«Les affamés» de Robin Aubert figure au programme le 24 août.

Une pluie de films aux Percéides

PERCÉ – Où peut-on voir un film grand public sous les étoiles, une première nord-américaine sélectionnée à Cannes, un film d’horreur, des courts-métrages de Gaspésiens et des projections immersives? Aux Percéides, le festival de cinéma de Percé, qui célèbre son 10e anniversaire du 16 au 26 août avec une foisonnante programmation de 125 œuvres en provenance de 20 pays.

«On voulait marquer le coup pour le 10e», lance le responsable de la programmation, François Cormier. Le festival durera 10 jours plutôt que quatre, afin de diffuser plus de films, de montrer certains deux fois et de laisser respirer les festivaliers. «Des gens nous disaient : je n’ai pas le temps de manger si je veux voir tous les films!» rapporte M. Cormier.

Un deuxième lieu de diffusion s’ajoute : le mythique Centre d’art de Percé, au cœur du village, en plus de la Veille Usine de L’Anse-à-Beaufils, refuge du festival depuis quelques années. 

Les Percéides espèrent attirer 8000 visiteurs, soit deux fois plus que l’an dernier. Ça augure bien : certains films affichaient presque complet dès le 14 août, le lendemain du lancement de la programmation. 

Lindon dans En guerre

En première nord-américaine, Les Percéides présentent En guerre du Français Stéphane Brizé, un long-métrage sélectionné à Cannes. Vincent Lindon campe l’un des 1 100 salariés d’une usine qui ferme ses portes dans ce film social diffusé lors de la soirée de clôture le 26 août.

Les cinéphiles pourront aussi voir Una Mujer Fantástica, du réalisateur chilien Sébastian Leilo, récipiendaire de l’Oscar du meilleur film étranger et décrit comme «un drame déchirant sur la transsexualité».

Les films québécois ne sont pas en reste : Les Affamés, le film d’épouvante de Robin Aubert est au programme, tout comme le long-métrage La Bolduc qui sera diffusé dehors, sur la plage de Percé. 

Les Percéides ont sélectionné cinq longs et courts métrages réalisés et produits en Gaspésie, dont Le gars de la patinoire d’Olivier Poulin et Mise au monde de Maryse Goudreau. Le festival est devenu «un incubateur de cinéma d’auteur», croit M. Cormier, selon qui l’événement a contribué à développer les talents dans la région. 

Et ça continue, puisque la première École de cinéma d’été de Percé bat son plein ces jours-ci, avec les classes de maître du directeur photo Michel La Veaux. Seize participants transforment Percé en plateau de tournage et présenteront leurs créations le 21 août. 

Visite de Louisiane et d'Acadie

Le Néo-Écossais Phil Comeau, réalisateur du documentaire Zachary Richard, toujours batailleur, agira à titre de président du jury et présentera une sélection de films acadiens.

Il pourra nouer de nouveaux liens avec la Louisiane, puisque les Percéides s’associent à Cinema on the Bayou de Lafayette pour un cycle de conférences et de projections de films issus de la jeune génération de cinéastes louisianais.

Percé est aussi l’hôte de la quatrième Grande rencontre des arts médiatiques en Gaspésie, à partir de vendredi au Centre d’art de Percé. «Les artistes sont présents sur la scène, devant l’écran. Ils font des projections plus immersives qui utilisent la musique, la vidéo… c’est du cinéma expérimental, et ça attire un public plus jeune», explique M. Cormier.

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LE CENTRE D'ART REVIT

Les Percéides réinvestissent le bâtiment du Centre d’art de Percé, fondé en 1956 par la sculpteure Suzanne Guité et le peintre Alberto Tommi dans une ancienne grange de la compagnie Robin. Pendant plus de 20 ans, l’endroit a attiré le gotha artistique du Québec, mais a été converti en resto-bar par la suite. 

Le festival de cinéma y diffusera des projections immersives et des films. Dès 2019, le bâtiment pourrait héberger des manifestations artistiques tout l’été. «On a le projet de transformer le centre d’art en cabaret-cinéma d’art et d’essai, actif de juin à octobre», indique François Cormier, des Percéides.

Le Centre d’art retrouverait ainsi sa vocation culturelle des années 60, alors que les Claude Léveillée, Pauline Julien et Félix Leclerc ont foulé les planches de son théâtre. Des acteurs de renom venaient y jouer Pirandello ou Beckett. Un cinéma y présentait des films d’Antonioni et de Buñuel. L’écrivaine Françoise Bujold fréquentait le centre, tout comme la peintre Marcelle Ferron. Des ateliers de céramique, de dessin, de ballet classique et de pantomime s’y donnaient également.