En région

Deux hebdos disparaissent en Gaspésie

GASPÉ — Les deux hebdos qui couvraient 400 kilomètres de côte, sur la pointe gaspésienne et dans la Baie-des-Chaleurs, cessent de paraître cette semaine. Le Pharillon et L’Écho de la Baie, rachetés par des intérêts locaux en 2017, éprouvaient des difficultés financières.

Lexis Media comblera le vide en publiant deux nouveaux hebdos dès le 5 septembre. Les huit employés des hebdos, des propriétés de MedoMédia, ont fait le saut vers Lexis Media, qui possède déjà L’Avantage gaspésien, à Matane et en Haute-Gaspésie.

«Dans les trois dernières semaines, Lexis a eu des informations sérieuses à l’effet que ces journaux gaspésiens étaient en sérieuse difficulté», rapporte le chef des nouvelles pour L’Avantage gaspésien et L’Avant-poste d’Amqui, Dominique Fortier.

Leurs sites Web ont disparu la fin de semaine dernière et les deux hebdos n’ont pas été publiés cette semaine. «Lexis a décidé de prendre les devants», indique M. Fortier.

Le Chaleurs Nouvelles et le Gaspésie Nouvelles seront donc publiés la semaine prochaine, sur les territoires couverts par les défunts hebdos.

Au cours de la dernière semaine, «Lexis a approché les huit employés pour voir s’ils travailleraient pour nous. Ils ont accepté parce qu’il y avait trop d’incertitude chez MedoMédia», indique M. Fortier.

L’un des associés de MedoMédia, Claude Dauphin, avait approché Lexis pour conclure une transaction, rapporte M. Fortier. «Ce n’est pas allé plus loin que ça», dit-il, assurant ignorer pourquoi les négociations ont achoppé.

Lexis a résolument pris un raccourci en lançant deux nouveaux journaux plutôt qu’en acquérant des hebdos qui venaient de sauter une publication.

L’entreprise possède maintenant 19 hebdos en Abitibi-Témiscamingue, en Outaouais, dans Lanaudière, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie. Son siège social est à Saint-Hubert, sur la rive sud de Montréal.

M. Dauphin n’a pas répondu à nos messages et semble avoir quitté la Gaspésie. Il a toutefois confirmé à Radio-Canada qu’il abandonne la publication du Pharillon et de L’Écho de la Baie. L’autre associé de MedoMédia, André Méthot, a passé le flambeau à son fils Marc-André, qui ne nous a pas rappelés non plus.

Les employés de MedoMédia ont été payés avant d’être intégrés par Lexis. Il reste par contre des créances à honorer, dont certaines factures de contractuels, de fournisseurs et de pigistes. Rien n’indique pour le moment que les dirigeants de MedoMédia failliront à la tâche d’honorer ces créances.

La radio du Rocher Percé, détenue par les mêmes associés, ne diffusait plus mercredi et son site Web était inaccessible.

45 ans d’histoire

Le Pharillon avait été fondé en 1973, sous l’impulsion de Diffusion-Gaspésie, un comité de citoyens qui militaient pour de meilleurs services d’information sur la pointe gaspésienne. L’Écho de la Baie existait quant à lui depuis plus de 30 ans. MM. Dauphin et Méthot ont publié le Journal de l’Est entre juin 2016 et mai 2017. Ils ont acquis Le Pharillon et L’Écho de la Baie de TC Media en juin 2017. Le Havre, de Chandler, avait été fusionné au Pharillon au cours du printemps.

Affaires

Fin du plus long conflit qui avait cours au Québec

Le plus long conflit de travail qui avait cours présentement au Québec devrait officiellement prendre fin mercredi. Après plus de deux ans de lock-out, une entente de principe est finalement intervenue entre le concessionnaire automobile Bérubé Chevrolet Cadillac Buick GMC de Rivière-du-Loup et le syndicat.

Un lock-out avait en effet été décrété par la direction de ce concessionnaire automobile de Rivière-du-Loup, le 8 juillet 2016, il y a donc presque deux ans et deux mois.

Les 13 salariés qui étaient touchés au départ sont membres d’un syndicat affilié à la CSD, la Centrale des syndicats démocratiques.

Lors d’une entrevue avec La Presse canadienne, en juillet, pour marquer les deux années du lock-out, le président de la CSD, Luc Vachon, avait précisé qu’il restait 10 travailleurs, les trois autres ayant démissionné de leur poste et quitté l’entreprise.

La CSD a confirmé, mardi, que le président de la centrale syndicale doit se rendre mercredi à Rivière-du-Loup pour signer l’entente de principe, ce qui permettra de clore définitivement le dossier.

M. Vachon n’a pas voulu accorder d’entrevue pour le moment. Et la direction du concessionnaire automobile n’a pas rappelé, après une demande d’entrevue.

Il faut dire que le conflit a été difficile. Une entente de principe avait failli intervenir, en novembre dernier, mais des divergences d’interprétations étaient survenues au moment de coucher le tout sur papier. Les parties redoublent donc de prudence.

Les principaux points en litige portaient sur le salaire et le régime de retraite.

La direction du concessionnaire automobile affirmait qu’elle ne pouvait payer des conditions de travail plus généreuses que les concessionnaires concurrents dont les salariés sont membres d’un autre syndicat que la CSD. Mais le syndicat CSD affirmait que ce n’était pas le cas. Il semble que les parties ont finalement réussi à résoudre leur différend.

Expositions

Les archives sonores de Marius Barbeau sortent de l'oubli

SAINTE-ANNE-DES-MONTS — À l’été 1918, l’ethnologue Marius Barbeau a sillonné les berges gaspésiennes à bicyclette, rouleaux de cire en main, afin de rencontrer et d’enregistrer les conteurs et chanteurs de Tourelle, une ancienne municipalité aujourd’hui fusionnée à Sainte-Anne-des-Monts, en Haute-Gaspésie. Cent ans plus tard, l’endroit se souvient et fait redécouvrir un patrimoine aujourd’hui oublié.

Composé de quelque 800 documents sonores, le fonds d’archives de Marius Barbeau, bâti lors de son seul séjour à l’été 1918 en Haute-Gaspésie, constitue la plus abondante récolte de sa longue et illustre carrière. La majorité des chants qui forment son Romancéro du Canada proviennent presque exclusivement de chanteurs et de conteurs qu’il avait rencontrés à Tourelle. Parmi eux, on retrouve des membres des familles Therrien, Miville et St-Laurent. Ces contes et ces chants inspirent d’ailleurs le thème de la Fête du bois flotté, célébrée chaque été à Sainte-Anne-des-Monts.

La Ville de Sainte-Anne-des-Monts, en partenariat avec le Comité d’aménagement, de développement durable, environnemental et culturel, propose des activités qui suggèrent, un siècle plus tard, une relecture d’un répertoire principalement basé sur les archives sonores du célèbre anthropologue.

Projection

L’exposition Marius Barbeau, un géant à découvrir, présente des informations, artefacts et documents relatifs au travail de Marius Barbeau à Tourelle. Au même endroit, des projections du documentaire Ex-Voto: histoire de la Haute-Gaspésie, sont proposées. Véritable récit des origines de la Haute-Gaspésie et de ses habitants, l’œuvre est présentée à la mémoire de sa réalisatrice et conceptrice, Nathalie Synnett, décédée accidentellement en décembre 2015. L’ouvrage était pratiquement achevé. Depuis, son coréalisateur, Mario Munger, est lui aussi disparu. Après l’avant-première du film, Gaston Synnett a témoigné au Soleil, avec beaucoup d’émotion, sa fierté pour l’œuvre de sa fille. 

La narration est assumée par l’auteur-compositeur-interprète originaire de la région Patrice Michaud, qui interprète aussi un chant puisé du folklore local. Les arrangements de la trame musicale ont été assurés par un natif de Sainte-Anne-des-Monts, Mathieu Pelletier-Gagnon, le frère de Klô Pelgag. La supervision musicale est signée Guillaume Campion-Vallée.

Ex-Voto donne la parole à des descendants du conteur et chanteur François St-Laurent, dont Marius Barbeau s’était particulièrement intéressé. Liette St-Laurent y interprète des chants de son grand-père, dont le style avait une sonorité médiévale. D’ailleurs, le fameux ethnologue avait avoué être surpris, en 1918, de retrouver cette façon de chanter d’une autre époque.

Ex-Voto accorde une place privilégiée à un personnage de la région, J. Augustin St-Laurent. Né en 1929, l’ancien maire de Cap-Chat de 1985 à 1993 dira: «Quelqu’un qui ne connaît pas ses origines, c’est comme un ruisseau sans eau, un champ sans semences, un arbre sans racines». «Je me souviens de ma grand-mère qui chantait des vieilles chansons françaises du XIIIe siècle, a-t-il indiqué au Soleil. Toutes ces chansons sont aujourd’hui égarées.» L’exposition et le documentaire sont présentés jusqu’au 23 août à l’église de Tourelle, à Sainte-Anne-des-Monts.

Une station d’écoute interactive permanente permet aussi d’entendre des chanteurs et conteurs de Tourelle. Elle met en vedette 46 familles d’informateurs de la Haute-Gaspésie. La station est située dans les locaux de la Société d’histoire de la Haute-Gaspésie, au 31, 1re Avenue Ouest à Sainte-Anne-des-Monts.

Cinéma

Un court-métrage tourné en Haute-Gaspésie

Depuis lundi, Rivière-à-Claude, en Haute-Gaspésie, s’est transformée en plateau de tournage d’un court-métrage d’Alexis Fortier Gauthier, intitulé Mélopée.

Le tournage, qui se poursuivra jusqu’à mercredi, met en vedette Antoine Desrochers, Antoine L’Écuyer et Rosalie Fortier.

Le scénario tourne autour de l’arrivée d’une créature marine envoûtante, qui dévoilera les secrets liant trois amis qui sont en vacances à la mer. 

Alexis Fortier Gauthier a réalisé ou coréalisé plusieurs films ou documentaires, dont Sur le quai de la gare, Après tout et Dans la neige, qui lui ont valu de multiples récompenses. 

Produit par Art & Essai, Mélopée est considéré comme son projet le plus ambitieux.