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L’étude d’opportunité pour l’éventuelle conversion de l’usine de papier journal de Résolu à Baie-Comeau, à l’arrêt depuis mars 2020, vient de s’amorcer. Autant les élus, la compagnie que les employés souhaitent revoir ces colonnes de fumée s’échapper de l’usine dans un avenir rapproché.
L’étude d’opportunité pour l’éventuelle conversion de l’usine de papier journal de Résolu à Baie-Comeau, à l’arrêt depuis mars 2020, vient de s’amorcer. Autant les élus, la compagnie que les employés souhaitent revoir ces colonnes de fumée s’échapper de l’usine dans un avenir rapproché.

Une étude d’opportunité pour convertir la production de papier journal de Résolu à Baie-Comeau

Steeve Paradis
Steeve Paradis
Collaboration spéciale
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BAIE-COMEAU – Fermée depuis pratiquement 10 mois, l’usine de papier journal de Produits forestiers Résolu (PFR) à Baie-Comeau revivra-t-elle avec une nouvelle production? On en saura plus long au terme d’une étude d’opportunité pour une éventuelle conversion, étude qui vient de s’amorcer.

Victime collatérale de la pandémie de COVID-19, l’usine construite en 1936 et qui est à l’origine de la fondation de Baie-Comeau n’émet plus ses colonnes de vapeur caractéristiques depuis la fin mars 2020. Le marché mondial du papier journal s’est alors écroulé et depuis, rien ne laisse présager une reprise des activités pour les quelque 275 employés de l’usine, cadres compris.

Devant cette fatalité, la compagnie, les élus régionaux, les syndicats et le gouvernement ont formé un comité de relance afin de voir s’il ne pourrait pas y avoir des options pour convertir la production de l’usine. Une étape vient d’être franchie avec le lancement de la première phase de l’étude d’opportunité afin d’identifier de potentiels nouveaux produits.

«Tout est sur la table. Le mandat est d’examiner tout ce qui pourrait être produit ici», a lancé le préfet de la MRC de Manicouagan, Marcel Furlong, également président du comité de relance, qui indique que la firme retenue, AFRY, mettra à profit des experts de marchés et des spécialistes en pâtes et papiers afin d’identifier des options qui pourraient être viables pour l’usine, autant d’un point de vue technique que commercial.

«L’étude va passer au crible toutes sortes de produits et voir si c’est possible de les produire avec l’ensemble des équipements installés à l’usine de Baie-Comeau», a enchaîné le préfet, ajoutant que les résultats de cette première partie seront disponibles d’ici quatre semaines.

Une fois cette première portion de l’étude complétée, AFRY va identifier quelques produits potentiellement réalisables à Baie-Comeau afin d’approfondir quelques veines. «PFR et le ministère (de l’Économie et de l’Innovation) vont étudier ça. L’élément important là-dedans, c’est que personne n’est intéressé à investir des millions pour un produit qui va durer deux ou trois ans», a indiqué Marcel Furlong.

Le président d’une des deux sections syndicales de l’usine se réjouit bien sûr du lancement de cette étude. «On est très contents que l’étude s’amorce. On va avoir le vrai portrait, on verra par la suite ce qui est possible ou pas et dans la deuxième étape, on va pouvoir aller plus loin», a fait valoir Steve Belzile. «Mais il faut bien regarder ce qui se passe ailleurs dans l’industrie. Nous ne sommes pas la seule usine qui regarde pour changer de créneau.»

M. Belzile dit croire que les tests de pâte faits à la papetière il y a un an, tout juste avant la fermeture fin mars, feront peut-être partie des pistes à explorer. Ces tests visaient à faire de la pâte pour la production de papier hygiénique. «Il y a éventuellement un marché pour ça, notamment en Chine, mais tout a été braké en raison de la COVID. Il y a un taux de croissance de 3 % par année pour ça», a-t-il ajouté.

Moral en dents de scie

Le délégué du syndicat affilié à Unifor confie au passage que le moral des troupes est évidemment en dents de scie par les temps qui courent et que certains de ses membres, n’en pouvant plus d’attendre une réouverture, ont trouvé des emplois ailleurs. C’est notamment le cas pour les métiers spécialisés comme électriciens et mécaniciens de machinerie fixe, en demande un peu partout.

«Si on développe un nouveau produit, ça va peut-être aider à recruter de nouveaux employés ou faire revenir ceux qui ont trouvé quelque chose ailleurs, mais si on se fait dire qu’on reste dans le papier journal, ça risque d’être plus compliqué», a-t-il conclu.