Québécois sur deux choisit de mettre un produit dans le bac même s’il ne sait pas si le produit est recyclable et près de la moitié des citoyens pensent qu’ils récupéreraient plus s’ils connaissaient mieux les façons de recycler.

Selon cette même étude réalisée par la société d’État Recyc-Québec, les habitudes de recyclage sont moins bien ancrées chez les 18-34 ans, qui sont par contre de grands utilisateurs des téléphones intelligents: l’application mobile les vise ainsi doublement.

«Les Québécois veulent bien faire quand ils gèrent leurs matières résiduelles. Toutefois, nous le savons maintenant, ils manquent d’information pour mieux faire», a souligné la ministre de l’Environnement Isabelle Melançon, présente lors du lancement de l’application, lundi à Montréal. Le geste à la source du processus est très important, a-t-elle martelé.

Car si des matières recyclables comportent des contaminants, ils peuvent en contaminer d’autres lors du triage au centre de tri et «là, on vient de faire des pertes», précise-t-elle.

Mais où vont les matières après le tri?

Même si les bouteilles de shampooing et les journaux sont dûment recyclés par le citoyen, il n’y a pas forcément de débouchés et de possibilités de transformation pour toutes les matières récupérées.

La Chine a récemment fermé ses portes à certaines matières recyclables en provenance de l’étranger, dont des papiers et plastiques, ce qui cause des maux de tête aux centres de tri et de récupération, notamment au Québec, qui ne savent plus quoi faire avec certaines matières qui s’accumulent.

Par exemple, le Centre de récupération et de tri de Montréal est actuellement aux prises avec quelque 6000 ballots de papier, entreposés dans une cour, pour lesquels il ne trouve pas encore de débouchés, a récemment rapporté Radio-Canada. Les matières se trouvent à l’extérieur depuis plusieurs mois, au gré des intempéries.

Pour la ministre Melançon, envoyer ces ballots au dépotoir n’est pas une solution, a-t-elle déclaré lundi, après la conférence de presse.

«Il en va de la crédibilité de la démarche et de la confiance du public».

Mais encore aucune solution n’a été trouvée pour ce problème, a indiqué la présidente-directrice générale de Recyc-Québec, Sonia Gagné, qui dit être en discussions intenses avec la ville de Montréal, le centre de tri et son gestionnaire Rebuts Solides Canadiens Inc., une filiale du groupe Tiru.