L'École internationale d'été de l'Université Laval

Vibrant plaidoyer pour l'école d'été de Percé

PERCÉ — Des citoyens ont rassemblé 566 signatures pour conserver l’École internationale d’été de l’Université Laval à Percé en la dotant d’une vision pour le futur. L’Université est «en réflexion» quant à l’avenir de son antenne de Percé, qui a déjà fermé en 2015 avant de rouvrir en 2017.

Manon Théberge, l’une des initiatrices de la lettre adressée à la rectrice Sophie D’Amours, a participé à une classe de maître en arts visuels cet été à Percé. «C’est vraiment une expérience unique, et le lieu y contribue. C’est comme si on avait la chance de réfléchir au sens de la vie sur l’île de Pâques», dit Mme Théberge, la pdg d’OSEntreprendre.
«puissant stimulant»

«On se sent tout petits, c’est la fin du continent, les éléments sont puissants. La disposition à être entre humains, à créer, à trouver des solutions est particulière», poursuit Mme Théberge.

La propriétaire et directrice artistique de Ketto Design, Julie St-Onge Drouin, a suivi quatre formations au fil des ans à l’École d’été. Aussi initiatrice de la mobilisation, elle a «vécu peu d’expériences créatives et humaines aussi complètes» et décrit le lieu comme «un puissant stimulant créatif».

L’École occupe la villa Frederick-James, bâtie en 1887, un bâtiment emblématique de Percé situé sur le cap Canon, qui surplombe le fameux rocher. Depuis 2002, elle y accueille des classes de maîtres, des séminaires et des forums en juillet et en août. En 2018, une centaine de personnes ont participé à cinq formations.

Les signataires sont inquiets à l’idée que l’École d’été pourrait cesser ses activités. Ils veulent témoigner de sa pertinence avant qu’une décision soit prise. Ils demandent à la rectrice de doter l’École d’une «vision avant-gardiste». «Quand on a une vision, les ressources suivent», estime Mme Théberge.

«On pensait être 50 [signataires]; on est 566», dit Mme Théberge. Des résidents «des 17 régions du Québec» ont signé la lettre, souligne-t-elle, dont beaucoup de l’univers culturel.

Rayonnement

La mairesse de Percé, Cathy Poirier, souligne que la notoriété de l’institution rayonne sur sa ville. «C’est un pavillon de l’Université Laval qu’on a chez nous, ça attire des gens de l’international. Et c’est un patrimoine bâti qui est occupé et qui revit.»

Mme Poirier se dit «très contente qu’il y ait une mobilisation du milieu», ce qui donnera «un poids» aux revendications de la municipalité.

L’Université Laval n’est pas prête à accorder une entrevue sur le sujet, indique une porte-parole, Andrée-Anne Stewart. «Nous sommes présentement en réflexion par rapport à l’avenir de nos activités d’enseignement en Gaspésie et à la vocation de la Villa James», confirme-t-elle.

«L’Université Laval tient à saluer toutes les initiatives citoyennes et apprécie tout le soutien et l’appui en faveur du maintien des activités de l’École internationale d’été de Percé, à la Villa Frédérick-James», ajoute la porte-parole.

En 2015, l’Université Laval a mis fin aux activités de son École d’été à Percé à cause des compressions budgétaires qu’elle subissait. Elle l’a rouverte en 2017, en disant vouloir bonifier l’offre avec des partenaires régionaux. Il était alors question de chercher des philanthropes et des subventions pour aider l’Université à faire face à ses obligations.