Club Med et Groupe Le Massif ont dévoilé lundi le concept achevé de l’hôtel de 302 chambres actuellement en construction au pied de la montagne.

Un Club Med aux accents de Charlevoix

PETITE-RIVIÈRE-SAINT-FRANÇOIS — La construction du Club Med au Massif de Petite-Rivière-Saint-François est déjà bien amorcée pour une ouverture prévue en 2020, avec l’objectif d’atteindre un achalandage de 580 000 jours/montagne, toutes activités confondues.

Club Med et Groupe Le Massif ont dévoilé lundi le concept achevé de l’hôtel de 302 chambres (la majorité quatre tridents, l’équivalent de quatre étoiles) actuellement en construction au pied de la montagne. «Nous avons opté pour un hôtel pavillonnaire de trois bâtiments reliés entre eux par des passerelles», explique Jérôme Henné, architecte chez Lemay-Michaud.

Ce style d’architecture a été retenu pour respecter les pentes naturelles de niveau de la montagne. Le plus haut bâtiment de huit étages permet d’avoir pour chaque chambre une vue dégagée sur le fleuve et de diminuer l’empreinte au sol. L’effet palier donné à l’ensemble empêche de créer un «effet de mur», se réjouit l’architecte.

M. Henné souligne que son équipe de concepteurs a puisé dans des éléments de l’architecture traditionnelle du Québec. Les bâtiments sont un mélange de différents matériaux dont la pierre et de déclin de bois, fréquemment utilisés. Même les couleurs réfèrent à la végétation environnante. L’immense fenêtre du lobby aux motifs d’une ceinture fléchée fait un clin d’œil aux racines québécoises.

«La richesse historique et culturelle de la région et l’authenticité des services et des gens vont permettre une offre intéressante. C’est ça que recherche la clientèle du Club Med», poursuit David Meyer, directeur de projet chez Club Med pour l’Amérique du Nord.

Charlevoix deviendra le premier Club Med quatre saisons. Parmi les installations, on y trouvera aussi une piscine intérieure et un spa, un centre de conférence de 350 mètres carrés et deux restaurants.

Ski-in, ski-out

L’un des éléments centraux du concept est de permettre le ski-in, ski-out. Pour y arriver, le Massif a aménagé une nouvelle piste et en a élargi d’autres dans le secteur est de la montagne, souligne le vice-président opération pour Le Massif et directeur de la montagne, Frédéric Sujobert.

Le groupe installera aussi trois remonte-pentes, un tire-fesses sur 350 mètres et deux tapis magiques, qui donneront accès à un secteur déjà existant pour débutants et intermédiaires.

Enfin, une patinoire sera aménagée tout près de l’hôtel et de l’arrivée des skieurs.

75 % la première année

M. Meyer s’attend à un taux d’occupation de 75 % dès la première année. La clientèle devrait provenir en parts égales d’Amérique du Nord et du reste du monde, majoritairement d’Europe. 

Il faudra s’habituer. Les statistiques d’achalandage se feront dorénavant en jour/montagne plutôt qu’en jour/ski comme actuellement. Outre le ski, selon la saison, le Club Med veut promouvoir le vélo sous toutes ses formes; vélo à pneus surdimensionnés (fatbike), vélo de montagne et de descente; la randonnée pédestre, la raquette et le ski de fond. Des activités liées au fleuve pourraient aussi être développées.

Le directeur de la montagne pense que l’arrivée du Club Med provoquera une hausse du nombre de skieurs de 35 %, pour dépasser les 200 000 jours/ski. Toutes activités confondues, la fréquentation pourrait atteindre 580 000 jours/montagne sur quatre saisons d’ici 2022.

Recrutement

D’ici l’ouverture, le Club devra relever le défi de recruter 350 employés dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Si la centaine de GO, gentils organisateurs, seront dénichés à même son réseau à travers le monde, il faudra développer des stratégies pour engager cuisiniers, serveurs et personnel d’entretien.  

Le projet de 120 millions $ inclut la construction de l’hôtel et le développement des infrastructures sur la montagne, rappelle le directeur de la station, M. Sujobert. De cette somme, 70 % proviennent de fonds privés et l’autre 30 % sont des prêts gouvernementaux. 

Depuis quelques années, Club Med ne désire plus être propriétaire des lieux où il s’installe. «Nous nous concentrons sur le cœur de nos activités qui est la commercialisation et l’opération des sites», précise M. Meyer. Les parties sont liées par un contrat de 15 ans et n’ont pas voulu révéler la mécanique du partage des profits.

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SIX PROJETS EN UN

Condos, refuges, chalets-forêts. Le développement immobilier du Massif, c’est beaucoup plus que le Club Med.

Le partenariat avec le géant du loisir a laissé dans l’ombre les autres projets d’hébergement du Massif. En effet, le groupe mené par Daniel Gauthier met de l’avant avec différents partenaires au moins six concepts différents.

Outre l’hôtel de 302 chambres du Club Med à l’est des pentes, le pied de la montagne accueillera aussi trois autres ensembles immobiliers. Tout à côté, il y aura ce qui est appelé Le Camp de base. Le concept, dont les détails ne sont pas encore connus publiquement, comprendra des commerces et de l’hébergement le long d’une rue commerciale. Pensons à Tremblant au nord de Montréal ou à Big White en Colombie-Britannique.

Plus bas vers le fleuve, un projet de jumelés devrait voir le jour. On en sait encore très peu sur cet autre développement.

Plus à l’ouest, Les Caches de la Grande-Pointe sont en construction en partenariat avec C-Hôtels, propriétaire de la Cache à Maxime à Scott. L’ensemble comprendra 128 condominiums de type condo-hôtel répartis dans trois bâtiments. Un premier bâtiment de 40 unités est en construction. Un second le sera en 2019 et un dernier est prévu en 2020. Il y aura aussi un club house avec piscine, un centre d’entraînement et autres commodités. 

Refuges au sommet

Et pour ceux qui préfèrent les hauteurs, il sera possible de loger au sommet de la montagne dans le secteur du Camp-Boule, toujours selon un principe de ski-in, ski-out. Les refuges représentent 51 mini-maisons construites en 17 lots de trois unités (triplex). Elles sont déjà toutes vendues, mais peuvent servir à la location. Plus haut, derrière le stationnement, il y a les chalets-forêts, comprenant 64 terrains pouvant accueillir 72 unités, dont huit jumelés.

Ces projets étaient déjà dans les cartons du Massif avant la confirmation de l’arrivée du Club Med. Pour le vice-président opération du Massif et directeur de la montagne, Frédéric Sujobert, c’était l’élément manquant au plan d’ensemble de développement. «C’est la raison pour laquelle on courtise notre partenaire depuis aussi longtemps. Il vient compléter le projet.»