Guy-Martin Couture attendait son rendez-vous du 7 avril avec impatience. Coup de théâtre le 23 mars : le fabricant de la pompe, Medtronic, refuse de lui vendre une pompe.

Un Gaspésien diabétique lutte pour obtenir une pompe à insuline

GASPÉ — Le Gaspésien Guy-Martin Couture, atteint d’un grave diabète, demande à Santé Canada d’accélérer le processus pour homologuer une pompe à insuline autonome, recommandée par ses médecins pour régulariser son taux de sucre, qui joue au yoyo. Sinon, l’homme de 50 ans craint de bousiller son rein greffé et de se retrouver à nouveau sous dialyse.

M. Couture, originaire de Percé et résident de Rimouski, lutte contre le diabète de type 1 et ses effets secondaires depuis l’âge de 12 ans. La maladie a gagné les dernières batailles : l’homme a dû cesser de travailler en février 2017 et se faire installer un stimulateur cardiaque en juin. 

Il a fait son deuil d’une éventuelle greffe de cellules pancréatiques, vu le faible nombre de donneurs compatibles. L’intervention aurait pu lui permettre de se passer d’insuline.

Ces derniers mois, M. Couture a réhypothéqué sa maison et pris rendez-vous dans une clinique du Minnesota pour obtenir la dernière-née des machines à réguler le sucre dans le sang, surnommée «pancréas artificiel». Cette pompe, la MiniMed 670G, mesure la glycémie toutes les cinq minutes et injecte de l’insuline en fonction des résultats. 

M. Couture «bénéficierait grandement» de cette pompe, écrit l’une de ses endocrinologues, afin de stabiliser son taux de glucose et de maximiser ses chances de garder en santé son rein greffé en 2003. 

Il avait prévu plus de 78 000 $ pour les frais de la clinique, la pompe et le voyage. «J’étais rendu là pour avoir une certaine qualité de vie et retourner au travail», dit M. Couture.

M. Couture attendait son rendez-vous du 7 avril avec impatience. Coup de théâtre le 23 mars : le fabricant de la pompe, Medtronic, refuse de lui vendre une pompe. «Nous ne pouvons pas soutenir une demande d’accès spécial [pour la pompe]», écrit sa représentante. L’accès spécial permet à des patients de bénéficier de traitements avant qu’ils soient homologués par Santé Canada. L’organisme fédéral était pourtant d’accord, rapporte M. Couture. 

Formule artisanale pour patienter

En attendant, un ami programmeur a fabriqué une pompe autonome «artisanale» pour M. Couture. Elle lui permet de dormir en paix, alors que l’ancienne pouvait sonner l’alarme 8 à 10 fois par nuit à cause d’un déséquilibre de sa glycémie. Mais ce n’est pas l’idéal : «Ce n’est pas légal et pas fiable. Ça fait plusieurs fois que le programme arrête», rapporte M. Couture.

Santé Canada pourrait approuver la pompe de Medtronic fin 2019 ou début 2020. Il sera trop tard pour M. Couture. «Je suis sur le bord du rejet de  mon greffon rénal. Ça voudrait dire un retour à la dialyse», dit-il. 

Le député indépendant de Gaspé, Gaétan Lelièvre, met son poids dans la balance. Appuyé par Québec solidaire et la Coalition avenir Québec, il a déposé une motion jeudi à l’Assemblée nationale pour que Santé Canada accélère le processus. 

M. Lelièvre demande aussi qu’une fois la pompe homologuée, le ministère québécois de la Santé rembourse les frais, tant pour les adultes que pour les enfants. L’instrument coûte plus de 14 300 $. «On envisage une pétition signée dans le milieu et je vais intervenir auprès de la ministre fédérale», indique M. Lelièvre.

Le député, comme M. Couture, dit faire ces démarches pour l’ensemble des diabétiques de la province. La proportion de Québécois atteints de diabète a plus que doublé depuis 20 ans. Aujourd’hui, plus de 10 % de la population vit avec le diabète, selon Diabète Québec.