En Uruguay, le cannabis est en vente dans des petits sachets fermés de cinq grammes, à 1,40 $ le gramme. Chaque consommateur, dûment enregistré, peut acheter 40 grammes par mois. Seuls les citoyens uruguayens ou ceux qui possèdent un permis de résidence peuvent s’inscrire.

En Uruguay, une législation pionnière du cannabis qui avance pas à pas

MONTEVIDEO — Pionnier dans la légalisation de la consommation du cannabis, l’Uruguay a autorisé il y a un an sa vente en pharmacie. D’abord réfractaire, la population y est désormais favorable, et des experts soulignent son impact potentiel sur le commerce illicite.

En décembre 2013, le petit pays d’Amérique latine (3,5 millions d’habitants) attirait les regards du monde entier en devenant le premier de la planète à légaliser la production, la distribution et la consommation du cannabis à des fins récréatives. Trois modes d’accès sont prévus par la loi uruguayenne : la culture à domicile pour consommation personnelle, l’appartenance à un club cannabique ou, depuis le 19 juillet 2017, l’achat en pharmacie d’une production fournie par des entreprises privées, ce dernier volet ayant été le plus difficile et long à mettre en œuvre.

Selon Monitor Cannabis, qui étudie la mise en pratique de la loi, «trois années après la mise en place de la réglementation, l’évolution de la consommation de cannabis montre une augmentation qui n’est pas spectaculaire par rapport à la tendance» générale, à la hausse depuis le début des années 2000.

Les quatre variétés disponibles sont en vente dans des petits sachets fermés de cinq grammes, à 1,40 $ le gramme. Chaque consommateur, dûment enregistré, peut acheter 40 grammes par mois. Seuls les citoyens uruguayens ou ceux qui possèdent un permis de résidence peuvent s’inscrire.

Les dernières données fournies par l’Institut de régulation et de contrôle du cannabis (IRCCA) montrent que les consommateurs de marijuana sont déjà 54 % à avoir régulièrement recours à une des alternatives proposées dans le cadre légal, alors qu’ils ne pouvaient se fournir jusque-là que sur le marché illicite. La mise en place de cette réglementation pionnière a toutefois connu quelques soubresauts : problèmes à la récolte, limitations imposées par les banques, obligées de se conformer à la législation américaine sur les stupéfiants pour les entreprises travaillant dans ce secteur et souhaitant ouvrir un compte.

À ce jour, l’Uruguay compte près de 7000 cultivateurs à domicile, 107 clubs cannabiques et 28 500 consommateurs légaux, soit six fois plus que le nombre enregistré le premier jour de vente, selon des chiffres officiels.