Encore des travaux sur Charest Ouest à l’été 2020

Baptiste Ricard-Châtelain
Baptiste Ricard-Châtelain
Le Soleil
Il y aura encore des travaux sur l’autoroute Charest à la sortie ouest de la Ville l’été prochain. Les profondes ornières creusées prématurément dans le bitume — qui font pester les journalistes-automobilistes les jours de pluie! — devront être réparées.

«Sur une portion de l’autoroute Charest Ouest, le ministère constate l’apparition prématurée d’ornières [ce tronçon a été reconstruit en 2009 et 2011]», nous écrit le conseiller expert du service des communications du ministère des Transports, Guillaume Paradis. «Le Ministère réalisera, en 2020, les travaux nécessaires afin de rétablir l’état de la chaussée. Les travaux sont estimés entre 1 million $ et 5 millions $.»

Sa collègue porte-parole, Mila Roy, précise : «La problématique d’orniérage est présente, en direction est, entre l’autoroute Henri-IV et la rue Semple [situé au nord]. En direction ouest entre l’avenue Marconi et l’autoroute Henri-IV.»

Elle ajoute : «Le ministère estime que les travaux seront d’une durée entre quatre et huit semaines. […] Il s’agit principalement de travaux de planage et de pavage. Ces derniers visent le retrait d’une proportion de la couche de surface et à son remplacement.»


« Sur une portion de l’autoroute Charest Ouest, le ministère constate l’apparition prématurée d’ornières [ce tronçon a été reconstruit en 2009 et 2011] »
Guillaume Paradis, porte-parole du ministère des Transports

Depuis le début de la décennie, le MTQ observe une dégradation inhabituelle des autoroutes autour de Québec, poursuit Guillaume Paradis. Le phénomène a été analysé; le labo étatique sur les chaussées a émis des recommandations quant au type de matériaux à utiliser et a suggéré «une surveillance accrue» des chantiers.

Des examens plus poussés sont cependant effectués sur Charest Ouest afin de comprendre ce qui s’est passé, comprendre pourquoi de larges ornières sont apparues. D’autant plus qu’au moment de leur réalisation, en 2009 et 2011, «les travaux respectaient les exigences du contrat et les normes contractuelles du ministère», dixit Mila Roy. 

Des tests sont donc menés. «Les analyses sont encore en cours. Les résultats finaux proviendront notamment des analyses faites durant les travaux prévus à l’été 2020. […] Le ministère analysera l’enrobé à l’été 2020 avant le début des travaux d’entretien.»

«En 2019, le Ministère a par ailleurs introduit de nouveaux essais pour le bitume et de nouveaux types de bitume dans le but de minimiser le phénomène.»

Le MTQ n’est, par ailleurs, pas en mesure d’indiquer si les ornières ont causé, ou non, des accidents sur l’autoroute Charest. «Il faut savoir que, dans les rapports d’accidents, la variable “état de la chaussée” est seulement obligatoire à indiquer lorsque l’accident cause des dommages corporels», note Mila Roy. «De plus, ce champ ne sert pas à identifier un facteur ayant contribué à l’accident, mais bien un facteur externe observé. Il est ainsi très difficile, voire impossible, d’isoler l’effet réel de l’orniérage sur les accidents.»

La durée de vie attendue de la couche d’usure asphaltée d’une autoroute neuve «fortement sollicitée» est de 8 à 12 ans, selon le MTQ. Les profondes ornières ont été creusées avant sur Charest.