L'Est du Québec

Accident mortel à Sainte-Anne-des-Monts: le travail de la SQ sous enquête

MATANE — Sept enquêteurs du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) sont débarqués mardi à Sainte-Anne-des-Monts afin de faire la lumière sur le travail des agents de la Sûreté du Québec (SQ) dans les moments qui ont précédé un accident mortel survenu dans cette municipalité de la Haute-Gaspésie dimanche.

Vers 4h50 dimanche, un appel aurait été logé au service 9-1-1 pour signaler la présence d’une voiture circulant dangereusement. Vers 5h10, les policiers de la SQ aurait localisé le véhicule. Ils l’auraient intercepté après avoir été témoins que le conducteur aurait commis des infractions au Code de la sécurité routière. Celui-ci aurait reçu des constats d’infractions, puis serait reparti. Deux femmes prenaient place dans son auto.

À 6h55, un citoyen aurait communiqué avec le 9-1-1 pour rapporter qu’un conducteur venait de perdre le contrôle de son véhicule en effectuant un dépassement dangereux. La voiture aurait fait plusieurs tonneaux. Les deux signalements au centre d’appel d’urgence impliqueraient le même conducteur au volant du même véhicule. 

«L’enquête du BEI permettra notamment de déterminer si ces informations sont exactes», peut-on lire dans un communiqué émis par l’organisme qui a pour mission de faire enquête dans tous les cas où une personne décède ou est blessée lors d’une intervention policière. L’organisme n’a, pour l’instant, aucune autre information à fournir. Il invite les témoins des événements de dimanche à communiquer avec lui par le biais de son site Web (www.bei.gouv.qc.ca). 

Reconstitution

Un spécialiste en reconstitution de scènes d’accident de la SQ s’est rendu sur les lieux pour comprendre les circonstances de l’embardée mortelle lors de laquelle l’une des deux passagères aurait été éjectée. La femme de 33 ans, qui était dans un état critique lors de son transport en ambulance, a succombé à ses blessures à l’hôpital de Sainte-Anne-des-Monts. La victime, Marie-Ève Mimeault, habitait le secteur de Tourelle à Sainte-Anne-des-Monts. Le conducteur et l’autre passagère s’en sont tirés avec des blessures légères.

Le chauffard, Maxime Perreault, a été arrêté dimanche après l’accident. Connu des policiers, l’homme de 22 ans de Cap-Chat a comparu, lundi, au palais de justice de Sainte-Anne-des-Monts. Il fait face à cinq chefs d’accusation pour voies de fait contre un ambulancier ainsi que pour avoir résisté et entravé le travail d’un policier. Les autres chefs qui pèsent contre lui sont relatifs à des bris de probation. D’autres accusations pourraient être portées contre le chauffard lors de son enquête pour remise en liberté fixée au 16 mai, dont celle de conduite dangereuse ayant causé la mort. D’ici là, il demeure incarcéré et il lui est interdit d’entrer en communication avec certaines personnes. 

Affaires

La Gaspésie courtise les jeunes travailleurs

La Gaspésie compte profiter de la saison estivale pour se défaire d’une image démodée et démontrer aux Québécois que la région a beaucoup évolué sur le marché de l’emploi grâce à l’Internet et aux nouvelles technologies, au point d’être devenue, selon Stratégie Vivre en Gaspésie, très attrayante pour les jeunes professionnels et leur famille.

Une porte-parole de l’organisme, Stéphanie Collin, reconnaît que la tâche n’est pas mince pour se défaire de cette image selon laquelle on ne peut que vivre que de la pêche et du secteur éolien dans la région, une fois que la saison touristique est passée.

«On essaie de s’attaquer à certains mythes et de démontrer aux gens qu’il y a bel et bien eu du changement en Gaspésie et qu’il y a une diversité d’emplois énorme», explique Mme Collin en entrevue à La Presse canadienne. Elle souligne qu’il s’agit d’une perception erronée qui persiste même au sein des familles gaspésiennes.

«On a fait une campagne durant les temps des Fêtes qui s’adressait directement aux étudiants parce qu’ils sont encore nombreux à quitter pour leurs études puisqu’on n’a pas d’université en Gaspésie. On a fait cette campagne-là pour leur dire justement que lorsqu’ils auront terminé leurs études qu’ils pensent à un possible avenir en Gaspésie puisqu’il y a des emplois pour eux dans la région».

«La Gaspésie a changé»

À cela s’ajoute une campagne promotionnelle sur les réseaux sociaux et à la télévision qui courtise ce mois-ci les 25-45 ans des grands centres, particulièrement ceux de Montréal et Québec, ainsi que de jeunes professionnels de la région de Lanaudière. Tout ça dans l’espoir d’inciter des gens parmi eux à s’installer dans la région gaspésienne en laissant sous-entendre qu’on peut y avoir une carrière tout aussi stimulante.

«C’est pour ça que notre slogan c’est ‘’La Gaspésie a changé. Toi?’’» affirme Mme Collin qui assure que le réseau y est aussi puissant que dans les grands centres, à quelques exceptions près. Pour elle, il est même possible d’y travailler pour un employeur dont le siège social est à Montréal, avec les bouchons de circulation en moins matin et soir, sans compter la vue à couper le souffle à plusieurs endroits.

«Il y a eu beaucoup de développement d’entreprises, de développement culturel et de plus en plus de commerces qui ont poussé en Gaspésie. Les communautés sont devenues de plus en plus dynamiques et on sent une nouvelle énergie et c’est ce qu’on veut démontrer avec cette campagne», dit-elle.

Pénurie de main-d’oeuvre

«La Gaspésie ne fait pas exception», reconnaît Stéphanie Collin, qui cite notamment Emploi-Québec pour expliquer que 90 % des postes à combler dans la région sont toutefois issus de départs à la retraite.

«De nos gros employeurs, il y a entre autres le CSSS qui recrute constamment, mais il y a aussi de nombreux postes à pourvoir en éducation, en administration, en éolien et on ne peut oublier la saison touristique qui s’en vient, notamment avec tous les postes vacants de cuisiniers.»

L'Est du Québec

Tarifs stables pour la monnaie virtuelle

BAIE-COMEAU — La récente décision de la Régie de l’énergie d’appliquer les tarifs LG et M aux clients utilisateurs d’électricité dans le secteur de la technologie des chaînes de blocs et des cryptomonnaies ne peut que réjouir le maire de Baie-Comeau, Yves Montigny, qui a des pourparlers avec plusieurs promoteurs dans ce domaine.

Parlant «d’une très très bonne nouvelle» pour sa municipalité, le maire a confié qu’il craignait que la Régie aille dans le sens des revendications d’Hydro-Qyébec, qui aurait bien voulu que l’énergie utilisée pour les futurs projets liés à ces technologies soit vendue aux enchères. Une entreprise, GPU.One, est présentement en train de compléter l’installation d’une série de serveurs informatiques à Baie-Comeau.

L'Est du Québec

Offre d’emploi «sexiste»: Unipêche reconnaît sa «maladresse»

CARLETON – Le directeur général d’Unipêche MDM, Gino Lebrasseur, reconnaît la «maladresse de la formulation» de l’offre d’emploi publiée à la fin de la semaine et faisant état d’un salaire inférieur aux femmes par rapport aux hommes pour des tâches semblant similaires pour des postes de journaliers.

Le salaire offert aux femmes s’établissait à 12,69 $ l’heure et celui des hommes à 13,28 $. Les médias sociaux se sont emballés samedi matin, dénonçant la politique salariale qualifiée de sexiste. La compagnie a géré la crise par étapes, d’abord en corrigeant la publicité et en émettant un communiqué.

S’excusant pour la maladresse de la firme, M. Lebrasseur rappelle toutefois que quelques catégories de journaliers existent dans l’usine de Paspébiac et que des taux de salaire différents sont accolés à chaque catégorie. La lourdeur de la tâche constitue traditionnellement un facteur favorisant un meilleur salaire.

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Il souligne aussi que la CNESST, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail, approuve les documents envoyés par Unipêche MDM en matière d’équité salariale.

«C’est un exercice à renouveler à tous les cinq ans. Nous l’avons fait en 2015 et il sera renouvelé en 2020», précise M. Lebrasseur. Des documents sont aussi remplis sur une base annuelle, note-t-il.

Dans une communication écrite, la compagnie avait expliqué dimanche que la rémunération du travail était divisée traditionnellement en «lignes d’hommes» et en «lignes de femmes», et que si une femme réalisait le travail de la ligne d’hommes, elle était payée autant.

M. Lebrasseur assure qu’il n’y a pas de discrimination en fonction du sexe dans l’usine, mais des disparités selon le type de travail réalisé. Le travail en usine est difficile, dit-il.

«Nous avons plus de femmes que d’hommes comme superviseures (de production) et ce sont des emplois à 20$ l’heure», précise-t-il.

Gino Lebrasseur s’attend à devoir répondre à des questions de la CNESST, de la Commission des droits de la personne et du ministère du Travail au cours des prochaines semaines.

Discrimination «depuis longtemps»

Le député de Bonaventure à l’Assemblée nationale, Sylvain Roy, croit toujours qu’il «y a une discrimination sexiste à l’endroit des femmes et depuis longtemps dans cette usine».

Il croit aussi qu’il est temps de prendre les mesures appropriées pour améliorer les conditions de travail dans certaines usines de transformation de produits marins. Il compte aborder la question avec le ministre André Lamontagne, de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Le député Roy croit que ce ministère a une emprise, puisqu’il émet les permis de transformation.