Le comité Sauvons L’Héritage et les élus réclament de Québec qu’il finance les radoubs du traversier L’Héritage 1, qui assure la liaison entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

Traverse Trois-Pistoles–Les Escoumins: ultimatum lancé au gouvernement

TROIS-PISTOLES — Au lendemain d’une rencontre à Québec entre des élus, des représentants de la Compagnie de navigation des Basques, des membres du ministère des Transports et de la Société des traversiers du Québec (STQ), le comité Sauvons L’Héritage a lancé vendredi un ultimatum au gouvernement du Québec. Avant le 1er février, le comité somme le ministre François Bonnardel de faire connaître ses intentions concernant le financement des travaux sur L’Héritage 1, qui assure la liaison entre Trois-Pistoles et Les Escoumins.

De plus, le comité annonce qu’il organisera une deuxième assemblée citoyenne le 6 janvier. Le porte-parole du comité promet d’y inviter personnellement le ministre Bonnardel. «On lui proposera un moyen de transport inefficace comme l’ensemble de nos transports en région pour se rendre chez nous», lance Guillaume Legault en boutade. 

Il se dit outré que le refus de la STQ de financer les radoubs estimés à 5 millions $ repose sur une inspection visuelle du navire, à l’issue de laquelle les experts ont déclaré que le navire était en fin de vie. La délégation provenant de la MRC des Basques et de la Haute-Côte-Nord a présenté, lors de la rencontre de jeudi à Québec, une contre-expertise visant à prouver que L’Héritage n’était pas en fin de vie. «Au sortir de cette rencontre-là, on nous mentionne qu’il y a de l’enthousiasme, se console M. Legault. Nous supportons nos élus et la Compagnie de navigation des Basques, mais nous posons quand même certaines questions qui nous amènent vers la prudence et la vigilance [...].» Par ailleurs, le porte-parole du comité de sauvegarde digère mal qu’en plus d’avoir toujours refusé de venir rencontrer ses interlocuteurs dans l’Est, le ministre Bonnardel était absent de cette rencontre.

D’ici la date de l’ultimatum, M. Legault prévient Québec : «On n’acceptera pas d’être déçus. On souhaite avoir confiance, mais ne nous laissez pas tomber! […] On laisse la chance au coureur, mais dans un certain délai et on n’acceptera pas de se faire rouler dans la farine! Si on doit graduellement parler de plus en plus fort, on va le faire! […] Pour l’instant, on entrevoit tranquillement une augmentation des moyens de pression.»

Du côté de la Ville de Trois-Pistoles, le message est le même. «L’objectif est clair : on a scoré toute l’année et on ne veut rien de moins que la Coupe Stanley pour 2020, illustre le conseiller municipal Maurice Vaney. La Coupe Stanley, c’est notre traversier. On est rendus à la fin de la troisième période. Le temps presse. Il faut mettre la puck dans le fond du filet!» L’élu rappelle que pour que le traversier soit en fonction l’été prochain, il doit entrer en cale sèche en avril. «On est en situation d’urgence», insiste-t-il. «On est dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, ajoute Guillaume Legault. Si on veut s’assurer qu’il y ait un avenir pour ce bateau-là en 2020, ça va prendre des employés pour le faire virer!»

«Le gouvernement du Québec semble n’avoir aucune stratégie claire en termes de développement de transport interrégional», en conclut le porte-parole du comité qui réclame que le lien fluvial entre Trois-Pistoles et Les Escoumins soit inclus dans la stratégie maritime, dont le dépôt est prévu en avril.

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L'AÉROPORT PROPOSE D'UTILISER LES PLACES LIBRES SUR LES AVIONS

Pour pallier l’annulation fréquente des traversées entre Matane et la Côte-Nord, l’Aéroport régional de Mont-Joli propose à la Société des traversiers du Québec (STQ) de rendre disponibles pour sa clientèle les sièges invendus sur les avions des transporteurs qui assurent la liaison aérienne entre les deux rives. 

«Chaque jour où le traversier sera non fonctionnel, la STQ téléphonera aux transporteurs pour avoir la disponibilité et réserver les places, suggère comme scénario le président de la Régie intermunicipale de l’Aéroport régional de Mont-Joli, Bruno Paradis, dans une lettre destinée au ministre des Transports, François Bonnardel. Les sièges disponibles seront distribués par la STQ par priorité des demandes. Dans le cas où l’offre et non la demande... ne serait pas suffisante, certains transporteurs proposeront d’assigner des avions plus gros ou de baser un avion à Mont-Joli. De plus, des tarifs pourront être accordés par les compagnies aériennes pour des achats de billets en groupe. Pour les demandes de très grande envergure, le nolisement, comme il est fait actuellement, pourra compléter les besoins.»

Dans sa missive cosignée par les trois députés du territoire concerné ainsi que par la directrice générale de l’aéroport et les dirigeants de deux transporteurs assurant déjà la liaison entre Mont-Joli et la Côte-Nord, M. Paradis porte à l’attention du ministre que la desserte par avions nolisés, telle qu’offerte par la STQ, s’avère une solution de rechange très dispendieuse et longue à mettre en place.