Les présumées agressions sexuelles se seraient produites à l’École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts en juin 2018.

Enseignant accusé d’agressions sexuelles sur un élève: le tribunal refuse l’avortement du procès

SAINTE-ANNE-DES-MONTS – À la reprise du procès de Richard Bélanger, un ex-enseignant accusé d’agressions sexuelles qui seraient survenues en juin 2018 sur un élève mineur, le juge Jules Berthelot a refusé, mardi, la requête en avortement de procès présentée par la Défense au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. La motivation de Me Yves Desaulniers reposait sur l’admission, par le magistrat, de faits similaires qui seraient antérieurs au procès et qui causeraient, selon le procureur, un préjudice irréparable à son client.

«Le tribunal conclut que les faits qui sont survenus ne sont pas le fruit du hasard, a cité Me Desaulniers. Je vous rappelle que l’accusé n’a pas encore témoigné! Vous incarnez le juge des faits et le juge des droits. Vous laissez poindre une certaine partialité! Mon client peut réfuter des témoignages, mais il ne peut pas réfuter des éléments de droit. Bien que ce soit exceptionnel, je vous demande de procéder à un avortement du procès.»

Sans surprise, la Couronne s’est opposée. Pour Me Florence Frappier-Routhier, son collègue doit non seulement se baser sur un doute ou une apparence de partialité, mais il doit la prouver. Après un ajournement de la cour, le juge Berthelot s’est notamment référé au jugement rendu dans la cause de l’ex-instructeur de ski Bertrand Charest pour prouver «l’existence d’une relation d’autorité et de confiance entre l’appelant et le plaignant». 

L’accusé témoigne

Lors de son témoignage, Richard Bélanger a parlé de sa relation amicale avec la famille du plaignant, qui était l'un de ses élèves du secondaire de l'École Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts. L'adolescent venait le voir à son local au moins quatre fois par jour, soit pour parler avec lui, soit pour que l'enseignant l'aide dans ses travaux scolaires. M. Bélanger l'a raccompagné chez lui avec sa voiture une quarantaine de fois. 

Clignant nerveusement des yeux à répétition, l'homme de 54 ans a pourfendu les allégations du jeune plaignant qui a affirmé qu'il lui aurait fait des câlins et qu'il lui aurait touché les fesses quatre à cinq fois, tout autant que la déclaration voulant qu'il lui aurait avoué son amour. 

Richard Bélanger a aussi rejeté le témoignage d'un membre du personnel qui l'aurait vu donner un baiser sur la tempe gauche de l'élève. «Je lui ai pris l'épaule et je lui ai donné un coup de tête en le félicitant», a corrigé l'accusé. Par ailleurs, l'ex-enseignant a dit ne pas se souvenir du témoignage d'une technicienne en éducation spécialisée qui l'aurait vu penché tout près du visage du jeune. «Que dites-vous quand il [la présumée victime] dit que vous avez touché son pénis et que vous avez joué avec?» a interrogé son avocat. D'un ton catégorique, l'accusé a nié. Il a plutôt raconté qu'en se tournant pour lui expliquer quelque chose, il a perdu l'équilibre et il est tombé sur l'élève, les deux poings sur ses cuisses. «Quand je suis tombé, sa tête a touché mon abdomen», a-t-il ajouté. Le témoignage de Richard Bélanger se poursuivra mercredi.