Depuis leurs zones rouges, les Québécois sont plus nombreux que jamais à rêver de skier dans la neige des Chic-Chocs.
Depuis leurs zones rouges, les Québécois sont plus nombreux que jamais à rêver de skier dans la neige des Chic-Chocs.

Un engouement jamais vu pour le ski hors-piste

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
Depuis leurs zones rouges, les Québécois sont plus nombreux que jamais à rêver de skier dans la neige des Chic-Chocs. Livres de réservation remplis et équipement en rupture de stock, l’engouement pour le ski hors-piste atteint des sommets, alors que la saison reste incertaine.

Vous souhaitez aller skier dans l’arrière-pays gaspésien cet hiver? Faites vite, il sera bientôt trop tard, vous diront plusieurs aubergistes. S’ils ont toujours eu des hivers bien occupés, la saison 2020-2021 s’annonce plus achalandée que jamais. «Normalement, on a un taux d’occupation de 90 %. En ce moment, on tourne autour de 98 %. On est plein au bouchon», se réjouit le directeur de l’auberge de montagne des Chic-Chocs, Guy Laroche.

Même constat du côté du Chic-Chac de Murdochville. «Il n’y a pratiquement plus de place dans la grosse période [entre février et avril], on a pratiquement le double du nombre de réservations de la saison passée», note le directeur marketing de l’entreprise, Félix Rioux. Si cette tendance est observable depuis de nombreuses années, le ski de montagne, ou hors-piste, étant de plus en plus connu, la pandémie donne définitivement un coup de main. Autre signe de l’intérêt grandissant pour ce type de ski d’aventure, le site web de l’entreprise a vu une augmentation de près de 30% des visites cette année.

«Nos clients sont souvent plutôt aisés, note M. Laroche. Plusieurs ont l’habitude d’aller skier en Europe ou aux États-Unis. Cette année, ce n'est pas vraiment possible», soutient-il, tout comme M. Rioux. «Les gens veulent éviter les foules, et les voyages à l’extérieur ne sont plus possibles. Notre belle neige gaspésienne devient donc une super bonne option», note ce dernier.

Pénurie d’équipements

Plus achalandées que jamais, les organisations qui offrent des forfaits de ski hors piste se retrouvent aussi devant un problème bien particulier, la pénurie d’équipement. L’engouement pour le ski hors piste combiné à une production au ralenti par la COVID-19 ont créé une rareté jamais vue dans cette industrie. «Ça fait 20 ans que je travaille dans l’industrie du ski, et c’est la première fois que je vois ça. Tout est back-order, surtout quand c’est de l’équipement spécialisé», déplore M. Rioux.

À l’Auberge de montagne des Chic-Chocs, le problème est semblable. «C’est très difficile de trouver de l’équipement. On essaie de renouveler une petite partie chaque saison, et cette année on a réussi de peine et de misère à avoir six ou sept paires», explique le directeur.

Les craintes de la zone rouge

Malgré des éclosions majeures de COVID-19 au cours des derniers mois, la Gaspésie peut se vanter de toujours se trouver en zone orange. Cette situation précaire pourrait cependant changer advenant une hausse des cas au cours de la période hivernale, un important bémol sur l’optimisme du milieu.

«Nos forfaits sont basés sur l’expérience. Si on devait tomber en zone rouge, ça changerait complètement l’ambiance. On ne sait pas vraiment ce que ça donnerait comme résultat, mais c’est sûr qu’on s’attend à des annulations», soutient Guy Laroche, tout de même confiant que

la péninsule gaspésienne conserve sa teinte orangée. «Il faudrait restreindre l’accès aux aires communes et fermer la salle à manger. Ça serait vraiment différent», note-t-il.

Au Chic-Chac, on craint aussi les impacts d’une éventuelle zone rouge. «Il n’y aurait plus de restauration possible. Il faudrait que la nourriture soit apportée directement aux logements. Ça serait différent, mais on est chanceux puisque nos installations sont morcelées. C’est plus facile de créer des bulles», explique son directeur marketing.

Malgré les embûches, les deux organisations s’attendent à une saison record, certes différente, mais tout aussi plaisante. «Les gens ont très hâte de skier, on le sent !», conclut M. Rioux.

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