Entreprises de déneigement: un record d'infractions à Québec

Retard dans l'entretien des rues, épandage d'abrasifs déficient, bornes-fontaines non déblayées. À la fin février, la Ville de Québec avait déjà remis 35 amendes aux entrepreneurs pour non-respect à leur contrat de déneigement, soit quatre fois plus que l'an passé.
Le maire de Québec a peut-être bien raison de rager contre la piètre qualité du déneigement cet hiver. Il avait d'ailleurs fait une sortie publique à la suite des ratés lors de la tempête du 27 janvier. La circulation était bloquée au centre-ville parce que plusieurs côtes reliant la basse à la haute ville avaient été mal entretenues.
Les entreprises Bé-Con, Hamel Construction et Pavage Rolland Fortier ont d'ailleurs reçu des amendes totalisant 10 000 $ pour ce seul événement. La Ville leur reproche principalement de ne pas avoir épandu d'abrasif dans les temps requis. «C'est comme si le niveau de service n'avait pas été respecté», explique Jacques Perron, porte-parole à la Ville.
Selon des chiffres obtenus par 
Le Soleil en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, Terrassement Portugais remporte la palme du nombre d'infractions remises à une seule entreprise. Au total, 11 pénalités totalisant 7150 $ lui ont été transmises depuis novembre.
«Épandage d'abrasif déficient, intersections enneigées plus de quatre heures après la fin des précipitations, bornes-fontaines non dégagées dans les délais requis» sont les reproches faits à l'entreprise, énumère M. Perron. «Onze infractions dans un seul hiver pour un seul entrepreneur, c'est clair que c'est beaucoup», signale-t-il au passage.
Mieux ou pire
La majorité des 35 infractions aux neuf entrepreneurs visés touchent l'épandage d'abrasif et le mauvais déneigement dans les temps requis. Quelques-unes ont aussi trait au bruit dans les dépôts à neige à cause du claquement des bennes des camions qui ne sont pas munis d'amortisseurs à panneaux. Une seule vise le fait qu'une entreprise n'avait pas la machinerie suffisante comme il était indiqué au contrat.
Avec 35 infractions en 2013-2014, on est loin des neuf de l'an dernier ou des 15 de 2011-2012 et des 11 de 2010-2011. Même que pour cette dernière année, seulement quatre concernent le déneigement puisque sept sont des réclamations pour du matériel perdu ou brisé prêté par la Ville.
Faut-il conclure que le déneigement est moins bien effectué par le passé? «Pas vraiment, nuance M. Perron. Cette année, on a commencé à exploiter davantage les données de nos systèmes GPS. Ça nous aide à contrôler le travail des entrepreneurs. Aussi, on a sensibilisé notre personnel. De plus en plus, on met en place un système de gestion de suivi des plaintes», explique-t-il.
Le porte-parole prend aussi en compte le fait que l'hiver plus rigoureux et assez neigeux a nécessité plus d'opérations d'entretien. «Les variations de température peuvent avoir un impact», conclut-il. 
Avec la collaboration d'Annie Morin
Surveillance accrue
La hausse des infractions est peut-être attribuable au fait d'une plus grande surveillance des entrepreneurs. Et elle devrait aller en se resserrant, a appris Le Soleil.
Selon d'autres informations obtenues, la Ville de Québec songe à la possibilité d'engager du personnel formé pour analyser les données transmises par les systèmes GPS maintenant installés sur les camions de déneigement.
Le problème réside dans le fait que la Ville s'est dotée d'un système de traçage des opérations qu'elle ne peut exploiter au maximum, faute de gens qualifiés pour extraire et analyser les données.
Ce n'est pas pour rassurer les entrepreneurs qui devront montrer patte blanche. En effet, une nouvelle clause dans les appels d'offres publics permet à la Ville de coter l'entrepreneur. S'il n'obtient pas la note de passage, il pourrait disqualifier des appels d'offres pour une durée déterminée.
Helder Martins est responsable du déneigement chez Terrassement Portugais. Il couvre le territoire de Saint-Émile-Les Rivières. Il reconnaît que c'est plus difficile de faire du déneigement aujourd'hui qu'il y a quelques années. Cependant, il a l'impression que la surveillance ne s'exerce pas de la même manière d'un arrondissement à l'autre. Des observations faites par d'autres entrepreneurs contactés par Le Soleil.
Au sujet des infractions (11) émises contre son entreprise, il prend ça avec philosophie. «Certaines sont justifiées, d'autres pas. Si je commence le déneigement en retard à cause d'un bris de machinerie, techniquement, je suis en infraction. Même si je donne cette raison, ça ne passe pas», illustre-t-il.