La communauté innue de Uashat mak Mani-Utenam

Une escouade pour enrayer le trafic de drogues chez les Innus

Le Service de police de Uashat mak Mani-Utenam (SPUM) et la Sûreté du Québec mettent sur pied une escouade mixte permanente pour enrayer le trafic de stupéfiants dans la communauté innue de la Côte-Nord, où la consommation est un fléau identifié depuis des années.
«Il y a de gros problèmes de drogue, on ne se le cachera pas», a déclaré le conseiller politique responsable du dossier au conseil Innu Takuaikan Uashat mak Mani-Utenam (ITUM), Antoine Grégoire. «On avait besoin d'aide et maintenant le travail va être fait. Les enquêtes pour les drogues sont souvent longues et difficiles.» 
C'est connu que la consommation de stupéfiants, surtout de «speeds», fait d'énormes ravages dans la communauté de quelque 3000 âmes. La création d'une escouade mixte était d'ailleurs l'une des recommandations du coroner Bernard Lefrançois, qui a mené l'enquête publique sur la vague de suicides à Uashat en 2015. 
Lors des travaux du coroner, la consommation de drogues chez les jeunes avait été notamment montrée du doigt. Sept-Îles avait même été qualifiée de «plaque tournante» pour le trafic dans les communautés de la Côte-Nord. La police autochtone disait également manquer de ressources pour enrayer «ce fléau».
L'escouade sera composée de trois enquêteurs de la Sûreté du Québec et un autre du SPUM. Dans ses visées initiales, le conseil de bande souhaitait également que la GRC y participe. «C'est un premier pas qui est fait», assure M. Grégoire. «Le deuxième sera avec la GRC [...] il y a des technicalités que l'on devra régler le fédéral». 
Exclusion 
Le conseil innu espère en arriver à réduire l'accès, souvent «trop facile» aux revendeurs de drogue dans la communauté. ITUM a aussi voté une résolution pour que le procureur général du Québec accorde à la communauté le droit d'exclure pendant un an les individus qui seront reconnus coupables de trafic de stupéfiants sur son territoire. 
Selon M. Grégoire, ce genre de pratique s'exerce ailleurs comme à Mashteuiatsh. «C'est pire que la prison pour un autochtone d'être banni de la communauté pendant un an», lance-t-il. L'exclusion pourrait entrer en vigueur après la déclaration de culpabilité. La communauté vise que cette nouvelle mesure soit effective à compter de septembre.