Le Dr Serge Grégoire

Une radiation de 18 mois du Dr Serge Grégoire demandée

Le bureau du syndic du Collège des médecins du Québec demande une radiation de 18 mois du Dr Serge Grégoire, reconnu coupable en octobre dernier d'avoir manqué à quatre reprises à ses limitations de pratique. Le médecin, qui pratique à Forest-ville et à Baie-Comeau, a aussi plaidé coupable à une accusation d'avoir falsifié des notes dans les dossiers de certaines patientes.
Le comité de discipline du Collège a passé les trois derniers jours à Baie-Comeau afin d'entendre les deux parties avant de rendre sa décision. Dans les limitations de pratique du médecin de 56 ans, en vigueur depuis 2007, il est inscrit qu'une infirmière doit toujours l'accompagner lors d'examens des seins, gynécologiques ou de santé mentale d'une personne de sexe féminin. Le non-respect de ses limitations pour lequel il a été reconnu coupable remonte à 2014.
Les limitations de pratique du Dr Grégoire lui ont été imposées après qu'il eut plaidé coupable, en 2005, à quatre chefs d'inconduite sexuelle à l'égard de patientes jugées vulnérables. Il a déjà reçu une radiation de deux ans pour ces accusations. Il a notamment fait des caresses génitales et eu des relations sexuelles complètes avec des patientes dans des salles d'examen. Il a de nouveau été radié pour deux mois, en 2008, pour des gestes de même nature.
Homme repentant
Dans son témoignage, Serge Grégoire assure qu'il n'entend plus se retrouver dans le comité de discipline du Collège et que pour démontrer sa bonne foi, il s'engage à mettre fin à sa pratique à l'urgence de Forestville le 1er juin 2016 et à ne plus pratiquer dans un établissement public de santé. Il conserverait seulement sa pratique dans un cabinet privé de Baie-Comeau, où une infirmière est déjà censée l'assister en tout temps lorsqu'il rencontre une patiente.
Le Dr Grégoire, qui a pleuré à quelques reprises lors de son témoignage, croit que la médiatisation de son dossier l'a déjà amplement puni. En conséquence, le procureur du médecin réclame une radiation de deux à quatre mois de son client, déjà largement stigmatisé par l'opprobre public selon lui.
Au contraire, le bureau du syndic estime qu'une peine sévère doit être prononcée afin d'avoir un effet dissuasif sur le Dr Grégoire, qui compte plusieurs manquements à son dossier, et sur ses pairs. L'avocate du syndic soutient que l'intimé n'a pas démontré le comportement d'une personne qui reconnaît avoir mal agi, ni la volonté de se prendre en mains.
Le comité de discipline du Collège des médecins, composé de trois membres, dispose de trois mois pour rendre sa décision.