Les proches des victimes de l'écrasement aux Îles-de-la-Madeleine ont écouté en silence, et parfois en sanglotant, l'allocution du père Claude Gosselin lors de la vigile en l'honneur des disparus, mardi, à Havre-aux-Maisons. 

Vigile émouvante aux Îles-de-la-Madeleine

«Les débris de l'avion ont disparu, mais ils sont encore là dans nos coeurs», a illustré le prêtre Claude Gosselin dans l'église Sainte-Madeleine de Havre-aux-Maisons, pleine à craquer. Plus de 800 personnes ont participé, mardi soir, à la vigile visant à rendre hommage aux sept victimes de l'écrasement d'avion survenu il y a une semaine, aux Îles-de-la-Madeleine.
Des membres de la famille Lapierre, qui ont perdu cinq des leurs, étaient présents à la cérémonie. Sept cierges étaient disposés devant l'autel pour représenter la vie de chacune des victimes. Pierre Delaney, un des premiers témoins de l'écrasement, a été invité à venir allumer l'une des chandelles en hommage au pilote, Pascal Gosselin. Un jeune couple avec un bébé s'est ensuite approché pour symboliser la famille de Fabrice Labourel, qui était un jeune père de famille.
Par la suite, des membres des familles de Martine, Marc, Louis et Jean Lapierre ainsi que de la conjointe de ce dernier, Nicole Beaulieu, ont défilé tour à tour pour illuminer les bougies. Des sanglots étouffés se faisaient entendre dans l'assistance.
Le curé Réjean Coulombe a lu un passage de l'Évangile selon Saint-Jean où Jésus pleure la mort de son ami Lazare, avant de le ressusciter. «Nous aussi, on voudrait qu'ils sortent de leur tombe, a continué son collègue, Claude Gosselin. C'est sûr que la réalité ne sera plus la même.»
Le maire des Îles-de-la-Madeleine a ouvert la période réservée aux témoignages de la communauté. «J'ai l'habitude des mots, mais il n'y a aucun mot pour décrire ce qu'on a vécu depuis la semaine dernière : la colère, la peine, l'incompréhension, l'inexplicable devant une telle tragédie, a exprimé Jonathan Lapierre. Mais il faudra trouver les mots pour la suite des choses. Si la famille vit plusieurs deuils, la communauté des Îles vit un deuil qui l'a marquée et qui la marquera longtemps.»
La trentaine de pompiers qui sont intervenus sur les lieux de l'accident formaient une haie d'honneur dans le temple. Un choeur, des solistes, deux violonistes, un guitariste et un pianiste assuraient l'animation musicale.
Solidarité
C'est François Ross, le fils de Laure, qui demeure la seule de la fratrie Lapierre, qui s'est fait le porte-parole de la famille des victimes. «Tout l'amour qui nous est manifesté nous va droit au coeur, a-t-il exprimé, la gorge nouée par l'émotion. La solidarité des Madelinots est inébranlable. Nous espérons que ce drame immense permettra d'apporter des améliorations à la sécurité des transports de la communauté des Îles.»
Une citoyenne de L'Étang-du-Nord a détendu l'atmosphère et a réussi l'exploit de faire rire les proches des victimes en venant raconter l'admiration qu'elle nourrissait pour l'ex-ministre et chroniqueur politique Jean Lapierre, mais aussi pour sa mère, Lucie Cormier, la mère des quatre victimes de la famille Lapierre. La dame est connue pour se baigner dans les eaux du golfe du Saint-Laurent de mai à décembre. «Ils sont revenus ici pour être avec nous autres pour l'éternité, a indiqué Andréa Landry. Ils seront tous des petits anges, autant sur la mer que sur la terre et dans les airs.» La dame a eu droit à des applaudissements nourris.
À l'invitation du curé Gosselin, la cérémonie a pris fin sur des applaudissements à tout rompre pour remercier les pompiers et pour exprimer un soutien à la famille endeuillée.
Le même jour, à midi 30, les cloches des huit églises de l'archipel et de plusieurs autres de la Gaspésie se sont fait entendre. À ce moment, plusieurs personnes ont observé une minute de silence.
À l'hôtel de ville de Cap-aux-Meules, un registre a été mis à la disposition des citoyens qui veulent exprimer leurs condoléances aux familles éprouvées.