Le crabe des neiges a constitué la plus grande composante des débarquements en 2016 au Québec, et l'année 2017 devrait être similaire à cet égard.

Troisième année record pour la pêche en Gaspésie

Les débarquements de crustacés, poissons et mollusques ont atteint un record en valeur pour une troisième année de suite en 2016 au Québec, atteignant 258,6 millions $, une donnée encore préliminaire qui supplante de 20,1 millions $ le précédent sommet de 238,5 millions $ établi en 2015.
En 2014, la valeur des débarquements de pêcheurs de la Gaspésie, de la Côte-Nord, des Îles-de-la-Madeleine et, dans une moindre mesure, du Bas-Saint-Laurent, avait franchi le cap des 200 millions $ pour la première fois, à 204,5 millions $.
Ce sont les crustacés qui dominent nettement la scène des pêches commerciales puisque la valeur du crabe des neiges, du homard et de la crevette a représenté 87,75 % du total en 2016, à 227 millions $. Les livraisons de homard, à 75 millions $, ont atteint un seuil historique.
Les débarquements de crabe des neiges, à 104,2 millions $, ont failli atteindre le sommet précédent de 108 millions $, établi en 1995. Dans la crevette, même si les volumes ont diminué en 2016, les prix ont permis aux pêcheurs de livrer pour 47,7 millions $ de leur crustacé, légèrement sous le sommet de 49,5 millions $ atteint en 2015.
Si on tient compte des 10 espèces en tête de liste pour la valeur des débarquements, neuf ont vu cette valeur augmenter ou rester stable en 2014, 2015, et 2016. À part les trois crustacés, on compte deux poissons de fond, le turbot et le flétan atlantique, puis le hareng, le pétoncle, le buccin et le concombre de mer. Seul le maquereau a vu la valeur de ses prises diminuer.
Taux de change
«Le taux de change a été un facteur important pour expliquer les bons résultats des dernières années parce que nous exportons beaucoup», souligne Raymond Sheehan, président de la firme E. Gagnon et Fils, de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, le plus grand transformateur de crabe des neiges et de homard au Québec. «La crise des années 90 est loin derrière», ajoute-t-il.
Pendant le plus clair de la saison de capture de crabe et de homard en 2016, le dollar américain valait entre 1,28 et 1,35 $ canadien. Comme les produits exportés au sud de la frontière sont payés en dollars américains, ces ventes sont très avantageuses.
Par secteur de pêche, c'est la Gaspésie qui a dominé les pêches commerciales en 2016, comme c'est généralement le cas, en vertu de débarquements valant 141,25 millions $. Le crabe, la crevette et le homard y sont très présents.
La Côte-Nord a pris la seconde place, avec une valeur à quai de 61,2 millions $, dont 48,9 millions $ pour le crabe seulement. Les prises aux Îles-de-la-Madeleine ont atteint 55,1 millions $, et le homard y domine, accaparant 39,4 millions $ de cette valeur. Quelques prises commerciales déclarées plus haut sur le Saint-Laurent complètent le tableau.
En 2017, le crabe des neiges occupera beaucoup de place sur les écrans radars du secteur des pêches. Les deux plus grosses zones auxquelles les pêcheurs québécois ont accès, la zone 12, du sud du golfe Saint-Laurent, et la zone 17, dans l'estuaire, bénéficieront vraisemblablement de hausses de quotas de 102,75 % et de 25 %, respectivement.
«On s'attend à des prix élevés parce qu'il n'y a pas d'inventaires», signale de plus Raymond Sheehan. Les Américains et les Japonais voudront regarnir leurs réserves en raison d'une seconde baisse importante des contingents en Alaska, où l'on pratique une pêche d'hiver. Les prises y ont diminué de 68 % au cours des deux dernières années.
Les poissons de fond seront aussi à surveiller en 2017. Les débarquements de turbot et de flétan atlantique grimpent graduellement depuis quelques années. Ces espèces n'ont pas remplacé la morue et le sébaste, en importance, mais «je pense que le sébaste, surtout, et la morue sont en train de faire un retour important», note Raymond Sheehan.