Les marguilliers Victor Lepage, Nathalie Leblond et Jean-Charles Lechasseur réclament la démission du vice-président du conseil de la fabrique Saint-Germain de Rimouski, Jean-Louis Gendron.

Une réunion de paroisse qui tourne mal à Rimouski

Une guerre a éclaté dans une paroisse de Rimouski au point où un marguillier allègue avoir été agressé physiquement et verbalement par un autre. La police est intervenue. L'archevêque aurait été informé de la situation, mais il n'aurait jamais donné suite.
Le marguillier Jean-Charles Lechasseur se rend à une réunion concernant l'église de Pointe-au-Père. Lorsqu'il entre dans la salle, le vice-président du conseil, Jean-Louis Gendron, «s'est dirigé sur lui comme un chien enragé». «J'avais à peine mis les pieds dans la pièce qu'il m'a projeté violemment en arrière en m'agrippant fortement de ses deux mains à la hauteur de mes biceps, relate-t-il. En m'expulsant de force, il a refermé sur moi la porte. J'en ai porté des marques. J'ai demandé l'assistance de la Sûreté du Québec.» La sergente Ann Mathieu confirme que «la Sûreté du Québec a été appelée pour éclaircir un litige le 28 août à Pointe-au-Père».
M. Lechasseur affirme avoir été victime de voie de fait. Il n'a cependant pas encore porté plainte. De son côté, Jean-Louis Gendron confirme les divergences d'opinions au sein du conseil de fabrique, mais nie avoir «agressé» M. Lechasseur. «Je n'ai pas de commentaires à faire, réagit-il. Ça donnerait quoi? Ce serait en rajouter et, après ça, ça ne finirait plus! On ne mettra pas de gaz sur le feu! Je n'embarque pas là-dedans. Ce n'est pas dans mon comportement ni dans mes ambitions, de manger mon prochain, d'autant plus qu'on travaille en église!»
M. Lechasseur déplore que le président de la fabrique, Normand Lavoie, ne lui ait pas porté assistance. «Il a cautionné l'action de mon agresseur», estime-t-il. «Je n'ai pas d'opinion là-dessus, se contente de dire M. Lavoie. Chose certaine, je ne serai pas le sixième martyr canadien!»
La marguillière Nathalie Leblond en a aussi gros sur le coeur. «Dès mes premières rencontres avec les membres de la fabrique, je me suis aperçue d'un climat de suspicion, d'un contrôle dictatorial et d'un comportement misogyne de la part du président, soutient-elle. L'attitude caustique, voire cynique, qu'ont M. Gendron et M. Lavoie, est principalement due à ce désir de gérer la fabrique comme étant leur propriété exclusive. J'ai dû me battre pour obtenir de ces deux individus un respect et une collaboration. Nous ne sommes plus dans une cour d'école à subir de l'intimidation et à se faire bousculer!»
Demande de démission
Jean-Charles Lechasseur et Nathalie Leblond, soutenus par un autre marguillier, Victor Lepage, réclament la démission du vice-président de la fabrique. Jean-Louis Gendron n'a aucune intention de démissionner. «Tout le monde a le droit de demander n'importe quoi, mais on n'est pas obligés d'obtempérer», indique-t-il.
Au cours des derniers mois, l'archevêque de Rimouski a nommé un observateur. C'est l'économe du diocèse, Michel Lavoie, qui a été mandaté par Mgr Denis Grondin pour assister aux assemblées du conseil de fabrique. «Un observateur est un témoin et non un participant, précise Victor Lepage. Dans le cas présent, l'observateur se permet d'intervenir et de s'ingérer dans le déroulement des assemblées.» Michel Lavoie précise qu'il est un observateur avec droit de parole. «Quand ils disent que j'interviens souvent, ce n'est pas vrai, se défend-il. Je suis seulement intervenu sur le point apporté par M. Lechasseur, où j'ai demandé un huis clos. Je lui ai dit qu'un dossier de voie de fait, ça relevait du criminel. D'ailleurs, ça cache quelque chose, le fait qu'il n'ait pas porté plainte. Tout ça n'est que de l'inflation verbale!»