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La directrice de L’Émergence, Nancy Gough, assure que d’ici trois ans, la Ressourcerie Baie verte aura atteint un stade d’autofinancement.
La directrice de L’Émergence, Nancy Gough, assure que d’ici trois ans, la Ressourcerie Baie verte aura atteint un stade d’autofinancement.

Une ressourcerie en Gaspésie pour réintégrer des femmes violentées au marché du travail

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CARLETON - L’Émergence, une maison d’hébergement pour femmes et enfants victimes de violence située dans la Baie-des-Chaleurs, lancera en septembre la Ressourcerie Baie verte, afin de réintégrer au marché du travail une partie de sa clientèle en ayant été exclue depuis un certain temps.

Le projet nécessite un investissement d’environ 460 000$, en incluant un fonds de roulement de départ tenant compte d’imprévus. L’initiative mijote depuis cinq ans dans la tête de la directrice de L’Émergence, Nancy Gough, et parmi les membres de son équipe.

« L’Émergence avait ouvert un espace il y a 10 ans, où l’on faisait la récupération d’appareils électro-ménagers, de meubles, de tables, de literie et de vaisselle mais on manquait d’espace et on a mis fin à l’initiative. Ça a fait un trou réel dans nos activités par contre, financièrement et pour les gens qui comptaient sur ce service », explique Nancy Gough.

Un plan d’affaires de 35 pages établit les grandes lignes du projet, son financement, son échéancier, l’embauche du personnel et les sources de matériel qui se retrouveront sur les étalages de l’atelier-boutique, notamment. Un profil économique du territoire desservi est présenté dans le plan afin de maximiser les chances de réussite du projet, qui sera situé à Carleton.

Ce qui anime l’équipe de madame Gough, c’est entre autres l’éventail des services qu’un atelier-boutique comme la Ressourcerie Baie verte peut rendre aux 33 000 personnes vivant dans la Baie-des-Chaleurs.

« On parle de lutte à la pauvreté, de réinsertion sociale des femmes qui transigent à L’Émergence. Elles vont toujours travailler dans l’arrière-boutique, pour préserver leur anonymat. L’atelier-boutique pourra aussi servir d’autres organismes communautaires. D’autres personnes (que les clientes de L’Émergence) pourront venir y travailler. En plus de la mission d’éducation populaire, nous allons redonner une deuxième vie à des biens usagés, que ce soit par le recyclage et ce qu’on désigne souvent comme du « upcycling », ou surcyclage, comme on devrait l’appeler », explique Nancy Gough.

Certains appareils remplacés par leurs propriétaires originaux trouveront donc un second foyer, alors que d’autres objets seront transformés en atelier pour répondre à un autre besoin, comme une bouilloire qui peut devenir une lampe, après quelques retouches.

« Nous commencerons avec quatre emplois, une gérante, une agente de programmation et deux commis vendeuses. Ce seront des emplois permanents. D’autres emplois s’ajouteront selon le développement du projet! Nous aurons besoin de personnes pour l’animation des ateliers, le ramassage et le tri des dons, de même que pour la livraison des achats. Nous avons sur la table un projet d’achat d’un camion cube avec un partenaire de la région. Notre objectif est d’ajouter deux emplois supplémentaires pour les ateliers. Pour le démarrage, c’est l’équipe de L’Émergence qui assumera ces tâches jusqu’à ce que le projet s’autofinance », explique Nancy Gough.

En plus de gérer la maison pour femmes et enfants victimes de violence, L’Émergence possède la Maison Mary-Grace, comptant 11 logements transitoires assurant une étape déterminante dans la relance vers une vie normale.

« Les femmes séjournant à la Maison Mary-Grace travailleront en arrière-plan pour assurer la confidentialité et réduire les enjeux de sécurité » souligne madame Gough.

Les périodes de travail des femmes dureront le temps qu’il faudra et le mode d’embauche variera en fonction de chaque cas, « l’objectif étant de les préparer à une intégration sur le marché du travail à l’extérieur de l’atelier-boutique » dit-elle.

Les personnes recrutées dans la communauté élargies et n’ayant pas besoin d’anonymat occuperont les postes de contact avec le public. L’Émergence veut créer des partenariats avec d’autres organismes pour combler certains besoins à mesure que la Ressourcerie Baie verte croîtra.

« Les partenariats serviront aussi à recruter les participantes et participants aux ateliers de transmission de savoir ouverts à la communauté (…) Avec le jumelage, on veut créer un sentiment d’appartenance, susciter la fierté. On veut valoriser les gens et les objets, établir des partenariats avec les autres tranches de la société qui sont vulnérables, tout ça par le biais de la réduction de l’empreinte écologique. On veut quelque chose de bien pour l’atelier-boutique, et éventuellement expédier des choses à l’international, pour aider », note-t-elle.

L’immeuble qui accueillera la ressourcerie est un ancien magasin de vente de tissus présentement en voie de refonte, un chantier de 235 000$. L’Émergence a acquis ce bâtiment pour 92 000$, ce qui constitue une partie de sa mise de fonds de 133 000$ dans le projet.

Un ensemble d’autres organismes participent au financement, dont les MRC d’Avignon et de Bonaventure, qui y injectent 120 000$ par le biais de deux fonds, les Caisses Desjardins, avec 25 000$ venant de leur fonds communautaire et La Ruche Desjardins, avec 12 500$, pour ne nommer que ceux-là.

Quelques contributions à annoncer formellement plus tard s’ajouteront mais elles n’inquiètent pas Nancy Gough. Elle précise que l’Émergence est prête à contracter un prêt hypothécaire de 30 000$ si c’est nécessaire.

« Nous recevons des dons. La promotion n’est pas lancée encore. Il y aura un appel à la communauté. D’ici trois ans, ça va s’autofinancer. Nous sentons que la population est derrière le projet », note-t-elle.

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