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En Gaspésie, six ports pourront lancer les travaux à la suite de l’annonce du financement d’Ottawa. 
En Gaspésie, six ports pourront lancer les travaux à la suite de l’annonce du financement d’Ottawa. 

Vague d’investissements fédéraux pour les infrastructures de pêche gaspésiennes

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Un parfum électoral flottait sur Newport, mardi matin, alors que la ministre Diane Lebouthillier annonçait une série d’investissements dans le secteur des pêches en Gaspésie. Quelque 18 millions$ ont été annoncés pour des travaux sur les différents ports et quais de la péninsule.

«Ce ne sont pas des annonces électorales, ce sont plutôt des annonces régionales», s’est défendue à plusieurs reprises la ministre gaspésienne, qui venait d’annoncer des investissements longuement attendus d’un bout à l’autre de la péninsule.

Parmi la série d’annonces, la reconstruction du port de Newport, à Chandler, est sans aucun doute l’investissement le plus important. L’annonce est attendue depuis des années par les acteurs locaux. 

S’ajoutent aussi des travaux généraux au port de St-Godefroi, le dragage et la relocalisation d’une rampe de mise à l’eau à Paspébiac, l’amélioration des infrastructures d’amarrage à Grande-Rivière et des travaux mineurs à Cloridorme et Matane, pour un total de 18 M$ investis dans la péninsule. Les sommes pour chacun des travaux n’ont pas été dévoilées.

Des sommes ont également été annoncées pour les Îles-de-la-Madeleine, où  8 M$ seront alloués à six principaux projets. Sur la Côte-Nord, quelque 9 M$ viseront quatre principaux projets, soit les ports de Blanc-Sablon, Les Escoumins, Sept-Îles et Rivière-au-Tonnerre.

«Assurer la sécurité et le bon entretien des installations demande beaucoup d’efforts, de temps et d’argent, [...] mais ces investissements profitent non-seulement à l’industrie de la pêche commerciale, mais à tout le Québec», a noté la ministre, ajoutant que «chaque bateau est une petite entreprise en soi».

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Les représentants de plusieurs administrations portuaires étaient présents pour l’annonce, mardi.

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De plus en plus d’investissements

Maires, préfets et associations de pêcheurs se sont réjouis de l’annonce de la ministre Lebouthillier et du gouvernement fédéral. «On voit que notre travail de longue haleine porte ses fruits !» s’est félicité le représentant des Administrations portuaires du Québec, Gaston Bourdages. 

Lors de l’annonce, ce dernier a tenu à prendre la parole afin de remercier la ministre et le gouvernement pour leur engagement à investir dans les ports et les quais des communautés côtières. «On voit que la courbe des investissements augmente considérablement depuis qu’on a un gouvernement libéral», a rapporté M. Bourdages. 

«Les pêcheurs ont besoin de ces investissements pour aller en mer. On n’entend jamais parler d’avions qui ne peuvent pas atterrir à cause de trous dans la piste, et bien ça ne devrait pas arriver aux pêcheurs non plus, et on sent que c’est compris», image-t-il. 

La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, a également salué l’annonce de mardi matin. «On est toujours content d’avoir de tels investissements, et on continue à travailler pour les autres projets. Il faut s’assurer d’avoir la reconnaissance que le secteur des pêches en est un prioritaire, et on va dans ce sens ce matin.»

Le maire de Grande-Rivière et la ministre Lebouthillier ont eu une longue discussion à propos du projet du parc d’hivernage en marge de la conférence de presse. 

PARC D'HIVERNAGE DE GRANDE-RIVIÈRE: LEBOUTHILLIER RENVOIE LA BALLE À QUÉBEC

Si les millions ont été saupoudrés d’un bout à l’autre des ports de la péninsule, un grand absent a mobilisé une part importante de la conférence de presse. L’agrandissement et la modernisation du parc d’hivernage de Grande-Rivière, réclamé depuis des mois par les pêcheurs, ne fait pas partie des projets qui iront de l’avant. 

La ministre Lebouthillier, qui a essuyé de nombreuses critiques à ce sujet au fil des derniers mois, jure «avoir fait ses devoirs», renvoyant la balle au Gouvernement du Québec et au ministère de l’Agriculture, des Pêches et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). «Les grues-portiques relèvent du gouvernement provincial, et c’est important de respecter les champs de compétence», a précisé la ministre.

Le maire de Grande-Rivière, Gino Cyr, qui était visiblement déçu de ne pas voir son projet dans la liste des investissements, parle d’une annonce «satisfaisante, mais qui n’est pas la bonne».

«Depuis le début, le fédéral refuse d’utiliser le Fonds des Pêches, et là, ils nous renvoient à Québec, qui va nous dire qu’ils sont partenaires du Fonds des Pêches et qu’ils croient que l’argent devrait provenir de là. On a au moins perdu 6 mois», déplore celui qui s’est régulièrement adressé aux médias pour faire avancer le dossier. «C’est une question de sécurité avant tout», s’exclame le maire. 

La préfète de la MRC du Rocher-Percé, Nadia Minassian, souhaite une meilleure communication entre Québec et Ottawa sur les dossiers liés aux pêches. «C’est une compétence partagée, et c’est particulièrement complexe de travailler avec les deux groupes. Il faut sans cesse travailler pour trouver les chemins pour financer les initiatives», note Mme Minassian, qui plaide pour une «décomplexification de la machine» de Pêches et Océans Canada.