Le 8 mai, Vincent Dallaire a assené un violent coup de poing au chauffeur d'autobus qui lui demandait de descendre car il ne pouvait payer.

En retard pour un examen, il frappe un chauffeur d'autobus

Un jeune homme de Québec, Vincent Dallaire, a plaidé coupable vendredi d’avoir donné un solide coup de poing au nez d’un chauffeur du Réseau de transport de la capitale et de l’avoir menacé de mort… parce qu’il était en retard à un examen à l’université, mais que sa carte OPUS était expirée.

Vincent Dallaire reconnaît donc que, le 8 mai, il est monté dans l’autobus piloté par Ronald Pugh, chauffeur cumulant 34 ans d’ancienneté. Puisque le jeune homme, alors âgé de 21 ans, ne pouvait payer, le chauffeur lui a demandé de descendre.

Dallaire s’est énervé. Au cours de l’échange houleux, il a expliqué qu’il devait se rendre à son examen en génie mécanique. «M. Dallaire, à ce moment-là, a assené un violent coup de poing au visage du chauffeur d’autobus», relate Me Matthieu Rochette, procureur de la Couronne. «Et, ensuite, en sortant de l’autobus, a mentionné des menaces de mort. [Le chauffeur a eu] une commotion cérébrale et une opération au niveau du nez, un réalignement au niveau du nez.»

On sait déjà que l’avocat de la défense demandera une absolution pour l’étudiant qui n’a pas d’antécédents judiciaires.

Le procureur de la Couronne souligne cependant qu’il n’est pas banal d’attaquer un chauffeur d’autobus. «Depuis 2015, il y a une circonstance aggravante au Code criminel lorsque quelqu’un commet des voies de fait à l’égard de quelqu’un qui conduit un transport public», explique Me Rochette. «C’est un facteur que le juge se doit de considérer au niveau de la détermination de la peine comme étant un facteur aggravant.»

Audience particulière

Soulignons que l’audience en cour a été pour le moins particulière. Ça faisait un bon moment que les proches de la victime et des collègues du RTC attendaient sa comparution quand l’accusé et son avocat se sont finalement présentés devant le juge… pour s’obstiner en public. Me Félix Antoine Doyon a d’emblée annoncé au tribunal qu’il ne voulait plus représenter Dallaire. «Il y a une discorde sur la façon de gérer le dossier. On ne s’entend pas sur la façon de plaider la cause.»

Sauf que l’accusé a finalement dit à son avocat qu’il était, en fait, plutôt d’accord avec lui. L’avocat et son client sont alors retirés pour s’expliquer vivement, voire vertement, ce qui a forcé un nouveau délai.

Étonnamment, quand les deux sont revenus dans la salle, le jeune homme a plaidé coupable de voie de fait causant des lésions corporelles et de menace de mort.

La cause étant toujours devant la justice, le RTC préfère ne pas commenter.