Vincent Rioux, dit VoRo, devant sa fresque intitulée «À la croisée des chemins»

Une 27e fresque à Mont-Joli

MONT-JOLI — Si marcher au cœur d’une ville permet de découvrir son âme, Mont-Joli y parvient à merveille par ses murs peints qui se dévoilent au gré de nos pas. Son parcours unique propose d’aller à la rencontre de ses citoyens, de son patrimoine et de son histoire. Avec ses fresques extérieures disséminées ici et là, dont une 27e a été inaugurée lundi, Mont-Joli se positionne de plus en plus comme «la capitale des murs peints» de l’Est-du-Québec.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, qui en était à sa première visite à Mont-Joli, a répondu à l’invitation du président de la Corporation Les Murmures de la Ville, Léo Caron, et du maire Martin Soucy pour participer à l’inauguration officielle qui s’est faite devant quelques dignitaires, invités et partenaires financiers, dont le CN, représenté par Mélissa Turgeon.

L’œuvre intitulée À la croisée des chemins a été réalisée par le bédéiste de Rimouski Vincent Rioux, connu sous le nom d’artiste VoRo. La ministre Joly, qui a annoncé une aide financière de 9500 $, sur les quelque 20 000 $ qu’elle a coûté, s’est montrée impressionnée par le talent du créateur de la fresque. «Vous avez la chance d’avoir un très bon bédéiste», a-t-elle lancé à l’assistance. «J’ai lu sur toi, Vincent. Ton livre La mare au diable, c’est très bon!»

«C’est la rencontre du chemin de fer et de la première route qui ont été les débuts de la ville», explique VoRo pour décrire son gigantesque tableau, apposé contre le mur d’un commerce du centre-ville de Mont-Joli. «Après ça, il y a eu la venue du chemin de fer. Les gens ont commencé à se bâtir autour de ça. Après, ce carrefour-là est devenu Mont-Joli.»

Si VoRo n’a pas calculé le nombre d’heures investi, il sait cependant qu’il y a consacré tous ses samedis de l’hiver dernier. Pour l’artiste, la fresque n’a rien de différent par rapport à une case de bande dessinée, avec sa trentaine de personnages. Il n’a négligé aucun détail. 

«Qu’on fasse une case de bande dessinée de quatre pouces ou une fresque comme celle-là, de 12 pieds de large, c’est la même chose, soutient-il. On commence avec un tout petit dessin. La composition, c’est la même chose. La différence, c’est le temps de réalisation : plus c’est gros, plus c’est long à faire. Il y a aussi la peinture directe, qui n’est pas comme la tablette graphique; on ne peut pas changer, ni modifier rien. On donne un coup de pinceau et on n’a pas le droit à l’erreur.»

Il s’agit de la quatrième fresque de VoRo, dont l’une a été exécutée par des clients de la Maison des jeunes qu’il a supervisés.

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Les Murmures de la Ville

Mont-Joli — En 2002, alors que Jean Bélanger cherchait un projet original pour Mont-Joli, il a entendu parler d’un projet sur l’île de Vancouver.

«Alors que la ville était en décrépitude, ils ont décidé d’aller vers les murs peints», raconte l’ancien conseiller municipal, qui a ensuite été maire de Mont-Joli pendant huit ans. «C’est comme ça que ça a mijoté dans ma tête. On est allés rencontrer des marchands et on a signé des ententes financières. En 2003, on inaugurait quatre fresques.»

Léo Caron, de la Corporation Les Murmures de la Ville, estime que les 27 murs peints ont coûté un total de 1,2 million $.